CHAPITRE XXV
Au momont où gronde l'orage
Le long des sables de la plage; Avide de terreur, tu marches en rêvant. Tu vois lo grand vaisseau Oottcr au gré du vent.
Allsto.n.
Roger Talcoft n'était pas resté oisif pendant mon absence, et je trouvai V Aurore prête à mettre à la voUe. Nous avions reçu à bord plusieurs matelots de la Crise, qui, avec Timprévoyance ordinaire aux marins, avaient déjà gaspillé leurs gages et leur part de prise dans le court espace d'un mois. Comme nous étions en paix avec tous les peuples, excepté avec la régence de Tripoli, il était inutile d'armer le navire. Je me contentai donc d'embarquer une pièce de six, une demi-douzaine de fusils, quelques pisloleU, et des munitions en quantité suffisante pour réprimer une révolte , tirer quelques coups de canon comme signal , et tuer, à l'oceasion , des oiseaux de mer.
Nous mîmes à la voile le 3 juillet , en charge pour Bordeaux. La brise de sud était à peine assez forte pour nous mettre à même de diriger le bàlimcnt , et nous profitâmes du reflux pour descendre le fleuve au milieu d'une flotte, d'environ quarante voiles, composée en partie de bricks et de chasse-marée. Le vent ridait à peiuc la surface des eaux , et la v.iste étendue de la baie était aussi calme qu'un lac par une belle matinée d'été. Les navires animaient le paysage (lar leurs mouvemenls multipliés, et ils étaient trop éloignés de la terre pour produire l'effet disgracieux qui résulte ordinairement du contraste existant entre la hauteur des mâts et le peu d'élévation des rives voisines. La beauté de la matinée, le charme des sites environnants, les auspices favorables sous lesquels commençait notre traversée me firent momentanément oublier mes chagrins.
Je n'aimais pas h prendre des passagers; c'était, selon moi, diminuer la dignité de ma position , et me rabaisser au rang d'aubergiste et de maître de pension bourgeoise. Les capitaines sont toujours forcés de traiter comme leurs .supérieurs les gens qu'ils reçoivent à bord, et cela même nuit à leur autorité. Toutefois j'avais quelques personnes à bord de /'.aurore. Mes anciens armateurs m'avaient présenté un certain Wallace Mortiiner Brigham qui se rendait en France avec sa belle-sœur et sa femme , dont la santé était chaneelnnte. M. Brigham, par une erreur commune aux Américains, s'était persuadé que le sud de la France et l'Italie avaient un climat plus salutaire que le nôtre. C'était une des idées que nous devions à notre dépendance primitive. Je sais qu'un peuple doit nécessairement passer par l'état de colonie, comme l'homme par celui de l'enfance et de l'adolescence ; pourtant, comme dit lady Marie ^^ orslcy Montagu à son amie lady Rich : — Je conviens qu'il serait agréable d'avoir toujours quinze ans; mais l'on pourrait se dispenser d'en avoir cinq.
Dès les ])remiers instants du voyage, mes passagers rae donnèrent une idée de leur caractère par des commérages iudisc!!>ts et par des suppositions gratuites sur tous les individus de leur co naissance. Ils avaient aussi le faible de se prélendrc intimement liés avec des personnes de distinction. Ils semblaient oublier qu'en s'occiipant des alTaires de ceux-ci ils convenaient implicitement de leur propre infériorité.
Les dames portaient le nom de Sarah et de Jane, et j'acquis par leur intermédiaire des notions plus ou moins vraies sur la vie privée de plusieurs grandes familles de Salem. Leurs bavardages se prolongèrent pendant toute la traversée, et ne furent interrompus, pendant quelques jours , que par le mal de mer. Je me rappelle encore aujourd'hui la première scène de ce drame interminable.
— Wallace, dit Sarah, ne m'avez-vous pas dit hier que John Winter avait refusé de prêter vingt mille dollars à son gendre, qui s'était vu forcé de déposer son bilan ?
