Passons maintenant aux Saints
Gœrres mentionne, dans sa Mystique divine (t. I, pp. 293-298), un bien plus grand nombre de saints, de bienheureux ou de véritables (vénérables?) serviteurs et servantes de Dieu, dont les ossements ont semblé doués d’une nouvelle vie, « ossa eorum pullulent de loco suo » {EccH., XLIV, 12) par l’huile surnaturelle qui en découlait et qui rendait leur sépulcre glorieux: Isai., XI, 10 (Collin de Plancy, p. 386).
Ste Ag-vtue. — M. Robault de Fleury, dans Les Saints de la Messe, II, 72, reproduit, planche XXXIII, sous deux faces, une fiole allongée, du genre des balsamaires, qu’il décrit ainsi :
Graven Mareherein (province du Lu.xembourg). Le Père Willheim,mort après 1674, nous a conservé le souvenir d’une relique bien précieuse de Ste Agathe: De phiala reliquiarum S. Agathæ,v. et ?n. dissertatio,ductore
1. « -\rnoldus Lubecensis, Chro7iicon Slavorum, lib. vu, cap. 10. — Matlhæus Parisiiis, Hist.ampl., ad ann. 1204. — Baronius, Annal, eccles., ad aiin. 870, t. X, p. 457. — Gumppenberg, Altas îiarianus, Centur. viii, pp. 730 et 707. — Bourassé, Summa aurea de laudib. B. V. M., xii, 324-326, 380. — Geoffroy de Gourion, Le Livr. des reliq. de S. Pierre le vif de Sens, p. 28. »
Alex. Wiltliemio, Soc. Jesu presbytero; Anguslæ Trcviiorum, 1656. C’est une ampoule que possédait Charles HachI, pasteur de Graven Marclieren ; Willheim se la fit donner et la publia à Trêves en 1056. 11 entre à ce sujet dans de longues considérations sur l’usage des chrétiens de conserver le sang des martyrs, usage aujourd’hui authentiqué par la science. 11 n’y aurait rien d’anormal à ce que cette tiole ait été choisie pour cette fonction, ni même rien d’étonnant à ce que les fidèles aient pris en cette circonstance un des ustensiles en usage chez les anciens pour recueillir les larmes dans les cérémonies funèbres. Wiltheim la compare à une fiole conservée à Beaurepaire, dans les environs, et qui avait été rapportée en 1222 du mont Sinaï avec de l’huile de Ste Catherine; elle avait la même forme. Il est probable qu’elle fut apportée en même temps et elle devait sans doute aussi contenir de Tliuile. Une légende de parchemin y était attachée, avec les mots en caractères du xv“ siècle: De santa Agaiha virgine.
S. A.mbroise. Son liiiile est enregistrée deux fois dans les Inventaires de Notre-Dame de Lens, an xv® siècle:
Item, une relique de cristal, où il y a de olco sli Ambrosi. — Item, une relicque, où il y a del oie sainct Ambrose et est toute d’argent.
S. André, apôtre.
Grégoire de Tours raconte que de son temps il coulait du tombeau de S. André, le jour de sa fête (30 novembre), une huile très odoriférante. Lorsqu’elle sortait abondamment, c’était l’assuré présage d’une année fertile. Si le tombeau était avare de cette précieuse liqueur, on pouvait s’attendre à une grande stérilité. Les possesseurs de reliques de S. André n’ont pas tous laissé perdre ce miracle. A Amalti, on distribuait, il n’y a pas quarante ans, aux pèlerins qui payaient, de petites fioles d’huile qui découlait, disait-on, des os du saint apôtre. Cette huile, (jue peut-être on pourrait encore se procurer, est un spécifique contre toutes les maladies (Collin de Plancy, I, 22).
S. Antipas, martyr à Pergame, au siècle, tut enterré dans l’église de cette ville. Si Ton en croit les légendes grecques, son tombeau jetait sans cesse une huile miraculeuse, qui était un préservatif assuré contre l’incendie et un excellent onguent pour la brûlure. Il faut observer que le saint avait été brûlé dans un taureau d’airain (Collin de Plancy, 1, 52j.
B. Avrald C — De l’ordre des Chartreux, il devint évêque de S.- .Tean de Maurienne (Savoie) et mourut en 1138. Il fut enseveli dans sa cathédrale, près de la sacristie. Son tombeau de marbre, m’ont assuré les chanoines, suintait autrefois de l’huile dont on se frottait
1. Son nom s'écrit aussi Heraud : le P. Cahier ne le cite pas.
les yeux, afin d’obtenii- la guérison ou d’écarter la souffrance.
