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iinère infinie qui pénètre le secret des • œurs.
Le juge souverain qui prononce, quoiqu'il décide tout en dernier ressort, ne laisse pas de motiver sa sentence pour l'instruction de m s sen ileurs ; et dans la juste distinction qu'il l'ait des bienheureux et des malheureux, il n'allègue pour son motif que les ouvres, il rapporte tout a la charité; pane qu'ainsi que nous avons dit, la charité comprend elle seule toute la justice des mœurs chrétiennes.
De là il s'eiiMjit qu'en cette journée, les (envies feront le discernement; ce sera sur les œuvre:, qu'on prononcera ; ce sera donc une action de justice, parce qu'il n'appartient qu'à la justice de prononcer sur les œu> vi es.
C'est pour cette raison que l'Apôtre voulant faire entendre aux fidèles que toute celte action est un jugement, il leur parle d'un tribunal, devant lequel, dit-il (// Cor. v, 10), nous comparaîtrons, afin que chacun remporte selon ce qu'il aura fait en son corps, soit bien, soit ma'. Ce qui montre sans aucun doute que Jésus-Christ en ce dernier jour agira en juge, et que tant la punition que la récompense se rapportent à la justice.
.Mais sainl Paul s'explique en termes plus clairs en écrivant à son cher Timothée. J'ai bien combattu, dit l'Apôtre (Il Tim. iv, 7, 8); j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi, au reste la couronne de justice tu est réservée, que le Seigneur, ce juste juge, me rendra en ce jour. Nous disons qu'il n'est pas possible de parler plus clairement en notre faveur. Car, premieiemenl, l'Apôtre saint Paul ne se promet point la couronne qu'après qu'il a raconté ses œuvres ; et cette couronne qu'il attendue Dieu, if l'appelle couronne de jus- Ci e, et c'est pourquoi il dit qu'on la lui rendra ; et insistant davantage sur celle [ ensée, l.f Seigneur, dit-il, ce juïs te juge, me la rendra. N'est-ce pas nous déclarer nettement qu'il la rendra comme juste juge? Or le juge, agissant en juge, se propose nécessairement la justice ; et donc cette dernière rétribution est un ouvrage de la justice divine.
C'est à quoi regardaient les saints Pères, quand ils ont si constamment établi le mérite des bonnes œuvres. Us considéraient que les Ecritures rapportaient à Jésus-Christ comme juge el la punition des méchants, et le couronnement des fidèles. De là ils ont inféré que cette distribution de biens et de maux se ferait selon les règles de la justice, c'est-à-dire comme chacun l'aura mérité, parce que c'est le propre de la justice de considérer !e mérite. C'est encore pour la même raison qu'ils n'ont fail aucune dilhculté d'enseigner positivement que la vie éternelle était due; parce que c'est une maxime infaillible que la justice ne rend que ce qu'elle doil.
Nous examinerons en son lieu quelle est la nature de celte dette par laquelle il a plu
(105. Née gralia I' -i n. 12.)
soin , nec ips^ solirs; sed graîia Dei cum illo. (De grat. ci lib. arlfitr., c.
h Dieu de s'obliger h ses créatures. Il suffît que nous remarquions maintenant que l'Ecriture nous a enseigné ces trois conditions importantes qui sont requises pour le mérite, c'est-à-dire la coopération de nos volontés, la justice des bonnes œuvres, et la gloire rendue comme récompense.
L'Apôtre a renfermé ces trois choses dans le texte que j'ai rapporté de la seconde Epitre à Timolhée. J'ai, dit-il, combattu un bon
répand sur ses membres. C'est aussi une des raisons qui nous oblige de les honorer du nom de mérite, pour exprimer leur valeur et leur dignité. Mais c'est aussi pour cette même raison que nous en rapportons tout l'honneur à Dieu, après le sacré concile de Trente qui imprime cette vérité en nos cœurs par ces paroles si pieuses et si chrétiennes : a Encore que nous voyions que les saintes lettres fassent tant d'estime des
combat; j'ai achevé ma course, f ai gardé bonnes œuvres, que Jésus-Christ nous pro-
la foi. Cela marque l'opération de la vo lonlé. La couronne de justice m'est réservée. Si c'est la justice que l'on couronne, il y a donc une véritable justice. Dieu, ce juste juge, me la rendra. Qui ne remarque ici la justice par laquelle Dieu rend la couronne aux bonnes œuvres que nous faisons, comme leur véritable récompense?
