VII. — Crypte
On descend à la crypte par un double escalier qui débouche sur les latéraux. Elle n’est ouverte que le matin, de sept heures à midi, parce qu’alors il s’y dit des messes: les règlements s’opposent à ce qu’elle le soit dans la soirée, mesure un peu gênante pour quantité de touristes; il suffirait ((u’on y laissât un gardien en permanence.
L’église souterraine se développe sous le transept, par conséquent elle est large et peu profonde. En effet, des colonnes multiples la partagent en sept nefs, dont les travées ne sont qu’au nombre de quatre. Cette forêt de colonnes produit un coup d’œil saisissant. La plupart sont antiques et extraites d’anciens monuments : l’une d’elles, protégée par une grille de fer contre la rapacité des visiteurs, a même sa légende qui tient du prodige.
Abbrescia rapporte, p. 39, qu’une colonne manquait à la crypte et que, le jour de la dédicace approchant, Hélie dut la remplacer par un pilier provisoire. iMais, la nuit qui précéda la consécration, toutes les cloches de la ville ayant sonné d’ellcs-mêmes, le peuple se rendit à la nouvelle église, où il vit S. Nicolas, vêtu en évê(}ue et entouré de lumière, qui enlevait le pilier et lui substituait «une belle et très précieuse colonne de porphyre mêlé, de grandeur égale aux autres ». Si cette colonne était réellement en porphyre, ce n’est plus celle (|ue nous voyons, puisque son marbre est une brèche rouge.
Le Père de bralion rapporte qu’étant à Rome S. Nicolas fut reçu par S, Silvestre :
11 retourna par mer à Myre. Mais avant que passer outre, il faut remarquer une chose notable, qui luy arriva avant qu’il partît de Home. Ce fut qu’il poussa du bord duTybre, avec le pied dans l’eau, une petite colonne de marbre blanc et rouge, après avoir fait dessus le signe de la croix, et lay disant d’une voix intelligible qu’elle s’en allât au rivage de Myre, et qu'il sevouloit servir d’elle ; et alors la colonne, en présence de tous, commença à se mouvoir pour aller vers la mer, et ne se vit plus jusques à ce qu’elle arriva au rivage d’Andronique ou port de Myre.
Arrivé qu’il fut, il fit mettre au trosne, auquel il faisoit quelquefois des fonctions épiscopales en son église de Sion *, et elle y demeura par l’es-
1 . « Après avoir reçu l’ordre de la prêtrise, S. Nicolas fut chargé par son oncle, archevêque de Myre, de diriger en cette ville un monastère appelé la
pace de sept cens quarante ans et plus, à sçavoir jusques à l’an mil octante neuf, auquel il la transféra miraculeusement à Bari (pp. 89, 90).
Les habitants de la ville de Bari, incontinent après la translation de son saint corps, luy commencèrent à baslir en leur viile un magnifique temple, du temps de Roger, qui fut le second duc de la Fouille, lequel donna pour cet effet son palais, en la place duquel il lut basty. Comme on en faisoit les fondemens, il arriva un accident qui fust suivi d’un notable miracle, que Dieu fit en considération de S. Nicolas. Ce fut qu’une grosse masse de terre et de pierres meslées ensemble vint à s’ébouler, et tomba sur sept des ouvriers, en telle quantité qu’il falut travailler l’espace de si.v heures pour les descouvrir, et ils furent trouvez sans estre seulement blessez.
Vers ce temps de l’édification de cette église, on célébra un concile en la ville de Melfi, qui est proche de celle de Bari, auquel fut présent Urbain second, qui, par celte occasion, voulut venir transférer le saint corps en sa nouvelle église, le mettant en son sépulchre, ainsi qu’il a esté dit, et dédier aussi cette église. La nuit de devant cette solennité, toutes les cloches sonnèrent d’elles-mesmes, et plusieurs qui coururent en la nouvelle église, virent S. Nicolas, vestu pontificalement, mettre en un lieu de l’église basse, qui est sous la grande, et en laquelle est son sépulchre, la colonne laquelle, comme il a esté dit, il avoit miraculeusement envoyée de Rome à Myre *. Il y avoit, en cette église basse, faute d’une colonne, de vingt-huit, qui y sont nécessaires pour soutenir la voûte, et pour ce on y avait fait seulement une sorte de pilier, et ce fut en ce lieu que S. Nicolas la transporta.