— C'est un fait positif , mais qui n'a rien d'étonnant; car on Mit depuis longtemps ce qu'il faut penser de la maison ^^inte^.
— Etcs-vous bien sûr qu'il ait fait faillite? dcmandai-je à M. Brigham.
— Passablement. J'ai des renseignements assez précis sur ses affaires, et je crois pouvoir affiriner qu'il a manqué.
Le ton indécis de M.' Brigham me montra qu'il avait seulement
SDR MER ET SUR TERRE
accueilli les rapports de quelques créanciers ëconduits. Que de fois j'ai vu ainsi mes compatriotes se l'aire l'écho d'une vague calomnie! Il y a lies bommesqui s'imaginent connaître des personnes auxquelles ils n'ont jamais parlé, par la seule raison qu'ils liabitent assez près d'elles pour subir l'influence des insinuations malveillantes de la haine et de l'envie. Tels étaient mes passagers, dont l'entretien attira plus particulièrement mon attention lorsque Sarab eut nommé madame Bradford. Je découvris par la suite que les Brigbara avaient eu des relations passagères avec deux prétendus amis de celte dame.
— Le docteur Hosack assure qu'elle ne vivra pas longtemps , dit Jane, qui semblait éprouver une espèce de plaisir sauvage à faire mourir une femme , pourvu qu'elle y trouvât l'occasion de se mêler de sa vie privée. Il y a plus d'une semaine qu'on a jugé son mal incurable , et elle a fait son testament mardi dernier.
— Comment, mardi dernier! s'écria Sarah avec surprise. Il y a un an qu'on m'a dit qu'elle avait testé en faveur du jeune Rupert Havdinge, qu'elle se propose d'épouser.
— Etes-vous certaine, dis-je en souriant à madame Brigbara, que madame Bradford ait l'intention d'épouser M. Rupert Hardinge ?
— Je la connais trop peu pour affirmer le fait, capitaine Wallingford.
— Vous vous faites plus ignorante que vous ne l'êtes , interrompit Jane. Vous êtes liée avec la famille Green, qui connaît parfaitement la famille Vinter, dont la maison est contiguë à celle de madame Bradfort; vous avez donc tous les moyens possibles d'être parfaitement informée.
— Sans doute, reprit madame Prigbam; mais comme nous n'hahitons pas ordinairement New- York, nous sommes exposés à nous tromper. On m'a dit aussi qu'il y avait un vieux monsieur Hardinge , ecclésiastique, qui serait certainement un époux plus sortable que son fils. Il a une fille, appelée Lucie, qui doit aussi avoir sa part à l'héritage de madame Bradford , et épouser M. André Drewett.
Quel champ de conjectures m'était ouvert! Comment ces étrangers étaient-ils parvenus à connaître des faits qui m'intéressaient si vivcraents? L'amour de la médisance développait-il leurs facultés au point de leur faire pénétrer des mystères que je ne faisais qu'entrevoir, n'avaient-ils pas des renseignements assez formels, puisqu'ils étaient instruits de l'attachement de Drewett pour Lucie?
Je n'essaierai pas de répéter tous les cancans de mes passagers, les suppositions qu'ils se permirent, les questions qu'ils m'adressèrent. Lady Montagu et Horace Walpole ont écrit de puérils bavardages; mais ils ont su les assaisonner de l'esprit dont s'entoure la médisance dans les grandes villes, telles que Londres et Paris : tandis que ceux que j'étais condamné à écouter tenaient des propos vulgaires et impertinents. Semblables à certains journalistes, qui s'imaginent que le ciel et la terre ont été créés exprès pour fournir matière aux faits divers ; ils paraissaient croire que toutes les personnes de leur connaissance n'existaient que pour alimenter leurs conversations.
Le temps fut beau pendant les premiers jours de notre traversée, mais il changea tout à coup; il y eut des sautes de vent qui nous forcèrent à diminuer de voiles. Ces caprices du temps se terminèrent par une effroyable tempête , telle que je n'en avais pas encore vu.