Ces trois vérités si considérables méritaient sans doute un traité plus ample; mais un si long discours n'est pas nécessaire pour le dessein que je me suis proposé, qui ne doit comprendre autre chose qu'une simple explication de notre doctrine, par laquelle nos adversaires connaissent que nous n'avons de gloire qu'en Jésus-Christ seul.
Certes, si nous présumions de nous-mêmes, nous ne pourrions fonder notre orgueil que sur la coopération du libre arbitre, ou sur la dignité île no.s bonnes œuvres, ou sur ce titre de récompense, au sens que nous avons exposé. Repassons donc en peu de paroles sur ces trois vérités excellentes, sur lesquelles sont appuyés tous les bons mérites, et montrons à nos adversaires que le saint concile de trente nous les fait considérer d'un œil si modeste, que nous pouvons assurer sans crainte que rien n'établit mieux la gloire de Dieu et le mérite de Jésus- Christ que le mérite des bonnes œuvres comme l'Eglise catholique l'enseigne.
Premièrement, il est véritable que la doctrine du libre arbitre est un des articles de notre créance. Mais que les ministres ne pensent pas que nous vantions noire liberté pour nous contier en nous-mêmes. Car nous reconnaissons devant Dieu que notre volonté est captive jusqu'à ce que le Fils l'affranchisse. Le concile de Trente confesse que nous naissons enfants de colère et esclaves du péché et du diable (106); tellement qu'il est impossible que jamais notre infirmité se relève si le miséricordieux Médecin ne lui tend sa main charitable. Comment doue nous vanterons-nons d'une liberté qui n'est réparée que par grâce, et de quoi se gloriliera celui qui a été délivré, sinon de la bonté du Libérateur?
Nous croyons la justice des b nues œuvres; et nous disons qu'il est impossible qu'elles ne soient de très-grand prix devant Dieu, puisqu'il les fait lui-même par son Esprit-Saint, puisqu'elles naissent de cette divine vertu que Jésus-Christ comme chef
met lui-même qu'un verre d'eau donné a un pauvre ne sera pas privé de sa récompense; et que l'Apôtre témoigne qu'un moment de peine en ce monde produira un poids de gloire éternelle : toutefois, à Dieu ne plaise que le Chrétien se fie ou se glorifie en luimême, et non point en Notre-Seigneur; duquel la bonté est si grande envers tous les hommes, qu'il veut que ses dons soient leurs mérites (107). » Paroles vraiment saintes, vraiment chrétiennes, qui ôtent tout orgueil jusqu'à la racine. Car si tout ce que nous pouvons appeler mérite doit être estimé un don de la grâce, de quoi peut présumer l'arrogance humaine? Et ne parait-il pas clairement qu'établir le mérite en ce sens ce n'est pas vouloir glorifier l'homme, mais honorer la grâce de Dieu par Notre- Seigneur Jésus-Christ ?
C'est ainsi que le mérite des bonnes œuvres a été enseigné par saint Augustin et pat* les anciens docteurs orthodoxes; et le concile de Trente, suivant leur exemple, témoi gne, par les paroles que j'ai rapportées, qu'il n'a point de plus grande appréhension que de voir l'homme se confier en lui-même et non point en Notre-Seigneur. Cependant le catéchiste voudrait faire croire que ce concile ne s'est assemblé que pour ruiner cette solide espérance qui appuie le cœur du lidèle en Jésus-Christ seul; certes la sincérité chrétienne ne soulfre point ces déguisements, et il n'appartient qu'au mensonge de vouloir se fortifier par des calomnies.
