‹ Œuvres compl`etes de Fenimore CooperChapitre 257 sur 280 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Celte course m'a mis tout hors d'baleine.

SniESPERE.

Je regardai Marbre en face, et nous partîmes tous deux d'un éclat de rire en voyant toml)cr près de nous un boulet de la batterie de deux canons. Je changeai la direction de l'Aurore pour éviter une bordée : puis je n'eus plus rien à craindre des Français. Le bateaupêcheur n'essaya pas de nous suivre, et ainsi se terminèrent pour cette lois nos rapports avec l'équipage du Polisson. Quant à la Fortunée, elle avait poursuivi sa route , afin de nous saisir à l'extrémité du canal , et il lui fallait au moins quatre heures pour nous rejoindre. Renonçant à s'emparer de nous, elle se précipita sur le malheureux brick, dont elle prit possession malgré le feu de la batterie. En nous éloignant , nous entendîmes les coups de canon , et nous vîmes la fumée onduler au-dessus des îlots.

— Eh bien, Miles, me dit Marbre, vous savez ce que j'ai toujours dit de votre bonheur. Vous mourrez l'un de ces jours sans contredit, mais pas avant d'avoir accompli qutlque chose de remarquable. Je regarde votre société comme une police d'assurance et je ne crains pas les revers de fortune tant que je suis sous vos ordres ; sans vous, je ne serais qu'un ermite au lieu d'être un fils respectueux et un oncle affectionné. Mais que comptez-vous faire maintenant?

— Je crois, Moïse , que le meilleur parti à prendre c'est d'aller à Hambourg. Le vent du nord peut durer longtemps dans cette saison , et celui du sud-ouest ne tardera pas à soufQer, et nous pouvons être arrivés dans une quinzaine.

— Et ces trois Français, qu'en ferez-vous?

— Il faut les garder, les bien nourrir , les bien traiter et les faire travailler. Je suppose qu'ils n'entendent rien à la navigation, cependant nous tâcherons d'en tirer parti.

— Elles Anglais?

— Nous pourrons les éviter en serrant la côte d'Angleterre; j'ai souvent entendu dire que les vaisseaux de ligne n'inquiétaient point les bâtiments qu'ils rencontraient près de la côte.

— Notre aventure ne vient pas à l'appui de ce que vous dîtes , Miles; quoi qu'il en soit, vous êtes capitaine et propriétaire, et je vous abandonne la direction de votre bâtiment.

Après une courte discussion, le projet d'aller à Hambourg fut adopté. Rien ne nous inquiéta pendant le reste du jour. Les trois Français nous causèrent quelque embarras ; je les contins en leur déclarant que, s'ils m'importunaient, je les mettrais à bord du premier vaisseau de guerre anglais qui s'offrirait à nos yeux. Cette menace les calma; il fut convenu à l'amiable qu'ils me serviraient de leur mieux et que je les payerais largement. Il eût fallu au moins un éfjuipage double pour conduire un bâtiment de la grandeur de l'Aurore; toutefois sept hommes pouvaient suflire , quoique aucun des Français ne fut capable de tenir la barre. Nous étions d'ailleurs si contents d'être débarrassés des Français et des Anglais, que nous nous serions soumis à des fatigues deux fois plus pénibles si nous avions été sûrs de ne plus rencontrer de croiseurs.

Pendant la nuit lèvent sauta au sud ouest, nous brassâmes les vergues, et le navire mit le cap en route ; mais je jugeai prudent de ne pas mettre toutes voiles dehors dans l'obscurité. Au lever du soleil, lorsque je montai sur le pont, je trouvai mon second occupé à examiner l'horizon avec une certaine inquiétude.

— Nous sommes en compagnie ce matin , capitaine Wallingford ! s'écria-t-il dès qu'il m'aperçut; depuis la pointe du jour voilà six voiles qui paraissent.

— J'espère que le Polisson n'en est pas? Il croise .i l'entrée de la Manche, et c'est précisément là où nous sommes.

— Ce navire que vous voyez au nord-ouest me paraît suspect, et ses huniers ressemblent singulièrement à des voiles de tréou.

