‹ Œuvres compl{grave}etesChapitre 18 sur 152 · Nom d'esclave dans les comédies de Plaute et de Térence · texte numérisé non relu

Nom d'esclave dans les comédies de Plaute et de Térence

3. Exemples fournis par les clefs : « Sonning, receveur de Paris, se fait nommer de Sonningen; M. Nicolas, Nicolai. »

4. Alors le noble altier, pressé de Tindigence, Humblement du faquin rechercha l'alliance,

[11] A combien d'enfants seroit utile la loi qui décideroit que c'est le ventre qui anoblit I mais à combien d'autres seroit-elle contraire I

[12] 11 y a peu de familles dans le monde qui ne touchent aux plus grands princes par une extrémité, et par l'autre au simple peuple **.

[13] 11 n'y a rien à perdre à être noble : franchises, immunités, exemptions, privilèges, que manque-t-il à ceux qui ont un titre ? Croyez-vous que ce soit pour la noblesse que des solitaires ^ se sont faits nobles? Ils ne sont pas si vains : c'est pour le profit qu'ils en reçoivent. Cela ne leur sied-il pas mieux que d'entrer dans les gabelles*?

■ Édition 4«.

Avec lui trafiquant d'un nom si précieux, Par un lâche contrat vendit tous ses aieux.

(BoiLEAU, Satire V.)

11 y avait cependant des protestations contre ces mésalliances. « Les millions, dit Saint-Simon, ne pourroient me tenter d*unc mésalliance, ni la mode, ni mes besoins me résoudre à m*y plonger. » (T. IV, p. 118.)

i. Ce mot est déjà dans Sénèque {Epist. xliv) cité comme de Platon : « Point de roi qui n'ait pour aïeux des esclaves ; point d*esclave qui n*ait des rois pour aieux. Une longue suite de révolutions a mêlé, confondu les générations. »

2. Maison religieuse, secrétaire du roi. {Note de La Bruyère.) Allusion au couvent des Célestins, qui avait l'office et les privilèges de secrétaire du roi, sans qu'aucun religieux en exerçât les fonctions. H est vrai que cet office n'avait pas été acheté par les Célestins, comme le croyait La Bruyère, mais leur avait été octroyé au xiv« siècle par un acte de la munificence royale. Voyez Tessereau, Histoire de la grande chancellerie de France.

3. D'après une clef manuscrite, ce serait ici une allusion aux Jésuites : mais est-il vrai que les Jésuites eussent un intérêt dans les gabelles, c'està-dire dans l'impôt sur le sel?

je ne dis pas à chacun en particulier, leurs vœux s'y opposent, je dis même à la communauté ".

[14] Je le déclare nettement, afin que Ton s'y prépare et que personne un jour n'en soit surpris : s'il arrive jamais que quelque grand me trouve digne de ses soins, si je fais enfin une belle fortune, il y a un Geoffroy de la Bruyère, que toutes les chroniques ^ rangent au nombre des plus grands seigneurs de France qui suivirent Gode- FaoT DE Bouillon à la conquête de la Terre-Sainte : voilà alors de qui je descends en ligne directe *=*.

[15] Si la noblesse est vertu, elle se perd par tout ce qui n'est pas vertueux; et si elle n'est pas vertu, c'est peu de chose. *

[16] Il y a des choses qui ramenées à leurs principes et à leur première institution, sont étonnantes et incompréhensibles. Qui peut concevoir en effet que certains abbés, à qui il ne manque rien de l'ajustement, de la

* Édition 5'.

*» « Je déclare nettement, dit *•% afln que l*on s'y prépare, et que personne un Jour n*cn soit surpris. Si je fais jamais une belle fortune, il y a un Geoffroy D*** que toutes les chroniques, etc. » (Édit. 5*.) Cest seulelement à partir de la 6* édition que La Bruyère a écrit son nom en toutes lettres.

c Édition 5«.

1. Il y a en effet un Geoffroy de La Bruyère qui prit part à la troisième croisade, et mourut au siège de Saint-Jean d*Acre en i 191 ; qui ne fut, par conséquent, pas le contemporain de Godefiroy de Bouillon (1058-1100). Voyez le Recueil des Historiens des Gaules, t. XVII, p. M2. — Vigneul de Marville a pris ou affecté de prendre au sérieux ce passage de La Bruyère, et reproché à Tauteur ses prétentions nobiliaires. {Mélanges d^histoii-e et de littéraiwe, 1. 1, p. 400, 4* édiUon.)

mollesse et de la vanité des sexes et des conditions, qui entrent auprès des femmes en concurrence avec le marquis et le financier, et qui l'emportent sur tous les deux, qu'eux-mêmes soient originairement et dans l'étymologie de leur nom * les pères et les chefs de saints moines et d'humbles solitaires, et qu'ils en devroient être l'exemple? Quelle force, quel empire, quelle tyrannie de l'usage! Et sans parler de plus grands désordres, ne doit-on pas craindre de voir un jour un jeune abbé » en velours gris et à ramages comme une éminence, ou avec des mouches et du rouge comme une femme ^7

[17] Que les saletés des dieux, la Vénus, le Ganymède et les autres nudités du Carrache aient été faites pour des princes de l'Église, et qui se disent successeurs des apôtres% le palais Farnèse* en est la preuve.

