Œuvres, XIV
hle Bède, en parle dans son ouvrage sur les Lieux saints, écrit à la fin du vile siècle ( Adarnnanus, De locis sanclis, lib.lll, cap, 3; Beda, De locis sanctis, c. 20; Gretseri, Opéra, Ratislicnæ, 1734, t. I, De Sancta Cruce, lib. I, c. 91; De oleo S. Crucis, p. 158. )
Du Gange fait la citation de Bède; « De nodis ligni sancti liquorem odoriferum oleo similem proOuxisse, cujus si etiam modica parlicula contingeret, omnem ægritudinein sanabat » ; il ajoute, en complément d’infoimation- « Vide Gyrillum Scylliopolit. in Mia S. Sabbæ ». On remanjuera que cette liqueur odoriférante coulait exclusivement des « noeuds », ce qui peut, à la rigueur, s’ex[)liquer naturellement, puisqu’il a été démontré que le bois de la croix était un conifère, d’essence résineuse.
C’est probablement de cette bulle de la vraie croix, oleum S. Crucis, que S. Grégoire le Grand reçut du consul Léontius (S. Greg.M., Epist.,\. Ylll, ep. 33, ad Leontium cxconsulem). Telle est l’opinion de Baronio, Annal, eccles., ad ann. 398, t. Ylll, p. 121.
Le fait miraculeux du S. Sépulcre, à Jérusalem, est connu : tous les ans, le samedi saint, le prodige se renouvelait sous les yeux des fidèles ; un ange, descendu du ciel, allumait un cierge, dont la lumière se communiquait au cierge pascal et aux lampes de l’église. L'Oleum de candela doit être de l’iiuile prise à une de ces lampes. Je crois voir la même chose, à Borne, dans ce texte de l’inscription de dédicace de l’église de S. -Sauveur des Néophytes au milieu du XI® siècle, qui porte :« Oleum et lapidem santum sepulgrumDomini».
La châsse exécutée en 1030 pour la cathédrale de Rouen, renfermait, entr’autres reliques : « Oleum, quod liausit Godefridus, nepos comitis Gonoridis, de sepulcro Domini » {Bull, de la Conim. des Ant. de la Seine-Inf., Y, 47).
Il y avait au Mont Gassin, au xie siècle, « ex oleo de candela sancti sepulcliri, quæ vidclicet per singulos annos, modo valde mirabili, cælitus die sancti Sabbati paschalis, videntibus cunctis accenditur» (Bolland, t. XLIY, p. 415).
Au lieu même où s’élève l’église de Ste-Marie in Trastevere, se trouvait jadis, sous les empereurs romains, un grand édifice nommé Taberna meritoria, espèce d'hôpital de soldats invalides et magasin public où l’on déposait les marchandises. Sous le régne d’Auguste, Home vit tout à coup
jaillir, au lieu occupé par la Taberna, une fontaine d’huile qui coula, pendant un jour, avec tant d’abondance qu’elle descendit jusqu’au Tibre (Eu' sèbe, Chron.; Dion Cassius, Hist. rom.; Idace, C/iron. Orose, llist.;Eutrope, Brev. rerum Rorn.; Auastase, Hiü. eccl., etc.). Dans cette fontaine d’huile, sortie du sein de la terre, au milieu du quartier des Juifs, les chrétiens virent plus tard l’annonce symbolique de la naissance du Christ, arrivée peu de temps après. « En effet, dit Orose, Christ veut dire oint et cette huile miraculeuse annonçait l oînt par excellence, le Fils de Dieu, qui allait naître sous le règne d’Auguste et les chrétiens oints aussi, au jour de leur baptême » (Orose, Hist., lib. VI, cap. XX). Soit à raison de ce prodige, soit pour toute autre cause, la. taberna fut abandonnée. Les chrétiens attachaient une grande importance à posséder cet emplacement
On lit ces mots à la façade* :
« Dum tenet emerilus miles, sum magna taberna ;
Sed dum Virgo tenet me, major nuncupor et sum...
Tune oleum fluo, signans magnilicam pietatem Christi nascentis ; nunc trado petenlibus ipsam. »
Au haut de la nef principale, lorsqu’on est près des marches de porphyre qui montent au sanctuaire, on voit, sur la droite, une ouverture garnie d’une grille de marbre blanc. Au-dessus on lit ; Fons olei^ et à côté ; «c D’ici coula une fontaine d’huile, à l’époque où le Christ naquit de la Vierge ».
A gauche de la confession se lit une autre inscription qui dit :
« D’ici l’huile sortit, quand Dieu allait naître d’une Vierge : par cette onction, Rome a été sacrée reine du monde
Sur la certitude de ce prodige on peut consulter ; Pietro Moretli, Hist. prodig. et def., Rome, 1767; Panvini, De septem Urbis Ecoles., p. 81; Raronius, Apparatus ad Annal, eccles., p. 7.; Benoît XIV, De festo Natal . Domini, etc., etc. Benoît XIV s’exprime en ces termes : <« Nulla de veritate miraculi dubitatio ». {La Voix de S. Antoine, 1896, pp. 77-78.)
3. On cite plusieurs Vierges d’où l’huile a découlé: cinq .sont en Orient, deux en Italie et une en France.
On lit dans le /fosier de Marie (1883, p. 419) :
L’Asie-Mineure posséda, dès les premiers temps, des images miraculeuses de Marie. Les deux plus célèbres étaient celle de Dydinie, où saint Basile allait prier pour l’Eglise affligée pendant le règne de Julien, et celle de Sosopoli, image peinte sur bois, d’où suintait une huile merveilleuse,
L’inscription originale n’existe pins, il n’y en a qu’une copie moderne, à l’intérieur, au-dessus de la grande porte. X.