C'est une grande erreur de croire que les plus gros temps arrivent en automne , au printemps et dans les mois d'hiver. La plus grande partie des coups de vent dont j'ai souflcrt ont eu lieu en été, c'est la saison des ouragans; et en dehors des tropiques, je crois que c'est aussi l'époque des grains A la vérité ces grains ne reparaissent pas périodiquement, une série d'années se passe souvent sans tempêtes; mais quand elles reviennent dans nos mers, on doit les attendre en juillet, août et septembre.
Dans la présente occasion, il venta frais du sud-ouest pendant plusieurs heures; ce qui donna à notre marche une vitesse de onze nœuds à l'heure. On cargua les voiles , et cette msnœuvre , jointe au soulèvement des flots, ralentit peut-être notre course ; cependant nous avions dû faire cent milles dans les dix premières heures. Le ciel était pur, sans nuages, le soleil brillant, la température favorable. 11 n'y avait rien de désagréable à sentir les rapides courants d'air qui lourbilloiinaicnt autour de nous. Au coucher du soleil , l'horizon avait un aspect qui me sembla de sinistre augure. On prit des ris aux trois huniers, à la basse voile d'artimon et au petit toc; ce qui formait une faible voilure pour un navire qui avait le vent presque au-dessus de sa dunette. A neuf heures on prit deux seconds ris, à dix heures on ferla les voiles de hune et d'artimon; je rentrai ensuite dans ma cabine, pensant que le vaisseau était en sûreté , et je me contentai d'ordonner au lieutenant de diminuer de voiles si l'Aurore fatiguait ou si les mâts étaient exposés. On ne me réveilla qu'au point du jour, et Talcott me dit ea me posant la main sur l'épaule :
— Vous ferez bien de vous lever, capitaine 'Wallingford , car nous avons grand besoin de vos conseils.
Quand je montai sur le pont, le navire naviguait avec la basse voile d'artimon et la grande hune au bas ris; v^ilu^e qu'il pouvait porter
longtemps en courant au large, mais qui pourtant était encore trop forte pour nous. J'ordonnai immédiatement de rentrer la voile de hune.
Malgré le peu de voile que nous présentions au vent , nous éprouvâmes encore des secousses qui ébranlèrent toute la quille. Aussitôt que l'on eut assez molli les points pour donner du jeu à la toile, ce fut par miracle que nous parvînmes à sauver le m;U et à rouler la voile saus être obligés de la couper sur la vergue. Par bonheur la brise était constante , et la journée était aussi claire et aussi brillante que celle qui l'avait précédée.
Les gabiers firent plusieurs tentatives pour héler le pont; mais le bruit du vent dominait leur faible voix. Talcott monta lui-même sur la vergue, et je le vis gesticuler pour m'indiquer qu'il y avait quelque chose à l'avant. Les lames étaient si élevées, qu'il n'était pas facile de regarder à l'horizon; mais, en montant dans les agrès de l'artimon, je distinguai les mâts d'un bâtiment à l'est de nous, et directement sur noire passage. Il naviguait à sec, tout en faisant de terribles embardées. Parfois, il s'écartait à tribord, de manière à faire craindre qu'il fit chapelle; puis, s'élançaiità bâbord, il dirigeait sur nous les vergues de ses trois mâts. Je ne pus apercevoir sa quille qu une seule lois, dans un moment oii il s'éleva sur une lame en même temps que l'Aurore. Les deux bâtiments me parurent d'une grandeur à peu près égale, et il était évident qu'ils se rapprochaient rapidement.
L'Aurore gouvernait admirablement, et c'était un gxand avantage dans la circonstance; il suffisait d un seul timonier pour la diriger. Il n'en était pas de même du bâtiment étranger, qui avait rentré toutes ses voiles. Talcott et les gabiers n'étaient pas encore descendus , quand je m'aperçus que nous ferions bien d'imiter la prudence de l'étranger.
