‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 152 sur 180 · FOI · texte numérisé non relu

FOI

VIII. L'œil de la Foi bien purifié rend une âme maîtresse d'elle-même, et la conduit par des sentiers sûrs k la bienheureuse éternité. Aussi ne me contenterai-je pas d'une foi vive ordinaire, et pour ainsi dire spéculative, mais je m'efforcerai d'agir toujours avec une foi extraordinaire, non-seulement vive, mais actuelle et pratique, qui voie Dieu en toutes choses et qui rapporte toutes choses à Dieu. Cette foi intense réduite en acte, et qui réside dans la partie supérieure de l'âme qu'on nomme l'intelligence, sera la règle d'après laquelle j'apprécierai toutes choses. Bien plus, je ferai précéder toutes mes actions, surtout les plus importantes, par un acte de foi, en me recueillant un instant pour renouveler en moi le souvenir de la présence de Dieu. Mon âme y puisera des forces qui la feront agir avec une nouvelle ferveur ; car lorsque la foi est bien vive, au point que l'on croie les vérités surnaturelle; comme si on les voyait actuellement, il est certain que l'énergie de la volonté en est d'autant plus grande.

Je me formerai donc une sorte de solitude mentale, que j'appelle la région de la foi. C'est là qu'oubliant toutes les créatures, je parlerai et je converserai avec Dieu, en admiration devant ses grandeurs : je ne le chercherai pas ailleurs qu'au dedans de moi-même, dans les profondeurs de mon âme, surtout pendant le temps de l'oraison, ainsi que je l'ai dit plus haut. Ecartant alors la pensée des chose* sensibles, et m'appliquant à contempler avec le flambeau de la foi les inefTables perfections de Dieu, je m'entretiendrai seul à seul avec lui, etje m'efforcerai de me transformer en lui aussi totalement que je le pourrai. Môme en dehors de l'oraison, je m'habituerai à cousi-

dérer dans les créatures la bonlé de mon Dieu ; je ne ferai aucun cas de l'écorce extérieure, mais j'estimerai uniquement ce qui existe dans la créature, c'est-a-dire Dieu seul.

J'espère qu'en réformant ainsi l'intelligence par la vertu de Foi, que je tâcherai d'entretenir continuellement en exercice autant que possible, je réussirai mieux à pratiquer toutes les autres vertus. Et pour l'entretenir en exercice, je ferai souvent des actes de foi, tenant pour infaillibles tous les mystères qu'elle nous propose, parce que c'est Dieu, la première et infaillible vérité, qui les a révélés.

ESPÉRAlNCE.

IX. L'Espérance a pour objet la possession de Dieu, en tant qu'il est notre bien. Nonobstant la multitude innombrable de mes péchés, que je noierai dans le sang précieux de Jésus, je tâcherai d'exciter très-fréquemment cette espérance dans mon cœur, et, appuyé sur ces quatre fondements solides, savoir, que Dieu, qui veut me sauver, est juste, lidèle, miséricordieux et tout-puissant, je me tiendrai pour moralement certain de mon salut. Bien plus, faisant en sorte que l'espérance se change en une pleine confiance, qui n'est autre chose qu'une espérance trè.*-robuste, je m'efforcerai d'avoir une si haute idée de la miséricorde de Dieu , eue j'espérerai me sauver sans passer par le purgatoire, bien que disposé à l'accepter de tout mon cœur et même avec action de grâces jusqu au jour du jugement dernier , si tel était le bon plaisir de Dieu. Je me fonde pour cela sur les mérites infinis de Jésus-Christ mon Sauveur, que je m'appliquerai fréquemment et que j'oiïrirai au Très-Haut, ainsi que sur la valeur des indulgences, des sacrifices, et des actes de contrition

MKS KÉSOLUTIONó. 505

que je formerai Irès-souvent dans mon cœur. Celte espérance extraordinaire t>e saurait me nuire ; elle ne peut au contraire que m'être très-utile; car n'excluant pas une crainte toute fdiale, elle tourne à l'honneur de Dieu et me rend plus diligent dans ma coniiuite. En effet, dans ce but je me propose d'éviter non-seulement les Fautes graves, mais encore les péchés véniels et les moindres imperfections; j'ai en outre le plus grand soin de gagner beaucoup d'indulgences, d'entendre beaucoup de messes, d'apporter la plus parfaite exactitude en tout ce qui concerne mon avancement spirituel ; enfin, pour obtenir une grâce si précieuse, j'invoquerai très-souvent la miséricorde de Dieu, en répétant sans cesse mon oraison jaculatoire : Mon Jésus, miséricorde .

