CHAPITRE VI
Nous avons entrepris de dépeindre la société de New-York, notre lâche sera bienlôt achevée.
La famille Eflingham se rencontra avec sir Georges Templemore à quelques dîners auxquels il avait été invité , grâce à ses lettres de recommandation. La description d'un de ces repas suflira pour donner une idée des autres.
La table était bien servie , garnie d'excellents mets artistement accommodés, et les vins étaient irréprochables. Les convives, presque tous du sexe masculin, étaient vêtus de noir; une. femme, ayant parfois auprès d'elle une compagne, brillait au haut bout de la table. La salle à manger était magnifiquement éclairée ; mais pour en faire ressortir la splendeur l'hôte avait cru devoir laisser les autres pièces dans les ténèbres , et John Eflingham faillit se rompre le cou en traversant à tâtons le premier salon.
Des que l'appétit des convives fut émoussé, la conversation prit son cours ; elle roula sur le prix des terrains, l'industrie des villes neuves, et les spéculations. Ensuite on goûta les liquides , et il eût été facile de prendre le maître de la maison pour un marchand de vins, car on le voyait sans cesse le siphon ou le tire-bouchon à la main. Les paroles qui furent échangées en ce moment n'auraient pas été déplacées au diner annuel des expéditeurs allemands assemblés à Rudesheim pour discuter leurs intérêts.
Sir Georges, en sortant de ce banquet , était disposé à rendre un arrêt défavorable aux Américains; mais M. Elfingham l'introduisit dans une sphère un peu supérieure. Il y avait là plus d'intelligence, des manières qui étaient meilleures sans être irréprochables, et une estimable franchise. Les fautes positives étaient moins frappantes q^ie les incongruités; et sir Georges Templemore rendit hommage à la vérité, en convenant qu'il avait été sur le point de porter un jugement téméraire.
Un mois s'écoula, et le jeune baronnet devint chaque jour plus intime dans la maison de State-street. Dès qu'il eut l'air de renoncer à toute chance de succès, Eve se montra plus franche à son égard; Grâce , au contraire , était plus timide et plus réservée à mesure qu'elle comprenait mieux l'intérêt qu'il lui portait, et les moyens qu'il avait de plaire.
Trois jours après le bal de madame Houston , la famille EflSngham fut invitée chez madame Légende, dont la société était principalement littéraire. Sir Georges et le capitaine Truck furent invités. Quant à M. Bragg, il était déjà retourné à la campagne, oii nous aurons occasion de le suivre prochainement. Le goût, en matière de beaux-arts ou de littérature, résulte, comme l'amour, d'une impulsion naturelle. Tous deux peuvent être développés par les circonstances, mais il est nécessaire qu'ils soient libres ; les inclinations par lesquelles 1 âme y est conduite ne sauraient se commander, et s'arrêter ou suivre leur cours au gré d'une volonté étrangère. C'est ce qui fait que les plaisirs intellectuels qui sont prémédités ne répondent pas à l'attente des hommes dont l'esprit les a combinés. Les séances académiques, les réunions littéraires et les repas de corps sont presque toujours insipides. Il est possible de réunir des gens de talent, et de rendre leur assemblage agréable, en les abandonnant à eux-mêmes; dans ce cas, la pensée répond spontanément à la pensée, et les saillies pétillent tout naturellement; mais on chercherait en vain à donner une direction spirituelle à des hommes peu éclairés qu'on ramasse au hasard. Le contraste du but que l'on se propose avec les facultés des assistants ne sert qu'à faire ressortir leur inintelligence, et il en est d'eux comme de mauvais tableaux magnifiquement encadrés. Aussi, rien n'était plus ennuyeux que les soirées littéraires de madame Lt'gende, oii l'on était remarqué dès que Ion possédait une langue étrangère. Madame Légende, en invitant Eve Eflingham, savait que celle-ci connaissait presque toutes les langues de l'Europe, et la bonne dame fit tous ses efforts I our réunir une société où notre héroïne pût déployer toute retendue de son instruction. Elle n'ébruita point son projet, mai?
