CHAPITRE XX
Les choses étaient dans cet état ; le sheik et ses hôtes communiquaient par signes, et ne se comprenaient pas; M. Lundi buvait, M. Dod(;e ruminait; quand un Arabe fit un geste dans la direction du bâtiment échoué.
La tête du mât se levait lentement, et la vigie placée dans la hune se cramponnait à l'espar de peur de tomber.
Le sheik feignit de sourire, mais il était évidemment inquiet. Plusieurs messagers furent envoyés à la découveite; pendant ce temps, le mât commença à s'abaisser, et disparut bientôt entièrement derrière la falaise.
Les Arabes jugèrent qu'il était temps d'intervenir. Le sheik laissa ses hôtKS en compagnie de trois ou quatre Arabes, leur réitéra par signes l'assurance de ses intentions amicales, et sortit précipitamment de la tente, il déposa les armes, et suivi de deux ou trois vieillards comme lui, il se dir gea tranquillement vers la plage, oii il trouva le capitaine Truck occupé à mettre a l'eau le mât de misaine. La hune flottait déjà, et de puisants leviers poussaient la partie inférieure, quand les barbares tombèrent au milieu de 1 équipage. Comme ils avaient été signalés de loin , et qu'on savait qu'ils étaient sans armes, personne ne se dérangea pour les recevoir, à l'exception du capitaine 'Iruck.
— Monsieur Leach, dit-il, surveillez la manœuvre, pendant que je vais causer avec ces nirssieurs. Us n'ont pas l'air malveillairt; ils se présentent désarmés, cl je ne \eii\ pas être en reste de politesse avec eux. Dans une demi-heure, nous n'aurons plus rien à faire ici, et nous les laisserons maîtres du danois... Votre serviteur, messieurs; je suis charmé de vous voir , et je vous demanderai la permission de vous serrer la main.
Les Arabes ne comprirent point ces paroles , mais ils se laissèrent donner une poignée de main, et murmurèrent en leur langue des compliments, avec autant de cordialité apparente que le vieu\ marin.
— Dieu protège les Danois, s'ils sont esclaves de ces coquins! s'écria le capitaine tout en accablant le sheik de civilités. Jamais, mon cher Leach, je n'ai vu de voleurs mieux caractérisés. Quelles mines degredins! ils ont vidé bouteille avec M. Lundi, et leur vieux chef sent le fenièvre et la graisse... Poussez ferme, mes enfants!... quelques secousses comme celle-là vont rendre ce mât au liquide élément , comme disent les journaux!... Jlessieurs , je vous le répète, je suis charmé de vous voir. Nous manquons de chaises sur cette plage; mais vous n'en êtes pas moins les bienvenus. Monsieur Leach, je vous présente le sheik arabe ; sheik arabe, je vous présente monsieur Leach... Ohé, sentinelle I
— Monsieur.
— Que font les Arabes?
— J'en vois une trentaine montés sur des chameaux. ~- Nos passagers sont-ils en vue ?
— Oui, monsieur , voici M. Dodge qui arrive, toutes voiles dehors, ayant le cap sur la côte.
— Ah ! ah ! est-il poursuivi ?
Les matelots suspendirent leur tâche, et jetèrent un coup d'œil sur leurs armes,
— Pas du tout, monsieur; les Arabes n'ont pas l'air de songer à le poursuivre. Ils rient et trinquent avec M. Lundi , qui a l'air de rappeler son compagnon.
— Si on l'arrête, dit le capitaine, il est capable de franchir d'un saut l'océan Atlantique... Allons, mes braves amis, poussez ferme, et le mât de misaine flottera avant que l'affaire s'embrouille.