Je me servirai, du reste, de cette prière comme d'un moyen très-puissant pour obtenir toutes les grâces, sachant que Dieu est infiniment miséricordieux, fidèle et libéral à accorder les faveurs qu'on lui demande avec une vive confiance, pourvu quelles tournent à sa gloire et ne portent point préjudice 'a notre salut éternel. Entre autres grâces que j'ai l'intention de lui demander toutes les fois que je répéterai : Mon Jésus, miséricorde, j'implore le don de la persévérance finale et la grâce efficace de l'aimer, et de l'aimer parfaitement ; car une fois que l'âme est enflammée d'une véritable charité envers Dieu, elle est entièrement réformée, purifiée et unie à Dieu.

CHAKITÉ E.VVF.KS DIEU.

X. La charité, qui envisage Dieu comme un bien suprême, ou plutôt comme l'océan immense de tous les biens, renfermant toutes les perfections possibles et digne par conséquent d'être aimé pour lui-môme , cette charité p. »i v:ii 45

sera loujours profondément enracinée dans nnon cœur. Je veux en faire le principe et la fin de toutes mes pensées, de toutes mes intentions, de tous mes mouvements et de toutes mes actions. Je proteste même que je ne voudrais rien faire de propos délibéré qui fût tant soit peu opposé au saint amour de Dieu, et quoique je n'en fasse pas le vœu, je forme cependant le ferme propos de tendre toujours à ce qu'il y a de plus parfait et de ne jamais commettre un seul péché véniel avec pleine advertance. Si jamais le cas m'arrivait, je le regarderai comme le plus grand des malheurs qui puissent m'affliger en cette vie ; je le déplorerais devant Dieu, et je m'en imposerais aussitôt la pénitence voulue.

Pour réussir à me maintenir pur et exempt des moindres fautes, je m'appliquerai à marcher continuellement en la présence de Dieu , je m'attacherai spécialement à l'abnégation de ma volonté propre, de mes goûls et de mes inclinations naturelles, jusque dans les plus petites choses; je regarderai comme un trésor les mépris, les mortifications, les contrariétés, les douleurs, la pauvreté, avec toutes les incommodités qui sont inséparables d'une vie pauvre, religieuse et pénitente ; j'embrasserai de bon cœur toutes ces incommodités, grandes et petites. Bien plus, je tâcherai de me porter loujours davantage aux austérités, aux rigueurs de la pénitence, et à tout ce qui contrarie la nature corrompue, ayant en iiorreur tout ce qui sent la délicatesse.

Et quoique en cela je doive m'attendre à commettre bien des fautes et à être souvent surpris en flagrant délit, que le ciel sache au moins que tout mon désir est d'aimer mon Dieu le plus parfaitement possible, et même de vivre dans un continuel exercice d'amour envers Dieu. Cest pourquoi j'exciterai souvent dans mon coetir des actes

d'amour de complaisance, me réjouissant et félicitant le Seigneur de ses infinies perfections ; des actes d'amour de bienveillance , en formant le désir qu'il soit aimé et béni par tout le monde; des actes d'amour de préférence, en l'estimant plus que toutes les créatures, ou plutôt en n'estimant que néant tout ce qui n'est pas Dieu ; et enfin des actes de la plus amère douleur de l'avoir tant offensé.

Bien plus, dans toutes mes pensées, paroles et actions,, j'entends n'avoir, de propos délibéré, d'autre fin que celle d'aimer Dieu et de lui plaire, et je serai attentif d'ailleurs à ne faire aucun acte itidélibéré, mais à agir toujours avec une intention actuelle, autant que possible, ou du moins virtuelle, de me consumer d'amour pour Dieu. En conséquence, tout ce qui me restera de temps après mes occupations ordinaires, je l'emploierai à faire oraison et à demeurer uni avec Dieu, pour augmenter de plus en plus la grâce en moi; et je mêlerai continuellement à mes actions des actes de foi, d'espérance et d'amour. Ce sera la mon occupation intérieure , familière et presque constante. Et afin que la tiédeur ne me prive point d'un si grand bien , je ferai plusieurs fois le jour, et presque à toute heure, mais au moins sept lois sans faute, — savoir : le matin après l'offrande accoutumée de toutes mes actions à Dieu, à la suite des deux examens, après les trois heures ordinaires d'oraison, et le soir avant le coucher; — je ferai, dis-je, avec toute la ferveur possible, un acte de retour sincère vers Dieu, comme si je ne faisais qu'entrer dans la vie spirituelle; je protesterai dans cet acte que je veux l'aimer d'un amour ardent , intime , continuel ; je renoncerai absolument a toutes les créatures, pour me donner a lui sans réserve ; et le cœur dégagé des choses terrestres, je me tiendrai renfermé dans la solitude mentale fabriquée par la Foi au dedans de moi ; là, du regard

