LA SAINTE COMMUNION
Considérez que notre aimable Sauveur, non content d'être demeuré dans le sacrement de l'Eucharistie, a voulu de plus se donner à nous par la sainte Communion, pour nous nourrir de sa chair divine sous les espèces du pain, et nous unir à lui de la mauière la plus intime. — Jésus, dans la sainte Communion, vous donne son corps et son sang précieux, sa divinité, sa grâce, ses mérites et ses satisfactions ; il vous sanctifie tout entier de sa propre sainteté. Jésus, par la sainte Communion, dépose dans votre cœur les richesses que le Père céleste avait remises entre ses mains. Que de faveurs n'avions-nous pas déjà reçues de notre Dieu ? et cependant son amour ne fut pas satisfait qu'il ne se fût donné lui-même à nous. Sainte Catherine voyait dans les mains du prêtre, lorsqu'elle s'approchait de la sainte table, comme une flamme ardente, figure de cette immense charité dont le Cœur de Jésus est embrasé pour nos âmes, et le Sauveur lui dit un jour : " Voyez, ma fille, quelle ardeur j'éprouve d'être avec vous, afin que votre amour s'enflamme de plus en plus, et que votre volonté n'en fasse plus qu'une avec la mienne. Je me suis incarné et je vous ai fait don de moi-même, afin que vous me receviez en nourriture, que vous vous transformiez en moi et que vous vous rassasiiez de moi. » — Mais, ô ingratitude des hommes ! au lieu d'aimer un Dieu si aimable et si bienfaisant, nous n'aimons que la créature et que nous-mêmes ! C'est donc bien avec raison que le Seigneur se plaint qu'après
avoir élevé, nourri, exalié ses enfants, avec une bonté et une tendresse sans bornes, il n'en reçoit qu'oubli et que mépris.
Considérez que Jésus a voulu nous laisser la sainte Communion par compassion pour nos faiblesses, afin que nous eussions là tous les secours désirables pour vivre chrétiennement et nous sauver. — La communion est la source de toutes les grâces et de toutes les vertus. Par elle, la foi se ranime, l'espérance s'accroit, la charité s'enflamme, et l'âme s'excite à toutes les bonnes œuvres. La sainte Communion est le pain de vie qui nourrit les âmes pour la bienheureuse immortalité : c'est le pain descendu du ciel pour attirer les âmes au ciel. Cette divine nourriture soutient, fait croître et réjouit l'âme qui la reçoit dignement. La sainte Communion conserve en nous la grâce, elle nous procure des secours et des forces nouvelles, elle affermit la vertu et la perfectionne. La Communion fortifie, éclaire, protège les âmes, et les rend victorieuses du monde, du démon et de la chair. Les fidèles après la Communion sont comme des lions qui ne respirent que feu et flammes, et sont devenus terribles à l'enfer. La Communion énerve les mauvaises habitudes, réprime les passions, modère la concupiscence, en versant sur les ardeurs de notre chair rebelle une rosée céleste. La Communion est le remède universel contre toutes les misères et toutes les infirmités humaines : elle guérit l'âme de tous les vices, et y fait germer toutes les vertus. Notre- Seigneur a voulu instituer ce Sacrement de vie, afin qu'en le recevant, dit le saint concile de Trente, « nous fussions délivrés des fautes journalières et préservés du péché mortel. » Aussi sainte Marie-Madeleine de
Pazzi disait-elle qu'une seule Communion bien faite suffit pour rendre une âme sainte.
Approche-toi, ó mon âme ! approcbe-loi de ton Jésus ; reçois-le avec respect , va au-devant de lui par les désirs les plus ardents, serre-le avec amour sur ton cœur, mange-le avec une affection pleine de tendresse, rassasie-toi de lui avec la plus vive reconnaissance : voici que ton Dieu tout entier vient à toi dans la communion ; le voici ; il est tout à toi.
Considérez que pour jouir de tant de grâces, il faut que vous vous approchiez de la sainte Table avec ferveur et dévotion, avec foi, espérance, amour, humilité et désir. Considérez quoi est celui qui vient à vous. C'est l'Être immense, éternel, infini, immortel, c'est le souverain Bien. Avec quel amour vient-il? avec un amour infini. Qui êles-vous, vous qui le recevez? un ver de terre, un peu de pourriture et de fange, un amas de vices et d'iniquités ; et avec quelle froideur ne le recevez-vous pas ! Humiliez- vous-en. 0 Dieu ! qui êtesvous et qui suis-je? Je ne suis que néant; vous êtes un Dieu. 0 Roi de gloire, créateur de toutes choses, le ciel est votre trône et la terre est l'escabeau de vos pieds : et cependant un Dieu s'humilie, et l'homme s'enfle d'orgueil ! un Dieu se cache, et l'homme veut paraître ! un Dieu s'abaisse, et l'homme s'exalte !
Ah! mon Jésus! éclairez-moi : faites que je corresponde à votre amour, et que je vive de telle sorte que je sois digne de vous recevoir. Mon souverain Bien, que puis-je vous rendre pour un si grand bienfait? C'est reconnaissance, c'est justice que je me consacre entièrement à l'amour d'un Dieu qui s'est donné tout à moi par amour, et que je n'appartienne plus au monde, ni à
moi-même, ni aux créatures, mais uniquement à mon Jésus.
PRATIQUE
Avant de communier, pensez à Jésus l'espace d'une demi-heure, et après la communion employez une autre demi-heure à remercier et à prier Jésus. Oh! quels trésors de grâces vous perdez en y manquant ! — Communiez souvent et faites-le avec dévotion. Certaines personnes consacrent un temps considérable à diverses pratiques de piété de leur choix, et négligent la sainte Communion, qui est la source de tous les biens; faitesen plus de cas, si vous tenez à votre salut éternel.
MEDITATION POUR LE SAMEDI