Mais achevons de faire connaître la modeste simplicité de notre doctrine dans le point où nos adversaires s'imaginent que nous présumons le plus de nos forces. Nous disons que la couronne d'immortalité est rendue aux bonnes œuvres des saints par une action de justice. Les ministres lâchent de persuader qu'il n'y a point d'arrogance pareille à la nôtre, puisqu'elle ose exiger de Dieu par justice, ce que nous ne devons espérer que de sa seule miséricorde. Défendons notre innocence contre ce reproche, et montrons, par des raisons évidentes, que nous ne disons rien, en cette matière, que les plus échauffés de nos adversaires ne soient obligés de nous accorder.
Ce serait une folle témérité de croire que la créature pût avoir par elle-même aucun droit sur les biens de son Créateur. Quelques bonnes œuvres que nous fassions,
îlot)) ^css. 6, cap. |. lama est erga omiies homincs bonilas, m eorum
(10/' Absii ni cbrisiianus homn in seipso vcl velit e:.sc mérita, quse sunt ipsius dona. (Sess. f, çonudai, vcl glorieiur, et non in Domino; cujus cap. 16.)
l'.VHT. \. 1 1 1 1 01.. POLEMIQUE,
Dieu ne nous peut devoir que ce qu'il lui |ii,-iit : el cela |»arall principalement par ces deux raisons. Premièrement, il est notre Créateur, ce qui lui donne un domaine si indépendant que nous somnips à lui bien plus qu'à nous-mêmes : de sorte qu'il n'y aurait rien de plus ridicule <j tic «le disputer contre lui et lui soutenir qu'il nous doit. Secondement, nous sommes pécheurs; el en cette déplorable qualité, bien loin d'exiger de lui quelque chose, nous devons nous estimer bien heureux qu'il ne décharge pas sur nous toute sa colère que nous avons si juslement méritée.
Il est donc absolument impossible que sa j h si ice soit tenue a rien envers nous, si ce n'est que sa bonté l'y oblige. Il ne peut y avoir de justice qu'entre ceux qui doivent être réglés par un droit commun, tellement qu'elle présuppose quelque égelité; ce qui ne peut être entre Dieu et l'homme à cause de la disproportion infinie. C'est pourquoi ce grand Dieu vivant, dont les miséricordes n'ont point de bornes, voulant établir quelques lois de justice entre sa nature et la nôtre, il nous honore de son alliance, il s'engage à nous par promesse, et ainsi cette .Majesté souveraine entre eu société avec nous.
De là il s'ensuit que la justice qui nous récompense est fondée sur la promesse divine, par laquelle Dieu s'oblige à nous gratuitement à cause de Notre-Seigneur Jésus- Cbrisl; et le saint concile de Trente nous explique celte doctrine en ces termes : « Il faut proposer la vie éternelle à ceux qui vivent bien jusqu'à la lin el qui ont espérance en Dieu, et comme une (/race qui est misc'ridieusement promise aux enfants de Dieu par Xotre-Seigneur Jésus Christ, et comme une récompense qui sera fidèlement rendue à leurs bonnes œuvres et à leurs mérites en vertu de la promesse de Dieu (108). » Tellement que nous n'avons aucun droit que celui qui nous est acquis parcelle promesse de grâce que le sang de Jésus-Christ a ratifiée, et que le Père nous a faite à cause de lui.
Mais nos adversaires objecteront que nos docteurs ne l'entendent pas de la sorte, qu'ils enseignent un mérite de condignité, et une certaine proportion entre la vie éternelle et nos bonnes œuvres ; et qu'ils regardent la récompense qui nous est donnée plutôt comme une dette que comme une grâce. C'est là le plus grand sujet de leurs invectives; et cependant nous ne disons rien que des personnes raisonnables puissent contester.
Nous croyons qu'il y a quelque sorte de | roporlion entre la vie éternelle et les bonnes œuvres, telle qu'elle est entre les moyens et la lin, entre la semence et le fruit,