CHAPITRE XXIV
Vainement nous rivons la gloire, Nos triomphes sont imparfuils.
Le lendemain d'une victoire En détruit souvent les effets.
Il n'y avait que peu de jours que h Breton était sorti de la baie de Cork. 11 avait ordre de courir à l'ouest, et de croiser pendant trois mois pour protéger le retour des bâtiments anglais qui arrivaient d'Amérique. Ce n'était guère satisfaisant pour nous; mais dans l'impossibilité de nous débarquer, le capitaine Uowley promit de nous mettre à bord du premier bâtiment que nous rencontrerions. C'était tout ce que nous avions le droit de lui demander.
Plus de deux mois se passèrent sans que le Breton aperçût une seule voile : les marins sont exposés à de pareilles vicissitudes; tantôt ils se trouvent au milieu d'une multitude de navires, tantôt ils semblent être les seuls maîtres de l'Océan. Après les tempêtes de l'équinoxe ,
LUCIE HARDINGE.
la frégate gouverna au sud jusqu'à la hauteur de Madère, et après avoir croisé pendant trois semaines dans le voisinage de cette île, elle reprit la route de Plymouth. Pendant cette expédition, elle avait abordé une trentaine de voiles appartenant à des pays neutres, et dont aucune ne pouvait nous fournir les moyens de retourner en Amérique. Dans l'après-midi du jour oix te Breton gouverna au nord , on signala un vaisseau étranger qui fut reconnu pour une frégate avant le coucher du soleil; le Breton manœuvra toute la nuit pour la rallier, et avec succès, puisqu'il n'eu était éloigné que d'une lieue quand je remontai sur le pont, le lendemain matin. On avait fait branle-bas général, et il régnait sur le vaisseau une animation qu'où u'y avait pas encore remarquée.
— Bonjour, Wallingford, me cria gaiement le vieux capitaine, vous arrivez juste à temps pour voir ce Français dans tout son éclat. Dans deux heures d'ici, je l'espère, il n'aura pas l'air si coquet. C'est un beau vaisseau, n'est-ce pas?
— Oui , monsieur , répondis-je , et il paraît avoir comme vous cinquante canons. Mais êtes-vous bien sûr qu'il soit français?
— Sans contredit : jamais frégate anglaise n'a eu ces vergues et ces mâts de perroquet ; ainsi , monsieur Wallingford , vous aurez l'obligeance de déjeuner une heure plus tôt que de coutume.
Je suivis le capitaine Rowley dans la cabine, où je trouvai Marbre, qu'il avait eu la politesse d'inviter. Jamais le bon vieillard ne m'avait témoigné plus d'égards et d'affection que ce matin-là.
— J'espère, messieurs, nous dit-il après le premier service, que vous ferez honneur à la cuisine de Davis ; étant sujet anglais, je crois tout naturellement nos vaisseaux supérieurs à ceux de la France; mais je sais très-bien que nous ne triomphons jamais sans peine , et il serait possible que cette frégate nous coupât les vivres pour demain.
— Vous autres Anglais, lui dis-je, vous entamez toujours une action contre les Français avec une entière confiance dans la victoire.
— Oui , c'est un sentiment que nous avons inspiré à nos gens ; mais je suis trop vieux pour ne pas savoir que tous les combats sont chanceux. Pi'ous différons des Français par l'organisation du service, mais il n'y a pas dans les hommes même autant d'inégalité qu'on se l'imagine. Le résultat est entre les mains de Dieu!
Je fus surpris d'entendre parler ainsi le capitaine Rowley, qui était ordinairement d'une humeur enjouée, mais il ne me convenait pas de continuer l'entretien. Au bout de quelques minutes, nous nous levâmes de table, et j'entendis donner au maître d'hôtel l'ordre d'aller dire au premier lieutenant qu'il eût à faire enlever les cloisons de la cabine. Au moment où j'entrais avec Marbre dans un logement de toile qu'on lui avait établi en bas, le tambour appela tous les matelots à leurs postes.