Les Bollandistes me fournissent cet autre témoignage, qui atteste un fait passé et qui a laissé sa trace sur la pierre du tombeau:
Quibus accedit (reliquiis) fons olei e lunuilo S. IleralJi, vulgo saint Ikraud, episcopi Mauriaiiensis, raanantis : cujus olei vestigia adhuc cunclis parent in lapide superpcsito. . . . Dicitur sepullus fuisse anno Uoniini MGXXVII {Acl. SS. Juhii, t. V, p. 77).
S. Baboleiiv, abbé de S.-Maur des fossés près Paris, vivait au vu® siècle. Ses actes portent ceci :
In præfala Dei Genitricis ecclesia, in qua idem præcipuus confessor sepullus quievit, oleum mullis diebus et aimoruin curriculis de lapide ejus sacii mausolei manavit, quo infirmi variis languoribus oppressi liniti pristinæ statim sanitati reddebautur. Cum vero hoc ad laudem nominis sui et ad declarandum sancli viri meritum Christus operaretur, accidit ut die quadam sacerdos, sacro velatus indumento, illuc accederet et improvide ipsum quo erat indutus vestimentum, eodem liquore intinclum redderet Liquor subsistit et lapis aruit (Bolland., in vita, p. i82).
Du Gange renvoie au Liber miraculorum, cap. 3.
S. Dlaise, évêque de Sébaste. Son corps est à Maratée, au royaume de Naples. II en sort continuellement une liqueur salutaire qui guérit les paralytiques (Gollin de Plancy, I, 9o).
S. Be.noit. — Son office rythmé, dans un grand nombre de bréviaires du XII® au XV® siècle, contient, dans la o® antienne du 2® nocturne, une allusion à une huile miraculeuse (ürcves, XXV, 146):
Pavent cuncta Benedicto ;
Vas sponle manat oleo,
Fugit vita, spernit terra Ejus privatum gralia.
S. Démétrius, martyrisé à Thessalonique, au commeucemcut du IV® siècle, a sa fête fixée au 8 octobre. Sur son huile, voir les Bollandistes, à ce jour, pp. 73-78 et 206. Son corps reposait en 1200 dans une église de Constantinople, où le vit Antoine de Novgorod. Robert de Glari, qui le vénéra à la sainte chapelle de Bucoléon, dit que son imagecc peinte sur une taule, si rendoit tant d’oile que on n’ensavoit tant oster comme il decoroit de chel yihage » (Riant, Exuv., II, 226, 231). Celte huile se vénérait dans les lieux suivants, comme il conste des inventaires :
Clairvaux. — Voir Lalore, Trésor de ClairvauXf p. 82:
Un reli(jnaire de vermeil semblablement fait. Haut de sept poulces, trois lignes. Le pied rond a de diamètre quatre poulces, trois lignes. On lit à travers le cristal, au haut du loco ou muscade: De oleo S. Dnncirii, m. [Inu. de 1741, n“ 103).
Douai. — « De oleo S. Demetrii » {Jnv. de Douai, 1220, apud Pertz, t. XXIY, p. 29).
Saint Alhan. — Au xiii® siècle, à S. Alban, en Aagleterre, il y avait « de oleo sancti Demetrii » {Monaslic. Anglican., t. II, p. 236).
Salonique. — Didron écrivait eti 1846 {Annal. ai'ch.,lA\,p. 301);
(( A Saloni(|ue, nous avons vu sortir des reliques de S. Démétrius, honorées dans la grande basilicjue qui porte son nom, de l’huile parfumée » .
Soissons. — Parmi les reliques rapportées par Lambert de Noyon, chapelain de Beaudouin 1. de Constantinople à S.-.Tean des vignes, à Soissons, l’authentique mentionne: « Unum vas argenteum, in quo oleuni sancti Demetrii continetur » (Exuv. sacr. Conslantinop., II, 61).
Troges. — Faisait partie du trésor de S. -Etienne, à Troyes, la ch<âsse de S. Démétrius, comme il résulte de cet article d’inventaire {.\nnal. arch., XX, 81);
(( .\ l’un des côtés (de la châsse), il y a un trou par lequel entre une grande aiguille d’argent, qui touche au c(pur de S. Demètre».
