Fons olei est devenu la devise de la basilique. X
3. Ces deux inscriptions ont disparu dans la restauration de l’église. 11 eût été bon d’en donner le te.xte latin et non une simple traduction. X.
qui opérait des guérisons surprenantes, dont il fut question au concile de Kicee.
I\l. de Mély a cité, dans la Bcmie. de l’art chrétien, 1897, p. 124, le texte d’un manuscrit arménien de la Bibliothèque nationale, de l’an 1227, qui parle deux fois de l’imile qui dut couler d’une image de la Vieige,car ces objets sont associés ensemble :
Le saint flacon d’excellente huile, riniage de la Sie Vierge furent portés en Arménie par le saint apôtre Thaddée— L'image de la Sie Vierge est au couvent de Hokialz, dans la province d’Albag. Et le flacon d’huile est à laron, au couvent d’Egerdonthe.
Altavaux, en Limousin, possédait, au xu^ siècle, de l’huile de 1 image d’une Vierge dite Péru IléVi, apportée avec d’autres reliques par un moine de S. Martial : « Petrus Bruni, monachus sancti Martialis, attulit nobis reliquias... de oleo imaginis beate Marie du Peru Heli ». Unv. des reliq. de Vabb. d’Altavaux, xiie s.)
Au même monastère vint, à la même date, de l’huile qui coulait des mamelles d’une image de la Vierge, à Jérusalem: « Aimericus Bruni misit de Jhcrusalern in Altasvalles de oleo quod ex uberibus imaginis sancte Dei genitricis emanat ». [Inv . des reliq. de l'abbaye d Altavaux, xu‘ siècle). Deux mentions distinctes dans le même inventaire font supposer deux reliques dilférentes: en tous cas, l’origine n’était pas identique.
Les Analecta juris ponlijicii, t. VU, col. 254, n° HOo, ont publié un décret de la Sacrée Congrégation des Rites, qui ordonne de couvrir une image de la \ierge, que l’on disait avoir répandu de l’huile à Acaja, diocèse de Lecce (Ueux-Siciles), dans un couvent do frères mineurs. Sans doute, le procès exhibé en faveur du miracle ne fut pas jugé suffisant par les Eminentissimes cardinaux, qui, pour éloigner la foule, prescrivirent de ne pas laisser approclier de ladite image.
Liciew. — Exhibilo processu præsentato circa imaginera quamdam B. Virgims, depictam in muro exislenli in convenlu frairum minorum tenæ
cajæ, Licien. diœcesis, ex qua imagine ferlur émanasse oleum, Sacra .ongregatio mandavit dictam imaginera cooperiri, ita ut nulle modo nateat accessus. Die 9 julii i633.
Plus d’une fois, la ville d’imola dut son salut à la protection du voile de Marie Un dragon, est-il dit dans les archives du monastère, sans rien préciser de plus, ravageait la campagne. Universelle fut la désolation..
|l On résolut donc de faire nn suprême effort pour se défaire de cet animal jl malfaisant-.. Les plus habiles et les plus valeureux archers vont à la recherche du dragon. Ils le rencontrent près de Chiususa... Le monstre les contraint à la retraite... L’évêque Basile réunit le peuple à Ste-Marie m ’ regola, alors cathédrale, et ranime la confiance de son troupeau.. .Prenant le saint voile sur l’autel,... l’évôque est à la tète de son troupeau. ..Bien- |i tôt on rencontre le rapnstre... L’évêque s’avance, fait le signe de la croix J avec le voile sur le dragon et, à l’instant, celui-ci, comme frappé de la
f foudre, saute à terre, jette ses entrailles et meurt. — Un monument de-
f vait perpétuer cette miraculeuse délivrance. On fit élever, dans l’église ' consacrée à Marie, une colonne, surmontée d’une Vierge terrassant sous ses pieds le dragon... En 1121, la colonne commémorative laissa suinter, * pendant longtemps, une huile miraculeuse. L’état désolant de la cité n’expliquait pas trop ce prodige. Imola gémissait sur les discordes sanglantes de ses enfants... Cette voix du ciel fut comprise, les inimitiés cessèrent et la réconciliation se fit. On conserva cette huile miraculeuse et, à son i contact, toutes les infirmités étaient guéries (Durand, l’Ecrin de la Sle- Vierge, 1, 313-315).
« Une petite fiolle, en laquelle y a de l’huilleet y a ung escripteau escript: Del' huillequi issit dulomheaude Nosire-Darne des Ardi! lier s)) {Inv. du "prieuré de N.-D. de Loudun, loo8). Loudun est dans le diocèse de Poitiers et avoisine Saumur,du diocèse d’Angers, oit dans la chapelle des Ardilliers, s’opérait le miracle signalé ici pour la première fois. J’ignore ce qu’était ce tombeau. Serait-ce la cachette où se déroba longtemps la Vierge miraculeuse, si populaire en Anjou et en Poitou ?