de l'intelligence , je contemplerai Dieu seul pour l'aimer avec toute la ferveur de ma volonté, sans autre fin que celle de lui plaire en toutes choses.

Dans ma pensée, toutes les résolutions que je prends n'ont d'autre but que cetto amoureuse union avec Dieu, union du jour et de la nuit, union dans toutes mes fonctions et dans toutes mes occupations. Je prie la très-sainte Vierge de m'obtenir la grâce de celte union et de bénir ma volonté à cet égard, afin qu'elle demeure éternellement invariable. Amen.

PRATIQUES PhOPKES A ENTRETENIR L EXERCICE CONTISDEL DE LA CHARITÉ.

1 "> CHAQUE JOLR.

Aspirations et prières.

XI. Pour me tenir toujours occupé à aimer la bonté infinie de Dieu, je m'imposerai, moyennant la bénédiction de mon père spirituel, certaines pratiques à observer chaque jour, chaque semaine, chaque mois, chaque année et en tout temps.

Tous les jours donc, aussitôt que je m'éveillerai le matin, j'élèverai mon cœur vers Dieu et j'invoquerai sa divine miséricorde, en répétant plusieurs fois : Mon Jésus, miséricorde ; je réclamerai aussi l'assistance divine pour toutes les actions de la journée. Ensuite je ferai l'acte de retour vers Dieu dont j'ai parlé, en aspirant à lui de toutes mes forces, et en protestant chaque jour que je veux l'aimer avec toute la ferveur possible, comme ti c était le dernier jour de ma vie, me proposant en outre de chercher sou boa plaisir en toutes choses. Enlin. prosterné à ses pieds, je ferai les actes de foi, d espérance,

Mrs UÉSOLUTIONS. ' 509

de charité, do conlrilion et d'offrando. Après quoi je revêtirai le cilice, et. ayant pris de l'eau bénite, je m'acheminerai vers le chœur en récitant le psaume : Deus, Deus meus ad te de luce vigilo, etc. — Je ferai la même chose quand je m'éveillerai la nuil, et que je me lèverai pour me rendre k matines ; je réciterai alors, en traversant le dortoir, le psaume Miserere. — Arrivé au chœur, je me conformerai en tout à ce que j'ai déjà marqué en parlant de l'office divin (§ IV et v).

Cilice.

XII. Tous les matins je revêtirai le cilice, comme je l'ai dit § MI , et je le porterai deux ou trois heures, c'est-àdire juscju'àprès la sainte Messe, que je ne célébrerai jamais sans cilice, quelle que soit la solennité.

Application aux âmes du purgatoire des indulgences et des mérites satisfactoires.

XIII. Chaque matin, après l'acte d'offrande, je formerai l'intention de gagner toutes les indulgences que je pourrai, même celles dont j'ignore l'existence, si les œ.uvres que j'ai coutume de faire peuvent tenir lieu des œuvres prescrites. Quant aux indulgences applicables aux fidèles trépassés, j'en appliquerai une à l'âme la plus sainte, et les autres à celles envers lesquelles j'ai des obligations spéciales de justice ou de charité, comme sont les âmes de mes parents et bienfaiteurs, ou bien à celles qui ont eu le plus d'amour pour Dieu et de dévotion à la sainte Vierge, et par conséquent le plus de sollicitude pour leur salut.