Les matelots se mirent à l'œuvre; mais ils furent troublés dans leurs opérations par l'éditeur futur de l'Adwit Informateur, qui dégringola au bas de la côte avec une prodigieuse vélocité. Les Arabes tressaillirent à cette apparition subite, mais ils la prirent en bonne part, en voyant que tous les assistants ne faisaient qu'en rire. Un moment après parut M. Lundi, sans chapeau, tenant d'une main une bouti ille, et de l'autre un verre. 11 était suivi d'une cinquantaine d'Ar.dies désarmés , et en apparence inolVensifs. La présence d'esprit du capitaine Tiuck ne l'abaiidoiina pas, et détachant une escouade pour garder les armes , il invita le reste de l'écpiipage à redoubler d'ardeur.
— (Capitaine Truck, s'écria M. Lundi, aidez - moi à rappelej M. Uodge au sentiment des convenances; il déshonore la chrétienté! J'allais cUuuter aux Arabes les deux chansons nationales de l'An-
gleterre : (lod save the hing et Au/e Britannia; nous aurioni été let meilleurs amis du monde , quand M. DoHge s'est enfui. Capitaine Truck, j'ai l'honneur de boire à votre santé.
Le capitaine Truck ne songeait nullement à boire. Ses deux ambassadeurs étaient de retour; son mât de misaine avait été mis à flot, et il jugeait convenable d'opérer le plus promptement possible la séparation des deux partis. Il enjoignit d'attacher au mât un cible de halage , recommanda ii ses gens de rassembler leurs bagages, de prendre les armes et de concentrer leurs forces sur les rochers.
— Hâlcz-vous, mes enfants, s'écria-t-il ; il y a déjà une centaine d'indigènes sur la côte , et tous les derniers venus sont armés! ^ous pourrions tirer encore parti de quelques épaves ; mais le vent tourne à l'ouest, et notre but principal doit être de sauver ce que nous avons conquis. Monsieur Leach, chargez-vous de M. Lundi, car il est si plein de genièvre et de diplomatie qu'il oublie sa propre sûreté. Quant à ni. Dodge, il est déjà établi dans le canot , et je suis sûr qu'il n'en bougera pas. Comptez nos hommes, et veillez à ce que personne ne manque.
Pendant ce temps , le rivage avait changé d'aspect. Le navire était assailli par une multitude d'Arabes armés ou non armés ; les matelotavaient amoncelé pêle-mêle sur le sable des masses de fer, des anr spects , des pinces , des leviers, des glènes et des épissoirs. Un peloton armé, réuni sur les rochers, fraternisait avec les Arabes , et s'efforçait d'entretenir les bonnes relations qui avaient été établies par M. Lundi, On reconnut bientôt qu'on s'était abusé sur l'effectif de la horde musulmane, 11 s'élevait au moins à deux cciils hommes, et ceux qui arrivèrent les derniers apportèrent , outre leurs propres armes , des fusils qu'ils distribuèrent au sheik et à ses compagnons. Toutefois les figures étaient animées de la plus franche bienveillance, et les matelots comblés de témoignages d'amitié.
Le capitaine , voyant sa troupe inférieure en nombre, entreprit de suppléer par l'adresse à la force. Il s'était laissé surprendre ; mais il se mit en devoir de réparer son inadvertance avec la plus admirable fermeté. Son premier soin fut de dégager ses gens de la multitude qui se pressait autour d'eux. Il leur fit prendre position sur un rocher dont la base communiquait avec le lieu de leur débarquement. On appela nominativement chaque homme, et tout le détaciiemcnt descendit ainsi sur le bord de la mer avant que ce mouvement fut remarqué par les Arabes, qui ])arlaient et vociféraient à la fois. Quand ils essayèrent de suivre les fugitifs , ils furent doucement rejjoussés par les sentinelles. Pendant ces évolutions, le capitaine Truck resta au milieu des Arabes, et témoigna à leur chef les plus grands égards.
