‹ Œuvres compl`etes de Fenimore CooperChapitre 203 sur 280 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

En proie à une agitation violente, Maud avait à peine réfléchi à la singularité de sa position. Ce ne fut qu'après s'être assise qu'elle pensa à la témérité de l'entreprise dans laquelle elle s'était embarquée. Toutefois son cœur ne faillit pas. Nick s'était déjà mis à l'œuvre. Au moyen du ciseau il enlevait le mortier qui joignait les bûches dont la laiterie était construite. Il eut bientôt pratiqué un trou, et regarda dans l'intérieur. Il fit signe à Maud de regarder à son tour, et notre héroïne vit à quelques pas d'elle Robert Willoughby , qui lisait tranquillement , dans l'ignorance complète de ce qui s'était passé.

— Parlez-lui, murmura Nick. Votre voix ira à son oreille comme le chant du roitelet. La voix de Fleur des Bois est une musique pour le jeune guerrier.

Maud recula ; son cœur palpitait violemment, sa poitrine était oppressée , et le sang battait dans ses tempes. Mais un nouveau mouvement lui rappela qu'il n'y avait pas à hésiter.

— Robert, mon cher Robert, murmura-t-elle , nous sommes ici; nous venons vous délivrer.

Impatiente de s'assurer de l'effet de ses paro'es, Maud appliqua ses yeux à l'ouverture et reconnut que le major, fr.ippé de surpiise, avait laissé tomber le livre de ses mains. 11 promenait ses yeux autour de lui d'un œil égaré , comme s'il eût cru entendre la voix consolatrice d'un ange du ciel.

— 11 reconnaît ma voix, même quand je parle bas, pensa M ludpift&t le cœur battait encore plus fort.

Cependant Nick , armé du ciseau, eut bientôt fait une lar.fje oumtture qui attira l'attention de Willoughby. En reconnai~sant 1 Indien , il montra du geste la porte de son étroite prison pour indiquer la présence des sentinelles.

— Je viens pour vous délivrer, murmura Nick.

— Puis-je me fier à vous, Tuscarora? Vous agissez tantôt en ami, tantôt en ennemi. Je sais que vous semblez être en bonne intelligence avec mes ravisseurs.

— Tant mieux ! le guerrier indien connaît les ruses de guerre.

— Je voudrais avoir une preuve , Nick , que vous agissiez de bonne foi.

— Voilà une preuve , murmura l'Indien en saisissant la petite main de Maud et en la passant par le trou avant que la jeune fille interdite pût deviner ce qu'il voulait faire.

Willoughbly reconnut la main au premier coup d'œil. Il l'aurait distinguée rien qu'à la blancheur de la peau et à la délicatesse de la forme ; mais, depuis quelque temps, Maud portait un brillant qui avait appartenu à sa mère.

Le major saisit le gage qui lui était si inopinément présenté et le couvrit de baisers avant que Maud eût la présence d'esprit de le retirer. Toutefois , dans un moment aussi critique , elle crut devoir répondre à ce témoignage d'ardent amour en pressant doucement la main qui retenait la sienne.

— C'est étrange , Maud; je suis si étonné de vous voir que je ne sais que penser, murmura le jeune homme aussitôt qu'il eut pu jeter les yeux sur Fleur des Bois. Pourquoi êtes-vous ici, ma bien-aimée, et en pareille société?

— Fiez-vous à moi, Robert , Nick est notre ami. Secondez-le de tous vos efforts , et gardez le silence. Quand nous serons libres , il sera temps de vous apprendre tout.

Le major fit un signe d'assentiment , et so relira pour laisser Nick continuer sou œuvre. L'Indien passa le ciseau au prisonnier, qui se mit à couper les bûches de son côté afin de pouvoir introduire une scie.

