‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 67 sur 325 · I -g. 98 et · texte numérisé non relu

I -g. 98 et

vivre en la communion d'une Eglise, sans participer à ses sacrements et au service par lequel elle adore Dieu : ce qui enferme une déclaration solennelle qu'on approuve et qu'on reçoit sa créance. Le ministre luimême reconnaîtra que ceux qui font la cène avec lui professent hautement, par cette action, la doctrine de ses Eglises. 11 faut dire la même chose de nos ancêtres auxquels il ne dénie pas le salut; qui toutefois mourant, comme il le confesse, en l'unité de Etclise romaine et en la communion de ses

sacrements, ont assez témoigné par là qu'ils n'avaient point d'autre foi que la sienne. Mais ce qui achève de nous découvrir la pensée du sieur Ferry sur ce point, c'est ce qu'il dit en la page 98, et dans les suivantes.

C'est là qu'il remarque de quelle sorte l'Eglise catholique de Metz exhortait et consolait les mourants en l'an lois. Il récite toutes les interrogations qu'on leur faisait ; et après les avoir bien considérées, il déclare nettement qu'il ne doute point qu'ils ne se pussent sauver en cette créance. Examinons donc quelle était la foi qu'ils professaient jusqu'à la mort.

La première question qu'on fait au malade et sur laquelle on lui demande son consentement, est couchée dans le Rituel, et rapportée dans le Catéchisme, en ces termes : Mon ami, voulez-vous vivre et mourir en la foi chrétienne, comme vrai, loyal et obéissant fils de notre mère sainte Eglise? Le malade répondait, Oui : et je soutiens que par cette seule parole, il faisait profession de croire tout ce qui était cru en l'Eglise.

Le ministre dira sans doute qu'on ne lui parlait pas de l'Eglise romaine :et que« celle qui était nommée la mère sainte Eglise n'était pas la particulière de Rome, mais l'universelle, et n'avait point d'autre nom à Metz, ni ailleurs, que de catholique et apostolique (12). » Mais certes, il s'abuse visiblement, s'il croit que nous restreignons le titre d'Eglise catholique à la seule Eglise de Rome, comme il le suppose en plusieurs endroits. L'Eglise que nous appelons catholique n'est pas renfermée dans les murailles d'une ville, si grande et si peuplée qu'elle soit. Elle s'étend bien loin dans les nations. Cette même Eglise, que nous nommons catholique et apostolique , parce qu'elle a la succession des apôtres, et qu'elle se multiplie tous les jours par toutes les provinces du monde, nous la désignons aussi par le nom d'Eglise romaine : parce qu'une tradition ancienne lui apprend à reconnaître l'Eglise de Rome comme le chef de sa communion; et par là nous la distinguons plus spécialement de toutes les sectes qui se sont séparées du siège de l'apôtre saint Pierre, que l'antiquité chrétienne a révéré dès les premiers temps comme le centre de l'unité ecclésiastique. Nous ferons voir à notre adversaire, en un autre lieu , que nos pères

iii) P.i* lOtiot S07.

PART. V TtlEOL. POLEMIQUE.

tous l'uni ainsi enseigné. Maintenant il nous suffit qu'il observ.e que c'est de cette Eglise que le curé parle dans*les pieuses interrogations qui 'sont apportées dans le Catéi hisme. Car il est clair qu'il ne parlait pas de C Eglise luthérienne, ni de la préten- (tue réformée, ni de l'éthiopique , ni de la grecque. Il parlait de l'Eglise en laquelle il était établi pasteur; ou le malade voulait mourir , à laquelle il avait demandé le saint viatique du divin corps de noire Sauveur, et le remède salutaire de l'extréme-onction ; de laquelle il attendait les honneurs de la sépulture ecdé iastique. Celle-là était sans doute l'Egliseque l'usage commun appelle romaine.

C'e^t de eette Eglise que le malade se reconnaissait/r vrai fils, le [ils loyal et obéissant : et ainsi ne témoignait-il pas qu'il embrassait sincèrement sa doctrine, qu'il recevait arec humilité ses décisions, qu'il suivait de tout son cœur ses enseignements? Et toutefois le ministre avoue que le chemin du ciel lui était ouvert, bien qu'il fît cette déclaration en mourant. Par conséquent, il faut qu'il accorde que l'an 15M les fidèles se pouvaient sauver en la communion et en la créance de l'Eglise romaine.

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