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Le départ.
modèles vivants. Les lectures légères nous procurent parfois des avantages dont nous ne nous doutions point au moment où cous les avons entreprises.
La plus grande partie de nos opinions particulières sont peut-être fondées sur des préjugés qui prennent naissance dans l'incapacité de l'homme à tout voir et à tout connaître. Le mortel le mieux doué accepte sur la foi d'autrui plus de la moitié de ce qu'il apprend, et ceux qui ne seraient jamais à même d'apprécier par eux-mêmes certaines phases de la vie humaine peuvent tirer parti de tableaux propres à leur donner des idées qu'ils n'auraient pas occasion d'acquérir par une autre voie. Le principal avantage de la littérature légère, c'est de rendre parfois la pure fiction plus utile que la stricte vérité, quand on évite l'exagération, quand on peint avec fidélité, et, comme l'aurait pu dire notre ami PJarbre, quand on généralise avec discernement.
Les Etats-Unis ont éprouvé des changements importants et nombreux depuis le commencement du dix-neuvième siècle. Quelques-uns de ces changements ont été pro g;ressits, et d'autres incontestablementrétrogrades. Oq doit mettre la génération
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n.iissautc en état de comparer le présent nu (lassé, el ces pages y con- (rii)Ui;ioiit en montrant les choses telles qu'elles étnicnt. La populatiou de la répuliliquc s'élève probablement à plus de dii-huit millions et demi; en l'an de (jràcc I8U0, elle n'était guère que de cinq millions. L'élut de i\ew-York ne compinit alors pas plus de six oent mille âmes, aniouid'hui il n'en a pas moins de deux millions sept cent mille. En 1800, la ville de New-York avait soixante mille habitants, tandis qu'en v comprenant Brooklyn et Uilliarnsburr;, qui n'existaient pas au début du siècle actuel, clic doit avoir maintenant une population de quatre cent mille hommes. Voilà de prodigieux changements numériques, qui ont produit des transformations de toute espèce. Quoique le développement matériel n'implique pas nécessairement celui de la civilisation , on peut en conclure avec assez de raison que l'aisance et le bien-être se sont répandus. C'est en effet ce qui a eu lieu, et la diflérence du passé avec le présent sera sensible pour ceux de nos lecteurs qui ont observé avec fruit l'état actuel de la société.
Les modifications morales accomplies en Amérique son! loin de répondre aux progrès purement physiques ; toutefois , il s'en est opéré d'essentielles. L'état de jNew-York, après avoir été enlevé aux Hollandais, s'est rattaché à l'organisation sociale de la mère-patrie, plus fortement que les autres possessions .tnglaises du continent américain. Sous les Hollandais mêmes, il avait une physionomie caractéristique, due principalement à ses patrons, les seigneurs du Nouveau-Monde. Certaines colonies du sud avaient à la vérité des caciques et autres nobles demi-féodaux et demi-sauvages; mais leur puis.sance était limi- • tée, cl le trait Tlistinctif de celte partie du pajs était l'cxisleuce de
l'esclavage sur une vaslc échelle. Quant à la colonie de New-York, elle fut conquise par la métropole, dont les inslilutions »'y gravèrent plus profondément que dans les établissements commencé» par des concessionnaires. Ce fut une colonie complètement royale jusqu'à l'époque de l'indépendance. Les conséquences sociales de cet état de choses se firent sentir dans les mœurs, jusqu'à ce que le flux toujours croissant de l'émigration eut amené des hommes opposés au gouvernement, quand ils n'en étaient pas les antagonistes déclarés. L'influence de deux sources différentes, la conquête et l'émigration , se voient encore dans les opinions politiques, les unes d'origine puritaine el néoanglaise, les autres conformes aux idées reçues dans les Etats du milieu.
Ces explications ont pour but de prévenir les critiques dont pourraient être l'objet les couleurs de notre récit. En ce qui concerne les détails maritimes, nous nous sommes cfl'orcé d'être exact, nous allachant à nous mettre à la portée du lecteur plutôt qu'à décrire minutieuse lenl ce qui est.
La loyauté exige que nous avertissions le lecteur que ces volumes forment seulement une première partie, et que le pauvre capitaine Walliogford donnera, dans le courant de l'hiver, une autre série de ses aventures.
L'auteur n'accepte pas la responsabilité de toutes les idées émises par le hcros de ce récit. Un homme né dans la BévoUnion doit uatulellement juger mille choses autrement que nous, cl c'est précisément sur celte dissidence d'opinion que soûl basées les leçons contenues dans le présent ouvrage.
Fe.'<i.mu:.l Cooper.
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