Voici des variantes de ce tc.vte important; Le catalogue des reliques de S. -Etienne de Troyes porte au xvU siècle; « Le précieux cueur S. Démètre, lequel gette huile et garyt des yeux ». Celui de 1700 est plus explicite: « Un reliquaire d’argent, doré en quelques
endroits Au milieu du devant il y a un rond, travaillé en lili-
grame, dans lequel il y a la ligure d’un cœur, couvert de cristail ; aux deux coslés du rond, il y a deux images gravées, l’une de S. Esticnne, l’autre de S. Démètre. ... A l’un des côstés, il y a une ouverture, par laquelle entre une aiguille d’argent, qui toucheau cœur de S. Demètre, martir^ qui est dans ce reliquaire » (n° 491).
Le P. Garrucci s’exprime ainsi dans la Sloria delCaide cristiana, 1. 1, pp. 539-540 :
L’image de S.Mesnas, qui se conserve actuellement à Sassoferrato, est attribuée au temps de l’empereur Justinien ('o27-56o). C'est une t.iblelte
d’argent doré, au sommet de laquelle se conserve, dans un petit vase, la manne du saint martyr, dont l’image est au-dessous. On y lit an côté gauche (en grec), une prière de Justinien, dans laquelle il demande à S. Démétrius qu’il lui serve de patron auprès de Dieu et lui obtienne la victoire sur ses ennemis. . .
Comment expliquer que la prière à S. Démétrius soit faite par Justinien? 11 ne nous paraît pas étrange que ce soit la copie d’une prière qui aura eu quelque célébrité et, partant, quelqu’un aura voulu la reproduire pour une circonstance analogue, où on aurait dû au moins changer le nom de l’empereur. . .
La seconde épigraphe qui va à droite se complète par les paroles gravées sur la panse de l’ampoule qui y est nommée : to afiOiV Mvpon ^VTIl H GAMNOC 'lEPEI MVPON AFION EK TOV 'PPEATOG ANTAHCAVa EN n TO EQMA TOV MVPOBAVTOV0E1OV AIIMIITPIOV TOVTO ANAP.AVZON KEITAI EXTBAtON lAVMACIA IIAÏH TII OIKOVMENH KAl TOIG nOlGOIS.
Que l’image soit de S. Mennas, c’est possible, puisque le P. Garrucci l’affirme; mais je conteste que la manne soit de ce saint martyr, pour deux raisons : d’abord parce qu’il n’y est pas question de la manne de S. Mennas, tandis que celle de S. Démétrius, très connue, est spécifiquement désignée par la prière et l’inscription.
Dans l'inscription de S. Démétrius, le tombeau est appelé opexp, qui signifie puits ou fontaine. Nicétas (in Andronico,], n®7) dit de S. Démétrius « le martyr myroblite ».
S. DiniER, voir à Fau.
S. Denis, évêque de Paris, et ses compagnons Rustique et Eleuthère : « Lagenula olei sancti Dionisii et sociorum, martyrum » tjnv. des reliq. de la cath. de Tournai, 16()1, no 1).
Ste Edigne, vierge en Bavière, mourut en 1109. Le tilleul dans lequel elle s’assit pour se cacher répandit de l’hiS^ après sa mort.
Consedit , cavo tiliæ trunco plerumque abdita ; quæ, imbuta virginis sanctitate, a morte ipsius oleum, quod panaceæ vicer^ essef, fudit. Id simul ac vend! cœplum est, fonlem avaritia arefecit (Bolland., t. VI, p. 674, 26 febr.)
Ste Elisabeth de Hongrie. — Du Gange, Cahier.
Le 28 avril 1236, quand on ouvrit le caveau où était la tombe de sainte Elisabeth, à peine la pierre qui la fermait eut- elle été soulevés qu’un délicieux parfum s’exhala de ses dépouilles sacrées... On l’avait ensevelie sans arômes ni parfums quelconques. . . Le 1®'' mai, on éleva le corps de terre... Le lendemain matin, en ouvrant la châsse, scellée du sceau des évêques, où reposait* le saint corps, on la trouva inondée d’une huile e.v-
T. XIV
trêmenient subtile et délicate et qui répandait un parfum semblable à celui du nard le plus précieux. Cette huile coulait goutte à goutte des ossements de la sainte. . . A mesure qu’on recueillait ces gouttes et qu’on les essuyait, il eu reparaissait aussitôt d’autres presque imperceptibles... Cette huile précieuse fut recueillie, avec un soin religieux et un zèle immense, par le peuple; beaucoup de guérisons furent obtenues par son emploi dans de graves maladies ou pour des blessures dangereuses (Cte de Montalembert, Ilist. de S(e Elisabeth, pp. 312-317).
