CHAPITRE XXVI
Quoique Nick eût commencé sa marche avec un semblant de zèle et d'activité , il se ralentit aussitôt qu'il eut perdu de vue ceux qu'il avait laissés dans le bois. Parvenu au pied de la Roche, il s'assit sur une pierre et parut réfléchir. Sa physionomie exprimait un mélange d'émotions contraires. D'abord elle était farouche , sauvage , triomphante; puis elle devint douce, sereine et empreinte d'un vague sentiment de repentir. Il tira son couteau d'une gaîne de peau de bouc , et regarda la lame avec une sombre tristesse. S'apercevant qu'un caillot de sang s'était formé au-dessous du manche , il le fit disparaître en le lavant avec soin. Ses regirds se portèrent ensuite sur toute sa personne , et s'assurèrent que rien ne trahissait son terrible secret. Après quoi il sembla plus tranquille.
— Mes vieilles cicatrices sont guéries, murmura-t-il; le dos de Wyandotté ne lui fait plus de mal. Pourquoi le capitaine le touchait- -il ? Croit-il qu'un Indien n'ait pas d'âme ? Il est parfois bon , parfois mauvais. Pourquoi parlait-il de faire fouetter encore Wyandotté au moment de marcher vers le camp ennemi ?
Après ce monologue , Nich se leva , regarda le soleil pour calculer l'heure, parut examiner un moment les fortifications de la Roche, et sortit de dessous les buissons pour voir ce que faisaient Joël et ses compagnons.
Ensuite il rajusta son costume avec une attention particulière, et se
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prépara à comparaître devant la femme et les filles de l'homme que , trois heures avant, il avait assassiné sans remords.
Il y avait trente ans que Kick avait reçu les premiers coups de fouet de la main du capitaine. Depuis cette époque , il n'avait cessé de méditer son crime. Ses punitions subséquentes avaient augmenté sa soif de vengeance. Cependant elle se fût éteinte sous l'influence irrésistible du ttnipssans les malheureuses allusions de la victime.
Le c.ipilaine Willoughby, homme naturellement juste et humain, était un soldat anglais de la vieille école. Il adoptait aveuglément cet axiome : l'Ius on fouette le soldat, meilleur il est. Ce qui pouv.iit être applicable au rebut de la nation anglaise fut, par une erreur fatale, mis en pratique envers un sauvage américain qui avait jadis exercé les fonctions de chef, et qui n'en avait pas encore perdu tous les sentiments. Malheureusement le capitaine , pénétré de l'importance que pouvait avoir pour lui la fidélité du Tuscarora, se rappela son expédient d'autrefois. Les verges semblèrent le moyen le plus sûr de se faire promptement obéir; il le menara et, comme le disait Aick, les vieilles blessures saignèrent. Le projet, vaguement arrêté depuis trente ans , reprit soudainement de la consistance, et le couteau perça le cœur de la victime, sans lui laisser le temps d'implorer la miséricorde du souverain juge.
Telle avait été l'action de l'homme qui passait maintenant par l'ouverture de la palissade , et entrait dans l'ancienne habitation de ses victimes. Kick fit sans bruit le tour de l'enceinte et frappa à la porte , qui était barrée.
— Qui est là ? demanda Pline l'Ancien.
— C'est un ami , ouvrez ! J'apporte un message du capitaine. L'aversion naturelle des nègres pour la race indienne n'exceptait
pas le Tuscarora. Ces hommes ignorants n'étaient pas à même d'établir une distinction entre un sauvage et un autre, et leur imagination, amie du merveilleux , confondait dans un chaos inextricable les Oneidas, lesTusearoras, les Mohawks, les Onondagas et les Iroquois. Pline l'Ancien hésita donc à ouvrir la porte , et il appela en conseil sa femme , qui par bonheur était auprès de lui.
~- Savez-vous quel est l'homme qui frappe ? demanda-t-il d'un air mystérieux.