Le pape Urbain second dédia seulement la dite église basse, le trentiesme de septembre l’an mil octante neuf, car celle d’en haut n’estait pas encore achevée ; mais environ l’an mil nouante sept, elle fut consacrée par commission du pape Gélestin troisième (pp. 143-146).
Beaucoup de chapiteaux sont également antiques, et sur eux est posé un énorme tailloir roman, nécessité par la retombée des voûtes d’arête.
La voûte a été, au xviie siècle, piquée de stuc avec un certain art, qui n’est pas dépourvu de grâce. Le regard s’arrête volontiers sur les fines moulures qui encadrent desguirlandes ou des rinceaux,
Sainto-Sion Notre Seigneur lui ordonna de retourner à son monastère
de Sion. Il quitta la Palestine Il invita son clergé à l’assister de ses
prières et se fit transporter au monastère de Sion, où il voulait mourir
C’était en l’an 343 Le corps du saint archevêque fut déposé en l’ogüse
du monastère de Sion dans un sépulcre de marbre. » [Vies des Saints du Pèlerin, 1883, n“ 333. )
1. Il est possible effectivement que cette colonne vienne de Rome, où elle aura été arrachée à quelque monument antique.
sur les roses forinant clef de voûte, sur les feuillages et les écussons qui saillissent des sommiers. Tout cela a un cachet particulier do grandeur et de vie.
Les zélés voudraient, sous prétexte d’unité, briser ce riche décor. Je m’y suis opposé formellement. D’abord clia([ue époque a le droit d’apporter son tribut d’hommages dans le lieu saint et il est du devoir de la postérité de respecter les dons qui ne nuisent en rien à l’esthétique; au contraire, ces hors-d’œuvre, s’il convient de les appeler ainsi, constituent l’histoire même du monument à ses diverses périodes. Puis l’unité n’est pas l’uniformité, et le beau ne jure pas parce qu’il est posé sur l’ancien. A ce compte-là que de réformes malencontreuses il faudrait opérer ! L’autel Ini-rnême devrait disparaître dans cette rénovation, qui, pour être archéologique, ne serait probablement ni plus belle ni plus à l’abri de la critique. Sans doute une ornementation pareille n’est pas à conseiller, là où il n’y a absolument rien et où tout est à créer de pied en cap; mais détruire systémati(iuement pour mettre autre chose à la place, c’est tout simplement du vandalisme. Le cliapitie de Pari ne méritera pas, je l'espère, ce grave reproche et il laissera jaser les novateurs et les archéologues irrélléchis, ces monoinanes de Tuniformisation. La gloire de l’italieest précisément d’avoir été plusconservatrice que nous ; <|u’elle continue donc sans regret d’aussi bonnes et louables traditions. Du beau xvii® siècle vaut cent fois mieux qu’une médiocre restauration archéologique. Nous le savons pertinemment en France, nous à qui ont été imposées tant de mutilations regrettables par les architectes officiels, au nom de l’archéologie.
Ce principe conservateur doit être affirmé hautement partout, en France comme en Italie, si l’on veut que certaines époques mal famées ne soient pas promptement réduites à l’état de mythes introuvables.
La crypte a perdu une partie de son élévation, par suite de l’exhaussement du pavage; on ne pouvait faire autrement, à cause de l’humidité du sol, ce qui s’explique par la proximité de la mer, la collégiale étant bâtie sur le rivage même et n’étant séparée des flots ejue par une large digue qui n’abrite pas encore suffisamment contre les infiltrations.