Le pillage du navire échoué commença bientôt , à la vive satisfaction du capitaine , qui pensa judicieusement que les déprédateurs n'auraient point d'intentions hostiles tant qu'Us trouveraient à satisfaire impunément leur rapacité, 11 savait néanmoins que les barbares tenaient à faire des prisonniers, et qu'ils s'opposeraient peut-être au départ des embarcations. Après avoir réfléchi à sa situation , le capitaine donna des ordres définitifs. Il fit mettre huit hommes dans le canot sous le commandement de M. Leach, qui alla rejoindre la chaloupe. Il y prit une petite ancre de touée, dont il fila le câble, et qu'il alla jeter un peu plus au large. Ce fut en lialant ce câble et les cordages qu'on y avait attachés que les embarcations parvinrent à s'éloigner de la côte, La manœuvre était si lente et si extraordinaire pour les Arabes qu'ils n'en comprirent pas d'abord la portée.
Les embarcations étaient sauvées , mais il restait encore à terre un petit nombre de matelots avec le capitaine , et il fallait courir de nouveaux dangers pour les aller prendre. Le sheik , étonné de ce qui se passait, tenait conseil avec quelques vieillards de la tribu , et g'-sticulait d'une manière alarmante. M. Leach revint à la côte avec le canot et le cutter, munis seulement de deux rames chacun ; la garde campée sur les rochers ne montra point d'imprudente précipitation. Une première patrouille se détacha en affectant la plus parfaite indilTérence, s'emharq la sur le canot du Mvnlauk , et vint se poster en dehors de la barre , afin de protéger au besoin la retraite de ses camarades. Le cutter se remplit à son tour, et le canot du Messaijer partit le dernier. Le capitaine Truck ne quitta les rochers qu'après avoir assuré le salut de tout son monde.
Pas un coup de fusil ne fut tiré, contrairement aux prévisions générales, et la flottille se trouva réunie saine et sauve autour de la chaloupe. La tolérance des Arabes était un mystère inexplicable , car il y avait au moins deux heures qu'on s'attendait à voir commencer les hostilités.
On n'était pas encore hors de danger. L'ardeur qu'on avait mise à s'emparer du màt de misaine avait fait oublier de prendre à bord du danois des vivres et de l'eau, et l'on avait devant soi plusieurs heurei de navigation laborieuse. Le capitaine Truck eut un moment envie d'expédier un canot a la recherche de quelques provisions; mais il y renonça à cause de l'aspect menaçant du temps, La brise de la mer se levait avec force , et la surface des flots était agitée.
— Nous mangerons demain , dit le capitaine ; mais si nous perdons cette mâlure , il ne nous restera plus d'espoir. Mettez du monde sur le radeau, monsieur Leach, et doublez toutes les lignes d'amarrage, pendant que je vais essayer de prendre le large.
Le second passa sur le radeau , et en assujettit solidement toutes les
J,E PAQUEBOT
parties qui s'étaient déjà disjointes sous l'action des lames. Les deux canots ramèrent vers !a |ileine mer, emportant deux ancres de toiice dont on avait eu soin de se munir en <|uitlaut le paquebot , et deux autres qui avaient été trouvées à bord du danois ; à l'aide de ces deut ancres , on remorqua la tlottille jusqu'à ce que la profondeur de l'eau ne permît plus cette manœuvre.
— Je voudrais pouvoir marcher ainsi pendant trois ou quatre lieues, dit le capitaine, et nous finirions par trouver un vent favorable : mais il faut céder à la nécessité. Faites Rréer les mais de la clialoupe, monsieur Leach , et nous allons tâcher d'emmener auprès d'elle tout notre attirail.
Pendant que ces ordres étaient exécutés , on se servit d'une lunette pour e\aminer ce que faisaient les Arabes. A la surprise universelle, tous avaient disparu, et l'investigation la jïlus minutieuse ne put en découvrir un seul tant autour du navire échoué qu'à la place où les tentes avaient été dressées.
