SUR LES CHATIMENTS DU PÉCHÉ
Considérez que Dieu peut châtier le péché, s'il le veut. — Un homme offensé par un autre homme voudrait se venger ; mais bien des fois il ne le peut pas. Quant à Dieu, c'est autre chose : il suflSt qu'il le veuille. Il peut vous châtier en vous ôtant la santé, la subsistance, les personnes qui vous sont chères, la vie même : il suffit qu'il le veuille. Mais sa volonté, la connaissez-vous? Vous ne la connaissez nullement ; et cependant vous péchez, et vous vous endormez tranquillement dans votre péché.
Considérez que Dieu veut absolument châtier le péché. — Si vous avez péché, soyez .certain que Dieu
exige de vous une satisfaction, soit en ce monde, soit en l'autre ; car c'est un arrêt irrévocable : ou la pénitence, ou l'enfer. Adam et Eve obtinrent le pardon de leur désobéissance ; ils sont sauvés, ils sont saints : mais la peine temporelle de leur péché dure encore. Vous dites : im péché de plus ou de moins, n'importe. Et un châtiment de plus ou de moins ne vous importet-il pas? Et pourtant plus il y aura de péchés, plus il y aura de châtiments. Multipliez les tourments du pécheur en proportion du plaisir qu'il a pris à offenser Dieu ; tel sera le cri de la justice divine pendant toute l'éternité.
Considérez que Dieu en réalité châtie dès maintenant vos péchés. — Ces fréquentes infirmités, ces disgrâces de votre famille, ce poste perdu, ces espérances déçues, ces calomnies de la part de vos rivaux, ces tentations si violentes et si opiniâtres, voilà autant de châtiments des anciens péchés auxquels vous ne pensiez plus. Que si au contraire tous vos caprices sont satisfaits, si tous vo3 desseins prospèrent, c'est un châtiment plus terrible encore ; parce que par là vous vous confirmez dans votre vie déréglée, vous accumulez péchés sur péchés, et bois sur bois pour brûler en enfer. Mais si, en outre, vous étiez parvenu à étouffer jusqu'aux remords de la conscience et la crainte des châtiments de Dieu, malheur à vous ! vous êtes puni selon toute la rigueur de la justice divine. Ah ! de grâce, n'abusez pas encore de l'avertissement que le Seigneur vous donne maintenant, et qui pourrait bien être le dernier trait de sa miséricorde. Recourez à Marie, le refuge des pécheurs ; conjurez-la d'adresser au Seigneur de puissantes supplications, pour qu'il ne vous inflige pas le plus funeste de tous les châtiments, qui est l'emlurcissiiment du cœur. Dites-lui
de cœur encore plus que de bouche : Mater Dei, ora prò me; « Mère de Dieu, priez pour moi. "
PRATIQUE
Approchez-vous du tribunal de la pénitence pour obtenir le pardon de vos péchés, et vous suspendrez par là les châtiments qui vous menacent, et spécialement celui d'une éternité malheureuse. Mais confessez-vous bien. Oh! combien sont en enfer qui pourtant allaient à confesse ! C'est que toute confession ne justifie pas, mais seulement la bonne.