Quoique Willoughby éprouvât l'ardeur et le zèle d'un captif qui voit poindre l'heure de sa délivrance , il procéda avec autant d'intelligence

FLEUK DES BOIS.

que de précaution. La couverture qu'on lui avait donnée pour lui servir de lit était suspendue à un clou. Il eut soin d'enlever ce clou et de le replacer au-dessus de l'ouverture , que cachèrent en retombant les plis de l'étoffe. Quand tout fut prêt, Wick lui passa la scie, et, pour en amortir le son, le major la fit jouer lentement et en appuyant dessus avec force. A mesure que l'ouvrage avançait, les espérances de Willougliby augmentaient, et il vit avec un transport de joie qu'il avait déjà scié l'un des bouts de la bûche; il entama l'autre, après avoir pris soin de jeter au dehors la poussière et les copeaui. Il allait achever son opération, quand dts bruits du dehors lui annoncèrent une visite. Il se hâta d'achever son œuvre , de laisser tomber la couverture et de s'asseoir, son livre à la main, pendant que ISick enlevait la bûche et retirait les outils. Tout cela fut l'affaire de quelques secondes, et la laiterie était dans un ordre parfait lorsque la sentinelle entra. C'était un lourd campagnard américain qui était travesti en Indien.

— J'ai cru entendre le son d'une scie, major, dit-il d'un ton d'insouciance , cependant tout paraît tranquille et à sa place en ces lieux.

— Comment aurais-je pu me procurer un pareil outil? répliqua Willougliby. D'ailleurs il n'y a rien k scier dans la priso?i.

— Pourtant le bruit était aussi naturel que s'il eût été fait par le charpentier en personne.

— Vos gens ont peut-être mis le moulin en mouvement, et vous avez entendu la grande scie, qui de loin produit le même effet qu'une plus petite qui serait plus rapprochée.

L'homme regarda son prisonnier d'un air incrédule, referma la porte à demi, et appela aussitôt à haute voii l'un de ses compagnons , afin qu'il s'assurât avec lui de l'état des choses. Willoughby vit qu'il n'y avait pas de temps à perdre. En moins d'une minute il fut dehors, soutint d'un bras la taille élancée de MauJ , et de l'autre écarta les brinchnges, en suivant INick sur la pente des rochers. Le major semblait plus préoccupé du salut de Maud que du sien propre; il était plein d'ardeur, et ses pieds effleuraient à peine le sol. Quand les fugitifs eurent atteint la plate- forme, Kick s'arrêta, et leva l'index pour recommander une silencieuse attention. Les ennemis s'appelaient les uns les autres, et l'ouverture venait d'être découverte.

— Voici la scie et le trou ! s'écria une voix.

— Et voici du sang qu'on a essayé de cacher sous un amas de pierres, dit la voix d'un autre homme qui fouillait les buissons derrière la l.iiterie.

Maud frémit et se sentit prête à défaillir; Willoughby fit signe à ]Nick de marcher, mais les idées du sauvage semblaient subitement bouleversées : cependant le danger était imminent. Les fugitifs gravirent le coteau qui dominait la plate-forme , descendirent rapidement le flanc opposé, et s'enfoncèrent dans un épais fourré , oit ils demeurèrent cachés. Willoughby voulait continuer sa route en emportant Maud dans ses bras, mais jNick lui barra le passage, pensant avec raison qu'ils étaient trop près de l'ennemi pour n'être pas décelés par le jÊÊi^^e mouvement.

^I^Hniendit bientôt les voix de ceux qui gravissaient la colline à la ^W™nte du prisonnier. Ils délibéraient sur le chemin qu'ils devaient prendre. Il était facile de reconnaître à leur langage qu'ils étaient Anglais de naissance ou d'origine.

— Passez à gauche, cria l'un d'eux : le major a du gagner la rivière au-dessous des moulins, et il suivra le courant pour arriver aux établissements de l'iludson. Il connaît celte route, à ce que m'a ditStrides.