La crypte, commencée en 1087, au mois de juillet ne fut achevée qu’en 1089 époque à laquelle Urbain II 3 consacra l’autel, comme il le déclare lui-même dans une bulle : « Cum magna undique convenientis populi frequentia lætitiaque B. Nicolai reliquias in locum parati aditi conferentes et qu’en témoigne aussi Pascal II: (( Paschalis episcopus, servus servorum Dei, Eustachio abbati S. Nicolai... Quod videlicet corpus (S. Nicolai) prædecessor noster Urbanus H loco (juo nunc reverentia digno servatur in crypta inferiori summa cum veneratione recondidit et altare desuper in honorem Domini consecravit, petitumque est et concessum dicitur ut beati Nicolai basilica in eodem loco ædificanda specialiter sub tutela mox Sedis Apostolicæ servaretur ». Le cardinal Bartolini fait cette réflexion liturgique : « Par une exception extraordinaire, Urbain 11 ne mit pas de reliques de martyrs dans la table de l’autel qui surmonte la tombe, dérogeant ainsi à la loi ecclésiastique qui prescrit de célébrer le sacrifice eucharistique sur ces reliques, lant était grande la vénération qui s’attachait au thaumaturge Nicolas ! » (p. 9.)
1. « Octavo (lie, inlrautc mense julio et stante décima indictione, cum doninus ilelias prepliatus abbas conduxerat viginti et uno homines fossores ad excavanda ftimlamina ecclesiæ ipsius confessoris Dei.» (Niceph. mon., Translat. S. Nicol. in Varum.)
2. C’est à tort que le coinbî Riant fixe à l’an 1102 « le vol de saint Nicolas ». (Mém. de la Soc. des Antiq. de France, t. XXXVI, p. 37.). Huillard-Bréholles (Recherches, p. 40) lient pour 1089: « En deu.x ans fut bâtie l’église souterraine de Saint-Nicolas, celle qui existe aujourd'hui. »
3. Ce souvenir nous intéresse d’autant plus que ce pape fut moine à 1 abbaye de Cluny: « Urbanus papa secundus, vir religiosissimus et reverendissimus, quem divina dispositio de claustro Cluniacensi elegit in sacerdotem sibi et in culmine summi pontifleatus constituit » (Exuv. sacr. Const., t. I, p. 128).
4. On lit dans un diplôme de l’archevêque Hélie, délivré en 1089: « Pactus suin ut ecclesiam ad ejusdem beati Nicolai onoma et honorein in curte quæ oliin pretorium publicum fuerat, construere curarem. Quod a me, Domino
jubente, inceptum est Nec multo posi, Boamundus, istius sepe noininatæ
civitatis Dominus omnesque Barini incole legatos ad Urbanum Romanæ Urbis Apostolicum miseront, rogaturos ut Baro adventarct corpusque sanctissimi Nicolai quod nondum decenter collocaturn erat, Iransferret et colloc;aret intus confessionem in qua nunc mancre esse dinoscitur. Venions igitur isdem venerabilis papa honorabilité!’ decenterque sacratissiinas collocavit reliquias. »
L’épitaphe d’IIélie qui fut inhumé à St-Nicolas, rapportée par Garubba (p. loO) et par le card. Bartolini (p. 14), le considère comme le fondateur de la basilique de S. Nicolas :
Sensvs lavde boni, f.vbricae qvoqve par salamoni,
ViTAE MORS PIAE, S.AXCÏO SIMILANDVS HELJAE.
Hoc TE.MPLVM STRVXIT, ÜVASI LAMPAS AVRAQVE LVXIT.
