PART. \. 1IIE0L. POLEMIQUE— F- REFUTATION DE PAUL FERRY
tiendra de ces péchés qu'on appelle crimes, et qui ne négligera pis de purger les autres, sans lesquels ou ne vit pas en ce monde, par des œuvres de miséricorde ei par de saintes prières, encore qu'il no vive pas ici sans péché, il méritera d'en sortir sans aucun péché, parce que, ajoute ce grand docteur, comme sa vie n'est pas sans péché, aussi les remèdes pour les nettoyer ne lui manquent pas. » Doctrine vraiment sainte, vraiment salutaire, qui honore la grâce et confesse l'infirmité. Quiconque croit ainsi avoue ses péchés et ne laisse fias de connaître que Dieu les efface lui-môme ; touché de son Saint-Esprit, il les lave par un baptême de larmes pieuses ; il ne présume point de ses propres forces ; mais il remercie humblement celuidont la vertu ôte de nos âmes les taches que nous y faisons par nos volontés déréglées.
De là il s'ensuit manifestement que la grAce qui nous justifie lave nos péchés, qu'elle les efface et qu'elle les ôte. Or ce n'est pas la fonction d'un juge (Je laver et d'ôler les péchés, mais seulement d'absoudre le criminel ; de sorte que c'est une pure imagination deeroire que la justification du pécheur soit plutôt un acte de juge qui exempte du mal de la peine, qu une action d'un .Créateur infiniment saint, qui etface le mal de la coulpe.
C'est pourquoi le second point de notre créance, selon que nous l'avons rapporté (82), c'est que Dieu nous justifie, non eu prononçant, mais eu répandant sur nous son Esprit: ce qui montre clairement qu'il nous justifie d'une manière infiniment différente "le celle dont on use dans les tribunaux. Aussi les ministres ont été contraints de nier que la justification des pécheurs soit attribué au Saint-Esprit dans les Ecritures. Erreur grossière et extravagante, que Dumoulin enseigne en plusieurs endroits de son Bouclier de la foi (G3). Mais l'Apôtre saint Paul s'y oppose, écrivant ainsi aux Corinthiens : Pons avez été laves, vous avez été sanctifiés, vous avez été justifiés au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et en l'esprit de notre Dieu. (I Cor. vi, 11.) Pouvait-il parler en ternies plus clairs? Et encore, instruisant son disciple Tite: Quand, dit-il (Ttt. ni, l 6), la bénignité de Dieu notre Sauveur nous est apparue, elle nous a sauvés, non par les œuvres de justice que nous avons fuites, mais selon sa miséricorde, par le lavement de régénération et renouvellement du Saint-Esprit, qu'il a répandu sur nous abondamment par Jésus-Christ notre Sauveur. Je demande à nos adversaires, de quoi nous sauve, selon l'Apôtre, le Saint-Esprit répandu sur nous ? N'est-ce pas des péchés qui nous opprimaient ? Par conséquent, il nous justifie, puisqu'il nous sauve de nos péchés. Et de là vient que l'Apôtre poursuit en ces mots : afin que. justifiés par sa grâce, nous soyons héritiers selon la promesse de la vie éternelle. Saint Paul distinguait-il, comme
les ministres, la grâce qui nous régénère d>ffrvec celle qui nous justifie-? .Mais pouvaitil dire plus e\| ressèment que nous sommes justifiés par le Saint-Esprit, et ainsi que la justification du pécheur n'est pas une >enlence nu dehors, mais une action au dedans? ©ù sont les yeux de nos adversaires, s'ils ne voient pas encore cette vérité?