Ste Élisabeth de Hongrie. Il sortait continuellement de son corps, qui était à Mayence, une sorte d’huile tpii guérissait tous les malades, lorsqu’ils s’eu frottaient avec dévotion. On montrait des fioles de celte huile dans plusieurs couvents de la Basse-Allemagne (Collin de Plancy, I, 272).
Ce fait ligure dans riiymnologie, au moins deux fois :
Hymne du xiv^ s. (Dreves, III, 100) :
Ob pietatis opéra Tu oleo manasti Post mortem et innumera Miracula patrasti.
Ilymn. Lignilien., xv® s. (Dreves, XXIII, 165) :
Cujus membra fluunt flumen ollvi,
Quod cum lætificet quosque fideles,
Tristat perfidiem schismatis atri.
S. Eloi. — On montrait dans quelques églises des flacons pleins de l’huile sainte qui découla du tombeau de S. Eloi. Cette huile guérissait les malades et brisait les chaînes des prisonniers qui avaient la précaution de s’en frotter (Collin de Plancy, I, 275).
B. Ernest. — Je découpe cette notice dans l’Ami du clergé :
Le prince Ernest de Parduliez, 1®‘‘ archevêque de Prague, légat du Saint- Siège, conseiller et premier ministre de l’empereur Charles IV, illustre par sa naissance, ses dignités et ses honneurs, non moins illustre par ses vertus et sa vaste science, fut favorisé du don des miracles et des prophéties. Son immense charité lui fit donner le nom de père des pauvres, un grand nombre de riches abbayes lui durent leur fondation. Proposé et demandé par plusieurs cardinaux pour le Souverain Pontificat après la mort d’innocent VI, il n’accepta point ce redoutable honneur, et ne se ré" signa qu’avec peine à recevoir le chapeau de cardinal que le B. pape Urbain V lui imposa. — Animé d’une tendre dévotion envers la sainte Vierge, il composa un livre en son honneur (Mariale), où il défendit entr’autres avec énergie le privilège de l’Immaculée-Conception, et enrichit de dons magnifiques le sanctuaire de Glatz,où s’était écoulée son enfance. — Né en 1300 à Chotaun ou Chotun, non loin de Prague, il mourut dans
sa ville archiépiscopale le 30 juin 136i, et fui inhumé, sur sa demande, à Glatz, devant 1 image de la Vierge qui l’avait favorisé d’un miracle tandis qu 11 était enfant de chœur. Son tombeau, formé d’im seul bloc de marbre fort dur, s est miraculeusement brisé, et il en est coulé de l’huile et comme de la sueur humaine.
La vie de ce saint personnage a été écrite en latin par le R. P. Balbino de la Compagnie de Jésus, et imprimée à Prague en 1664. ^
Le schisme d’Occident qui ne tarda pas à diviser l’Lglise, et les troubles et calamites de toutes sortes qui désolèrent la Bohême et l’Allemagne pendant les guerres des Ilussites, ne permirent pas de mettre sur les au-
tels et d inscrire au catalogue des saints ce vénérable Prélat Mais t’ai fout lieu de croire qu’actuellement le diocèse de Prague l’honore comme Bienheureux.
S. Ltienne, roi de Hongrie. — Dans une première ouverture de son tombeau, on trouva son corps nageant dans de l’huile rousse; à une ouverture postérieure, le corps était réduit en poudre, excepté un bras qui s est conservé intact chez les Hongrois ^Collin de Plancy, I, 292j.
Ste Eüphémie. Voir à Sang.
S. Faustix, évêque en Calabre, mort sous Constantin; l’huile de son tombeau délivrait des maladies et des tentations.
Lx sepulcro cœpit oleum redundare quoddara tanfæ virlutis ut cum omni morborum generi tum universis etiam animæ tentationibus occurreret (Bolland., t. XXXI, p. 536, 24 juillet).
S. Fémx de Noue. Après sa mort, son tombeau jeta de la lumière et il en sortit une huile qui guérissait comme de juste tous les malades. Il y a plusieurs siècles que cette huile ne coule plus (Collin de Plancy, 1,310).
