JESUS RENIE PAR PIERRE
Considérez comment, tandis que Jésus est en butte à tous les outrages, Pierre se tient à peu de distance auprès du feu. Interrogé s'il est disciple du Christ, il répond qu'il ne le connaît pas ; interrogé une seconde et une troisième fois, il renie chaque fois son divin Maître. Jésus entend ces lâches protestations, et son cœur en est pénétré de douleur; cependant il n'abandonne pas ce disciple infidèle, mais il tourne vers lui un regard de compassion : Et conversus Dominus respexit Petrum, ^ et semble lui dire : Pierre, mon cher disciple, pourquoi me reniez-vous? quel mal vous ai-je fait? Ne savez-vous pas combien je vous ai aimé ? Ah ! Pierre, Pierre, revenez à moi, je veux vous embrasser et vous pardonner. — Alors le coq chanta, et Pierre, se souvenant de la prédiction que Jésus lui avait faite, savoir qu'il le renie-
(1) Luc. 22, 61.
rait par trois fois avant que le coq chantât, fut touché ; il se repentit, sortit sur-le-champ et pleura amèrement son péché: Et egressus foras, Petrus flevit amare ^,
Tremblez, Chrétien ; si les plus grands saints ont fait des chutes pour avoir omis la prière, qu'en sera-t-il de vous si vous la négligez? Et si les plus grands saints succombent en s'exposant à l'occasion, qu'en sera-t-il de vous si vous ne voulez pas abandonner les mauvaises compagnies, et si vous entretenez des liaisons dangereuses? La parole d'une simple servante a suffi pour faire tomber un apôtre; et vous, que prétendez-vous? Que vous ne tomberez pas?
Ah ! mon Jésus, jetez un regard sur ce cœur si dur et si insensible ; regardez-moi avec bienveillance, et faites que je pleure mes péchés.
Considérez comment ce peuple barbare, après avoir assouvi sa férocité sur la personne du Sauveur, le conduit, par ordre de Caïphe, au prétoire de Filate, pour qu'il soit condamné. Filate l'envoie à Hérode : ce prince désirait lui voir faire des miracles, et remarquant que Jésus ne répondait pas à ses accusateurs, il le tourna en dérision, le fit revêtir d'une robe blanche, et le renvoya, au milieu des insultes et des moqueries, à Filate. Celui-ci l'interroge, et le trouvant innocent, veut le sauver. C'était la coutume chez les Juifs de délivrer un criminel au jour de Fâques ; il y avait alors en prison un séditieux et homicide, nommé Barabbas. Filate dit au peuple : Qui voulez-vous que je vous délivre, Jésus ou Barabbas? Ils s'écrièrent tous d'une seule voix : Donnez-nous Barabbas, et que le Christ soit
(1) Luc. 22, 62.
mis à mort! — Ah! peuple ingrat ! As-tu déjà oublié les bienfaits dont Jésus l'a comblé? Pourquoi veux-lu sa mort? Quel mal t'a donc fait ton Sauveur?
Hélas ! ô mon âme, combien de fois, plus ingrate encore que les Juifs, n'as-lu pas préféré à Jésus un ami, un plaisir, une passion, un intérêt, un point d'honneur? Combien de fois, en péchant, n'as-tu pas dit dans ton cœur : Vive mon plaisir et périsse le Christ ! que mon caprice soit satisfait, que ma volonté s'accomplisse, et peu m'importe le Christ! — 0 patience de mon Dieu, qui me supportez depuis tant d'années !
Pleurez maintenant vos péchés, versez des torrents de larmes ; aimez Jésus, promettez-lui de le préférer à tout au monde, et d'estimer sa volonté, sa sainte loi, son honneur, plus que votre vie.
PRATIQUE
Fuyez le péché et jusqu'aux moindres occasions de le commettre. — Lorsque le démon vous tente, souvenezvous que si vous succombez, vous n'êtes pas moins coupable, ni moins ingrat envers Jésus que ces Juifs cruels qui criaient: Vive Barabbas, et meure le Christ! car en péchant vous en venez à faire plus de cas de ce vil plaisir que de la ioi, du sang et de l'amour de Jésus, et que du salut de votre âme.
MÉDITATION POUR LE MERCREDI