— 11 y a des empreintes de pas sur cette plate-forme, s'écria un autre; mais on dirait qu'elles montent au lieu de descendre.

— Ce sont les traces de ceux qui ont favorisé l'évasion ; mais il est probable que le major a gravi jusqu'au sommet de la colline, et qu'il a pris les hauteurs à droite pour se rapprocher de la maison de son père. Montons, montons!

Toute h bande s'élança sur le haut des rochers, dont elle suivit la chaîne dans une direction opposée î» celle des moulins. Les fugitifs les entendirent plisser et, dès que le bruit des pas se fut éloigné , ils se remirent eu marche, et parvinrent au large sentier qui menait de la Ilocbe à la rivière. Il était désert. Après avoir passé le pont, ISick tourna brusquement au nord, et s'enfonça de nouveau dans le bois; M'iiloughby le suivit , entraînant Maud avec une rapidité qu'elle supportait à peine. Comme ils avaient la ceititude qu'aucun ennemi n'avait passé l'eau, ils firent une courte halte pour laisser à Maud le temps de reprendre haleine. Mais la jeune fille croyait le major en danifiT tant qu'il n'aurait pas mis les palissades entre les ennemis et lui. En vain VVilloughby essayait de la rassurer ; elle était dans une agitalion nerveuse qu'augmentaient les tristes nouvelles dont elle n'avait encore osé parler.

Ils reprirent leur course pour faire dans les bois le tour de la plaine, ets'arrètèrentdans un endroit qui leur semblait présenter toutes les earanties de sécurité, pendant que l'Indien poussait une reconnaissance sur la lisière des bois. Les deux amants le virent s'éloigner avec satisfaction ; Willoughby avait li.'ite de s'expliquer avec .Maud, et celle-ci sentit la nécessité d'apprendre au major la mort du capitaine. Uobert fit asseoir la jeune fille sur un tronc d'arbre, se plaça auprès d'elle, lui prit la main et la pressa contre son cœur.

— JN.ck a été fidèle contre mon attente et mes prévisions, dit-il.

— Oui, il m'a dona« à emçn4rç que V9US auriez des doute» sur

son compte , et c'est pour les dissiper que j'ai consenti à l'accompagner.

— Soyez bénie, ma bien-aimée Maud. Mais avez-vous vu Michel? a-t-il eu une entrevue avec vous? enfin vous a-t-il remis ma boîte?

Maud avait été en proie à tant d'émotions, que la déclaration de WMloughby ne produisit pas les symptômes extérieurs qui se manifestent ordinairement aux paroles flatteuses d'un amant. L'affreux secret pesait sur son cœur, et elle cherchait dans son esprit le moyen de le révéler au major avec le plus de ménagement possible. Ses joues ne se colorèrent point, et ses yeux, pleins d'une tendresse profondément sentie, demeurèrent fixés sur son compagnon.

— J'ai vu Michel, mon cher Robert, répondit-elle avec une fermeté qu'elle puisait dans la fixité de son but ; il m'a remis votre boite.

— ^Vlais m'avez-vous compris, ma chère Maud? vous êtes-vous rappelé que cette boite contenait le g:rand secret de ma vie?

— Je m'en suis souvenue , Robert , et je sais que celte boîte contient le grand secret de votre vie.

— Puisqu'il en est ainsi, d'oii vous vient donc cet air d'indifférence et de vague anxiété? Non, vous ne m'avez pas compris, et je suis bien à plaindre !

Maud l'interrompit avec précipitation.

— J'ai saisi tout ce que vous vouliez me dire, et vous n'avez aucun sujet d'être à...

Maud s'arrêta soudainement en songeant au malheur dont la révélation allait accabler son amant.

— Je vois dans toutes vos manières je ne sais quoi d'extraordinaire... ]N'avez-vous pas ouvert la boite ? n'avez-vous pas reconnu vos cheveux?