XIV. Le mérite salisfacloire de toutes les bonnes œuvres que je pourrai faire dans l'espace des vingt-quatre

51 U MES nÉSOLUTlONS.

heures, je l'appliquerai aussi à l'âme la plus sainte, et s'il en reste quelque chose, à celles que j'ai désignées plus haut. Ainsi tous les matins, sans plus d'explication, je dirai : j'ai rintention d'appliquer toutes les indulgences que je pourrai gagner aujourd'hui, ainsi que le mérite satisfactoire de mes bonnes œuvres, aux âmes du purgatoire, dans la forme accoutumée. Quant à l'indulgence des six Pater, Ave et Gloria^ ie la gagnerai trois fois par jour.

Offrande de ses actions à Dieu,

XV. Tous les matins, après avoir fait les actes précités, je formerai l'intention de consacrer en célébrant, d'absoudre en confessant, de recevoir et d'administrer les sacrements selon les fins.prescrites, et je renouvellerai Fintention d'assister, s'il était possible, â toutes les messes qu'on célébrera ce jour-là dans le monde entier, les offrant toutes à Dieu, comme si je les entendais réellement toutes, et les ofifrant pour la fin indiquée précédemment, conformément à ce que j'ai exprimé dans l'acte d'ofFrande imprimé, qui commence par ces mots : Dieu étemel^, et que je réciterai tous les jours au malin.

Chapelet de sept dizaines et autres pratiques en l'honneur de la sainte Vierge et de l'Ange gardien.

XVI. Chaque jour je réciterai la couronne de sept dizaines en l'honneur de la sainte Vierge, et lorsque mes occupations ne m'en laisseront pas le temps, j'y suppléerai par sept actes de félicitation en mémoire des sept allégresses qu'éprouva son très-saint Cœur.

' Voyez tom, II, p. 512.

MES RÉSOLUTIOSS, Ol 1

XVII. Chaque jour je ferai douze inclinations profondes en l'honneur des douze prérogatives dont Marie a été enrichie par l'adorable Trinité : je la vénérerai comme ma souveraine ; je la féliciterai de ce qu'elle a été créée immaculée et toute pure, et choisie pour être la Mère de Dieu ; je lui demanderai à chaque inclination une pureté angélique de corps et d'esprit, une humilité profonde et la conversion de tous les pécheurs ; je protesterai enfin que je l'aime du fond du cœur, et que je l'aimerai jusqu'au dernier soupir, comme mon auguste Reine.

XVIII. Chaque fois que j'entendrai sonner l'heure, je réciterai un Ave Maria, en me réjouissant de ce que Marie a été conçue sans la tache du péché originel, et élevée à la dignité de Mère de Dieu, et je remercierai la très-sainte Trinité d'avoir bien voulu lui accorder ces glorieux privilèges. Je saluerai mon Ange gardien, lui rendant grâces de m'avoir assisté pendant l'heure écoulée et le suppliant de vouloir bien m'assister pendant la suivante, afin que je sois fidèle à Dieu en toutes choses. Pour suppléer aux heures de la nuit où je n'entends pas sonner l'horloge, je dirai les Ave Maria en d'autres temps.

Rénovation des vœux.

XIX. Trois fois le jour, au signal de i' Angelus, je réciterai à genoux les prières accoutumées, mais avec cette parliculiarité qu'après le premier ylte il/ario, je renouvellerai le vœu de pauvreté entre les mains de Jésus enfant,après le second, le vœu d'obéissance entre les mains de Marie ; et après le troisième, le vc&u de chasteté entre les mains de saint Joseph ; je m'inclinerai profondément au Verbum caro factum est, pour honorer les abaissements du Verbe qui s'est anéanti pour moi.

542 MES KÉSOLUTIONS.

Chemin de la Croix.

XX. Tous les jours je ferai le Chemin de la Croix, quand je serai au couvenl, à moins dua empêchement notable qui m'en ôterait le loisir.

Morli6cation intérieure et extérieure.

XXI. Tous les jours, dans l'oraison du matin, je renouvellerai le bon propos de travailler à l'abnégation de ma volonté propre, de mon propre jugement et de mes inclinations naturelles, en toutes circonstances, et même dans les moindres choses. Ainsi, je réprimerai sans cesse l'amour-propre , et j'aurai constamment le glaive de la mortification a la main pour retrancher toutes les envies, soit de regarder des choses curieuses ou dangereuses, soit de proférer certaines paroles oiseuses, vaines et inutiles, soit de chercher à savoir des nouvelles qui no me regar- ■dent pas. J'éviterai surtout la sensualité dans mes repas, me mortifiant en tout par 'i' motif de plaire à Dieu.