— Eh bien, Miles, me dit Marbre, ce voyage surpassera de beaucoup tous ceux que nous avons faits : nous avons été capturés deux fois, nous avons fait naufrage , nous avons vu un combat et nous allons prendre part à un autre. Que pensez-vous qu'exigent de nous le patriotisme et la vertu républicaine?
C'était la première fois que Marbre m'exprimait son républicanisme, d'autant plus étrange qu'il avait dans le caractère autant d'absolutisme que Napoléon lui-même.
— La République française , lui répondis-jc , n'existe guère que de nom ; d'ailleurs la ressemblance des gouvernements ne suflit pas pour unir deux nations ; quand elles n'ont pas des lois complètement identiques, elles sont plus disposées à se quereller sur les dissidences qu'à s'entendre sur les points de rapport ; en tout cas, puisque nous sommes en paix avec l'Angleterre et la France, nous n'avons pas à nous mêler de leurs discussions.
— Je m'attendais à cette réponse , Miles ; cependant il serait pénible d'être au milieu d'un combat sans y participer. Je donnerais cent dollars pour être maintenant à bord de la frégate française ; il me répugne de me ranger du côté de John Bull.
— Nous n'avons pas besoin de prendre parti , pas plus que Kabuchodonosor ; cependant comme les Anglais nous ont sauvé la vie , et qu'ils nous nourrissent depuis trois mois, nous pouvons essayer de nous rendre utiles, principalement en secourant les blessés.
Nous en étions là quand un coup de canon tiré sur le pont nous apprit que l'action s'engageait. Quand j'arrivai sur le gaillard d'arrière, le vaisseau avait diminué de voiles, les matelots étaient à leurs postes, les canons détachés et alignés ; toutes les tappes étaient enlevées -, on avait distribué les boulets et on voyait çà et là de vieux canonniers en chef rôder autour de leurs pièces , comme s'ils eussent été impatients de commencer. Le silence était pareil à celui qui règne dans une église déserte.
— Wallingford, me dit le capitaine Rowley, vous n'avez rien à faire ici ; il ne serait pas convenable que vous prissiez part à l'action , et il y aurait de la folie à vous exposer sans nécessité.
— Je le sais, capitaine Rowley, mais j'ai présumé que vous voudriez bien me permettre d'être spectateur ; je puis être utile aux blessés et je connais trop bien mon métier d'ofRcier pour gêner les mouvements de l'équipage.
— J'ignore si je dois votis permettre de rester ici , répondit grave-
ment le vieillard, ce sera une aSaire sérieuse. Dans dix minutes, nou$ allons être à portée, et je vous laisse à décider si la prudence n'exige pas que vous descendiez.
Me contentant de cette réponse, je m éloignai du gaillard d'arrière ; dans l'ciitre-deux des gaillards, je passai devant les soldats de marine que leur commandant rangeait en ligne avec autant de soin que si la victoire eût dépendu de leur symétrie ; sur le gaillard d'avant je trouvai Nabuchodonosor, les mains dans ses poches, surveillant les manœuvres des Français comme le chat épie celles de la souris ; ses yeux exprimaient le vif intérêt qu'il prenait à l'aflfaire, et je jugeai qu'il serait inutile de vouloir l'obliger à descendre.
Le capitaine avait donné la réplique aux officiers , et ils me sourirent avec bienveillance ; le premier lieutenant futle seul qui se montra mal disposé à mon égard.
— Il y a trop d'étoffe dans cet homme pour qu'il reste dans l'inaction, dit-il sèchement en montrant Nabuchodonosor.
— Nous sommes neutres, monsieur Cléments, répondis-je, et nous ne pourrions combattre sans blesser le droit des gens; toutefois j'ai été si bien traité à bord du Breton , que je regrette sincèrement qu'il ne me soit pas permis de partager vos dangers.