La Vierge la plus célèbre est assurément celle de Sardenai, près Damas. Les documents abondent à sou sujet ; plus généralement, la liqueur est appelée Aui/e, mais on trouve aussi lait et sueur (voir à ces mots).
M. Gaston Raynaud a publié dans Romania, t. XI, pp. 519-537, Le Miracle de Sarden.ai, d’après un manuscrit du xui® siècle, qui est à la bibliothèque de Tours. Sardenai était près de Damas, une image de la Vierge y était vénérée dans un ermitage et il en découlait de l’huile, que l’on recueillait dans un vase de cuivre et que les pèlerins emportaient dans des fioles de verre. Cette huile avait la propriété de guérir les malades.
Le manuscrit de Gharleville en rend compte en ces termes :
De ymagine beale Marie de Sardenay... Primo cepit oleum de facle
sudare et postea de toto corpore. Ad quod oleura veniunt infirtni et sanantur,.. K( dicitur de oleo yniaginis qnaiituracumque dividatur quod non minuilur et quod ibi conveniunt Sarraceni in Assumptione et in septembri et orant beatam Mariam secundum legem suam.
Mathieu Paris, dans V Ilinih'aire de Londres à Jérusalem, écrit vers 1244, précise le miracle * :
E i a une ymage peinte de Nostre Dame ot sun enfant à ovre grezesche, dont oille en curt, et quant est vée, devent gumme u char; cest oille est seinte et mescinale.
Le tableau est une œuvre grecque ou byzantine. En vieillissant, l’huile se solidifie comme de la gomme.
Burchard de Strasbourg (Serapeum, t. XIX, p. lo3) la dit odoriférante : « Sed nunc,quod dictum mirabileest,pictura super lignum est incarnata et oleum odoriferum super odorem b&lsami ex ea manat incessanter ». M. Raynaud dit fort à propos: « Si nous tenons compte de la bonne odeur balsamique répandue par l’image, nous admettrons facilement que cette huile n’était originairement autre chose qu’une gomme rendue par un bois odoriférant, le cèdre peut-être, sur lequel avait été peinte l’image; les exsudations de l’arbre, en se durcissant, avaient produit une sorte de croûte faisant saillie sur le plat du tableau et donnant à la Vierge une espèce d’incarnalion » ou de vio.
Le texte de Tours est en vers français :
E commença meaus à muer Que l’ymage vint en suer Prime en la face de fors E puis après par lot le cors.
La nonain, qui ne volcit perdre Sele suor, commence à lerdre A un Sidoine * que tenoit.
Que plus la tert e plus venoit.
1. Mattliieu Paris, clans son Uistoria major, Paris, 1G44, p. 147, dit, à l'année li04, que Sardenai est à six milles de Damas; une sainte femme (quædumma- Ironu] s’y était retirée; là il y avait une image de la Vierge, apportée de Jérusalem par un moine, qui opérait de grands miracles. — n Sunt autein monachi in quadam monasterii parte, divinuiu agentes officium, sed diç/nitas et maçjisterium sanctiiiwtialium est, propter reverentiarn prædictæ muiieris, quee locuiii ilium prius inliabitavit ; et in lionorem sanclæ Maria? Dei genilicis oratorium l'abricavit.
2. Linge, du latin sindon. Voir ce mot dans mes Œuvres complètes, 1. II, p. 327.
Un vaisel de cuivre fist faire Por estuer sel saintuaire,
E Peule, qui ist de l’image Issi l’estuia corne sage.
Tuit cil qui par dévocion E par voire confession De querre santé se peneient,
E à sel saint leu veneient,
Quel infermeté qu’il eucent,
Ains que d’ilec se remeucent,
Avoient santé recovrée.
Geste chose est bien esprouvée,
• Quar li eule a isel nature Que totes enfermetés cure...
Si eule n’est pas en séjor,
Ains cort encore nuit e jor,
E chiet en un vaisel de cuivre.
Li moine grec sont en grant cuivre Des malades qui a planté I vont por requerre santé...
e eule querre.
Si en aportent en leur terre
De Surie, en fioletes
De voire qui por ce sunt faites.
Sel tienent en grant saintuaire Les gens, e bien le devent faire.
Lo poète florentin Dolcihene, dans son Ave Maria, édité à Pologne en 1858, p. G, dit qu'il lit le pèlerinage de la Vierge de Sardana :
« Presse a Domasco, a diciotto miglia,
Vidi (et provai una gran maraviglia)
Santa Maria di Sardena dipinta.
Cite geme Polio sanza cosa infinta ».
L’éditeur ajoute en note; « Questa superstiziosa narrazione, scrivesi diversamente nel Vïaggio di Niccolo Frescobaldi, [alla in Jùjitlo e in Terra sanla ; vi si dice invece che quella imagine «gittava gocciole di sudore ».