Il est impossible de se maintenir dans une ligne droite en courant vent arrière sur une grosse mer. Les vagues, dans leurs bonds précipités , tantôt franchissent le navire, tantôt semblent s'arrêter brusquement comme pour lui permettre de les surmonter. Dans le cas oii le bâtiment est soulevé à l'arrière par un torrent d'eau tumultueuse , la barre perd une partie de son pouvoir , et l'on dirait que la poupe va prendre la place des bossoirs, il arrive au meilleur navire de dériver obliquement devant les lames, et il en résulte toujours des dangers et de l'embarras pour les marins. Le mérite de l'Aurore était d'obéir promptcment et de subir, malgré l'empire des lames, l'influence du gouvernail.
L'Aurore avait conservé son petit foc, morceau triangulaire de forte toile, qui, montant de l'extrémité du beaupré vers la hune d'artimon, empêchait le navire de se coiffer, ou de refouler les vagues de manière qu'elles balayassent le pont. On comprendra que c'est un des plus grands dangers qu'on puisse courir par un gros temps ; quand la batterie est mise à l'eau , ou quand le vaisseau reçoit le vent par le travers, l'inondation du pont est également à craindre. D'autres périls proviennent de l'impétuosité des lames, qui, plus promptes dans leur élan que le navire chassé par la tempête , se brisent contre la hanche ou la poupe , et versent leurs masses liquides sur le pont.
C'est à l'un de ces accidents que j'nltribue la perte du bateau à vapeur le Président. Sauf les risques de l'incendie, les steamers bien consiruits offrent plus de garantiesdc sûreté que les navires ordiiaircs. Ils sont en état de lutter contre les rafales; mais, par une conséquence de leur construction , leurs forces se perdent à mesure que le danger augmente. Dans uu très-gros temps, on ne peut forcer la vapeur; puisqu'une roue est presque hors de l'eau , tandis que l'autre est submergée. Eu outre, la grande longueur de ces bltimenfs les expose au danger d'ombarquci* des lames, à l'cntrc-deux des gaillarJs, pendant qu'ils courent vent arrière. Il leur est encore difficile, par suite de leur construction, de se maintenir au vent, de prendre la lame debout , ou de sortir du creux des lames. A la vérité, ces observations ne s'appliquent qu'aux bateaux à vapeur qui portent des roues extérieures suivant le vieux système. La vis d'Erricson et les roues sousmarines de Hunîer font, selon moi, des steamers les plus sûrs bâtiments du monde.
L'Aurore fut plusieurs fois envahie par les flots, et, comme tout autre objet flottant, elle embardait; ou plutôt son arnère virait précipitamment, comme s'il eût voulu prendi'e l'avance sur la proue. Le petit foc, dans les mouvements du navire, retentissait comme la détonation d'une petite pièce d'artillerie. La voile d'artimon demcur.nit immobile tant que nous restions dans l'entre-deux des lûmes ; puis elle se détendait avec un bruit que l'on pouvait comparer à celui de plusieurs couvertures dans lesquelles on aurait berné 'plusieurs Sancbos Panças. Néanmoins la toile et les apparaux soutenaient merveilleusement les chocs les plus violents ; mais , au moment oii Talcott descendit, le foc fut éventé avec un fracas terrible, et arraché de l.i ralingue, comme si elle eût été coupée avec les ciseaux. La voile tournoya à la dérive , et alla tomber dans l'eau à un quartde mille de di? tance. J'appréhendai un pareil accident pour la x'oile d'artimon.
— 11 faut rentrer cette voile, monsieur Talcott, lui dis-je, ou nous
risquons de la jicrdre. Le bâtiment que nous avons en vue navigue à jnàls et à cordes, et il est hon de suivre son exemple. Si je ne voulais profiler du vent, il serait peut-être plus prudent de mettre eu panne. En attendant mettez du monde aux carQuc-fonds et aux carguc-poinjs des basses voiles.
