II. — Bau.mk
Furetière, dans son Dictionnaire définit le baume : « .\r-
brisseau... 11 découle en été du tronc de cet arbrisseau, par des incisions qu’on y a faites, une liqueur résineuse, de couleur blanclie tirant sur le jaune, d’une consistance approchante de celle de la térébenthine, transparente, d’une odeur pénétrante et agréable, d’un goût un peu amer et âcre ».
1. Dans son office, à Bari, la manne de S. Nicolas est comparée au baume, sans doute à cause de sa couleur et de sou odeur : « Velut balsamus incisus ».
2. Nolre-Ddiue de Damas, jadis célèbre dans celte ville par des prodiges inouis. Sa puissance était si grande et ses miracles si surprenants, que les Juifs, les Sarraziiis, les Ethiopiens venaient riionorer, aussi bien que les disciples de Jésus. . . Cette image était une statue de bois, sculptée par une main céleste. Un jour qu’elle était satisfaite de ses adorateurs, elle fit un miracle.. . On avait apporté beaucoup d’offrandes, les pèlerins étaient nombreux, tout le monde était en prières et il n’y avait point d’hérétiques, lorsqu’à la vue de tous les dévots spectateurs, la partie supérieure de l’image, depuis la ceinture jusqu’aux cheveux, s’anima, devint chair humaine et présenta le buste vivant d’une belle Vierge. Mais le reste du corps demeura statue de bois.. . 11 paraît que cette partie supérieure de la sacrosainte image resta animée. 11 découlait continuellement de sou front un baume précieux, qui devint le remède de tous les maux; on l’appelait la sueur de la très Ste Vierge de Damas et, dans le dernier siècle, on conservait encore au monastère de Cluni en Dourgogne, une fiole pleine de cette divine liqueur... Baronii anno 870; Spond., ann. 1103 ; Voyages divers et Daillet, 15 août (Collin de Plancy, 11, 332-333j.
3. En 1037, le P. Surin, exorcisatit les possédées de Loudun, au diocèse de Poitiers, la [trieure Jeatine des Anges fut guérie par saint Josepli, (jui lui app!i(|ua uti baume sur le côté.
Elle sentit sa chambre toute parfumée d'une très douce odeur ... Deux jours après, la mère se souvint de l’onction que S. Joseph avait mise à son côté et qu’elle n’avait essuyée qu’avec sa chemise. Elle crut que la chose méritait bien qu’elle y prît garde. Elle {>riadonc la sous-prieure de venir voir avec elle ce que c’était. Elles s’enfermèrent toutes deux dans une chambie,où la mère ayant quitté ses habits, elles sentirent une odeur admirable; et regardant cette chemise cpie la mère quitta, elles y trouvèrent cinq gouttes bien apparentes de ce baume divin qui parfumait la chambre d’une suavité sans pareille. Elles coupèrent tout le bas de la chemise; mais comme elle n’était guère propre du haut, parce qu’elle lui avait servi pendant sa m.aladie, elles prirent le parti de la blanchir; et craignant d’endommager les cinq gouttes de baume, elles lièrent l’endroit de la chemise où elles étaient, en sorte que, savonnant le reste de la chemise, elles ne mouillassent point ce baume précieux : ce qui réussit miraculeusement, car l’endroit où étaient les cinq gouttes étant aussi saie que le reste, lorsque la chemise fut sèche, il parut aussi blanc que si le savon y eut passé et les gouttes étaient plus distinctes qu’auparavant. Dieu a fait depuis tant de miracles par ce baume que le R. P. provincial des jésuites, écrivant à Rome à son Général ce prodige, lui manda : Cxci vident, claudi ambulant, etc. (Bataille, Le diable au XIX^ siècle, l. 1, pp.8'J4‘ 896.)
4. La bienheureuse Agnès de Montepulciano étant morte, des personnes pieuses voulurent l’embaumer; mais Dieu fit voir qu’elle n’en avait pas
besoin, car il permit que scs mains et tous les autres membres de son corps suassent un saint baume en si grande abondance que tous ses vêtements en furent mouillés. On en remplit dévotieusement une fiole de verre, que l’on montre lous les ans à Gênes le premier jour de mai (Collin de Plancy, 1, 9.)
O. S. Eloi. — Le chanoine Arbellot, dans sa Vie de S. Eloi, d’après S. Ouen, raconte ce fait :
Un jour, il demanda au Seigneur de lui faire connaître par quelque marque sensible si sa pénitence avait été agréée. Or il avait dans sa chambre des reliques de plusieurs saints suspendues aux lambris et couvertes d’un long voile, sous lequel il avait l’habitude de prier, la tète appuyée sur un cilice. Une nuit que, selon sa coutume, il était prosterné dans la prière, accablé de fatigue, il s’endormit comme en ua instant et tout à coup il aperçut quelqu’un qui lui dit : « Voici, ô Eloi, que la prière a été exaucée; le témoignage que lu avais demandé à Dieu t’est maintenant accordé ». S’étant éveillé aussitôt, il respira une odeur suave et il sentit comme des gouttes parfumées qui coulaient doucement sur sa tête. Surpris, il se leva promptement et, ayant considéré avec attention, il vit comme un baume qui distillait du reliquaire et du voile qui le couvrait. L’odeur du parfum qui remplissait sa chambre était si forte qu’il pouvait à peine la supporter. Il se souvint alors de sa demande et admira la bonté infinie de Dieu qui n’abandonne jamais ceux qui espèrent en lui. Il fit part de ce miracle à son ami Ouen, surnommé üadon, qu’il chérissait comme son âme, mais il lui recommanda d’en garder le secret pendant tout le cours de sa vie de la Soc. arch. du Limousin, t. XLVl, p. 9j.
6. Ste M.\deleine de Pazzi. — La bulle do sa canonisation rend ce témoignage cité par Benoît XIV :
liumili primum loco sub ara majori sepultum est virgineum corpus, quod ibidem per annum quievit incorruptum, quamvis loci humiditas vestes penitus absumpserit. Inde translatum manavit liquore suavissimo ad instar balsami etvariis languoribus saluberrimo et in præsentia,cujuslibet corruptionis expers, suavissimo odore fragrat.
7. Ste Zite, servante à Lacques au xiiie siècle. — Quelques jours avant les funérailles, une liqueur semblable à du baume s’échappa du tombeau . On la recueillit et on l’appliqua sur des infirmes qui furent guéris. Un mort même fut ressuscité [Vie des Saints du Pèlerin).