‹ Œuvres compl`etesChapitre 38 sur 214 · JÉSUS GARROTTÉ ET MALTRAITÉ · texte numérisé non relu

JÉSUS GARROTTÉ ET MALTRAITÉ

Considérez comment Jésus, sachant que l'heure approchait où il devait être livré aux mains de ses ennemis, dit à ses disciples : « Celui qui me trahit est près d'ici : afin que le monde voie que j'aime mon Père, me voici prêt à endurer les tourments et la mort; marchons. » Cependant Judas s'approche avec sa soldatesque pour se saisir de Jésus. Le traître s'avance à sa rencontre, et Jésus lui dit: « Mon ami, que venez-vous faire? » et le malheureux lui donne le perfide baiser, signal de sa trahison. Jésus se tourne vers les soldats et leur dit: « Si vous cherchez Jésus de Nazareth, me voici, c'est moi ; mais si c'est à moi que vous en voulez, laissez mes disciples en liberté. » — 0 amour de Jésus ! aa milieu d'un déluge de maux, vous vous oubliez vous-même, pour songer à vos disciples, qui vont bientôt vous délaisser ! — Alors les soldats le renversent par terre, en lui donnant des coups de pieds et des coups de poings ; ils le lient, le chargent de chaînes et l'entraînent à travers les rues de Jérusalem, en lui faisant essuyer mille outrages. Jésus, comme un agneau plein de douceur environné de loups furieux, souffre et se tait. On le conduit chez Anne, puis chez Caïphe, qui était Pontife cette année-là ; c'est dans la maison de ce dernier, qu'il reçoit publiquement un soufflet, qu'il est calomnié et déclaré digne de mort ; qu'il se voit traité de blasphémateur.

couvert de crachats, bafoué, injurié, maltraité de mille manières ; on l'accable de confusion et d'opprobres, on lui bande les yeux, et on lui donne des soufflets, en disant : « Devine, Christ, qui ta frappé : « Prophetiza, qui est qui te percussit ^ ?

Oh! quel sujet de réflexions! Quel puissant motif d'aimer Dieu ! Un Dieu souffleté, un Dieu couvert de crachats, un Dieu maltraité par amour pour l'homme !..

Arrêtez-vous à côté de Jésus ; regardez comme il soupire et comme il pleure; adorez-le, compatissez à ses souffrances, et eflforcez-vous de réparer tant d'outrages par votre amour et par vos hommages.

0 mon doux Jésus ! je vous vois et je ne vous reconnais plus! Qu'est devenue votre beauté? Comme ces yeux divins qui ravissent les âmes paraissent obscurcis ! Comme cet adorable visage dont la vue rassasie les cœurs est devenu pâle et livide ! Où est cette grâce céleste, qui enivre l'esprit d'un saint amour ? Mon pauvre Jésus ! comme vous êtes changé ! 0 mon cher Rédempteur! chargé d'ignominie, accablé de peines, combien vous êtes digne d'être aimé! et qu'il est indigne d'un chrétien de fuir les humiliations, de mépriser les croix, de ne pouvoir supporter une injure, de s'enorgueillir et de chercher à se venger! Pardonnez-moi, mon bon Jésus, le père et l'époux de mon âme ! pardonnez-moi : j'ai péché; lavez mes souillures dans votre précieux sang. Guérissez mes maux, ô divin Médecin ! faites que la vue des outrages que vous endurez pour mon amour, éclaire mon esprit, et que j'embrasse désormais comme des trésors célestes les contrariétés et les affronts .

;, Luc. 22, 64.

PKA.riQUE.

Jésus calomnié se tait. Oh! que ce silence de Jésus est éloquent ! Il tous apprend à vous taire dans les rencontres fâcheuses ; mais vous ne savez pas vous taire ; pour le moindre contre-temps vous vous emportez. Taisez-vous pour imiter Jésus ; offrez à votre divin Sauveur les inj ures et les torts qui vous sont faits : il prendra en main votre défense, et il vous dédommagera magnifiquement.

MEDITATION POUR LE MARDI

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