III. - Eau
SS. Abdo.n ëtSen.\e.\. — Les corps de ces martyrs persans « transportés au moyen âge de Rome à Arles-sur-Tét, au diocèse de Per-
pignan, devinrent l’objet d’un grand pèlerinage. De leur tombeau coule, aujourd’hui encore, une eau miraculeuse » {Le Pèlerin, 1877, no 30, p. 470). Le fait est répété par le Messager des fidèles (1884. p. 386), qui en signale une fiole à l’abbaye de Solesracs (Sartbe).
L’église (de l'abbaye d’Arles en Houssillon) est fort ancienne: on prétend y avoir les corps des saints Abdon et Sennen On voit même, à
l’entrée de l’église, un tombeau de pierre dans lequel on dit que les saints ont reposé. Ce tombeau, posé sur quatre colonnes sans toucher à terre, se trouve par une merveille extraordinaire toujours plein d’eau. Les peuples y trempent des linges par un petit trou, pour les appliquer ensuite sur les malades, ce qui a l’eflet que mérite leur foy [Voyage lUlér. de deux bénédicl., t. II, p. 61).
On voyait dans la petite ville d’Arles en Roussillon le miraculeux tombeau des SS. Abdon et Sennen. Ce tombeau était toujours plein d’une eau merveilleuse. Le 30 juillet surtout, jour de la fête des deux saints, on lirait de leur tombe de quoi désaltérer tout le pays (Piganiol, Description de la France, tome VI). Il est fâcheux, pour la réputation des patrons du lieu, qu’on ait découvert la source naturelle de cette eau, qui a des propriétés très salutaires contre la dysenterie. On donnait à l’eau du tombeau une origine assez sitiguliére. On contait que le voiturier qui apportait de Rome les deux corps saints, craignant d'être volé par les dévots, avait mis ces corps dans une futaille pleine d’eau et que depuis les deux saints étaient devenus comme deux fontaines intarissables (Collin de Plancy, I, 2i.
S. Ambroise, évêque de Milan. En 1871, à S. -Ambroise de Milan, fut faite l’ouverture du sarcophage de porphyrequi,au maître-autel, renfermait les corps de S. Ambroise et des saints martyrs Gervais et Protais. Il était rempli d’une eau limpide, placée là évidemment pour la conservation des ossements. Les Actes de l’invention, rapportés tout au long par Mgr Chaillot dans les Analecla jnris pontificü, t. XIII, col. 210 et suiv., contiennent ces renseignements:
Inventa est in ipsa area magna aquæ copia, purissimæ tamen ac perlu-
cidæ, quæ fundum tumuli et omnia in illo condita perspici sinebat
Copia aquæ in ipsa area, quinquaginta fere centimeiris redundans, extrahi cœpta est. Forro ofliciales curiæ neenon magistri physici vasa implebant; acolythi vero, sub custodia unius ex officialibus, in locum tutum deferebant, postquam chemiæ magister, professer Polli, primis experimenlis eam subjecerat et partem ipsius sibi servaverat in sua elementa decomponendam... Nullatenus contacta aquarum aut ætate emollita fuisse ossa tum majora tum etiam minora comporta sunt.
S. Ange, carme, martyrisé en Sicile l’an 12iO.Une fontaine jaillit au lieu de son supplice; les herniaires, les paralytiques, et autres infirmes y recouvrent la santé; les femmes y ont confiance pour leurs couches. Le o mai, jour'de sa fête, l’eau se couvre d’huile.
Fons quidam iiieolem scaturiens loco in quoiste martyr gloriosus sanguinem pro Clirislo impendit, singulis annis a primis vesperis usque ad seciindas inclusive oleum ciuictis minislrat, quo qui ipso die V inaii peruacli fuerint merilis sancli marlyris, mullis diversis gravali languoribus sanantur. — Ex loco, ubi prius jacuerat corpus, fous vivus aqua? nilidissimæ et suavissimi odoris emanavit; ex ea veto parte ubi caput mar-
tyris requiescebat, cœpit fliiere medicinalis olei liquor multique
ægroti,... recipiunt sanitatem, præsertim hernici et paralytici. — Stalim aqua scalurivit ubi corpus erat, cujus super fontis aqua solebat oleum nianere, quo liiiiti restaurabantur (Bolland., t. XIV, pp. 58, 60).
Le chapitre XV est intitulé : « De oleo et aqua ex loco sepulturæ scaturiente et pluribus etiam exteris salutari, atque adjutis parturientibus ».
B. Augustin Gazotti, évêque de Lucera, 3 août. On lit dans son ollice, au 7® répons, qu’on boit par dévotion de l’eau ((u’il fit jaillir miraculeusement pour étancher la soif du peuple: la fontaine porte son nom.
Cum siti populus premerelur, novus Moyses, Augustinus, positis genilus divinoque imploralo auxilio, ex humo digitis et fossa saluberrimæ aquæ fonticulum elicuit, ad sanitatem animæ æque ac corporis. Ilodie quoque limpliæ iode manantes, Augustini nomine decoralæ, devote libantur.
S. Beunwaru. — A Hildesheim,dans l’église S. Michel, on vénère S. Bernward, qui fut évêque de ce siège au commencement du xi® siècle.
Le sarcophage occupe encore sa place primitive dans une excavation assez profonde, au milieu de la crypte. Il en jaillit une eau limpide et mystérieuse, qui semble sourdre de dessous le cercueil en pierre où reposaient les ossements du saint (il en fut enlevé lors de sa canonisation) et dont les pèlerins font souvent usage pour combattre les maladies des yeux {Rev. de l'arl chrét., 1889, p. 323).