Le lieutenant me lança un coup d'œil perçant, murmura quelque chose entre ses dents et s'avança vers le capitaine Rowley; celui-ci regarda de mon côté et me fit avec le doigt un geste de reproche; puis , il sourit doucement et chercha des yeux un midshipman qui lui servaitd'aide-de-camp; en ce moment, lafrégate française lâcha toute sa bordée, après avoir viré vent devant ; la plupart des boulets endommagèrent les mâts du Breton , et deux seulement portèrent dans le plein bois. Nabuchodonosor se mit immédiatement au travail avant que j'eusse le temps de lui parler; il saisit une bosse et se mit à raccommoder le faux grand étai qui avait été cassé ; le maître d'équipage applaudit à son activité et envoya à son aide quelques hommes du gaillard d'avant. A partir de cet instant, Nabuchodonosor fut constamment dans les agrès; par intervalles sa figure grimaçante se montrait au milieu des éclaircies de la fumée. Le Breton pouvait avoir des matelots plus vieux et plus expérimentés, mais il n'en possédait pas de plus actifs, de plus dociles et de plus athlétiques. La gaieté de cœur avec laquelle ce noir travaillait au milieu des périls et du fracas de la bataille m'a toujours paru merveilleuse.
Le capitaine Rowley attendit, pour répondre à cette bordée, que les deux vaisseaux fussent à portée du pistolet. Le Breton lâcha sa bordée de bâbord et vira tout aussitôt. J'ignore comment cela se fit; mais quand on changea les grandes vergues, je me trouvai placé aux bras de misaine et tirant avec la vigueur d'un cheval de halage. Le second pilote, qui commandait ces bras, me remercia de mon assistance.
— Dans une heure ils seront à nous ! capitaine Wallingford , me dit-il avec une expression de joie.
Je me repentis du rôle que j'avais joué , et résolus de me borner à celui de spectateur. Je me rendis sur le gaillard d'arrière , où le sang avait déjà coulé. Le capitaine Rowl»y s'y trouvait avec Cléments et le chef de timonerie. Les boulets se succédaient à chaque minute, et les gémissements des blessés commençaient à se mêler au tumulte du combat.
— Cela chauff'e, Wallingford, me dit le capitaine Rowley ; vous n'avez pas affaire ici , mais j'aime à voir la figure d'un ami. Vous avez examiné ce qui se passe, qu'en dites-vous?
— Votre vaisseau doit l'emporter, capitaine, l'ordre et la régularité sont admirables !
— Eh bien ! je suis charmé de vous entendre parler ainsi, Wallingford, car je sais que vous êtes un marin. Descendez sur le premier pont et remontez me dire ce que vous y aurez remarqué.
J'étais décidément enrôlé comme adjudant ; toutefois j'obéis et fus témoin d'un spectacle tel que je n'en avais jamais vu; quoique la saison fût avancée , le temps était si chaud que la plupart des matelots s'étaient dépouillés. C'est un rude travail que de manœuvrer pendant des heures entières de lourds canons, et si l'animation du combat empêche de sentir d'abord les fatigues, elles laissent le corps abattu comme par une maladie. La plupart des marins n'avaient que leur culotte ; leurs queues longues et roides pendaient sur leurs dos nus qui ressemblaient à ceux d'athlètes prêts à combattre dans le cirque. Le pont était rempli de la fumée des amorces, quoique la poudre , en faisant explosion, s'échappât au dehors en épais tourbillons de flamme et de salpêtre. Je crus être dans une espèce de pandœmonium. A travers la fumée, je voyais les canonniers tourner entre leurs mains les refouloirs et les écouvillons. Les canons, en reculant avec force , chancelaient et même bondissaient sur le pont. Pour ajouter à l'effet de leurs commandements, les officiers brandissaient leurs épées. Çà et là couraient des mousses qui apportaient ou allaient chercher des munitions. On se passait les boulets de main en main : et pour ajouter aux couleurs sinistres du tableau , les morts et les mourants gisaient dans leur sang au milieu du vaisseau.
— Ces Français se conduisent bravement ! me cria Marbre , voilà un boulet qui vient de traverser les chaudières du coque. Si les canouuiers ne font feu des quatre pieds, nous allons perdre la partie. Je
LUCIE IIARDINGE.
ne voudrais pas être battu, Miles; tout le monde jusqu'à ma nièce me monlreriflt au doigt.