Je regardai moi-même l'Océan , et déclarai sans hésiter que le navire suspect était un lougre. Cinq autres bâtiments étaient rangés autour de nous comme autant de points d'un cercle dont l'Aurore formait le centre. 11 était douteux qu'ils se vissent les uns les autres, séparés comme ils l'étaient par le diamètre du cercle. En cette circonstance, je crus devoir poursuivre ma route sans hésitation, comme un homme qui n'a rien à se reprocher. Blarbre partageait mes idées , et d'ailleurs l'Aurore était si complètement investie, que nous n'avions pas la liberté du choix. Par suite de notre malheureuse position , tous les croiseurs, en se dirigeant vers le centre, devaient nécessairement porter sur nous.

Au bout de deux heures , les six étrangers s'étaient rapprochés , et nous pouvions en déterminer assez exactement la nature. Les deux qui venaient à l'arrière, l'un à bâbord, l'autre à tribord, étaient des fréga-

tes , mais il n'était pas encore facile de reconnaître à quelle nation ils appartenaient. Les signaux qu'ils se faisaient réciproquement annonçaient que tous deux voguaient de conserve; ils portaient des bonnettes basses et hautes, et la rapidité de leur course nous donnait lieu de croire qu'ils arriveraient auprès de nous dans deux ou trois heures.

Deux autres bâtiments me parurent aussi des frégates, que je jugeai anglaises à l'envergure de leurs voiles supérieures; elles marchaient également de conserve. Le lougre fut reconnu pour le Polisson , et il courait droit sur nous, poursuivi par une corvette qui était déjà dans ses eaux.

M. Gallois avait tant de confiance dans la vitesse de sa marche, qu'il ne semblait pas s'inquiéter de son ennemi. J'affrontai hardiment le danger, sachant que la corvette avait le temps d'approcher assez pour empêcher les corsaires de nous amariner; je craignais toutefois que , pour se venger , ils ne nous fissent passer à bord du Polisson , après avoir mis le feu à notre bâtiment.

Il était dix heures quand le Polisson arriva pour la seconde fois par notre travers ; les Français nous avaient reconnus, et le vacarme qu'ils firent en se communiquant leurs impressions était pareil à celui qu'on dit s'être élevé des murailles inachevées de Babel. Sachant que nous n'avions pas de canot, M. Gallois mit sa yole en mer, et nous accosta en personne. Comme j'avais ordonné aux trois Français de rester en bas, il ne trouva sur le pont que Marbre , Uiogène , Kabuchodonosor et moi.

— Parbleu I monsieur Wallingford, s'écria le corsaire en me saluant avec une exquise politesse, c'est bien extraordinaire ! Q'avez-vous fait de mes gens? Vous les avez mis en mer, comme avec l'anglais!

Je fus dispensé d'explications par l'apparition subite de mes trois prisonniers, qui, au mépris de mes ordres, accoururent vers leur chef k'gitime , la bouche ouverte ; et, empressés de narrer ce qui s'était passé , ils se mirent à parler tous à la fois avec une vivacité divertissante. Ce fut une interminable volée d'exclamations, de jurons, d'éloges de ma conduite , de récils tellement confus , que M. Gallois n'y comprit rien. 11 fut obligé d'.->voir recours à moi ; et je lui racontai toute l'affaire eu anglais, langue qu'il entendait beaucoup mieux qu'il ne la parlait.

M. Gallois avait la r.ipacilé d'un voleur de prand chemin, mais elle était singulièrement tempérée par la politesse française. 11 n'avait pas toujours été corsaire, et savait discerner le bien du mal quand ses intérêts n'étaient pas en jeu. Dès qu'il fut instruit de l'aventure , il se mita rire, en criant Bon! Je vis qu'il était de bonne humeur, et terminai mon récit sur un ton légèrement ironique , en insistant sur la complaisance qu'avait mise M. Le Gros à quitter l'Aurore et à la piloter dans la baie.

