‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 292 sur 325 · VI. — C'est chose claire par la rai.'on, et · texte numérisé non relu

VI. — C'est chose claire par la rai.'on, et

d'ailleurs expressément révélée de Dieu, que prier de prier n'est pas un honneur divin.

Revenons donc, et disons : Idolâtrer est rendre à la créature les honneurs divins. Or prier les saints de prier, c'est si peu un honneur divin, que c'est chose qu'il n'est pas possible d'attribuer à d'autre qu'à la créature ; ce n'est donc pas un honneur divin, ni enfin rien au-dessus de la créature, puisqu'au contraire son apanage naturel est qu'on lui demande de prier.

Et cela n'est pas seulement constant par la raison naturelle; c'est une chose expressément révélée de Dieu, puisque saint Paul a dit à la créature, et qu'il a répété souvent .- Mes frères, priez pour moi. C'est donc chose révélée de Dieu, en termes formels, que demander des prières ne peut être un honneur divin ni au-dessus de la créature. 11

alias oo,

Oral.

//cm.

Oral.

in Theod.

in I'Iwc.

1S, etc.

n'en faudrait pas davantage pour confondra M. Jurk'u ci ions les ministres. Car voi a, en termes précis, cette demande : Priez pour

nour, déclarée par un apôtre un honneur humain et convenable à la créature; or cet honneur, qui est humain en le faisant aux fidèles qui sont sur la terre, ne peut pas devenir divin en re faisant nui esprits bienheureux, puisqu'on fait l'un et l'autre dans le même esprit de demander la sociélé des prières de nos frères.

Vil. — Ctttomnit des ministres, </ui vrillent nous faire accroire que nous île/nandous aux suints nuire chose que des prières, ou que nous les prions dans un autre esprit que nos frères oui sont sur la terre.

11 ne reste à vos ministres que de nier, comme ils osent le faire, que nous lirions les bienheureux esprits dans le même esprit que nous prions nos frères. Mais c'est là nous contredire dans la chose du monde la plus claire, puisqu'il esi clair et attesté par tous les actes de notre religion, (pie nous ne demandons aux plus grands .saints, et même à la sainte Vierge, que des prières. C.'e>t ce que démontrent tous nos conciles, ious nos catéchismes, tout noire service, tous nos rituels, et, en un mot, tous les actes de noire religion ; et pour en venir à un exemple, c'est ce qui parait dans le Confiteor, prière si familière à tous les fidèles, où, après avoir confessé nos péchés à Dieu, à ses auges, à ses saints et à nos fi l ; es pi ésents, pour nous humilier non-seulement devant Dieu, mais encore devant tontes ses créatures, nous finissons en disant : Je prie la sainte Vierge, les saints anges, saint Jean- Bap lis te, saint Pierre, saint Paul, tous les autres saints, et vous, mes frères, de prier pour moi notre Dieu tout-puissant.

\ ous le vojez, mes chers frères, nous ne prions point les saints et la sainte Vierge elle-même de prier pour nous autrement que nous en prions nos frères, parmi lesquels nous vivons. Cette prière, adressée à nos frères vivants avec nous, se trouve en termes formels dans l'Ecriture ; donc celle que nous adressons aux saints qui sont avec Dieu, étant de même nature, est clairement autorisée dans l'équivalent.

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