S. François de Sales, évêque de Genève. —Il sort de celui (du cœur) de S. François de Sales une huile parfumée qui adoucit les douleurs, surtout celles de l’âme {Histoire de Ste tJhnntal et des origines de la Visitation, par l’abbé Bougaud, 1874, t. Il, p. 627.)
S. Guillaume, évêque d’York, mort en 1154, est cité par Benoît XIV, qui renvoie aux Bollandistes.
liftluenle de corpore ejus oleo salulifero, Deus oplimus per ejus mérita pluriraa pro infirmis operatus est miracula. — Sanctissimum corpus ejus, de quo per lapidis duritiem oleum frequentius resudibal, inter lapides informes tenebatur inclusum (Bolland., t. XXI, pp. 140-141).
Les Bollandistes (t. II, jun., p. 13d) repro luisent la bulle de canonisation, où se lit ce passage relatif à l’huile qui sort do sa tombe et guérit des infirmités « : Sepulcruui ejus olei ubertate pingues cebat,quo ægri complurcs inuncti a suis- infirmitatibus suut sanali.»
Le même fait se confirme par ce répons de son office au xv® siècle (Dreves, Anal, hijmn., XIII, 260) :
Vivura Christus oleo tara large linivit Qnod adhuc in raorluo olei fons vivit;
Ut sil noinen præsulis oleum efïusum.
Corpus fundit oleum ad ægroruni usum.
Adit sancti tumulum languidorum cœtus Et qui plangens venerat, plaudens redit lætus.
Præsulis aniidolum præsens est egenis,
Quo devotos libérât pliiribus a pœnis.
Ste IIedwige ou Avoye, duchesse de Pologne, morte en odeur de sainteté en 1243. — Viogt-cinq ans après sa mort, IIedwige fut déclarée sainte. On déterra son corps, qui répandit une excellente odeur, quoique déjà tout pourri, à l’exception de trois doigts de la main gauche qui tenaient une petite image de la Ste Vierge, qu’elle avait toujours avec elle comme une amulette. Sa tête distillait de l’huile d’olive, qui fit beaucoup de miracles (Collin de Plancy, 1, 390).
S. Hugues. — Le miracle de l’iiuile est énoncé dans les mêmes termes que pour S. Nicolas, dans VO^'al. Thosamnn, au xv® siècle (Hreves, Xll, 130) :
Cujus tumha fert oleum,
Matris olivæ nescium,
Quod natura non protulit Marmor sudando parturit.
S. Jean l’Aumomeu, cité par le P. Cahier :
Au viii® siècle, le tombeau qui renfermait le corps de S. Jean l’Aumônier, patriarche d’Alexandrie, mort sous l’empereur Iléraclius, distillait une huile miraculeuse dont se servaient les malades pour la guérison de leurs maux (Ue.s,s. des fidèl., 1884, p 383).
S. Jean de Hevehuey, archevêque d’York, mort en 721; l’huile ne coula qu’un jour, à la fêle de S. Bernard.
Anno Domini MGCGXII de tumha S. Joannis oleum emanare usque in horam diei sequentis terliamnon cessavit (in festo S. Bernardi); et multos cæcos inde linitos, meritis viri sancti, visum recipere fecit (Boll., t. XIV, p. 192,7 mai.)
B. Jean-Marie Tommasi. — Dans le sépulcre du Bienheureux cardinal Jean-Marie Tommasi, mort en 1713 et enseveli à Rome dans l’église de S. -Martin ai Monli, on trouva une assez grande quantité d’une huile entièrement semblable (à celle de Ste Madeleinede Pazzi)
et qui s’est conservée sans aucune décomposition jusqu’à nos jours. Le trésor de l’abbaye de Solesmes possède une fiole de cette huile.
Ste Lutgarde.
Dans la vie de Ste Lutgarde, cistercienne du Brabant, qui mourut en 1246, on lit quelque chose de plus extraordinaire. La grâce inondait son ùme et son corps avec une telle plénitude qu’il sortait de ses doigts, du* rant sa vie, une liqueur blanche et e.mbaumce, semblable à de l’huile. Bolland., ad diera XVI junii. {Mess, des fidèL, 1884, p. 386).