Ludolf de Sudlieim, dans le De ilinere Terre sancf.e, consacrait, au XIV' siècle, un chapitre spécial à l’image de Sardenay;
De icona B. M. V. in Sardenay. De Damasco proceditur minus quara
duobus (liebus ad montem Seyr, qui nimcdicitur Sardenay ; ibi incacumine raontis est monaslerium grecorurn moiiachorum et monialium in honore Marie conslructiim. .. . Ubi rétro majus allare est tabula lignea, in qua ycona vel ymago beale Marie ab humbiiico et sursum est depicta, que nunc est osculis denigrata, quod vix ymago apparet fuisse, Hec dicitur yconia iiicarnala, quod dicunt marailias carneas habuisse, ymo utiquenon estita, vcruin tarnen proplcr istam ymaginem illud moiiasterium est constructura et adliuc Üominus rairacula operatur. Ipsaque ycona adhuc resudat oleum, valeus iii salutem mullorum; ipsum quoque oleuni nunc mutatur in lac, mox in sanguinem et a nantis portatur in mari, quod efficax est contra maris et aeris tempestatem. De origine istius yconie nota quod olyin, tempore christianorum, quedam matrona in monte Seyr in servicio beate Marie Virginis solitariam vitam ducens, sociam suam,quæ Jérusalem et alia loca sancta visilare intendebat, devota rogavit ut portaret sibi tabulain in qua picta esset ymago beate Marie Virginis, de Jerosoüma aportans. Accidit autem ut leo in via invaderet feminam apportantem ac ilia tirnens leoni yconiam ostendit, tune statira leo mortuus cecidit. Venit igitur ad illara solitariam et interrogata utrum portasset ymaginem pro qua rogaverat, ilia negavit, cupiens sibimet retinere. Cum autem vellet abire, hostia domus exire non poterat, donec veritatem confessa ibi solitarie ymaginem presenlaret. Quara devote suscipiens in suo oratorio collocavit ipsamque cottidianis precibus et lacrimis honoravit ; tune ipsa yconia oleum sudare non cessavit. Morlua ilia solitaria, in codera loco in honore B. M. V. predictum raonasterium est conslrucluin {Archiv. de l'Orient latin, t. U, Documents, pp. 316-362).
J’ai relevé les mentions suivantes de î’Iiuilc de Sardenai dans les trésors d'églises :
Aü(iSBOURG (Bavière). Dans l’église de S.-Udalric, reliquaire portant cette étiquette: « Oc oleo miraculoso Beatæ Mariæ Virginis ».
Ci.AiRVAix. — De Mésembrie à Constantinople, en D20B, fut transporté à Clairvaux: « De oleo imaginisB. M. V. ultra Damascum » (Méin. de la Soc. des Anlïq. de France, i. XXXVl, p. 200). En 1318, fut donné à l’abbaye avec d’autres reliques: « De oleo S. Marie de Seldellena » (Lalore, p. 54, Trésor de Clairvaux). — « De oleo S. Mariæ de Seldellena » {Inv. de 1548). — « Dans cette boëte est aussi une petite phiole de verre dans une bourse, à laquelle est attaché un parchemin, sur lequel est écrit de caractère presque effaeé ; l)e oleo quod émanai de imagine B. Marie apud Sarracenos, ultra Damascum, quod altuiit frater Ariawlus, iniiio XIII seculi. On lit dans un endroit de cette boëte: Perlinentia ad beaturn patrem nos-
tnun Dernardum » ^ {Inv. de 17-41). Ultra Damascum, répété deux lois, ferait songer à la Vierge de Sardciiai,et Sarracenos à une altération de Sardenai.
Clu.xy. — J’ai cité plus haut, p. 298, le Dictionnaire critique des reliques et des images, qui appelle baume la liqueur miraculeuse et donne à la Vierge le nom de ]\otre Dame de Z^amas, parce qu’elle était près de cette ville.
Licufield. — « De oleo Sardine » [Inv. de la cath. de lÂch/ield, 1345, n» 20j.
Lirei. — Un acte de 1408 enregistre « un vase d’argent doré, où il y a des fioles d’huile de Nostre Dame deSardonnay »,dans l’église de Lirei {IJiérothonie de J.-C., 1031, p. 107).
S. Alban. — « Item, de oleo ymaginis sanctæ Mariæ apud Sardeneyam » {Monastic. Anglican., t. II, p. 230, Inv. de S. Alban, xin® siècle).
S. Bon. — J’ai trouvé en Savoie, dans l’église de S. Bon, parmi des reliques de Terre sainte, une huile ainsi nommée par une étiquette du XV® siècle: « De oleo beate -Marie de Saranai ».
S. O.MER. — <f Item, de oleo beate Marie de Sardenai » (ftw. de N.- D. des mu'ades, à St-Omer, 1347).