EVE EFFIKGIIAM.
elle prit toutes ses mesures jiour rendre sa soirée célèbre dans les fastes des assemblées liltéraiics.
Pou;' arriver à ce résultat, on leva le ban et l'arrière-ban des beaux esprits, des écrivains et des artistes. Sir Georges avait acquis une telle réputation, qu'on lui accordait le titre d'homme de lettres , et un journal de New-York avait qualifié le révérend M. Truck d'illustre voyageur. Ils venaient tous deux en Amérique pour a|iprécier à sa juste valeur le caractère national ; et dans la solennité dont ils devaient être les héros, tous les représentants de la littérature étaient convoqués pour soutenir, non pas les institutions, mais les i)rétentions du pays.
Malheureusement il était difficile de métamorphoser New-York, ville essentiellement commerciale, en une capitale où se concentrent les lumières et la civilisation d'un peuple. Pour se procurer des hommes parlant toutes les langues, madame Légende fut obligée d'associer des marchands de genièvre de Hollande, des toilierj de Saxe, des Italiens qui vendaient des chapelets, et un professeur d'espagnol qui était né en Portugal. Chacun d'eux ne savait absolument que sa propre langue. Alais pourquoi n'y aurait-il pas de semblables réunions à New-Yotk, quand on en voit bien à Paris?
Madame Légende fut en proie à de terribles émotions en entendant sonner pour la jiremière fois au commencement de cette soirée mémorable. D'abord parut miss Ânnual , femme essentiellement littéraire, qui débita à son amie des phrases toutes faites, mais longuement préparées. Avant qu'elle en eût prononcé la moitié, les coups de sonnette se multiplièrent, et le salon fut bientôt émaillé d'autant de beaux esprits qu'on trouve de plaisanteries dans un roman moderne. La troupe étrangère se présenta au premier rang, et fut suivie de près ])ar les rafraîchissements, dont elle semblait avoir provoqué la venue. Puis arrivèrent tous les bas-bleus de New-York, au moins tous ceux auxquels leur position sociale donnait le droit d'être admis dans la bonne société.
JN'ous pourrions ici adopter la méthode d'Homère, et faire ce qu'on appellerait en français un catalogue raisanné i\c nos héros et de nos héroïnes, mais les limites de cet ouvrage nous obligent à nous restreindre.
Parmi les dames qui figuraient dans le salon de madame Légende, nous citerons miss Monthlj,
Miss Economie,
Miss Marion,
Bliss Longin,
Miss Juliette,
Miss Hérodote,
Et madame Démonstration.
Jl y avait en outre une douzaine d'hadgis du sexe féminin, qui avaient vu à l'étranger des tableaux et des statues, et avaient l'avantage de pouvoir en parler savamment.
La liste des hommes était plus formidable encore. On y voyait en première ligne Steadfast Dodge, esquire, dont la renommée comme badgi du sexe masculin, s'était tellement accrue depuis la réunion de madame Jarvis, qu'il était reçu dans les meilleurs cercles de sa patrie.
On comptait dans le nombre les auteurs des publications suivantes:
Le Lapis-lazuli ,
Li's Tantes,
Le Itéfornié,
Le Conformé,
Le Transformé ,
Le Déformé,
La Hevue Hebdomadaire,
Le Bonnet de Nuit,
La Chrysalide,
Le Magot ,
Le N'allez pas plus loin ,
Le Junius,
Le Junius Brutus,
Le Lucius Junius Brulus,
Le capitaine KanI ,
Florio ,
L'histoire de Guillaume Litxtum , prophète des sauvages Vottanatomies.
N'oublions pas l'illustre auteur de Simples Rimes, génie dont la réputation était basée sur un seul couplet, et divers amateurs, connaisseurs et hadgis, qui avaient acquis de la notoriété de la même manière dont un cheval de course gagne le prix, à force d'être stimulé par le fouet et l'éperon.
Madame Légende, heureuse de présider une aussi brillante compagnie, se promenait de rang en rang, et répandait son esprit parmi ses hôtes comme un fluide magnétique. Elle se disait que, si New- York était par hasard menacé du feu qui avait brûlé Sodome et (joraorrhe, il y avait chez elle de quoi sauver la ville de la destruction.