— Je les ai reconnus de suite, mon cher Robert. Vous m'aimez; vous avez voulu me faire savoir que nous n'étions pas frère et sœur, qu'il y avait entre nous une affection beaucoup plus forte et qui nous unira pour la vie. IN'ayez pas l'air si abattu, Robert : j'ai compris tout cela.

— Oui, ma bien-aimée, je vous ai envoyé cette boîte pour vous dire que vous possédiez mon cœur, que je pensais à vous jour et nuit , que vous étiez l'unique but de mon existenee, que je serais malheureux sans vous et certain d'être heureux avec vous ; en un mot , que je vous aimais , et que je n'en aimerais jamais d'autre.

La jeune fille ne put s'empêcher de sourire, en dépit des tristes préoccupations qui l'absorbaient.

— Oui, Robert, je le sais; il m'était impossible de me méprendre sur le sens de votre message.

— Et comment avez-vous accueilli ma déclaration ? Dites-le-moi, ma chère amie, avec votre franchise habituelle; voulez-vous m'aimer,

I pouvez- vous m'aimer en retour?

[ Dans une autre circonstance , celte interpellation directe eût embarrassé notre héroïne ; mais !>Iaud fut heureuse de l'idée qu'il était en son pouvoir d'affaiblir la violence du coup qu'elle allait porter, et tous les traits de sa céleste physionomie respirèrent une fervent^ affection.

— Je vous .lime, Robert ; il y a plusieurs années que je vous aime; comment en serait-il autrement? Comment vous voir sans vous aimer?

— Vous me comblez de félicité, Maud, et pourtant je tremble encore; je ne s^is (]ue penser de votre maintien. Ce n'est pas une afftction fr.iteruelle qu il me faut. Je parle d'un amour comme celui que ma mère porte à mon père.

Un gémissement de Maud l'arrêta ; l'ardent jeune homme la reçut éplorée dans ses bras.

— Oh! Robert ! mon père ! mon père ! mon père l..<

— Eh bien! qu'y a-l-il? que lui est-il arrivé?

— Ils l'ont tué, mon cher Robert; et vous êtes maintenant notre seul prolecteur !

Il se fit un long silence. Robert supporta en homme ce choc terrible. Le trouble de Maud lui fut expliqué; il cessa de lui parler d'amour; mais la communauté de leur malheur augmenta leur tendresse mutuelle, et ils confondirent leurs larmes. Aussitôt que W illouithby fut en état de demander des explications, Maud lui raconta brièvement ce qu'elle savait. Le fils désolé trouva extraordinaires les circonstances de cette mort imprévue ; mais le moment actuel n'était point propre à un examen plus approfondi.

A l'approche de Mck, Maud se dégagea des bras de Willoughby, et tous deux s'efforcèrent de se contenir autant que le peruieitaient leurs émotions. Le sauvage s'avanr lit à pas lents et paraissait rêveur.

— Il faut marcher, dit-il; les .'\Joha>vks se remuent.

— Comment vous en êtes-vous assuré? demanda le major sans savoir ce qu'il disait.

— J'ai vu courir les Indiens; ils sont furieux de votre évasion. Ils espéraient vous scalper.

— Je crois, INick, que vous vous trompez ; loin de me témoigner de cruelles intentions, mes ravisseurs m'ont traité presque avec cgaid.

— Oui, parce qu'ils comptaient vous faire pendre. IN'e vous fiez pas aux Mohawks, ce sont tous de mauvais Indiens.

Il est à remarquer que chaque tribu sauvage des forêts d'Amérique professe un mépris souverain pour les tribus voisines. Les antipathies q'û séparent les .\nglais des Franç.iis, et les Allemands de ces deux peuples, sont à peine comparables ii celles qui existent entre les

FLEUR DES BOIS

Pawnees , les Osages et les Pottawatomies. Chacune de ces tribus se regarde comme un modèle de civilisation , et abandonne sans remords ses adversaires naturels à la direction des chefs incapables qui mènent les nations à leur perle. Quoique éclairé par ses rapports avec les blancs, Nick conservait encore les préjugés de son enfance. Les Tuscaroras seuls valaient quelque chose à ses yeui , et les autres peurplades ne pouvaient avoir que de sinistres intentions.