— Ils sont au diable! s'écria le capitaine Truck ; les coquins ont déjà chargé leurs chameaux cl vont s'empresser de cacher leur butin, pour revenir avant que leurs dignes confrères des autres tribus aient eu le temps de flairer la proie ! Que Luc fer les conduise: Monsieur Lundi , je vous remercie sincèrement de la bravoure et de l'hjbileté qut: vous avez déployées dans votre mission. Sans vous, nous n'aurions pu nous emparer du mât de misaine. Monsieur Dodge , personne ne se serait conduit comme vous dan; celle périlleuse épreuve.
M. Lundi cuvait son genièvre. M. Dodge s'inclina et se mit à rêver aux magnifiques narrations dont il allait embellir ses impressions de voyage.
Il s'agissait maintenant de remorquer la lourde mâture d'un grand navire en pleine mer , près d'une cote, et avec un vent de large. Il y avait à la vérité dix hommes d'équipage dans la chaloupe, et quatre dans les autres enibarcations; mais après avoir mis à la voile, ou s'aperçut que si le vent se maintenait on n'atteindrait pas le Monlauk avant le jour suivant , même avec les efl'orts les plus désespérés. La dérive sous le vent ou vers la côte était effrayante, et, au bout d'une heure de marche , on fut obligé de jeter l'ancre pour se préserver des brisants.
La résolution était la qualité principale du capitaine Truck. Il prévit la longueur de la lutte qu'il allait soutenir , et cria à M. Leach , qui était à bord du cutter , de lui jeter un cordage et d'approcher de la chaloupe.
— Retournez au danois , dit-il , et apportez-moi tout ce que vous pourrez trouver en fait de pain, d'eau et autres provisions. Nousalluns avoir l'oeil sur la plaine, et si les Arabes paraissent, nous tirerons un coup de fusil. S'il devient indispensable de vous cacher , deux coups de ftu seront tirés , et la grande voile de la chaloupe sera ferlée pendant deux minutes.
M. Leach exécuta ces ordres avec un succès complet. Le coq avait laissé dans ses chaudières pour vingt-quatre heures au moins de subsistances que les Arabes n'avaient pas su trouver. L'eau et le pain étaient en abondance , et , grâce à l'instinct d'un matelot , on découvrit dans la cale un baril de rhum. Ces précieuses denrées furent accueillies avec enthousiasme, car, sans elles, le capitaine Truck se serait vu forcé d'abandonner son butin.
Lorsque l'équipage se fut réconforté, on remorqua au large les embarcations; un bas-fond qui s'étendait à une lieue en mer permit de se servir plus longtemps et plus efficacement des ancres à empenne- 1er. Les canots les jetaient; leurs câbles servaient de cordes de halage aux équipages de la chaloupe et du cutter. Après avoir atteint le point où les ancres étaient mouillées, on les dérapait pour les reporlcr jilus loin, et l'on avançait ainsi lentement, mais d'une manière sûre. Une fois au large, on mit les voiles dehors; mais le vent et la mer étaient contraires, et, après une marche de deux milles, la dérive fut si grande qu'il redevint nécessaire de mouiller.
Le seul moyen de se tenir au large était d'employer les empennellesde la manière ci-dessus décrite, de naviguer au large tant qu'on le pourrait sans inconvénient, et de halerde nouveau sur les ancres. Au coucher du soleil, on était près d'un cap qui cachait la vue du i)Jontauk, dont , suivant l'estime du capitaine , on devait être éloigné de moins de deux lieues. Le vent avait fraîchi , et , quoiqu'il ne fût pas assez fort pour rendre la mer dangereuse , il augmentait la fatigue des matelots au point que le capitaine se décida , bien malgré lui , à chercher un mouillage oii il passerait la nuit.
Aucune rade , aucune baie n'était en vue. La côte n'offrait qu'une ligne irrégulière de bancs de sable, au milieu desquels il était impossible d'aborder. On dut se contenter de remorquer encore la flottille à quelque distance de la terre , et de l'amarrer avec toutes les ancres pour l'empêcher de dériver dans les ténèbres. Quand ce travail l'ut terminé , l'équipage soupa et alla se coucher après avoir posé le quart.