O fut dans cette même crypte que, le 3 octobre 1098, Urbain II ouvrit un concile, qui dura huit jours et auquel assistèrent cent (juatre-vingt-cinq évêques, tant latins que grecs. Parmi eux était S. Anselme, archevêque de Cautorbéry, qui prit la parole pour défendre la foi catholique contre les erreurs suscitées en Orient au sujet de la procession du Saint-Esprit. La victoire resta à son éloquence et à sa science tliéologique, comme l’atteste le bi’éviaire romain dans une des leçons de son office ; « Romam ad Urbanum secundum se contulit, a quo bonorilice exceptes et summis laudibus ornatus est, cum inBarensi concilio Spiritum Sanctum etiam a Filio procedentem contra Græcorum errorem innumeris Scripturarum et Sanctorum Patrum teslimoniis propugnasset. »
Guillaume de Malmesbury décrit en ces termes le cérémonial usité ; « Ut ergo venlum ad concilium, Apostolicus, ante corpus sancti Nicolai, constratus tapetibus et paliis, ipse, casulacum pallio amictus, tribunal ascendit, cœteri cum cappis sedebant ». Ainsi le sol était couvert de lapis et les murs de tentures ; le pape portait le pallium sur la chasuble et les évêques la chape. Urbain 11 siégeait en face du corps de S. Nicolas, c’est-à-dire de l’autel, en un lieu plus élevé et tout l’épiscopat était rangé autour de lui sur des sièges.
VllI. — Caisse de la translation
J’étais à la veilledu départ, après une semaine passée àBari. lime restait un regret, celui de n’avoir pas vu de mes yeux le baril dans lequel, selon la tradition, les marins avaient apporté le corps du saint confesseur. Dans la soirée, j’allai faire une dernière visite à la collégiale, qui, aux feux du soleil couchant, prend une physionomie des plus poétiques et pittoresques. Je ne pus m’empêcher d’exprimer à un des custodes de la crypte le désir jusque-là trop timidement manifesté. Son assentiment obtenu, il voulut bien se charger de conquérir celui des dignités. La nuit venue, nous nous renfermons tous dans la crypte : l’église était également fermée à clef, car il importait que mon audacieuse tentative fût tenue secrète, en cas de déconvenue.
Il existait, à la droite de l’autel, perchée au-dessous de la voûte.
une grande châsse de bois sculptée et dorée, en style du .xvii® siècle et d’un goût non équivoque. Je voyais sans cesse les pèlerins se prosterner devant cette châsse ; mais no pouvant y atteindre, ils faisaient le geste d’y toucher, puis se baisaient dévotement la main, comme s’ils l’avaient palpée réellement. Je remarquais, en outre, qu’au milieu de la châsse une ouverture circulaire avait été pratiquée et laissait apercevoir une planche un peu raboteuse, mais devenue luisante sous le frottement des doigts, ce qui prouvait que la châsse avait été plus basse autrefois ou qu’à l’aide d’un escabeau, on pouvait y appliquer la main. Je savais encore que, chaque dimanche, le chapitre se rendant processionnellement dans la crypte, faisait une station à la châsse et y chantait une antienne à S. Nicolas.
Ce rit particulier m’intriguait. Quand j’en demandais l’explication, on me répondait invariablement : « Là est renfermé le baril * dans lequel les marins apportèrent, au xi® siècle, les ossements de S. Nicolas » Puis, si je hasardais le désir de voir de près ce baril, on me répondait :« C’est impossible, la châsse est fermée, on ne l’a jamais ouverte. »
Enfin, ma persévérance avait levé toutes les difficultés. Le soir du 13 juillet 1875, la châsse fut descendue avec précaution et placée sur la balustrade de l’autel. Armés des outils nécessaires, nous enlevâmes vite le couvercle et nous fûmes aussitôt en présence d’une seconde caisse, un peu vermoulue, mais solidement assemblée et clouée. Évidemment, il fallait aller plus loin : la caisse fut forcée et à l’intérieur, apparurent aussitôt trois planches menuisées, mais d’un aspect presque grossier. Après les avoir sorties respectueusement, je les examinai et mesurai. Elles sont en bois de cèdre, et je reconstituai immédiatement la boîte dont nous n’avions
1. « In un’urna di legno dorato raccliiudesi quella specie di barde, dove i navigatori Baresi reposero le ossa del santo, durante la loro navigaziono, affinche non si disperdesse il Hquore che di continuo da quelle disUllavasi. » (Bartûlini, p. 14.)