— Comment voulez-vous que je le sache, vieux Pline? Croyez-vous que je puisse voir à travers cette porte ? Me croyez-vous sorcière comme les devineresses d'Albany, qui savent tout et un peu plus ?
— Eh bien, c'est Saucy-Kick ! Que dites-x-ous à présent?
— En êtes-vous certain, vieux Pline? demanda Bessy avec une figure sinistre.
— Il m'a parlé. Faut-il ouvrir?
— Non, Pline l'Ancien. Appuyez-vous de toutes vos forces contre la porte. Je vais aller chercher miss Jlaud , qui est seule à la bibliothèque.
Pline l'Ancien plaça résolument ses épaules contre les battants massifs; et, nouvel Atlas, il soutint une lourde porte qu'auraient à peine ébranlée les coups du formidable bélier.
Alaud accourut bientôt en toute hâte.
— Est-ce vous, Kick ? murmura la douce voix de notre héroïne. Le Tuscarora tressaillit à des accents qui lui étaient si connus. Son
regard s'assombrit un instant, puis exprima la pitié et l'intérêt.
— Oui, Fleur des Bois, c'est Nick, Siucy-IVick , Wyandotté. Il a des nouvelles. Le capitaine l'envoie. Il a vu le major. Il dira quelque chose à la jeune femme.
Ces dernières paroles mirent fin aux débats. La porte fut débarrée, et Kick suivit ^Maud à la bibliothèque. Elle attendit qii'il x'oulùt bien s'expliquer. Mais Kick prit une chaise, et regarda Maud de manière à exciter bientôt ses inquiétudes.
— Si votre cœur a quelque pitié , Wyandotté , parlez ; est-il arrivé quelque chose au major?
— Il va bien, il rit, il parle , il ne pense à rien. Il est prisonnier; on ne lui fera pas de mal.
— Pourquoi donc cette physionomie de mauvais augure ?
— S'il faut vous dire la vérité , j'ai de mauvaises nouvelles. Comment vous appelez-vous, jeune fille?
— Vous savez bien mon nom, Kick; je suis Maud, votre ancienne amie.
— Le visage pâle a deux noms ; le Tuscarora en a trois : il est tantôt Kick, tantôt Saucy-Nick, tantôt Wyandotté.
— Vous savez que je m'appelle Maud Willoughby, répondit notre héroïne.
— Votre père s'appelait Mérédith.
— Miséricorde ! comment ce grand secret est-il parvenu à votre connaissance ?
— Ce n'est p.as un secret. Wyandotté a connu le major Mérédith. Il l'a vu tomber. C'était un bon chef: il ne fouettait jamais. Il n'a j.imais battu un Indien. Kick a connu votre père, votre mère, et vousmême, quand vous étiez enfant.
— Et pourquoi choisissez-vous ce moment pour me dire cela ? Qu'estce qu'il y a de commun entre ces paroles et le message de Koberl Willoiighby ?
— Hitn, répondit Kick avec un certain emportement Vous êtes Mérédith, et non pas Willoughby. Demandez à votre mère, demandez
au m.ijor, demandez au chapelain : tous voiu le diront. Ke soyez donc pas trop affligée : ce n'était pas votre père.
— Qu'est-ce? que signifie cet air d'égarement? que le mauvaise nouvelle avez vous à m'apprendre ?
— Pourquoi mauvaise pour vous ? Ce n'était pas votre père : c'était l'ami de votre père , quand vous étiez enfant. Que vous importe celui-ci !
Maud respirait i peine. L'idée de ce qui était arrivé se présenta tout à coup à son esprit troublé. Elle pâlit et posa la main sur son cœur comme pour en réprimer les battements impétueux ; puis, par un effort dési'spéré, elle devint plus calme et eut la force de parler.
— Quoi ! mon père est tombé dans cette fatale eipédition I
— Votre père est mort il y x vingt ans , répéta le Tuscarora avec colère.