Il est bon d'expliquer que John Effiiigliam savait qu'on avait fait passer le caiiitaiiie Truck pour un ecclésiastique anglais , et qu'il croyait devoir détruire celte folle idée avant le départ de l'honnête marin qui mettait à la voile le lendemain matin iiour Londres. John se proposait de désabuser le public incidemment, en profitant de la
première occasion favorable, sans qu'il fût nécessaire de communiquer à son brave ami l'erreur dont il était l'objet.
Mademoiselle Viefville, qui marchait en avant de la procession des Effingham, fut d'abord effrayée de tant d'honneur ; mais elle aperrii par bonheur la présidente a l'citrémité d'un rang de beaux esprits, i.es lettres d'invitation conviaient à une suirre littéraire , et la gouvernante était trop françaie pour s'effaroucher de l'efl'et scénique d'une pareille fête. Elle s'ét;:it plainte souvent que les Etats-Unis manquaient de spectacles, et elle n'était pas fâchée d'assister à une sorte de représentation. Elle s'avança donc d'un pas ferme vers madame Légende en rendant sourire pour sourire , c'était une partie du /;royram)»e qu'une Parisienne ne pouvait oublier; Eve marchait seule, comme à l'ordinaire ; puis venaient Grâce, sir Georges, et John Effingham ; le capitaine Truck fermait la marche. 11 y eut entre ces deu\ derniers une contestation amicale pour la pri séance, chacun voulait céder le pas à son compagnon ; mais 1^ capitaine fit prévaloir son avis :
— Je navigue, dit-il, sur une mer inconnue, et ritn n'est plus prudent que de faire voile dans les eaux d'un aussi bon pilote.
Les hadgis qui précédaient le capitaine furent accueillis avec les égards dus à leur mérite ; mais l'attention de la société se porta principalement sur M. Truck, que miss Hing avait annoncé partout comme un ecclésiastique anglais d'une capacité transcendante. Ce n'était pas une maison vulgaire, cil l'on fit cas des dollars et du babillage des belles; c'était le temple du génie, et l'on y témoignait autant de vénération pour l'éloquence de l'illustre étranger, que d'indifférence pour les dix-sept mille livres de rente de John Ellingham.
L'extérieure du capitaine Truck était assez bien adapté au rôle que l'appelaient à jouer à son insu les rêveries et les commérages de miss Ring. Ses cheveux grisonnaient depuis longtemps, mais sa fuite devant l' Ecume, son naufrage et ses autres aventures, semblaient avoir hâté la marche du temps. Il avait maintenant la tête blanche comme la neige. La fraîcheur et l'incarnat de son teint , dus à l'action de l'air salin, pouvaient passer pour celle d'un poète ; et sa démarche, qui se ressentait du balancement d'un navire, faisait croire aux novices qu'il pliait sous le fardeau de la science. La culotte noire qu'il portait ce soir-là ajoutait à l'effet général de sa personne, et son entrée fut saluée par un murmure unanime d'approbation.
— Quelle tête byronienne ! dit à miss Hérodote l'auteur du Transformé. Comme sa lèvre se plisse admirablement !
La vérité était que le capitaine Truck avait mis de côté un bout de tabac comme un singe tient en réserve une noix ou un morceau de sucre.
— Sa figure est-elle vraiment byronienne? demanda miss Hérodote. Elle me semble plutôt avoir quelque chose de shakespearien, avec quelque touche de Milton sur l'os frontal.
— ()ae\ est le meilleur des ses ouvrages? demanda miss Annual a Lucius Junius Brutus.
— Tous sont excellents au même degré , répondit cet auteur, qui n'en connaissait pas un seul; ce qui était très-explicable, attendu que le capitaine n'avait écrit que des livres de loch.
Après avoir adressé quelques compliments à M. Truck, madame Légende se tourna du côté de miss Effingham.