2. En souvenir de la translation par mer du corps de S. Nicolas, tous les ans, le jour de l’Ascension, l’archevêque de Bari bénit solennellement la mer, Il l’extrémité de la jetée, à l’endroit où l’on suppose que les saintes reliques abordèrent.
Quand on fait baiser la relique de S. Nicolas aux pèlerins, le chanoine offi ciant se sert de cette formule: « Per intercessidnem sancti Patris nostri Nicolai liberet te Deus ab omni malo. Amen. »
plus que trois parois : deux grands côtés et un petit. Que sont devenues les trois autres planches? Nous l'ignorerons peut-être toujours.
Les deux plus grandes mesurent en longueur 0,74; en largeur, 0,30 ; en épaisseur, 0,04. La petite a 0,47 de longueur et 0,12 de largeur.
Ainsi se trouvait vérifiée l’expression même des Actes de S. Nicolas. <pii, en narrant la translation, employait le mot capsella. Le fond de la tradition était vrai, mais la légende l’avait altéré en substituant un baril aune caisse.
Après avoir baisé la reli<|ue et remercié Dieu de cette invention, les chanoines, à ma demande, détachèrent trois morceaux de ces tablettes vénérées ; deux furent destinés à l'Anjou, en mémoire de ses anciens ducs, et le troisième fut mon partage. L’un est allé, à la cathédrale d’Angers, grossir le trésor dos reliques, que j’ai constitué en 1860, aidé du chanoine Joubert : je devais ce souvenir à une ville où un comte d’Anjou fonda, au xi® siècle, la célèbre abbaye de Saint-Nicolas. L’autre a enrichi la ville de Bourgucil, autrefois du diocèse d’Angers, actuellement de l’archidiocèse de Tours, car là encore vit le culte de S. Nicolas par l’érection d’une église sous son vocable.
La nouvelle de la découverte se répandit promptement à Bari où elle causa une grande joie. Les journaux italiens en racontèrent les détails et l’archevêque, Mgr Pedicini, me disait en souriant :
« Si vous demandiez maintenant aux chanoines de vous laisser ouvrir le tombeau de S. Nicolas, ils ne vous refuseraient pas. » — « Pounpioi pas ? lui répondis-je. On croit d’autant mieux qu’on a vu et franchement j’aimerais à constater de visu comment s’opère l’émission de la manne. Ce sera pour un autre voyage. »
11 fallait ensuite aviser à rendre à la caisse delà translation l’honneur qui lui revenait légitimement. Il fut convenu qu'on la tirerait du lieu obscur où elle gisait et que, pour la consolation des pèlerins, elle serait exposée dans l’église supérieure. La châsse de la Ste Crèche, à Rome, fut choisie pour modèle. Les trois planches de cèdre, suspendues par des chaînes dorées, seront enfermées dans une châsse en cristal et demeureront ainsi visibles aux yeux de tous. Puis, afin de perpétuer la mémoire de cette heureuse inven-
tion, j’écrivis cette inscription, qiiisera gravée sur marbre et placée sous la châsse même :
HEIC. PIE. ADSERVANTVll TRES TABVLAE. SVPERSTITRS EX. CAPSELEA. LIGNEA I.\. QVA. OSSA. S. NlCOLAl. EPISC.
A. NAVTIS. BAREN. DEPOSITA. SVNT ANTE. EORV.MDEM' PER. MANVS . VRBANI. PP. II IN. BASILICAM. NOSTRAM. SOLEMNEM. TRANSLATIONEM.