Comme les trois passagers avaient été dispensés de travail , ils demandèrent à veiller jusqu'à minuit, et, pendant que l'équipage sommeillait , ils restèrent assis dans la chaloupe avec le capitaine Truck. Le capitaine alluma un cigare, ce qu'il faisait toujours quand il avait envie de causer.
•~ Ëh bi«n , monsieur Lundi, voua avez trouvé les Arabes sociables
et disposés à boire ? Ce sont des gens qui auraient pu se civiliser , s'ils avaient été à l'école dans leur jeunesse.
— Hur ma parole , dit M.. Lundi , je regarde ce sheik comme un homme très comme il faut, et comme unbouenfint. Il a vidé son verre sans grimaces, et a répondu à toutes mes observations aussi poliment que s'il eût parlé anglais. Je regrette que M. Dodge ait manqué d'égards envers lui en quittant le camp sans cérémonie.
— H me déplaisait, répondit M. Dodge , et d'ailleurs je voulais apprendre au capitaine que les Arabes avaient l'intention de lui rendre visite.
— La postérité vous rendra justice , reprit le capitaine, et elle déclarera qu'il n'y a jamais eu messager plus agile que JI. Dodge. Ce que c'est que le sommeil ! Voilà de braves gens qui sont aussi étrangers au sentiment de leurs peines que s'ils étaient sous la garde de leurs pieuses mères. Elles ne songeaient guère , quand elles les ont élevés , aux dangers sans nombre auxquels ils seraient exposés ! Mais nous ne connaissons jamais notre destinée , n'est-il pas vrai , sir Georges?
Le baronnet assis dans un coin tressaillit à cette apostrophe.
— J'espère , dit-il , que nous n'avons aucun motif de croire que de nouveaux obstacles nous empêcheront de gagner le paquebot.
— Il u'est pas aisé de remorquer un radeau massif avec d'aussi frêles embircations, repartit le capitaine. Quand on s'abandonne au vent et aux vagues , on se fie à des amis incertains qui peuvent vous manquer au moment oii l'on aurait le plus besoin de leurs services. Q inique tout aille à merveille , je donnerais mille dollars de mes économies pour voir ces mâts gréés à bord du Montauk. Les m.îts , messieurs, sont à un bàliment ce que les jambes sont à l'homme. Sms eu\, il roule et vacille au gré des vents, des courants et des lame.s ; avec eus il marche , il gambade , il est vivant. Les manœuvres dormantes sont les os et les cartilages ; les manœuvres courantes, les veines oii la vie circule, et les poulies, les arliculations.
— Et oii est le cœur? demanda sir Georges.
— Le cœur est le capitaine. Pour peu qu'il connaisse son affaire, jamais le navire ne se perd, tant qu'il reste un pied d'eau sous la quille et un fil de carte dans les haubans.
— Cependant le danois avait tout cela.
— Oui, excepté l'eau. Le meilleur bâtiment qu'on ait jamais lancé est moins utile qu'un chameau quand il est à sec sur les sables d'Afrique. Ah ; les pauvres malheureux ! et dire que nous aurions pu partager leur sort! Ces Arabes étaient nombreux, et je me demande encore pourquoi ils nous ont laissés échapper.
Le capitaine devint rêveur; et comme la force du vent augmentait, il commença à concevoir quelques inquiétudes relativement au paquebot; il exprima même l'intention de s'embarquer dans un des canots pour rejoindre plus vite le Montauk: mais il y renonça en voyant le mouvement des lames et la tension des cordages qui retenaient la pesante mâture. Enfin il s'endormit, et uous le laisserons quelques instants à l'écart, pour nous occuper de ce qui se passait à bord du Monlauk.