Mortifications dans lo manger et le boire. — Prière.^ de table.

XXII. Ainsi, par esprit de mortification, quand je >erai dans un de nos couvents de retraite, je ne mangerai jamais ni viande, ni œufs, ni poisson, quelle que soit la solennité du jour. J'accepterai la porlion, mais je la laisserai poliment sur la table, me contentant de potage et de pain sec, accompagné tout au plus d'un peu de fromage et de fruits; je ne prendrai jamais de sel, et je ne ferai pas usage d'orai. ges, ni de citrons, ni de sauces ou autres chose.-" semblables, propres à e\cilt!r 1 appétit ou le goût,-

MES RÉSOLUriO.NS. 513

j'usenii beaucoup moins encore de pâtés, de conlitures el autres friandises. Je mangerai simplement le potage tel qu'on me l'aura servi, et le plus souvent je le rendrai irisipide en y mêlant de l'eau. Je renoncerai de cette manière, pour l'nmour de Dieu, à toute sorte de satisfaction dans le manger, et je me propose de ne jamais en parler pour quelque motif que oe soit, d'en rejeter même la pensée avec aulant de soin qu'on rejette les pensées contre la pureté. Que si l'obéissance m'interdisait cette mortification, j'inclinerai la tête et je tâcherai de manger ce qui me sera prescrit sans faire attention à ce que je mange ; en outre j'y suppléerai par quelque exercice intérieur, par exemple, en faisant un plus grand nombre d'actes d'amour, de contrition et autres semblables.

XXIII. En temps de mission, notre nourriture, qui ne se composait d'abord que de deux potages et dune salade, a été modifiée par ordre de notre saint-père le Pape Benoît XIV, de sorte que nous devons y joindre une portion solide : je la prendrai donc aussi par obéissance, mais je lâcherai toujours de mortifier la sensualité autant que je le pourrai, et je ne permettrai jamais qu'on serve plus (l'une portion de poisson ou de viande salée; ce qu'on présentera en plus sera donné aux pauvres.

XXIV. Lorsque en voyage je m'arrêterai dans un couvent, j'accepterai ce qu'on me présentera , et après en avoir mangé quelque peu, excepté de la viande, je laisserai poliment le reste. Que si l'obéissanca ou les égards dus à mon compagnon ne me permettaient pas d'en user de la sorte, j'y suppléerai par des actes mtérieurs, comme plus haut. J'en userai de même chez les séculiers pour ne point les contrarier ; de même aussi en voyageant par fleuve ou par mer, ou lorsque je serai logé dans quelque hospice avec des confrères, c'est-a-dire que je prendrai

Ut,is RiiÒULVilOSSa.

un peu de tout pour ne point faire de déplaisir aux autres.

XXV. Le soir, lorsque je me trouverai dans nos couvents de Retraite, je ne prendrai qu'un seul mets, savoir, le premier qui me sera présenté, soit la salade, soit le potage, mai.s non la portion solide-; ou si je la prends, je ne la mangerai pas.

XXVI. En mission, le matin hors de temps de jeûne, je prendrai un peu de panade et quelques fruits; les dimanches et jours de fêtes, je me permettrai quelque poisson salé et pas autre chose.

XXVII. Le samedi au soir, si je suis dans un couvent, j'observerai un jeûne rigoureux, comme les vendredis, en m'abstenant de la salade accoutumée. Si je suis en mission, je laisserai la panade le matin, me contentant de pain sec et de fruits comme le vendredi.

XXVIII. A toutes les veilles des fêtes de la sainte Vierge, où l'on mange par terre, comme aussi tous les vendredis du mois de mars, si je me trouve dans un de nos couvents, je me bornerai au pain et à leau, du moins le matin.

XXIX. J'offrirai k Dieu les prémices des fruits qui paraîtront à table, en m'abstenant d'en manger : quant aux autres j'en laisserai toujours quelque chose, spécialement de ceux pour lesquels je me sentirai plus de goût.

XXX. Je serai très-sobre en fait de vin, et j'aurai soin d'y mêler toujours la moitié d'eau, plutôt plus que moins.

XXXI. Je ne boirai jamais hors de temps des repas, malgré l'ardeur de la soif ou une nécessité apparente ; je ne me permettrai pas davantage de manger quoi que ce soit en dehors de la réfection commune, soit au couvent, soit ailleurs.

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