QVAE, QVIDEM. A. RMO. GAPITVLO ANNO. DO.AIINI. M. DCCG. LXXV RITE. FVERVNT. REGOG.MTAE ET. MELIORI. MODO, EXPOSITAE VT. AB. OMNIBVS. FIDES. INDVBIA VIDERI. AG. GOLI. VALEANT
XAV. BARBERIVS. DE. MONTE. ALTO A. GVB. SSMI
GESTIENS. BARI. SGRIBEBAT IN. MEMOBIAM. TANTI. FAGTI A. SEIPSO. FELIGITER. PROMOTI DIE. XllI. IVLII
Quelques jours après, j’étais admis à l’audience de Pie fX, à qui je présentais, de la part du chapitre, une cassette artistement travaillée, qui contenait, dans une thèque en filigrane d’argent, un fragment de la capsella de cèdre, plus quatre ampoules, en cristal de Bohême, pleines de manne Sa Sainteté écouta, avec un inté-
1. Le journal 11 Popolo Romano, da.ns son n° du 20 août 1875, racontaitainsi, d’une façon grotesque, ma mission auprès du S. Père:
<1 La mavna di S. Nicola di Dari. — E poi il Papa si lamenta di essere prigioniero.Ein la manna gli portano! L’altro giorno glienc furono regalate quattro ampolle, rinchiuse in un cofanetto artisticamente lavorato. La manna contenuta uelle ampolle era stata eslratta dalla tomba del Santo taumaturgo Nicola da Bari. Unito al cofanetto vi era anche un reliquario di filagrano d’argenlo, contenente un pezzeltiuo di legno di cedro, venuto da Mira a Bari nel lUOO. Questi preziosi doni furono prcsentati al Santo Padre da Monsignor Barbier de Montault, a nome del Capitolo délia Basilica di S. Nicola di Bari. 1 doni erano accompagnati da un indirizzo,firmato dal canonico Domeuico De Vinccnzi, luoyotenente (sic) ordinario délia Basilica. a A quando la proinozione di Don Domeuico a capitano? »
rêt soutenu, le r(^cit de ladécouvcrte^ me chargea de transmettre ses rcmcrcîmcnts aux chanoines et médit sa dévotion pour la maune, dont Elle tenait toujours une ampoule dans son oratoire et qu’Elle distribuait aux serviteurs de son palais quand ils étaient malades. Non content de ce témoignage, qui fut encore, le lendemain, répété publiquement devant toute sa cour, le Saint Père répondit au chapitre ‘ la lettre suivante, que je me fais un devoir de reproduire textuellement parce qu’elle forme pour ainsi dire rauthenlique delà relique et qu’elle atteste hautement la piété du saint pape, qui compare celle invention à celles, opérées sous son pontificat, des corps des SS. Ambroise, Gervais et Prêtais à Milan, et des* SS. Philippe et Jacques à Rome :
nus PP. IX. Dilccle Fili, salulem et aposlolicam henediclionem. Læto cxcepiraus aiiinio miucium invenlaiura assiuni arculæ qua sacra celeberrinii Myreusis arcliiepiscopi lipsaria, oclo ferme ab hiuc sæculis, Baiiura advecta fuerunl. Arbilrali enim sumus novura in fausla bac inventione dispicere pignus divinæ miseiicordiæ, qiiæ dura prius in Ilalia superiore piolulil in lucem exuvias sanclissimi Mediolaiiensis arcliiepiscopi, deinde in media seu Romæ corpora sanctoriiin apostolorum Philippi et Jacobi, nunc démuni in exirema raemoriam excitât translalionis ossium sancti Nicolai. Aftliclis cerle Ecclesiæ rebus, Sanclæ huic Sedi undique impetitæ, divexalæ religioni superna tantum virtute succurri potest, atqui banc opéra portendere non immerilo fortasse putamus insolilos bujusmodi cventusa miraquadam adjunctorum coilione parles. Qui dura raortales cœlitum reliquias tamdiu abdilas et frustra quæsilas pcriclilantibus nobis præsentes ostendunt, baud obscura voce monere videutur eorura nobis non deesse patrocinium et