L'Indien avait voué à Maud une affection singulière, en partie produite par les attentions qu'elle avait toujours eues pour lui. Il pensa diminuer la douleur de la jeune fille en lui rappelant que le capitaine Willoughby n'était pas son véritable père. 11 lui redit à plusieurs reprises :
— Pourquoi l'appelez vous votre père? Il ne l'est pas! le major n'est pas votre frère.
Ma gré les vives sensations qui l'accablaient, Maud sentit, à cette dernière allusion, le sang lui monter rapidement au visage.
— Ke me tenez pas plus longtemps en suspens, Wyandotté. Mon père, le capitiine W'illoughby, est-il mort?
Kick la regarda attentivement pendant une minute, et fit un signe allïrmatif.
Maud oublia toute sa fermeté ; le trouble de ses idées lui fit craindre un moment la perte de sa raison. Dn torrent de larmes la soulage.; , et elle devint plus calme. Elle songea qu'il était nécessaire d'en savoir davantage, et interrogea Kick de manière a en tirer tout ce qu'il jugerait convenable de lui révéler.
Le premier mouvement de Maud fut d'aller voir le corps du capitaine et de s'assurer par elle-même qu'il n'y avait plus d'espérance. Ce coup funeste l'avait si brusquement frappée, le récit de Kick avait été si laconique, qu'elle pouvait .a peine croire à toute l'étendue de son malheur. Toutefois il s'agissait de communiquer l'afl'reuse nouvelle au reste de la famille. Madame Willoughby était tellement accoutumée à voir son mari s'exposer impunément, qu'elle le croyait en quelque sorte invulnérable. Avant de détruire si cruellement ses illusions, Maud envoya chercher Beulah par une des négresses.
Les êtres les plus faibles possèdent une fermeté extraordinaire quand ils sentent que leur courage peut contribuer à soutenir d'autres personnes dans l'infortune. Maud, sous une apparence délicate, était capable de concevoir les projets les plus hardis. La vie périlleuse qu'elle avait menée sur les frontières l'avait élevée au-dessus des faiblesses ordinaires de son sexe, et elle avait une énergie virile quand les circonstances l'exigeaient. Elle avait pris la résolution d'aller au-devant du corps de son père, quand Beulah rentra à la bibliothèque.
— Maud, s'écria la jeune femme, qu'est-il arrivé? Pourquoi êtesvous si pâle ? pourquoi m'envoyer chercher ? Kick nous apporte-t-il des nouvelles des moulins ?
— De tristes nouvelles, Beulah ! Mon père est blessé ; on l'a transporté jusqu'à la lisière du bois pour nous avertir avant de le ramener ici. Je vais aller au-devant de lui ; préparez ma mère à apprendre un malheur... oui, Beulah, un malheur terrible...
— Mon Dieu ! s'écria Beulah en se laissant tomber sur une chaise , qu'allons-nous devenir ?
— La Providence veillera sur nous. Embrassez-moi, ma chère sœur. Comme votre visage est froid ! Ranimez-vous, ma chère Beulah, au nom de notre mère. Songez qu'elle sera peut-être plus accablée que nous !
— Oui , Maud , vous avez raison. Rien ne peut égaler la douleur d'une épouse, si ce n'est celle d'une mère.
A ces mots, Beulah tomba sans connaissance.
— Vous voyez, Bessy , dit Maud à la négresse en montrant sa sœur d'un air de résolution , donnez-lui de l'air et de l'eau. Venez , Kick , nous n'ax'ons pas de temps à perdre ; soyez mon guide.