S. Cartier, prêtre et martyr, sous Dioclétien, était exposé sur un bûcher: un juif lui ayant percé le flanc avec une lance, il en sortit une telle quantité d’eau qu’elle éteignit les flammes.
E circurastanlibus Judæus quispiara in rabiem actus, hastam vibraus
per latus martyris Iransadigit morlemque infert, cum prius aquara e latere tara copiosara profudisset ul etiara rogura exlinguerel (Bolland., t. I, p. 472, 8 janv.).
S. Cataldo. Lors de sa décollation, la tête tombe sur un rocher, d’où elle l'ait jaillir une source qui guérit les malades. Ainsi l’atteste cette strophe de l’hymne des laudes dans Iq Jlreviarium Gallicano Sirulum, imprimé à Venise en 1327 (l)reves, XXII, 71):
Caput ejiis non læditur | Cujns aqua dura bibilur,
Duruni cadeus in silicem, [ Speni ægris dat multiplicem.
S. Didier, évêque de Gahors, mourut le 13 novembre 03'*.
Une lampe et son bâton pastoral furent placés sur la pierre qui recouvrait ses restes. Dieu accorda à l’un et à l’autre la vertu de guérir les malades. ... Du bâton pastoral une eau miraculeuse suintait tous les jours, qui faisait d’élonnants prodiges (Salabert, les Saints du diocèse d’Albi,
S, Eloi, évêque de xXoyon. — Du Gange.
A l’église Ste-.\ladeleine,à Troyes,un vitrail de la (in du xv« siècle reproduit la vie de S. Eloi, dont chaque trait est expliqué par une inscription en gothique carrée. Le sarcophage est posé sur le sol, un linge blanc le recouvre. Des inlirmes s’empressent autour. Deux d’entr’eux pressent le linge et recueillent dans une coupe l’eau qui en sort. Un troisième, son écuelle en main, l’applique à ses yeux malades. On lit au-dessous:
Eloy du voile de son tombeau Fait couler liqueur precieuse.
l’iusieurs rescueillant de ceste eau Sanoient maladie dangereuse.
S. Etiexnf, roi de Hongiâe. — Le fait suivant se rapporte à l’an 1083: son tombeau était plein d’une eau rougeâtre, mêlée d'huile et odorante, que l’on ne pouvait épuiser.
Ipsa quoque tumba plena fuit aqua patum rubenli.qinsi oleo permixta, in quo vêlai in balsamo li(|uefaclo quievcrant ossa pretiosa. Quibus in mundissimo lintearaine colleclis, in ipso II piore, diutissime quæsiliis es anulus,qui beati viri dexteræ fueral imposilus. Quo non invenio ,cœperunt quidam jussu regis in caldarias argenteas et dolia effundere, ut evacualo sarcophage certior anuli (ieret inventio. Sed mirum in modum quanto magis liquor effundebatur, tanto plus eo descente tumba replebatur. Quo
viso miraculo, hauslam aquarn loco suo reslituerunt nec tamen ea refusa inagis ob hoc tumba repleta fuit (Perlz, t. Xlll, p. 241).
Ste Franca, abbesse cistercienne, morte en 1218.
Les Bollandistes, t. XII, p. 398, 2o avril, ont un chapitre intitulé; « Aqua ex ossibus scaturieute pluribus cœcis visus, infirmis sanitas redditur. » Cliaque fois qu’ou ouvrait l’autel, on voyait une eau huileuse et colorée suinter des ossements; elle guérissait les malades.
De ossibus illius aqua exire reperta est et collecta atque pro reliquiis conservata, licet aliquarido plus et aliquando minus. Et quamvis aqua prima fuerit ad instar olei colorata, tamen postea subsequens apparuit magis clara et de tempore in tempus clarior elïecta... Quam capsam cum aperuissent (en 1221), viderunt et invenerunt eam aqua, quasi oleo colorata, plenam et ossa S. Franchæ supernatantia. Super quo mirabiliter obstupescentes,fecerunl apportari vasa plura vitrea et vacua, in quibus aquara ipsam collegerunt ac in sacrario reposuerunl. Guraqne fous iste parvus... in fluvium crevisse et in aquas plurimas redundare sit reperta, per Placentiam ejusque diœcesim divulgata fuerunt hæc omnia et publicata, taliter quod civitas tota cnrrere cccpit ad visendum locura ilium sanclura et mirabilia cognoscenda. Adducebantur infir-
rai, cœcijClaudi ac debiles undecumque autstatim aut brevi post tera-
pore curabantur quacumque delenerentur ægritudine (p. 394).
B. Idesbald, abbé Cistercien. Lorsqu’on visita sa tombe, on la trouva pleine d’une eau limpide, de saveur agréable, (pie n’avaient altérée ni les vêtements ni les ossements et qui opérait des miracles.
In novissima visllalione et recognitione corporis,ab llimo Boussen peracta, in sepulchro B. Idcsbaldi repertam fuisse aquarn limpidam in sal magna quantilate, quin infecta fuerit vestimeiitis vel ossibus... Quædam mirabilia etiara narrantur de aqua inventa in loculo beati Idesbaldi, et ut apparet, adhuc adest, nam Illustrissimus Dominus Boussen, episcopus
Brugensis, in ultima visitalione sacri corporis menlionem fecit de bac
limpidissima aqua de qua et gustavit, et audivi a pâtre meo quod terapore abbatiæ benedicebatur aqua in honorem B. Idesbaldi, cui quædam guttulæ raiscebantur de aqua iu loculo B. Idesbaldi inventa {Anal. jur. pontif., 1893, p. 319, 322) ».
Une deuxième reconnaissance eut lieu en 1726;
Vestitum veste religiosa, . . . . adhuc integra sed madida, quod secundum oranem apparentiam piovenerat ex aqua vel aliquo liquore invento