— ^ eus avez assisté , lui dit-elle , aux grandes soirées littéraires de Paris, et vous devez par conséquent trouver nos réunions bien monotones. Je me flatte pourtant d'avoir rassemblé sous mon toit les plus beaux talents de New-York ; en connaissez-vous quelques-uns?
Eve répondit qu'elle était presque étrangère, et qu'elle ne demandait pas mieux que de s'instruire.
— Je vais vous désigner les principaux, reprit madame Légende, qui était fière de ses hôtes. Ce personnage de forte corpulence, qui a l'air à la fois si spirituel et si modeste, est le capitaine Kant, éditeur d'un journal religieux. C'est un homme qui pousse l'amour de la vérité au point de faire écrire sous ses yeux toute la correspondance étrangère, et qui dans la polémique la plus ardente conserve toujours l'onction d'un saint. Son voisin est le poète Florio, si remarquable par la délicatesse de ses sentiments. Vous ave?, sans doute entendu parler du triomphe ciu'il a remporté sur lord lîyron?
— .le dois, madame, confesser mon ignorance.
— liyron a écrit une ode commençant par ces mots :
lies de Grèce! Iles de Grèce 1
C'est, comme vous le voyez, un vers faible, qui ne contient qu'une répétition insignifiante. Kh io, jiour montrer au monde combien la fausse monnaie différait de la bonne, a composé une ode à l'Angleterre.
— Vous en rappelez-vous quelque chose, madame ?
— Malheureusement, je ne sais que le premier vers, et c'est dommage, car la rime est le principal mérite de Elorio.
— Dites-nous ce vers, de grâce, s'écria John EtVingham , ne nous laissez pas languir.
— Le voici :
Au delà lies Ilots I au delà des flots I \ oilii ce que j'appelle de la poésie !
EVE EFFIWGHAM.
— El vous avez bien raison, madame, lépondil Joli», qui s'apenut que sa cousine pouvait à peine réprimer son hilarité. Quel tour de force, d avoir condensé un voyage de trois mille lieues en trois mots suivis d'un point d'admirjtion ! Car j'espère que ce vers a été imprimé avec un point d'admiration?
— Avec deux, monsieur, un pour cliaque flot.
Un nouvel hôte vint se mêler à l'entretien. C'était M. Pindare, poète lyrique très-connu. Il fut suivi de près par le satirique Pitli et par M. Tun , littérateur dont on vantait l'evccssive gaieté. Tous trois allèrent se mettre dans un coin , et eurent l'air de se moquer du reste de la compagnie.
— Où est le lion de la soirée? demande le poète lyrique.
— Il isl là-bas, dit M. PitU ; c'est cet homme dont la cime est blanche et le pied noir. C'est quelque pampliléiaire anglais , qui a écrit dans une obscure revue, et qui passe ici pour un Juvénal, parce qu'il vient de loin.
— Attention ! dit M. Tun, le voici qui vient à nous. Le lion, retenu un moment au milieu d'un cercle de femmes, sort de sa cage pour tout dévorer.
— Bonsoir, messieurs, dit le capitaine Truck en s'essuyanl le front; il fait dans votre coin une fraîcheur délicieuse, et je vous demanderai la permission de m'y installer.
— Comment donc ! s'écria JI. Pilh , donnez-vous la peine de vous asseoir.
— De tout mon cœur, messieurs, car, à vrai dire, j'étais importuné par cts femmes.
— Enfin vous leur échappez, dit Pindare.
— Oui, grâce au ciel ! reprit le capitaine. J'ai servi dans la guerre de France; j'ai combattu les Anglais à bord d'un corsaire, en 1815; enfin, je viens de lutter avec des Arabes sur la cote d'Afrique; mais jamais je n'ai essuyé un abordage plus terrible que celui de ces dames .. Je voudrais bien savoir s'il est permis de fumer un cigare dans ces conversations littéraires?
— Sans aucun doute , répondit Pindare avec le plus grand sangfroid.
— Ah ! monsieur Truck, s'écria madame Légende, qui avait suivi le lion à la piste, votre instinct vous a conduit au milieu d'une société d'élite. Souffrez que je vous présente à ces messieurs : Monsieur Pindare, monsieur Pith, monsieur Tun, je vous présente M. Truck.
