JÉSUS ENTRE LES BRAS DE SA MÈRE
Un double spectacle s'offre à vous dans cette station, mes frères : d'une part la très-sainte Vierge qui, ayant reçu dans ses bras les restes ensanglantés de son bienaimé Fils, en a le cœur comme percé d'un glaive aigu, et expire presque de douleur ; de l'autre, l'obstination de tant et de tant de pécheurs qui, à la face de cotte Mère affligée, renouvellent la Passion de son divin Fils : Rursiun sibiineiipsis crucifìijeììtcs Filiuin Dei : Marie, l'auguste Marie plongée dans un océan d'amertume est comme changée en une statue de douleur par la mort de son Fils; les pécheurs en courant la voie des plaisirs sont devenus semblables à des brutes par l'emportement de leurs passions. Cette Mère inconsolée pleure au souvenir de si atroces tourments; ceux-ci se rient sans pudeur de ces peines extrêmes I — Peut-on imaginer, mes frères, un contraste plus révoltant que celui-là? Et cependant il en est ainsi ! Ah I ce serait peu que Jésus n'eût été crucifié qu'une seule fois. Mais aujourd'hui encore se renouvelle l'horrible scène du Calvaire, puisque par chaque péché qui se commet ou donne de nouveau la mort à Jésus-
DU CHIMIN ni: I,\ CROIX.
Christ. El co qui augmente l'énormité de la faute, ô pécheur, c'est qu'en péchant, non-seulement lu donnes la mort à Jésus, mais tu l'assassines dans les bras de sa mère désolée. Oh 1 monstruosité du péché mortel ! Quel sera donc celui qui, k la vue de tant d'impiété, ne détestera pas ses fautes ? Ah ! tous ensemble, jetons-nous au pied de Marie, demandons-lui pardon de l'injure faite a son divin Fils, et de la peine cruelle que nous avons causée à son cœur en péchant. Oui, mes frères, pour l'amour de Marie, pour l'amour de cette tendre Mère, proposons-nous tous de ne jamais plus pécher.
XIV» STATION