LA SAINTE MF.SSE
111. Pour ce qui regarde la sainte Messe, je m'y préparerai avec un soin extrême; à cet effet je me confesserai deux fois par jour, prenant le temps qu'il faut pour m'y préparer. Si quelquefois, à raison de mes nombreuses occupations, ou par défaut de confesseur, je ne pouvais me confesser aux pieds d'un prêtre, je me confesserai spirituellement aux pieds de Jésus-Christ , faisant les mêmes actes que si je me confessais sacramentellement, en m'imposant moi-même la pénitence. J'en userai de la sorte tant pour m'approcher de l'autel avec une plus grande pureté de cœur, que pour augmenter en moi la grâce ; car j'espère l'accroître par une seule confession plus que par beaucoup d'autres bonnes œuvres, quelles qu'elles soient.
Quand j'aurai le temps suffisant, je réciterai les psaumes ordonnés par l'Eglise, sinon, j'y suppléerai par des actes intérieurs, n'oubliant cependant jamais d'offrir trente-trois fois le sang de Jésus-Christ au Père éternel, afin que ce précieux sang serve k laver et à purifier ma pauvre âme.
Je ne célébrerai jamais sans porter le cilice, pas même un jour de grande solennité, et cela pour me rappeler fa passion de Jésus-Christ.
Je tâcherai d'être très-exact à exécuter toutes les cérémonies, les rubriques, les croix, les génuflexions, sans en tronquer ni en omettre aucune. Je m'efforcerai de faire paraître la plus grande modestie dans l'extérieur, et d'entretenir un véritable recueillement dans l'intérieur, faisant attention k la signification des paroles, et offrant cet adorable sacrifice pour les quatre fins principales, savoir : louer la majesté de Dieu, à qui sont dues des louanges in-
Unies; satisfaire a sa juslico pour tant de péchés commis: le remercier de tant de bienfaits dont il m'a comblé, et le supplier comme dispensateur de toutes les grâces. Celte offrande je la ferai au moment du Memento ; et dans le cours de la messe je renouvellerai tantôt l'une tantôt l'autre de ces quatre fins , en m'unissant au Cœur de Jésus.
Je m'efforcerai d'avoir l'intention actuelle au moment de la consécration, quoique l'ayant déjà formée le malin, ainsi qu'à la sacristie pendant la préparation ordinaire. Au moment de la communion, j'exciterai dans mon cœur des actes de foi vive, d'amour, de contrition et d'un désir ardent de me transformer tout entier en Jésus-Christ, communiant tous les matins en viatique, comme si c'était la dernière fois de ma vie.
Après la messe je ferai l'action de grâce accoutumée , récitant les oraisons d'usage : Aiiima Christi, etc. Obsecro, etc. J'aurai l'intention que tout ce que je ferai depuis la messe jusqu'à compiies se fasse en action de grâces d'un si grand bienfait, et que tout ce que je ferai depuis compiles jusqu'à la messe serve de préparation à ce redoutable sacrifice. Je ne perdrai point de vue que mon plus grand soin pour cette préparation et pour cette action de grâces doit être d'y apporter un cœur pur, humilié, lequel, éclairé par une foi vive, produise beaucoup d'actes d'humilité intérieure, d'offrande, de louange, d'amour, de contrition.
Et parce que la sainte messe est le plus précieux trésor que nous possédions sur la terre, j'entendrai toutes les messes qu'il me sera possible d'entendre, eu égard à mes occupations. En outre, tous les malins à l'offertoire, je formerai l'intention et le désir d'entendre toutes les messes qui se diront pendant le jour dans le monde entier.
I'. M. vHi. 42*
MES KESOLUriONS.