— Sacr-r-r-récs bêtes ! dit à plusieurs reprises M. Gallois. Néanmoins il ne témoigna point de ressentiment , et sembla penser

qu'après une bonne prise ce qu'il y avait de meilleur était une bonne plaisanterie.

— Tenez, mon ami, me dit-il en me serrant la main et en regardant la corvette, qui n'était pas à plus d'une lieue de dislance, vous êtes ce que vous appelez en anglais agoad fellow, un bon garçon ; j'admire votre esprit. Vous vous êtes tiré d'alTaire admirablcmitil, et j'ai de vifs regrets de ne pouvoir cultiver votre connaissance; mais il faut que je vous quitte; mille pardons; vous n'avez pas trop de monde, maisc'e.^t impossible d'abandonner mes compatriotes. Allons , mes enfants, au canot !

Là-dessus, les trois Français me quittèrent sans cérémonie. M. Gallois, comme c'était son devoir , descendit le dernier dans le canot ; il eut le temps de me serrer encore une fois la main et de me renouveler ses vifs regrets de ce qu'il n'avait pas le loisir de cultiver ma connaissance ; l'approche de la corvette rendait une prompte fuite nécessaire ; une autre fois nous serions plus heureux.

Ce fut ainsi que je me séparai d'un homme qui s'était emparé de moi sans scrupule, comme d'une épave trouvée sur le sable. En ama- Tinant mon navire, il exposait ses matelots à tomber entre les mains de l'ennemi et, faisant de nécessité vertu, il montrait des égards pour ceux qu'il ne pouvait voler. Chose étrange! sa civilité me fit presque oublier l'acte illégal dont j'avais été précédemment victime. La majorité des hommes attache beaucoup plus d'importance aux formes qu'au fond même, auquel très-peu de gens savent assigner sa véritable place.

Le Polisson fit route dès le retour de son embarcation. Il passa près de nous, sur la crête d'une lame, et nous pûmes distinguer les visages des matelots, qui ne semblaient point partager la tranquillité d'esprit de leur chef. Nous entendîmes aussi le perpétuel caquetage qui retentissait à bord jour et nuit! M. Gallois salua avec affabilité, et sourit aussi gracieusement que s'il n'eût jamais attenté à l'inviolabilité des poches d'autrui; puis il braqua sa lunette vers la corvette, qui commençait à lui causer des inquiétudes.

Réduits à notre premier nombre de quatre, nous réunîmes toutes nos forces pour cargucr le hunier avec la certitude que la corvette nous obligerait encore à virer. L'Aurore demeura stalionnairc , attendant l'avenir avec une patience philosophique.

— Il est inutile d'essayer de fuir, dis-je à Marbre ; nous n'avons

LUCIE HARDINGE.

SI

pas assez d'hommes pour gagner de vitesse le vaisseau qui vient sur nous.

— Oui, répondit mon second, et voilà qu'il déploie son pavillon en l'assurant d'un coup de canon. Ce drapeau blanc indique que la corvette obéit à un amiral, un vice-amiral ou un contre-amiral; quant aux frégates, si je ne me trompe, elles ont déployé un pavillon bleu.

H résultait de ces différences que les trois vaisseaux anglais n'appartenaient pas à la même escadre. En ce moment, l'Aurore était en panne avec ses basses voiles, son baume et son foc, sa grande voile ferlée, son grand hunier masqué , et les vergues de perroquet sur le ton. Le Polisson fuyait sur les vagues, orienté au plus près, et manifestant l'intention de se réfugier derrière les frégates, qu'il savait probablement être françaises. Les vaisseaux placés sous le vent gouvernaient de conserve et viraient vent de vent à l'est avec toutes voiles dehors; ils pouvaient être à trois lieues de nous, tandis que les frégates françaises, placées au vent, étaient plus rapprochées. La corvette s'avançait directement de notre côté, leste et merveilleusement disposée dans toutes ses parties. L'eau jaillissait de sesécubiers, et s'éparpillait sous les bossoirs. Quelques minutes plus tard ce vaisseau arriva sous notre vent , et nous adressa les questions que ses fonctions publiques lui donnaient le privilège de nous faire ?