Le Tuscarora avait silencieusement contemplé cette scène; elle réveillait en lui, sinon des remords, du moins des sentiments qui lui avaient été étrangers jusqu'alors. C'était un spectacle nouveau pour lui que celui de deux êtres soulïrants d'un coup que sa main avait porté. II ne savait à quelle émotion s'abandonner. Devait-il éprouver des regrets? devait-il s'applaudir encore d'.avoir assouvi sa vengeance, et se révolter à l'idée que les larmes des jeunes filles étaient pour lui autant de reproches ? Toutefois, Fleur des Bois exerçait sur lui une influence irrésistible; il la suivit hors de la chambre. .Maud ne fit aucune dilficulté pour franchir la palissade, pendant que Kick obserx'ait la campagne et s'assurait qu'ils n'étaient pas épiés; Le costume de la jeune fille était de couleur sombre et ne pouvait attirer les yeux. Quant à Kick, il avait disposé ses vêtements avec l'intention expresse d'aller et de venir sans être vu. Aussitôt qu'elle approcha du cortège, notre héroïne fut reconnue, tous s'empressèrent de lui faire place, et elle tonib;i à genoux auprès du cadavre, dont elle baigna de pleurs le visage livide.
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— N'y a-t-il plus d'espérance, ô Joyce? Est-il possible que mon père n'esiste plus?
Son Honneur, miss i\Iaud, a fait sa dernière étape. Il a reçu l'ordre de sortir de ce monde, et, en brave soldat qu'il était, il a obéi sans murmure. Nous avons perdu, nous, le plus humain des commandants, vous, le plus tendre des pères.
' — Ce n'était pas son père , murmura Nick en touchant le sergent du coude. Le sergent connaît son père , il était près de lui quand les Iroquois l'ont tué.
— Je ne vous comprends pas , Tuscarora, et je crois que vous ne nous comprenez pas. Il est de notre devoir de dire : ^)iie la volonté de Dieu soit faite. Je voudrais que le révérend Wooiis fût ici pour vous prodiguer ses consolations. Pour moi, je suis un homme simple, et je ne saurais exprimer la moitié de ce que mon creiir éprouve.
— Ah ! Joyce, quel ami, quel père il a plu à Dieu de rappeler à lui ! s'écria Maud en se tordant les mains.
— Oui , miss Maud , on peut le dire avec grande raison ; c'était un brave : il n'était pas de ceux qui parlent et écrivent sans cesse pendant la guerre ; mais, quand il fallait agir, il était toujours prêt.
En prononçant ces mots, Joyce ne put maîtriser plus longtemps ses émotions, et de grosses larmes ruisselèrent sur ses joues creuses, comme l'eau qui s'échappe des fissures d'un vieux chêne. Il se mit à l'écart, tandis que Jamie, dont la prudence était la vertu constitutive, fit observer la nécessité de se mettre à l'abri de la Roche.
— La mort est terrible en tout temps, dit le maçon, et le deuil qu'elle porte avec elle est conforme aux lois de la nature. [Néanmoins, nous avons des devoirs à accomplir tant que nous vivons. Il est temps de songer à mettre le corps en lieu de sûreté et à nous préserver nous-mêmes.
A cet appel, Maud s'était levée et s'était efforcée de prendre un maintien plus calme. Elle fit signe à la troupe de reprendre sa marche, et le triste convoi entra dans le lit du ruisseau. Maud se préparait à les suivre sur la rive quand le Tuscarora la tira par la manche.
— N'allez pas à la Uoche, dit-il. Venez avec Wyandotté.
— Ne pas suivre les dépouilles de mon père ! ne pas aller consoler ma tendre mère dans l'angoisse ! Vous ne refléchissez pas, Indien?
— A quoi bon aller à la maison ? Le capitaine est mort ; que ferezvous sans chef ? Venez avec Wyandotté ; vous trouverez le major. Vous aurez un chef.
Cette proposition était si réellement utile , que la jeune fille en fut frappée.
— Aller trouver le major! répondit-elle. Est-ce possible, Nick? mon père est mort pour avoir tenté cette entreprise. Quelles chances de succès avons-nous ?
— Beaucoup; nous sommes certains du succès. Suivez Wyandotté; le grand chef montrera à Fleur des Bois comment elle peut retrouver son frère.