îVous avions conserve trop longtemps notre voilure, et il devenait urgent de la modérer. Le premier lieutenant se plaça au palan, et le second à l'écoute; je me chargeai moinième de serrer l'artimon. J'attendis, pour donner des ordres, que le navire fût enseveli entre deux montigncs d'eau, et que la voile tombât le long du mât. Tous nos matelots halèrent avec énergie; et nous étions parvenus à guinder les points, quand /'^tiTO/'c sortit brusquement de sa cavité. La toile, qui faisait bosse, fut soumise à toute la violence de la tempête, et déchirée en lanières comme une loilcd'araignéc. Les morceaux qui restèrent atîadiés à la vergue , les apparaux et poulies ballottèrent de manière à menacer de mort ceux qui tenteraient de s'en approcher. Il était essenlieUe s'en débarrasser. Dans celle intention , Talcott s'était décidé à monter sur la vergue, quand Nabuchodonosor sauta dans les agrès', sans en avoir reçu l'ordre. 11 fut bientôt hors de la portée de la voix, et parvint, au péril de sa vie , à détacher tous les débris qui tenaient encore aux mâts, excepté la ralingue de têtière.
Aussitôt que le navire fut à sec. au prix du sacrifice de deux de ses voiles, j'eus le loisir de regarder l'autre bâtiment. 11 était à un demimille il notre avant; il embardait avec furie , et les bras de ses basses ■vergues trempaient dans la mer. En nous approchant , je le reconnus pour un navire anglais des grandes Indes. Il paraissait profondément chargé : tantôt sa quille semblait prête à s'engoufTrer dans les vagues, tantôt le cuivre qui le garnissait ctincclait aux rayons du soleil.
Depuis que i'/lurore avait perdu sa voilure elle ne marchait plus aussi vite, et, qiioiqu elle fendit les flots plus rapidement que le bâtiment étranger, il lui fallut encore une heure pour en approcher à la distance d'une encablure. Nous pûmes voir comment les éléments irrités se jouent d'une masse solide de bois et de fer. 11 y avait des moments où nous dislinoruions à moitié la quille du navire étranger, qui montait sur la crête d'une vague écumantc, comme s'il se fût élancé hors des eaux. Puis il disparaissait jusqu'aux hunes dans les sombres abîmes.
Lorsque les deux navires descendaient ensemble , ils se perdaient réciproquement de vue. JNous venions de nous plonger dans une de ces vallées de l'Océan, lorsqu'à notre vive terreur nous vîmes le navire anglais embarder directement par notre travers, et à cinquante brasses de distance. Deux voilures traînées au hasard sur une grande route ])ar leurs coursiers emportés , n'auraient pas présenté un spectacle aussi effrayant que celui que nous avions devant les yeux.
L'Aurore plongeait de devant avec tant de force qu'elle se fût brisée en pièces si elle eût rencontré de la résislance. (Juant au bâtiment anglais, il offrait sa batterie aux lames et s'écartait, vent arriére, à bâbord. C'était de ce côté que j'avais eu l'intention de gouverner; mais le voyant si désordonné dans ses mouvements, je pensai qu'il valait mieux prendre la direction opposée. Je criai : — Bâbord la barre! Mais au moment oit l'Aurure obéissait îi l'impulsion qu'on lui avait communiquée , l'autre navire s'éloigna, à tribord, dans le même sens que nou5. Je m'écriai : — Tribord tout! Et bien m'en prit; car une minute ])lus tard nous tombions droit sur l'anglais. Mous passâmes à cent pieds l'un de l'autre; et si nous n'avions été éloignés par le roulis , nos vergues se seraient entremêlées. A l'instant oii nous nous séparions , un cri de Talcott m'attira sur le couronnement ; j'aperçus sur le navire anglais un homme qui agitait son chapeau, et je reconnus le visage empourpre de l'honnête Moïse Marbre.