Le capitaine donna une poignée de main à chacun des trois auteurs, et regarda comme une consolation d'avoir été tant de fois présenté pendant la soirée. Madame Légende s'éloigna , et le capitaine dit au poêle satirique :
— Je suis enchanté d'avoir fait votre connaisshnce. Dans quels parages naviguez- vous?
— Nous allons où l'inspiration nous pousse, répondit M. Pith, et nous ne marchons pas quand le temps est mauvais.
— C'est ce que je faisais dans ma jeunesse. Un navire attendait autrefois dans le port que le vent fût favorable; maintenant il faut aller de l'avant quelque temps qu'il fasse. Il me semble que le monde rajeunit à mesure que je deviens vieux.
— Nous sommes inystiliés, murmura Pindare.
— J'en ai peur, dit M. Pith. Ce brave homme sent la fumée et le goudron, et ce doit être quelque marsouin jeté à la côte, que d'un coup de sa baguette magique la pauvre madame Légende aura transformé en littérateur. Je vois John EÛingham qui rit du coin de l'œil, et qui va sans doute me dire la vérité.
M. Pith alla trouver le cousin d'Eve, et sut bientôt à quoi s'en tenir. Instruits de la véritable profession du capitaine, les trois littérateurs se prêtèrent complaisamment à ses fantaisies, et M. 'Tun lui donna clandestinement un papier allumé.
— ^ ous otïrirai-je un cigare, monsieur? dit le capitaine en présentant sa boîte à Pindare.
— Merci, monsieur Truck, je ne fume jamais, mais j'aime beaucoup l'odeur du tabac; ne vous gênez pas, je vous en conjure.
Encouragé de la sorte, le capitaine aspira trois ou quatre bouffées, et la chambre fut bientôt remplie des parfums de la Havane.
— Est-il possible ! s'écria Junius Brutus; voilà l'illustre Anglais qui fume un cigare. Comme c'est piquant !
— Mes yeux me trompent-ils? dit miss Ânnual; voilà le célèbre auteur qui nous enfume.
— Je ne puis le croire, dit Florio, car toutes les revues s'accordent à dire que le cigare n'est pas admis dans les cercles de la vieille Angleterre.
— Vous vous trompez , mon cher Florio , dit miss Hérodote ; le dernier roman à la mode contient une scène dans laquelle le héros fume en faisant une déclaration à l'héroïne.
— En vérité! reprit Florio, cela change la question; les usages d'une grande nation doivent être respectés.
Toutes les dames furent de cet avis, et l'acte inconvenant du capitaine leur parut tout simple. Elles se rappelèrent que l'habitude de fumer était poussée si loin en Angleterre , qu'au témoignage de M. 'Truck lui-même, les prédicateurs fumaient en chaire, et ce fut à qui trouverait des raisons pour justifier cet usage. Le capitaine acheva tranquillement son cigare; puis il en prit un autre, et continua ainsi
jusqu'à la fin de la soirée. Au moment de se retirer, Pindare lui proposa, au nom de ses deux collègues, de venir manger des huîtres avec eux.
M. Truck accepti avec empressement, et alla faire ses adieux à l'hôtesse.
— Bonsoir, madame, lui dit-il en lui tendant cordialement la main : j'ai passé chez vous une soirée agréable, quoique le comnifiiccment en ait été rude. Si vous aimez les navires, je me fer.,i un véritable plaisir de vous montrer la cibinc du JYo?!/aufc; si jamais il vous jutnj fantaisie d'aller en Europe, permettez-moi de vojs recommander le paquebot de Londres. Vous y serez à merveille, surtout en prenant une chambre pour vous seule. Croyez-en mon expérience.
Les trois littérateurs ne se mirent à rire que lorsqu'ils furent à table; et leurs accès d'hilarilé revinrent entre les service* comme les refrains d'une chanson. Le capitaine Truck ne comprciKiil point Ici motifs de cette folle gaieté, ce qui ne l'empêcha pas d'y prendre part.