Nick connaissait si bien le cœur des femmes qu'il évita toute allusion aux rapports réels de Robert Willoughby et de Maud, et pourtant il venait de les lui rappeler tout récemment pour en tirer des motifs de consolation. Quant à Maud, elle éprouva à cette proposition eitraordinaire un désordre d'émotions diverses. Délivrer Robert, le conduire à la Roche , assurer à la famille une protection efficace : c'était un projet qui souriait à la fois à son imagination et à son cœur.
— Pouvez-vous véritablement me conduire auprès du major Willoughby, Tuscarora ?
— Oui, et nous le délivrerons... Autrement il ne reviendra plus. Les Indiens le tueront comme le capitaine.
Maud n'hésita plus. Le salut de son bien-aimé l'emportait sur toute autre considération. Elle fit entendre au sauvage qu'elle était prête à le suivre , et tous deux s'avancèrent à travers le labyrinthe des bois. Pendant la route , la jeune fille garda un silence absolu et ne manifesta aucun signe de fatigue. Grâce à la connaissance parfaite que Nick avait de la forêt, ils évitèrent le long détour qu'avait fait le capitaine, et abrégèrent considérablement la distance qui les séparait du moulin. Quand ils furent sur le bord du ravin, Nick examina attentivement ce qui se passait parmi ceux qui étaient campés aux alentours de la maison du meunier.
— Marchons, dit-il enfin, ils mangent, causent ou dorment. Le major est prisonnier maintenant. Dans une demi-heure le major sera libre.
Ces mots suffisaient pour soutenir les forces de la jeune fille dévouée. Elle descendit le sentier avec autant de vitesse que son guide, et, au bout de cinq minutes, ils étaient sur les bords de la rivière, au fond du ravin, dans un endroit oii l'une des sinuosités du courant les dérobait aux regards. Là un énorme pin avait été jeté, et formait un pont facile à traverser pour ceux qui avaient le coup d'œil juste et le pied sûr. Nick, après l'avoir franchi, se retourna pour regarder sa compagne; elle marchait d'un pas ferme , et fut bientôt auprès de lui.
— Bien , murmura-t-il , Fleur des Bois est digne d'être la femme du guerrier.
Maud ne répondit à ce compliment que par un geste d'impatience. Tous deux continuèrent leur route avec plus de précaution ; car ils longeaient le chemin battu qui menait de la Roche aux moulins. Le sentier qu'ils prirent aboutissait à la plate-forme sur laquelle le capi-
taine Willoughby avait fait halte. Nick s'y arrêta et prêta l'oreille. Puis il dit à sa compagne :
— Fleur des Bois est courageuse ; mais maintenant il lui faut le cœur d'un guerrier.
— Je puis vous suivre; pourquoi avez-vous l'air d'en douter?
— Parce que le major est là. Une femme aime un homme, un homme aime une femme, rien de mieux; mais il faut l'oublier quand il s'agit de la vie.
— Ma confiance est en Dieu, Tuscarora; c'est lui qui soutiendra mes forces.
— Bien, restez ici; Nick va revenir dans une minute.
Nick descendit le long des rochers contre lesquels était adossée la laiterie. En regardant à travers les fentes de ce bâtiment, il s'assura que le major y était encore. Quand il revint sur ses pas, il eut soin de cacher la mare de sang sous un monceau de pierres et de terre. Il ramassa et mit de côté une scie et un ciseau qui étaient tombés des mains du capitaine au moment où celui-ci avait reçu le coup mortel. 11 rejoignit iMaud et lui montra le chemin sans lui adresser une seule parole. Tous deux s'engagèrent dans l'étroit sentier, et, sur un signe de son guide , Maud s'assit à la place même oit son père avait succombé. Le sauvage revoyait cette place avec indifférence. Toute férocité s'était effacée de son visage. Mais il ne donnait aucun signe de componction.