— Quel est ce vaisseau ? où allez-vous?

— L'Aurore de New-York, capitaine Miles Wallingford ; en charge pour Hambourg.

— Le lougre ne vous a-t-il pas abordé ?

— Oui , oui , pour la seconde fois depuis trois jours.

— Comment s'appelle-t-il et quelle est sa force ?

— Le Polisson de Brest, seize canons de faible calibre et environ cent hommes d'équipage.

— Connaissez-vous les vaisseaux qui sont au vent?

— Pas du tout, mais je suppose qu'ils sçnt français.

— Pourquoi supposez-vous ?...

La distance m'empêcha d'en entendre davantage, et je ne distinguai plus que le sifflet aigu de l'officier qui commandait les manœuvres. La corvette continua à poursuivre le lougre, quoique les deux vaisseaux placés au vent eussent arboré le drapeau tricolore et tiré un coup de canon en signe de défi.

Bientôt après, M. Gallois vira pour soutenir les frégates françaises. Aussitôt la corvette vira également pour séparer le Polisson de ses deux protectrices, au risque de s'exposer à leur feu. Il me sembla cependant que les frégates françaises accordaient peu d'attention au lougre; car en modifiant légèrement leur course, il leur eût été facile de le défendre. Loin de là , elles dévièrent du côté opposé comme pour se rapprocher des deux vaisseaux que l'on apercevait sous le vent. Comme aucun des belligérants ne semblait songer à nous, nous éventâmes nos huniers pour nous éloigner; mais, pensant avec raison qu'il n'était pas politique de montrer de l'empressement à fuir, nous sortîmes tranquillement du cercle.

Entre onze heures et onze heures et demie, les quatre frégates étaient à une lieue les unes des autres. Curieux de connaître l'issue du combat, je coiffai le hunier, et me tins à quelque distance dans l'espoir de trouver assistance auprès du vainqueur. Presque tous les croiseurs avaient, à cette époque, des étrangers à leur bord , et se montraient disposés à augmenter l'équipage des navires en détresse. Quant à la manière dont je devais présenter ma requête, je m'apprêtais à la varier suivant les circonstances. Si les Français restaient maîtres du champ de bataille, je leur raconterais mon affaire avec l'équipage du Ilapide; dans le cas où les Anglais seraient victorieux, je leur dirais comment j'avais échappé au Polisson.

Au moment où nous mettions en panne, les frégates françaises commencèrent à rentrer leurs petites voiles. Cette manœuvre fut effectuée avec une maladresse et une irrégularité que Marbre jugea de mauvais aug'ure pour le pavillon tricolore. 11 est certain qu'en 1803 la marine française n'avait rien de très-remarquable; elle résistait vigoureusement à l'ennemi, à cause de l'esprit belliqueux de la nation. Néanmoins, la France n'était pas alors une puissance maritime, et les troubles de la Révolution n'étaient point faits pour favoriser la création d'un bon corps de marine française. A bord des vaisseaux français, les braves gens étaient plus nombreux que les habiks marins; en outre, le penchant au bavardage, la pire de toutes les faiblesses humaines, augmentait le désordre et la confusion.

Ce fut un beau spectacle que celui des quatre vaisseaux qui se préparaient au combat ; les AngLiis ne se pressaient pas, les deux frégates françaises avaient déjà cargué leur perroquet , et naviguaient avec leurs trois huniers, leur baume et leur foc, avant que leurs adversaires eussent rentré un seul kakatoès. Ces derniers étaient sous le vent; et pour se rapprocher ils portèrent une bordée de notre côté, avec l'intention de virer dans les eaux des vaisseaux français. J'avoue que je les vis venir à moi avec inquiétude ; mais il était trop tard pour fuir : c'eût été s'exposer à être capturé , et il valait mieux attendre avec dignité.

