‹ Œuvres compl`etes de Fenimore CooperChapitre 136 sur 280 · CHAPITRE XLIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIX

Eve et mademoiselle Viefville avaient assisté involontairement au dénoftmcnt de la scène précédente , et le capitaine Ducie crut devoir s'excuser auprès d'elles du rôle qu'il avait été forcé de jouer. Il se fit présenter régulièrement par sou ami Templemore.

— Vous me pardonnerez, dit-il, d'avoir troublé momentanément votre repos; mais j'ai ordre d'arrêter les criminels.

Ce mot, les criminels, causa à miss Effingham une impression pénible, et elle pâlit involontairement.

— Nous le regrettons comme vous , dit Edouard Effingham au ca« pitaine Ducie; îuais est-ce l'effet d'une méprise? voici la troisième malle marquée P. P., qui passe dans votre canot.

— J'emmène avec moi M. Paul Powis, répondit le capitaine anglais.

— Oui, mesdames, dit avec embarras Paul Powis, qui venait de faire ses adieux au capitaine Truck : le hasard m'a permis de vous tenir compagnie à plusieurs reprises, et à vous aussi, monsieur Edouard, et j'espère que vous me permettrez de voub traiter en ancienne connaissance.

— Nous vous avons des obligations, monsieur Powis, repartit le père, etj'aurais beaucoup de plaisir à vous revoir chez moi.

Paul prit la main d'Eve, qui le sentit trembler, et il baisa cette main avec émotion; puis , après avoir serré celle de sir George», il s'embarqua précipitamment.

Le CdHot pari t laissant les assistants dans une stupéfaction complète, et VLcu>ni> ne tarda pas à dis|>araitre à l'Iiorizon.

De son côté, te Monluuk brassa carré, et se dirigea vers le port, oii il entra triomphalement sur les onze heures.

Nous ne suivrons |ias la fiimille Elling'iam dans son nouveau domicile , dont nous aurou:, I occasion de f<iire une description détaillée. Contentons-nous de dire que le lendemain malin , à l'heure du déjeuner, John Effingliain montra à sa cousine dans un journal quotidien uaparagraplie aiii-i conçu :

« Le Movtauk, qui était en retard , est arrivé hier dans notre port. Il nous ramène M. Steadtast Dodge Esquire, di jà connu par ïos lillres instructives et amusentes sur l'Europe. On nous assure que M. Do ge se proviose de raconter bi. ntôt les aventures du paquebot, et, milgré sa modestie , nous pensons qu'il voudra bien nous révéler la part qu'il y a prise s .r la côled' .frique.

» La corvette anglaise i Ecume, après avoir abordé le Montauk, s'est emparée de deux criminels. L un avait emporté cent quar.iiite mille livres du trésor public, et l'autre était un déserteur de la mariue britannique. »

— Ce doit être un mensonge , dit Eve avec indignation.

— Je le souhaite comme vous , répondit John Effingham, mais il y a quelque chose de suspect dans cette affaire.

Nous verrons par la suite comment Eve se comporta , et quelle fut son opinion sur la conduite de Paul Powis.

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