]\oiis sommes de simples passagers , Moïse , et la victoire n'intéresse en rien le pavillon américain.
— Je n'en suis pas certain, Miles, je ne veux pas être battu, même comme passager. Tenez , regardez ! encore deux coups pareils cl la moitié de nos canons sera réduite au silence !
Deux boulets enlrèreiit en même temiis , l'un d'eux frappa la paroi d'un sabord, l'autre étendit sur le pont quatre hommes qui ct.ûentsur Jc|iointde tirer la pièce de ce sabord. Le lieutenant de la division saisit la mèclie, la raviva en souillant dessus, la posa sur la lumière, et le coup partit. A l'instant du recul , le lieutenant chercha des yeux des lionimes pour rcmiilacer ceux qui étaient tués ou blessés. Ses regards s'arrêlèrcnt sur nous, sans q l'il nous adressât de questions.
— Oui, monsieur, dit !\Iarlire en déposant sa veste et sa chique , je suis à vous dans une minute.
A mon réveil je regardai la mer sans rien voir : l'Aurore avait sombré pendant la nuit.
Je ne savais si je devais le laisser faire ou lui adresser des représentations; mais avant que j'eusse eu le temps de réfléchir, il s'était installé en qualité de chef de pièce ; craignant que la contagion me gagnât, je me hâtai de remonter l'échelle. Le grand hunier de la frégate française venait de tombera la mer, etle capitaine Rowley félicitait son équipage en agitant son chapeau en signe de triomphe. Le Bretun avait soulVert considérablement, mais ses principaux mâts étaient encore debout. Les Français avaient aussi perdu leur hunier d'artimon, et leur feu se ralentissait depuis environ un quart d'heure. Selon l'ordinaire , les détonations de l'artillerie neutralisaient l'eDet de la brise, et les deux combattants s'écartaient peu de la position qu'ils occupaient.
Je m'étais placé sur le couronnement pour faire mes observations , quand j'entendis le bruit d'un boulet qui brisait une planche sur le gaillard d'arrière. Un groupe s'était formé autour d'un homme qui tombait et qu'à son uniforme et ses épauleltcs je reconnus pour le capitaine; je courus aussitôt près de lui.
— Puisque vous ne faites rien, monsieur, me dit Cléments , voulezvous aider à transporter en bas le capitaine Kowley ?
Le ton dont le premier lieutenant prononça ces paroles et le regard dont il les accompagna semblaient me dire : Je vais maintenant comman-
der ce vaisseau et nous verrons si les lois ne changent pas en même temps que le maître ! Toutefois , j'obéis malgré mon mécontentement secret ; et, avec le secours du domestique du capitaine, je le portai dans la sainte-barbe. Aussitôt que le chirurgien eut examiné les blessures du pauvre vieillard, il déclara qu'il n'y avait point d'espoir.
— Le capitaine ne peut vivre une demi-heure, me dit-il à part; tout ce que nous pouvons faire , c'est de lui donner ce qu'il demandera. Actuellement, il est étourdi par la secousse qu'il a éprouvée , et dans quelques minutes il demandera probablement à boire. Demeurez auprès de lui, puisqu'aucun devoir ne vous appelle sur le pont. Voilà un malheur dont Cléments va profiter, on lui attribuera en partie le gain de la bataille, quoiqu'elle soit déjà décidée.
En effet, vingt minutes après , nous entendîmes des cris de victoire sur le pont. Le bruit parut ranimer le blessé.
— Que signifie cela, Wallingford? me demanda-t-il d'une voix dont la force me surprit.
— Cela signifie, capitaine Rowley, que vous avez vaincu! que vous êtes maître de la frégate française.
— Maître I suis-je maître de ma propre vie? à quoi me sert la victoire maintenant? je vais mourir bientôt, mon jeune ami, et tout sera fini pour moi ; ma pauvre femme trouvera que c'est une bien triste victoire.