Les frégates anglaises étaient déjà à portée de fusil de l'Aurore quand les Français virèrent et mirent le cap à l'ouest, c'est-à-dire dans

notre direction. Au lieu de reculer, les Anglais déployèrent leurs amures et leurs écoutes; leurs six perroquets et leurs clinsfocs tombèrent au même instant; puis les vergues elles-mêmes disparurent ainsi que les petites voiles ; les deux vaisseaux ressemblaient à des oiseaux qui ferment leurs ailes. Les basses voiles furent carguées , mais on ne les serra pas. Pendant ce temps l'une des frégates était à une encablure de distance de nous, et elle lofait tout au plus assez pour laisser de l'espace à notre hanche du vent.

— Par saint Georges ! Miles , me dit Marbre , la seconde frégate est le Rapide.

Marbre avait raison. Nous étions menacés d'avoir prochainement la visite de lord Harry Dermond et de ses officiers, car il n'y avait pas deux encablures de distance entre les deux frégates. Cependant le premier vaisseau me héla sans préambule avec un porte-voix :

— Pouvez-vous me donner des nouvelles des deux vaisseaux qui sont au sud de nous?

— Je n'en sais que ce que vous voyez , monsieur; je suppose qu'ils sont français et qu'ils ont l'intention de vous attaquer.

— De nous attaquer ! s'écria le capitaine anglais. — Sois paré ! — La barre dessous ! — Haie bas le grand hunier.

Ces commandements furent prononcés d'une voix de tonnerre et promptement ciécutés. Le vaisseau vira vent devant , par notre travers du vent, et si près de nous que l'on aurait pu jeter un biscuit d'un bord à l'autre. 11 tourna sans perdre son air, et continua sa route, ayant ses adversaires en face de lui.

— Maintenant, me dit Marbre, il faut éventer nos voiles et marcher vite. Le Rapide nous laissera tranquilles ; voyant qu on nous a iiéjà accostés, il va virer dans les eaux de sa compagne, et il est essentiel de l'éviter.

Nous finies servir les voiles et gouvernâmes de manière à mettre une encablure entre nous et le Rapide; néanmoins je crois que nous fûmes reconnus. Un officier, qui était dans la galerie du faux-pont, nous examina avec une lunette; c'était le lieutenant Powlett. liientôt lord Ilnrry Dermond parut eu personne avec d'autres officiers, et tous fixèrent les yeux sur nous. Quel moment d'angoisse! 11 n'y avait pas un mille entre les deux navires , quoique l'Aurore fît tous ses eff'orts pour accroître celte distance. En faisant une embardée du côté de dessous le vent, le Rapide nous plaçait sous sa bordée. Où était l'équipage de prise ! S'il avait été à bord de l'Aurore, Sennit n'aurait pas manqué de communiquer avec son capitaine. S'il n'était pas à bord , il devait donc être au milieu de l'Océan ou prisonnier à fond de cale. Telles étaient les pensées qui occupaient sans doute les officiers anglais.

Je me croyais perdu ; mais la Providence me sauva encore une fois. La première frégate anglaise n'avait pas cessé de marcher pendant que le Rapide restait à l'arrière. Le combat allait s'engager, et l'une des frégates françaises tira un coup de canon. Au bruit de la détonation , le Rapide sembla se réveiller en sursaut, tous les officiers quittèrent le couronnement , on ainura les basses voiles , et les trois perroquets s'élevèrent à la tète du mât. Avec ce surcroît de voilures, la frégate bondit sur les (lois et eut bientôt rejoint sa compagne. J'ai su depuis que celle-ci s'appelait le Prince-Noir, commandé par sir Hotham Ward. Les frégates françaises s'appelaient la Désirée et le Cerf, commandées l'une par M. Menneval , et l'autre par un capitaine dont je n'ai jamais pu savoir le nom.

En essayant de m'écarter du Rapide, je m'étais placé sous le vent, à une demi-poitée de canon. Je me hâtai de quitter cette position dangereuse , et mis le cap à l'ouest afin d'être à l'abri des boulels. Pendant cette manœuvre, j'eus l'occasion de regarder la corvette et le lougre ; ce dernier courait des bordées à l'est pour se rapprocher de la côte , et la corvette marchait sur ses traces avec vitesse.

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