‹ Œuvres compl`etesChapitre 68 sur 214 · SUR LKS INSPIRATIONS DIVINES · texte numérisé non relu

SUR LKS INSPIRATIONS DIVINES

Considérez que l'Esprit-Saint descendu autrefois visiblement sur les Apôtres, descend aussi invisiblement sur vous, et vous invite à la pratique des bonnes œuvres par

(1) II. Maoh. 7, 28.

la voix de ses divines inspirations. — Et de, combien de manières en effet ne vous appelle-t-il pas ! Tantôt c'est par une impression profonde et une vive connaissance des vérités éternelles ; tantôt c'est par des avis secrets qu'un confesseur prudent vous insinue à l'oreille ; tantôt c'est par les avertissements publics des prédicateurs, des livres spirituels et même des châtiments. Un pécheur converti semble vous dire au cœur : « changez de vie. » Une mort subite vous répète : « confessez-vous, confessez-vous. " Une déception prolongée vous crie : «Allons I renoncez à cette fréquentation. » Une suavité inattendue vous force de vous écrier : « Oh ! qu'il est doux de servir Dieu ! » La conduite exemplaire de tel chrétien vous anime, et vous répète au cœur : « Pourquoi ne faitesvous pas ce que vous admirez dans ce compagnon? » En un mot, l'Esprit-Saint parle en public et en particulier, de mille manières diverses, à tout le monde, parce qu'il voudrait être entendu de tous. Vous n'avez donc pas droit de vous plaindre que le Seigneur ne vous appelle pas, que son Esprit ne vous éclaire pas, qu'aucune étincelle de ce feu divin, qui descendit en ce jour pour éclairer l'esprit et enflammer le cœur des premiers disciples, ne descend sur vous.

Ah! ne cessez jamais, ô feu divin, sainte lumière, soleil de vérité et de justice! ne cessez jamais de faire briller les rayons de vos célestes clartés au milieu des ténèbres de notre ignorance et de notre malice.

Considérez que l'Esprit-Saint appelle, mais que c'est à nous à répondre à ses appels. — Il est la lumière qui éclaire, la rosée qui féconde, le médecin qui guérit. Mais il ne rend la santé qu'à celui qui la désire ; il ne féconde

que les cœurs qui lui ouvrent leur intérieur ; il n'éclaire que les âmes qui ne se ferment pas aux rayons du soleil. La grâce veut nous sauver, mais elle ne veut pas nous sauver malgré nous : elle veut nous rendre saints, mais non pas saints par force. Que dire par conséquent de ceux qui abandonnent un prédicateur, un confesseur, un livre spirituel, parce qu'il les touche et les ébranle? En agir de la sorte, ce n'est pas seulement désobéir à l'Esprit-Saint, c'est proprement se révolter contre lui. Si donc nous ne sommes pas saints, imputons-en la faute à l'obstination de notre volonté, et non au manque de lumières de la part de Dieu.

Ah ! que d'inspirations j'ai eues pour être saint, si je ne m'étais obstiné à boucher mes oreilles ! Que de lumières qui m'auraient conduit à Jésus pour implorer et obtenir ses miséricordes, si je n'avais pas fermé les yeux afin de ne pas les voir ! 0 Père des lumières, Dieu d'amour! guérissez mon aveuglement, et je me laisserai guider par vos célestes clartés.

Considérez que, si l'Esprit-Saint appelle, malheur à celui qui ne correspond pas à ses appels ! Saint Matthieu entend la voix de Jésus qui l'appelle : aussitôt il se lève et le suit, et de publicain devient un apôtre. Saint Pierre à un simple coup d'œil de son divin Maître fond en larmes, se convertit, fait pénitence, et devient saint. Judas ne se rend pas aux avertissements, aux reproches, aux remords; il désespère et il se damne. La première inspiration que vous refuserez, celle que vous sentez maintenant, peut bien être la dernière grâce extraordinaire que Dieu vous destine. Si l'Esprit-Saint vous appelle à un état de vie et que vous n'y répondiez pas

aussitôt, peut-être que, dégoûté de vos délais, il ne vous fera plus entendre sa voix ; vous choisirez un état selon vos caprices, et alors qu'en sera-t-il de vous?

Apprends donc, ô mon âme, à persévérer dans la vocation qui te vient de l'Esprit-Saint. Demande pardon au Seigneur, ô mon cœur ! de tant de désobéissances aux voix divines dont tu t'es rendu coupable, pour avoir préféré seconder soit l'amour-propre, soit un intérêt temporel; que toutes les puissances de mon âme, que tous les sens de mon corps s'écrient d'un commun accord : Venez, divin. Esprit, créateur des bons désirs et des affections saintes, lumière des cœurs, père des pauvres, distributeur de tout bien ! venez, faites-moi connaître et accomplir proraptement vos divines volontés : Veni, pater paicperum ! veni, dator munerum ! veni, lumen cordium !

PRATIQUE

Prenez la résolution de ne pas faire choix d'un état de vie par caprice, mais de consulter Dieu auparavant.

— Avant de fixer votre choix, pratiquez quelques exercices de piété pendant un certain nombre de jours, en l'honneur de l'Esprit-Saint; invoquez ses lumières et son assistance par de ferventes prières. — Ecoutez l'avis de vos supérieurs, consultez les ministres de Dieu.

— Dites au Seigneur, encore plus de cœur que de bouche : Domine, doce me facere voluntatem tuam. ^ Pendant ces jours de fête, suppliez l'Esprit-Saint de vous éclairer, soit pour faire un choix prudent et sage, soit pour réparer la faute commise, si vous vous êtes engagé dans un état de vie à la légère et sans conseil, et dans tous les cas, de vous donner la grâce d'en remplir fidèlement les devoirs.

ni sai. 142, 9.

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