[18] Les belles choses le sont moins hors de leur place : les bienséances mettent la perfection, et la raison met les bienséances. Ainsi l'on n'entend point une gigue à la chapelle', ni dans un sermon des tons de théâtre; l'on ne

■ « Un simple abbé. » (Édit. 4«-8«.)

»> Édition 4«.

^ « Les princes de TÉglise et les successeurs des apôtres. » (Édit. l***.)

i. Le mot latin abbas (en français abbé) vion td'un mot syrien : aba, père.

2. Le palais Farnèse, à Rome, construit par le cardinal Alexandre Far- Dèso (depuis pape sous le nom de Paul ni, 1534-1549), contient, entre autres œuvres remarquables, des peintures d'Ânnibal Carrache et du Dominiquin, qui représentent l'Aurore enlevant Céphalc, Diane caressant Endymion, Galatée écoutant Polyphème, puis fuyant avec Acis, Ganymède enlevé par Jupiter, etc.

3. « Gigue, danse anglaise, composée de toutes sortes de pas, qu'on danse sur la corde. « (Richelet, Dictionnaire français,) On disait, par buite, une

voit point d'images profanes * dans les temples, un Christ par exemple et le Jugement de Paris dans le même sanctuaire*, ni à des personnes consacrées à l'Église le train et l'équipage d'un cavalier.

[19] Déclarerai-je donc ce que je pense de ce qu'on appelle dans le monde un beau salut, la décoration souvent profane, les places retenues et payées, des livres distribués comme au théâtre', les entrevues et les rendez-vous fréquents, le murmure et les causeries étourdissantes, quelqu'un monté sur une tribune qui y parle familièrement, sèchement, et sans autre zèle que de rassembler le peuple, l'amuser, jusqu'à ce qu'un orchestre, le dirai-je? et des voix qui concertent* depuis longtemps se fassent entendre? Est-ce à moi à m'écrier que le zèle de la maison du Seigneur me consume, et à tirer le voile léger qui couvre les mystères, témoins d'une telle indécence? Quoi? parce qu'on ne danse pas encore aux

gigue, pour un air de danse. — La chapelle est la chapelle du roi. U est inutile, ce semble, de faire remarquer ce tour ironique : « on n*entend point; » et plus loin : « on ne voit point. »

1. A. Monteil {Histoire des Français des divers états, t. IV, p. 419) cite aussi une tapisserie représentant les amours de Vénus et d'Adonis qui parait au xvii* siècle la chaire de Saint-Roch, et déclare l'avoir encore vue dans cette église à la Fête-Dieu de i822.

2. « Un Christ par exemple... dans le même sanctuaire, » membre de phrase ajouté dans la 5* édition. — Les mots « Jugement de Paris » sont en italique dans les éditions 5* et 6*.

3. Le motet traduit en français par L. L***. {Note de La Bruyère.) On Ignore quel est ce traducteur en vers français ; car les initiales désignent un poète, et non, comme Pont cru les auteurs de clefs, le compositeur de musique Paolo Lorenzani, dont La Bruyère a dit ailleurs : « Lorenzani fait de beaux motets. »

4. « Concerter, faire Tessai, la répétition des pièces qu'on doit Jouer dans un concert avant de le faire entendre au public. » (Furetière, Dictionnaire,)

TT**, iTie forcera-t-on d'appeler tout ce spectacle office d'Église-»?

[20] L'on ne voit point faire de vœux ni de pèlerinages pour obtenir d'un saint d'avoir l'esprit plus doux *», l'âme plus reconnoissante, d'être plus équitable et moins malfaisant, d'être guéri de la vanité, de l'inquiétude^ et de la mauvaise raillerie.

[21] Quelle idée plus bizarre que de se représenter une foule de chrétiens de l'un et de l'autre sexe, qui se rassemblent à certains jours dans une salle pour y applaudir à une troupe d'excommuniés, qui ne le sont que par le plaisir qu'ils leur donnent, et qui est déjà payé d'avance**? Il me semble qu'il faudroit ou fermer les théâtres, ou prononcer moins sévèrement sur l'état des comédiens*.

• Édition 8*.

»> « Plus juste. » (Édit. 1«.)

« « De l'inquiétude d'esprit. » (Édit. 1«.)

'^ « Et dont ils sont déjà payés d'avance. » (Édit. i'*.)