præsidium, quorum suffragio coufidimus. Itaque iiec unum spirituale pretitum doni Nobis a te, nomine quoque islius illuslris capiluli, missi, nec sola peculiaris pietas qua sanclissimum Myreiuem præsulem colimus, nec perspicuum dumlaxal obsequii vestri et devotionis argumentum raunere significatum boc Nobis acceptissimum fuit et jucundissimum, sed spes etiam non remoti cœlestis auxilii cujus auspiciura in ipso delilescere duximus. Utinam omen confirmet ümuipolens popuiique sui misertus iram avertat ab eo et flagella ipsi adbuc incutienda retrabatac præserlim corruptionem cobibeat latius in dies ubique serpentera et grassantera. Interira auspex tanti favoris sit
En même temps, Sa Sainteté, par une attention des plus délicates, me faisait expédier le bref apostolique qui me nommait prélat de sa Maison, qui est le degré le plus élevé de la prélalure romaine: j’étais caniérier d’honneur depuis 1869 [Œuvres complètes, t. lit, p. 2).
2, La lettre du lieutenant de Vincentiis se trouve ou tome IX de mes Œuvres, p. 389.
vobis Aposlolica benedictio ffuam grati animi Nosirî et palernæ bcnevolenliæ testera tibi, dilecte tili et capitule isli toti peramanter iraperliraus.
Datum Roraæ, apud S. l’etium, die 2 septenibris anno 1875, poulificatiis Nostri anno Iricesirao. Pius pp. IX.
Dilecto filio Dominico de Vincentiis, canonico ordinario locumlencnli in basilica palalina S. Nioolai Dariensis. — Barium.
Le chanoine Feuli rendit compte de l’événement dans le Dullettino ecclesiasdco, 1875, p. 313:
Seguiaraolo in Bari. Accolto corlesemente da quel zelanle arcivescovo nel suo palagio, Mons. Barbier de Montault ha sapulo ineritarne la benevolenza. Cose di bene aliro genere hanno in quella citlà atliralo le sue cure. Visité il célébré sanluario di S. Nicola ed esaminô particolarracnte 1 archivio ed il lesoro; l’uno intéressante per gran numéro di belle, diplomi e codici anlichissirai ; l’altro pei preziosi oggetti donati da Carlo II d Angiü. Ma traslasciando cio chc è slatogià narrato da qualche giornale, diremo solo di due preziose scoperte da lui faite.
Da un lato délia cripta dove riposano le ossa di S.Xicola è sospeso una cassa pregevole per inlagli e doralure. In questa una tradizione voleva che fosse conservato un barile, nel quale i marinai di Bari aveano recato da Mira il sacro deposilo. Monsignore pregù i canonici di quella insigne collegiata perche volessero aprire quella cassa non più aperta da circa due secoli e vedero co’ propri occhi quelle che dicevasi cola racchiuso. Ardita dimauda, alla quale perè non seppe resistere la squisita genlilezza di quei canonici. La cassa colle richiesle forraalità fu aperta e fu in quella trovala una seconda cassa, pariraenli di legno con fasce ed ornamenii di rame; ed in questa finalmente, non il credulo barile, ma Ire tavole di cedro, le quali evidentemente aveano servilo al Irasporto delle ossa del santo vescovo di Mira. La gioia fu universale; ed, a proposta del prelato, il distinto capitoio di S. Xicola ha divisalo di far coslruire un’urna a cristalli, a rao’ di quella délia sacra culla di N. S. in Ronia ed ivi custodire quelle tre tavole divenute oggetto di venerazione pel conlatto delle santé reliquie. Sulla quale urna, a perpétua raemoria del fatto, sara scolpita in raarmo la seguente epigrafe, deltata dallo stesso promotore délia scoperta ; Heic pie adservantur, etc.