Hélas ! que pouvais-je lui dire ! ses pressentiments ne le trompaient pas! il mourut en ma présence, avec calme et en conservant sa connaissanre jusqu'à la fin ; mais je pus voir qu'il se demandait si l'éclat que jetait sur lui son dernier succès répondait entièrement au but de son existence. L'approche de la mort place l'homme sur une éminence morale d'où il domine de toutes parts le passé et l'avenir. Il est alors à même de contempler dans son entier le spectacle de la vie , et de se former une opinion sur le rôle qu'il a rempli. Comme la plupart de ceux qui contribuent à nos plaisirs et briguent nos applaudissements, il est parfois, en quittant la scèue , plus mécontent de son jeu que la foule irréfléchie : car celle-ci, s'attachant uniquement à la surface des choses, accorde trop souvent ses suffrages à la médiocrité.
Je glisserai sur les dix jours qui suivirent. Le premier usage que fit M. Cléments de son commandement fut de me transférer de la cabine à la sainte-barbe. A la vérité , je n'y manquais pas d'espace , car plusieurs officiers et matelots avaient passé à bord de la prise. Leur place fut occupée par les officiers français et par moi. Le corps du pauvre capitaine Rowley fut conservé dans de l'eau-de-vie , et l'ordre accoutumé se rétablit. Seulement la diminution de l'équipage et les avaries du vaisseau nous ôtaicnt toute envie de rencontrer les Français. Maintenant que l'excitation du combat avait cessé , Marbre était honteux d'y avoir participé, et il regretta toute sa vie d'avoir combattu sous le pavillon anglais. Quant à INabuchodonosor, il comprenait peu les distinctions établies entre les pays, et s'imaginait toujours qu'il était de son devoir de s'attacher au vaisseau sur lequel il se trouvait.
En entrant dans la Manche , nous aperçûmes une frégate avec laquelle nous échangeâmes des signaux. On peut juger aisément de l'inquiétude qui me saisit quand j'appris que c'était le Itajjide. La frégate était déjà aune portée de canon, et bientôt elle vira de bord sous l'écoute du Breton, qui avait mis en panne pour l'attendre. Lord llarry Dcrmond , en personne , vint à bord pour communiquer ses dépêches au capitaine Rowley, comme à son commandant d'âge. Je ne quittai point le gaillard d'arrière, afin de tâcher de savoir ce qu'étaient devenus Sennit et ses compagnons.
Cléments alla à la rencontre du jeune capitaine sur l'échelle hors le bord. Il s'excusa de ne s'être pas rendu à bord du Rapide, en alléguant le mauvais état de ses embarcations , et fit son rapport sur la dernière affaire. Lord Harry se trouvait plus ancien dans le grade que le nouveau capitaine. En conséquence, il se mit à lui adresser des questions. Je m'étais placé dans la galerie du faux-pont pour échapper à l'attention; mais, en se tournant brusquement, le commandant du Rapide m'aperçut; il était si près de moi , que je pus entendre ce qu'il disait :
— Voilà une figure de ma connaissance, monsieur Cléments; j'ai vu cet homme quel([ue part. Peut-être ai-je servi avec lui.
— Je ne le crois pas, mylord ; c'est un Américain que nous avons recueilli en mer, un certain Wallingford, capitaine de l'Aurore. Son bâtiment a sombré dans une tempête, et tout l'équipage a péri , excepté ce gentleman, son second et un nègre, ^ous les avons à bord de)>uis ]ilus de trois mois.
.: Lord Harry Dermond .siffla entre ses dents, s'avança vers moi, me salua et entama aussitôt un dialogue très-désagréable :
— Votre serviteur, monsieur Wallingford, nous nous rencontrons assez souvent et dans des circonstances extraordinaires. La dernière fois , j'étais tellement occupé que je n'ai pas eu le temps de vous rendre mes devoirs. Monsieur Cléments , j'ai une petite affaire à traiter avec ce gentleman , et je vous prie de m'accompagncr avec lui dans votre cabine.
11 n'y avait pas d'objections à faire, et je suivis les deux officiers»
LUCIE HARDINGE,
En voyant l'air parai à subir une r