‹ Œuvres compl`etes (volume 2)Chapitre 3 sur 25 · PREFACE. VU · texte numérisé non relu

PREFACE. VU

vcrise par ses réponses victorieuses, et ne le lâche enfin ■|u'après avoir fait couler ses larmes, lui avoir fait demander grâce et prendre une résolution généreuse. Parfois s'il attaque un vice, l'avarice, par exemple, il le personnifie, le fait asseoir sur la sellette, et lui dresse Bon procès, en lui demandant compte de tous les forfaits dont il est le principe et la cause. Cette forme, variée du reste beaucoup plus que nous ne pouvons l'indiquer ici, off're un tel attrait, (^ue les fidèles à qui il prendrait envie de parcourir les sermons du bienheureux Léonard, j trouveraient, nous en sommes persuadé, une lecture aussi agréable, qu'édifiante et instructive.

Nous le disons donc franchement, parce que nous le disons avec une intime conviction, et que nous nous adressons d'ailleurs à d'honorables confrères dans le sacerdoce qui réformeraient notre jugement, si nous nous trompions : nous croyons qu'il y aurait un immense profit pour tout le monde à se rapprocher de ce genre, à l'imiter autant que le permet la différence des temps et des mœurs. C'est cette pensée qui nous a fait entreprendre le travail que nous publions, et nous y a fait trouver un véritable charme.

Un mot sur cette traduction. Nous nous sommes fait une loi de reproduire fidèlement l'original, tout en donnant à la pensée de l'auteur la tournure dont il nous semble qu'il l'eût revêtue lui-même, s'il se fût exprimé en français. Son style est simple sans trivialité, naturel sans manquer de dignité et d'élévation; nous avons tâché de lui conserver ce caractère, qui est celui qui convient le mieux à l'éloquence de la chaire.

Certains passages, peu nombreux du reste, accusent

vin PRÉFACE.

des désordres qui, heureusement, ne se produisent point chez nous, ou trop rarement pour qu'on en fasse mention en chaire. Etait-ce un motif de les supprimer? Nous ne l'avons pas cru. Comme traits de mœurs, ils ne manquent pas d'intérêt pour l'érudit, et d'un autre côté, celui qui voudra faire usage de ces sermons saura bien discerner ce qu'il y a à prendre ou à laisser.

Bien moins encore nous sommes-nous permis do supprimer, d'abréger ou d'affaiblir les exhortations pathétiques, entraînantes, par lesquelles le Bienheureux, vers la fin de chaque sermon, s'efforce d'exciter le repentir dans le cœur de ses auditeurs et de leur inculquer une résolution généreuse et pratique. C'est là un trait qui caractérise son genre de prédication, et qui nous a paru aussi précieux à conserver qu'utile à imiter. Notre saint Missionnaire avait toujours en vue la réforme des mœurs, et il savaii que pour l'obtenir il ne suffit pas de plaire, d'instruire, de convaincre même, mais qu'il faut toucher, persuader, émouvoir; il savait aussi que pour le peuple en général, pour les gens simples qui forment toujours le grand nombre, ne dire les choses qu'une fois c'est comme si l'on ne disait rien. Voilà pourquoi il insiste avec tant de force dans ses conclusions, et, ajoutant l'exemple de la pénitence aux plus vives exhortations, va souvent jusqu'à mêler sou sang aux larmes de l'auditoire, en se donnant du haut de l'estrade une sanglante discipline.

Nous nous sommes bien gardé enfin de retrancher, soit dans les sermons, soit ailleurs, les textes latins tirés de l'Ecriture, des saints Pères, ou des docteurs de l'Eglise ; nous avons, au contraire, pris soin de les

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