‹ Œuvres compl`etesChapitre 54 sur 214 · SUR LA. CONFESSION SACRAMENTELLE · texte numérisé non relu

SUR LA. CONFESSION SACRAMENTELLE

Considérez ce que la confession sacramentelle opère en vous. — Elle rend à votre âme la grâce, la vie, la beauté, la paix, toutes ses richesses spirituelles avec l'amitié de Dieu; biens précieux que le péché mortel vous avait ravis. Elle vous ferme l'enfer et vous ouvre le paradis; elle vous rétablit dans le droit d'appeler Dieu votre Père ; elle vous obtient des forces pour combattre et pour vaincre vos ennemis. Pourquoi donc craignez-vous de vous approcher de ce tribunal de miséricorde, où vos péchés seront totalement effacés, sans qu'il en reste ni trace, ni souvenir? Pourquoi continuez-vous à demeurer si longtemps dans l'inimitié de Dieu, tandis qu'une prompte réconciliation vous est

offerte? Pourquoi voulez- vous vivre sous le joug du démon, tandis que vous pouvez si facilement briser les chaînes de votre esclavage, et jouir de la liberté des enfants de Dieu ?

Considérez que la confession, pour opérer ces merveilleux effets, doit être accompagnée d'un repentir sincère et eflBcace des péchés commis. — « Vous me chercherez et vous me trouverez, dit le Seigneur par la bouche du prophète Jérémie, lorsque vous me chercherez de tout votre cœur ; » QuœretU me et invenietis, eum quœsieritis me in toto corde vestro^. Dieu est le bien suprême et mérite un amour suprême. Le péché est le souverain mal et mérite d'être souverainement haï. Donc la haine, la détestalion, la douleur sont absolument nécessaires ; et cette douleur doit être souveraine, efficace, et telle qu'elle exclue toute volonté de pécher. « Chassez loin de vous, reprend le Seigneur par la bouche d'Ezéchiel, toutes les prévarications dont vous vous êtes rendus coupables, et faites vous un cœur nouveau et uq esprit nouveau, si vous voulez obtenir le pardon " ; Convertimini... et non erit vobis in ruinam iniquitas. Projicite a vobis omnes prœvaricationes vestras, in quibus prœvaricati estis, et facite vobis cor novum, et spiritum novum... et vivite^. Et Jésus-Christ a dit aussi à la femme adultère : Vade et jam amplius noli peccare^; « Allez, et ne péchez plus désormais, » quelle que soit l'occasion qui se présente, quel que soit l'intérêt qui vous y pousse. Une confession sans douleur, sans bon propos, ne guérit pas les plnies de l'âme : elle les aggrave ; elle ne

1) Jerein. -29, 13. ;2) Ezach. IS, 30. 3iJoan. 8, 11.

conduit pas au salut, mais à une damnation plus terrible; ce n'est pas un sacrement, mais un sacrilège.

Mon Dieu, faites-moi bien comprendre cette vérité, et donnez-moi cette connaissance de mes péchés et ce bon propos de m'en amender, qui sont si indispensables.

Considérez que la confession doit être sincère et entière. — Celui qui manque de sincérité dans ses confessions, qui déclare quelques péchés et tait les autres, agit en hypocrite, et loin d'être écouté de Dieu, il en est réprouvé et condamné, dit le Seigneur lui-même par la bouche de Jérémie. Quelle folie que la vôtre, ô chrétien ! Pour ne pas vous humilier en confessant vos péchés à un seul homme, qui est tenu à un secret inviolable, vous oserez demeurer dans un état affreux à la face du ciel entier, vous exposer à voir ces mêmes péchés dévoilés au jugement dernier devant tout l'univers, et à vous voir vous-même couvert de honte et condamné pour toujours à l'enfer I

Mon Dieu, je l'avoue, c'est une bonté infinie de votre part d'avoir bien voulu me faire de votre sang un remède salutaire dans la confession ; mais j'avoue aussi que c'est de la mienne une énorme ingratitude de recourir si rarement à ce remède, et de le faire si mal . Je vous en demande pardon. Je vous promets qu'à l'avenir mes confessions seront plus exactes, plus sincères, et accompagnées d'une plus vive douleur. Accordez-moi votre assistance pour mettre cette résolution en pratique. Guérissez moi, et je serai sain: sauvez-moi, et je serai sauf.

PRATIQUE

Examinez quel fruit vous avez retiré jusqu'ici de tant de confessions. N etes-vous pas encore, peut-être, tel que vous avez été autrefois , sans piété , médisant^ envieux, orgueilleux, intéressé, immodeste, sensuel ! Ah! s'il en est ainsi, quelles ont donc été vos confessions? Remédiez-y en les renouvelant avec plus de contrition et de sincérité ; si non, vos infirmités ne feront que s'aggraver ; et quasi sans vous en apercevoir, elles vous conduiront avec toutes vos confessions et vos communions à la mort éternelle. — Oh ! si un damné avait la faculté, que vous avez, de se confesser, avec quelle douleur, quel bon propos et quelle sincérité ne le feraitil pas?

X« xMEDITATION.

Le lundi après la Quinquagèsime, ou tout autre jour.

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