Le major Willoughby crut sans peine que son évasion avait allumé dans l'âme de ses ennemis le désir de la vengeance. 11 avait constamment devant les yeux sa mère et sa sœur plongées dans le deuil, et il accéléra ses pas. Il n'oubliait point toutefois sa chère compagne, dont les aveui étaient gravés dans son cœur. Des espérances de bonheur traversaient son esprit, bouleversé par tant de sensations pénibles. Ainsi les rayons du soleil illuminent l'immensité des cieui lorsque sa face est complètement cachée par une éclipse.

— Fait-on des préparatifs contre la maison ? demanda le major. Le Tuscarora se retourna, fit un signe de tête et regarda Maud.

— Ne craignez point de m'alarmer, Wyandotté ! dit-elle.

— Bien , interrompit l'Indien avec une dignité que le major ne lui avait jamais vue. Wyandotté a remplacé Nick ; on ne reverra plus Saucy-Nick à la Roche. Mais il faut se hâter ! Les Mohawks sont plus irrités que s'ils avaient perdu six, trois, dix chevelures. Je suis Indien, et rien de ce que les Indiens éprouvent ne m'est étranger. Les visages pâles ne peuvent arrêter les Peaux Rouges en courroux.

— Marchons donc, Wyandotté, au nom du ciel ! que je puisse mourir pour la défense de ma mère.

— C'est une bonne mère; elle mérite qu'on meure pour elle. Elle a guéri le Tuscarora quand la mort grimaçait devant lui. C'est ma mr'f aussi !

i. intrgie et l'enthousiasme avec lequel ces mots furent prononcés suffisaient pour convaincre les auditeurs que le sauvage leur était dévoué. Ils étaient loin de penser en ce moment que cet homme étrange, jouet de ses passions indomptables, était le meurtrier de leur père.

Une heure avant le coucher du soleil, tous trois arrivèrent auprès d'un arbre renversé sur lequel ils devaient traverser le ruisseau. Nick s'arrêta pour montrer du doigt le faîte de la Roche qu'on apercevait à travers les arbres, comme pour faire entendre que son devoir de guide était accompli.

— Merci , Wyandotté ! dit Robert Willoughby. Si nous sortons de cette crise, je saurai récompenser vos services.

— Wyandotté est un chef; U ne demande pas de dollars. C'était un Indien proscrit, maintenant c'est un guerrier indien. Suivez-moi.

Au moment oii ils approchaient de la maison on entendit des sons de cor du côté des moulins et le long de la lisière occidentale des prairies ; puis l'horrible cri de guerre des sauvages fit retentir la pelouse. A en juger par le bruit, les palissades étaient environnées d'assiégeants. Joyce parut sur la galerie du toit et cria d'une voix retentissante :

— Aux armes, mes amis! Les coquins approchent. Attendez pour faire feu qu'ils essaient de franchir la palissade.

Un peu de fanfaronnade se mêlait au courage qui était chez le sergent le résultat combiné de la nature et de l'habitude. Le vétéran connaissait la faiblesse de la garnison , et il s'imaginait que des cris belliqueux pouvaient conlre-balancer ceux qui partaient du milieu des assaillants.

îsick jugea par l'oreille de la distance qui les séparait de la maison.

Atteindre le pied de l'escarpement, franchir l'ouverture, et tourner autour de l'enceinte, ce fut l'affaire d'une minute. L'ennemi les aperçut, et cinquante coups de feu partirent à la fois. Les balles donnèrent contre la maison et la palissade, mais personne ne fut atteint. On ouvrit la porte à la voii du major, et un instant après tous les trois étaient dans la cour.

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