‹ Œuvres compl`etes (volume 4)Chapitre 48 sur 180 · JÉSUS DÉPOSÉ DANS LE SÉPULCRE · texte numérisé non relu

JÉSUS DÉPOSÉ DANS LE SÉPULCRE

Voici enfin que nous avons à célébrer les obsèques de notre divin Sauveur défunt. La douloureuse procession est arrivée au sépulcre nouvellement creusé dans le roc, à peu de distance du lieu de la déposition. Tous les disciples, avec Marie et les saintes femmes, inconsolables dans leur douleur, forment un cercle autour du corps sacré du Rédempteur, et couvrent de leurs derniers baisers ces membres divins. Mais ce qui me touche le plus, c'est de voir et d'enlendre la Mère affligée qui, en déposant ces restes adorables dans le tombeau, s'en va répétant : 0 doux, ô précieux trésor de mon âme, comment puis-je te laisser dans ce sépulcre sans y ensevelir mon âme avec toi? Et cependant il faut que je te laisse! Ohi comme mes entrailles sont déchirées ! comme mon cœur se brise ! Oh! que je voudrais rester là tout le temps de ma vie; pourtant comme il faut que je m'en aille, je pars, soit ;

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mais je pars sans mon âme, sans mon cœur, qui restera avec toi, ô doux fruit de mes entrailles! Adieu, mon Fils I adieu, mon souverain bien! adieu! — Comme tous les témoins de ce spectacle fondaient en larmes par amour pour une Mère si afîligée et si inconsolable I Et nous, mes frères, descendrons-nous de cette sainte montagne sans avoir donné le moindre signe de compassion, en visitant tant de stations des douleurs réunies de Jésus et de Marie? Ah! non; mais prosternés k genoux, déposons tous sur la pierre sépulcrale de Jésus un tribut de douleur sincère : et en l'honneur de Marie, ainsi que de son divin Fils mort et enseveli pour nous, prenons la résolution de changer totalement de vie, de sorte que chacun s'en retourne avec des pensées toutes différentes de celles qu il avait apportées en venant, déterminé à ne plus chercher autre chose en cette vie que la grâce de Jésus et de Marie, pour parvenir à la gloire éternelle. Amen.

I" STATION

JÉSUS CCNDAMNÉ A MOUT.

Cette première station représente le prétoire et la maison de Filale, où le Sauveur, qu'on maltraitait déjà comme un criminel, sans autre motif que ses innombrables bienfaits, est exposé, les chairs en lambeaux et recouvert d'un haillon de pourpre, aux regards de la multitude. C'est celte populace ignorante, aveugle el passionnée, qui

PU CHEMIN Di: L.\ CROIX.

va décider île son sort. De grâce, fermez les oroillos, mes 'rères, pour ne pas entendre la plus infernale sentence qui ait jamais souillé un tribunal ; car il n'en est pas un seul parmi ces misérables qui ne crie : Toile, toile, crucifige eum. Et qui plus est, transportés par une rage inconcevable, ils osent provoquer la justice divine à faire retomber sur eux le châtiment de cet affreux déicide : Sanguis ejus super iios, et super filios nostros. — Ah ! quelle peine je ressens en pensant à ce qui est figuré par cette foule insensée. Toutes les fois, mon frère, que votre passion a réclamé une sentence de mort contre Jésus, avec quelle ardeur n'avez-vous pas crié aussi : Toile, toile, cruciftgc ewm.'^ N'éprouvez- vous aucun regret d'avoir prononcé l'arrêt de mort contre Jésus? Or, voici un excellent moyen de réparer vos fautes. Suivez cette voie douloureuse avec un cœur contrit, déplorez le passé, proposez-vous de vous amender, et priez Jésus, au nom de cette sentence de mort qu'il a acceptée pour votre amour, de vous délivrer de la mort éternelle que vous avez méritée par vos péchés.

II« STATION

JÉSUS EMBR.\SSE SA CUOIX.

Jésus avait fait quelques pas, lorsque, sur la place même du prétoire, on charge sur ses épaules meurtries et déchirées, une lourde croix, grossièrement travaillée, dont le poids énorme fait courber son corps adorable. Ame compatissante, vous regardez la croix matérielle qui accable le Sauveur ; mais ne voyez-vous pas la croix dune autre nature qui lui pèse sur le cœur? Ah! si vous saviez tout ce que Jésus-Christ soufTre en vous voyant V. u. VIII. 9*

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si délicate, si adonnée a la satisfaction des sens, si ennemie de la souffrance et de la croix . au point de vous ranger du nombre de ceux que -condamnait saint Paul : Inirnicos Crucis Christi.'... Prenez donc la résolution ce soir de suivre une autre voie, car il est impossible que votre conscience ne vous reproche pas en ce moment de ne point suivre le chemin qui mène en paradis. Non, non, le chemin du ciel n'est point semé de plaisirs, mais bien de croix et de souffrances! Décidez-vous donc à embrasser une vie pénitente, afin d'accompagner Jésus pendant sa vie et de le posséder ensuite après la mort.

IIP STATIOxN.

PREMIÈRE CHUTE l)E JÉSUS.

A la vue de Jésus accablé par son lourd fardeau, tombant à demi-mort et roulant sur le pavé, de manière que le sang jaillit de ses narines, de ses yeux, de sa tête percée par la couronne d'épines, à celte vue, dis-je, aura-t-on encore le courage de nourrir des pensées d'orgueil et de vanité?... Jésus-Christ, Fils de l'Eternel, est gisant sur le sol, et nous, misérables vers de terre, nous aurions la prétention de vivre dans l'estime de tout le monde, de l'emporter sur tous, de censurer librement la conduite d'aulr^ui, déjuger témérairement, de mépriser même notre prochain! Ahi baissez la tête de honte, pécheur, mon pauvre frère, et tout en suivant cette voie douloureuse, dites-vous en vous-même, mais dites-le du fond du cœur : Oh! que ma vie est différente de celle de mon Sauveur! Il n'ambitionne que les mépris et les souffrances, et moi, je ne recherche que les honneurs et les plaisirs. — Et ici

nu CHEMIN DE LA CROIX.

pleurez, mon frère, pleurez amèremenl voire vie passée, el prenez la résolulion de vous abaisser à l'avenir sous les pieJs de toul le monde. Heureux si vous comprenez bien celle pelile leçon d'iiumilité !

IV" STATION

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