1. Allusion aux $aluts en musique des pères Théatins (désignés ici par les initiales T. T.), où, dit une clef manuscrite, « les places étoient louées comme à la Comédie et à l'Opéra. » Seignelay écrivait à ce sujet à l'archevêque de Paris (6 novembre 1685) : o On s'est plaint au roi que les Théatins, sous prétexte d'une dévotion aux âmes du purgatoire, faisoient chanter un véritable opéra dans leur église, où le monde se rend à dessein d'entendre de la musique; qu'on y loue les cliaises 10 sous; qu'à tous les changements qui se font, on fait des affiches comme à une nouvelle représentation. Sur quoi Sa Majesté m'ordonne de vous écrire que, dans le mouvement où sont les religionnaires pour leur conversion, il seroit peutrétre à propos d'éviter ces sortes de représentations publiques que vous savez leur faire de la peine, et qui peuvent augmenter l'éloignemcnt qu'ils ont de la religion.» {Correspondance, ddministration sous le règne de Louis XIV, .. II, p. 602.)

2. On peut juger de cette sévérité par ces paroles de Bossuet, dajis ses

[22] Dans ces jours qu'on appelle saints le moine confesse, pendant que le curé tonne en chaire contre le moine et ses adhérents'; telle femme pieuse sort de l'autel, qui entend ** au prône qu'elle vient de faire un sacrilège. N'y a-t-il point dans l'Église une puissance à qui il appartienne ou de faire taire le pasteur, ou de suspendi'e pour un temps le pouvoir du Bamabite ^ ?

[23] 11 y a plus de rétribution dans les paroisses pour un mariage que pour un baptême et plus pour un baptême que pour la confession : l'on diroit que ce soit un taux sur les sacrements, qui semblent par là être appréciés. Ce n'est rien au fond que cet usage ; et ceux qui reçoivent pour les choses saintes ne croient point les vendre, comme ceux qui donnent ne pensent point à les

* u Adhérans. » (Orthographe des éditions originales.) ^ « Qui apprend. » (Édit. r«-3'.)

Maximes et Réflexions sur la Comédie, en réponse à une sorte d^apologie de la comédie composée par le P. Caflaro et publiée en tête d'une édition des OEuvres de Bocrsault : a La postérité saura peut-être la fin de ce poète comédien, qui, en jouant son Malade imfiginaire ou son Médecin par force, reçut la dernière atteinte de la maladie dont il mourut peu d'heures après, et passa des plaisanteries du théâtre, parmi lesquelles il rendit presque le dernier soupir, au tribunal de celui qui dit : Malheur à vous qui riez, car vous pleurerez. » Ce qui ajoute à la regrettable sévérité de cet anathème, c'est qu'il fut prononcé plus de vingt ans après la mort de Molière (1693), et que tout le monde sait que Molière est mort par suite de son dévoûment à sa troupe.

i. AUusion aux rivalités du clergé séculier et du clergé régulier. Les Barnabites tiraient leur nom d'une église dédiée à saint Barnabe, où leur ordre fut établi à Milan, en 1530. C'était un ordre voué aux missions, à la prédication et à l'enseignement : il n'existe plus qu'en Italie et en Espagne. Il résulte du passage de La Bruyère que les Barnabites étaient alors à la mode comme directeurs.

acheter : ce sont peut-être des apparences qu'on pourroit épargner aux simples et aux indévots*.

[24] Dn pasteur frais et en parfaite santé*, en linge fin et en point de Venise, a sa place dans l'œuvre auprès les * pourpres et les fourrures'; il y achève sa digestion, pendant que le Feuillant ou le Récollet quitte sa cellule et son désert, où il est lié par ses vœux et par la bienséance, pour venir le prêcher, lui et ses ouailles, et en recevoir le salaire, comme d'une pièce d'étoffe. Vous m'interrompez, et vous dites : « Quelle censure I et combien elle est nouvelle et peu attendue ! Ne voudriez- vous point interdire à ce pasteur et à son troupeau la parole divine et le pain de l'Évangile? » — Au contraire, je voudrois qu'il le distribuât lui-même le matin, le soir, dans les temples, dans les maisons, dans les places, sur les toits, et que nul ne prétendît à un emploi si grand, si laborieux, qu'avec des intentions, des talents et des poumons capables de lui mériter les belles offrandes et les riches rétributions qui y sont attachées*. Je suis forcé, il est vrai, d'excuser

■ « Ce sont peut-être de mauvaises apparences, et qui choquent quelques esprits. » (Èdit. l''-3'.)

i. Les clefs, pour cepasteur frais et en bonne santé, si^alent particulièrement trois curés de Paris : M. de Blampignon, curé de Saint-Merry, M. Hanneau, curé de Saint-Paul, M. de Lamet, curé de Saint-Eustache. U ressort évidemment de tout Talinéa que la censure de La Bruyèi*e est plus générale.

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