SUR LA DÉVOTION ENVERS MARIE
Imaginez- vous voir cette sainte Enfant déjà née et couchée dans son berceau. Sachant par la foi qui elle est, et à quelle gloire elle est destinée, vénérez-la conjointement avec les Anges, et prosterné à ses pieds, promettez-lui que vous lui serez toujours tendrement dévoue. Afin de vous affermir dans cette sainte résolution, faites les considérations suivantes :
Considérez que la dévotion à Marie est très-efficace, parce que Marie est la Mère de Dieu. — A ce litre, on peut dire avec raison qu'elle dispose en arbitre de tous les trésors de puissance, de grâce et de miséricorde de son divin Fils. Serait-il possible que Jésus refusât quelque chose à une Mère si sainte, qui l'a allaité, nourri, élevé avec tant de sollicitude, qui l'a suivi dans ses courses, jusqu'au pied de la croix et jusqu'au tombeau? Mfirie a aimé Jésus par-dessus toutes choses; et Jésus n'aimerait pas Marie plus que toutes les créatures ?
Considérez que la dévotion à Marie est une dévotion très-douce, à cause que Marie est notre Mère. — « Ma Mère, disait saint Joseph de Cupertin, c'est la sainte Vierge : celle qui m'a engendré n'est que ma nourrice. " Qu'il est doux de pouvoir dire : Ma mère est la mère de Jésus ; la mère de Jésus est ma mère ! Nous sommes enfants d'une même mère, Jésus et moi ! De là, Marie accompagne toujous ses faveurs d'une certaine douceur maternelle : elle nous parle au cœur, elle nous répond avec une onction telle que bien des fois elle fait couler nos larmes.
Ah ! faites, ô Marie, que je sois un de vos fidèles serviteurs qui prêtent toujours l'oreille à vos voix pleines de tendresse, et qui éprouvent ies plus suaves douceurs à y correspondre.
Considérez que la dévotion à Mario est une dévotion très-tendre, parce que Marie est la mère des pécheurs. —
Ce sont les pécheurs en réalité qui ont crucifié son Jésus. Et pourtant Marie les aime ; ce serait peu de L'S aimer, elle assure de plus qu'elle est leur mère : Ego sum mater peccatorum. Quelle joie son cœur n'éprouve-t-il pas quand elle peut réconcilier ces deux frères, qui sont l'un et l'autre ses enfants, le pécheur et Jésus ! Etes-vous pécheur? Vous pouvez procurer une grande consolation au cœur de Marie. Jetez à ses pieds l'arme dont vous vous êtes servi pour percer le cœur de Jésus ; remettezvous entre ses mains, et dites-lui avec un cœur véritablement contrit : Mater peccatorum, ora prò me.
Oui, priez pour moi, ô refuge des misérables, Mère des pécheurs ! intercédez pour moi et pour mes nécessités, vous qui, dès l'instant de votre naissance, pleine de lumière et de grâce, avez pleuré sur mes égarements, et offert à Dieu pour moi, vos larmes, vos souffrances, vos adorations les plus ferventes, vos hommages les plus purs et les plus saints. Je vous remercie, céleste Enfant, de cette riche offrande que vous avez fait en ma faveur; je vous supplie de m'obtenir aussi de vifs sentiments de contrition pour pleurer mes péchés et les expier, et de vous montrer toujours ma mère par votre amour : Monstra te esse matrem.
PRATIQUE
Honorez aujourd'hui spécialement et tous les jours le saint Nom de Marie. Réfléchissez que ce nom vient du ciel ; prononcez-le donc avec respect ; que ce nom veut dire Dame, souveraine : honorez donc celle qui le porte ; — que ce nom signifie mer cCam,ertum,e : compatissez donc aux douleurs de Marie, et promettez-lui de ne plus les renouveler en offensant Jésus. — Saint Pascal Baylon, quand il rencontrait un novice dans l'intérieur du couvent un jour de fête de la sainte Vierge, le prenait
par la main: « Venez ici, mon frère, lui disait-il; mettez- vous à genoux. Vous avez la foi ? Vous direz donc avec moi : " Bénies, louées et glorifiées soient V Immaculée Conception et la Nativité de Marie ! »