S. Mammès. — Vénéré particulièrement à Langres.
« En une petite feuille * de verre, de la liqueur du corps ^lonsg'’ Sainct Mammès, apportée du lieu où il repose » {Inv. de la calh. de Langres, loi 3).
Marie-Marguerite des A^ges. — La fondatrice du prieuré des Carmélites d’Oirschot dans le Brabant Hollandais, naquit à Anvers, en 1607, et mourut en 1637. Huysmans, dans la Cathédrale, pp. 139- 148, lui consacre un long article, dont voici un extrait:
Elle a tant aimé le S. Sacrement,. . . . qu’elle défaille, en pensant qu’après sa mort elle ne pourra plus, avec ce qui subsistera d’elle, le prier encore. L’idée que son cadavre pourrira inutile, que les dernières pelletées de sa triste chair disparaîtront sans avoir servi à honorer le Sauveur, la désole et c’est alors qu’elle le supplie de lui permettre de se dissoudre, de se liquéfier en une huile qui pourra se consumer, devant le tabernacle, dans la lampe du sanctuaire.
Et Jésus lui accorde ce privilège exorbitant, tel qu’il n’en est point dans les annales des vies des saints; aussi, au moment d’expirer, exige-t-elle de ses filles (jue sa dépouille, qui doit être exposée selon l’usage dans la chapelle, ne sera pas enterrée avant plusieurs semaines. . . .
Les rapports des médecins sont si précis que nous constatons, jour par jour, l’étal du corps, jusqu’à ce qu’il tourne en huile, et puisse remplir les flacons dont on versait, suivant son désir, une cuillerée, chaque matin, dans la veilleuse pendue près de l’autel.
Quand elle mourut, .... le corps se conserva souple et flexible, mais il gonfla. Les chirurgiens l’examinèrent et l’ouviirenl devant témoins. Ils s’attendaient à trouver le ventre bondé d’eau, mais il s’en échappa à peine la valeur d’une demi-pinte et le cadavre ne désenfla point
1. Feuille n’esl plus emploi e, mais son diminutif est resté dans notre langue, feuillelle, qui a son '’.quivalent dans l’italien foliella. Fureliére a ces deux détinitions : « FeuiVetle, certaine mesure de vin. — ün appelle du vin de deux feuilles, de troi^ feuilles, etc., du vin de deux ans, de trois ans, etc., parce que la vigne a c’aaugé deux fois, trois fois, etc., de feuilles pendant ces deux, ces trois années ». Feuille dérive de phiala, qui a produit fiole.
Non seulement la morte ne dégagea aucune odeur de putréfaction, mais encore elle continua à embaumer, comme de son vivant, une senteur innalysable, exquise.
Prés de trois semaines s’écoulent et des cloches se forment et crèvent, en rendant du sang et de l’eau; puis l’épiderme se tigre de taches jaunes; le suintement cesse et alors l’huile sort, blanche, limpide, parfumée, puis se fonce et devient peu à peu couleur d’ambre. On put la répartir en plus de cent fioles, d’une contenance de deux onces chaque, dont plusieurs sont encore gardées dans les Garmels de la Belgique, avant que d’inhumer ses restes qui ne se décomposèrent point, mais prirent la teinte mordorée d’une datte >.
Ste Marie-Madeleine de Pazzi, carmilitc à Florence, morte en
En 1608, son corps lut e.xhumé et transféré dans un autre cercueil. Pendant douze ans, une huile parfumée coula de ses genoux, les religieuses la recueillaient avec des linges.
Octavo post die secutum est prodigium aliud. Cœpit enim de sub genibus deorsum stillare corpus liquorem oleaceum suavissimi odoris, qui pannes olei instar tingens, eisdem similem fragrantiam communicabat. Ilunc liquorem cum aliter colligere sanctimoniales nescirent, supponebant tibiis defunctæ pannosquos sic humectes devotis personis distribuebant, petentibus aliquas ejus reliqulas. Tenuit autem ilia stillatio annos
omnino duodecim Affirmantes (medici) liquorem et odorem efïectus
esse causæ allioris ac supernaturalis, quod eorum judicium, post diligenlem RomanæRotæ disquisitionem, lllustr.cardinalium Congregatio Sacris Ritibus præposita approbavit (Rolland., t. XVIII, p. 218, 2o mal).
SS. Martyrs. Le puits, qui reçut leurs corps dans l’église de Ste- Marie del campo, à Plaisance, s’emplit d’une huile de suave odeur, dont on se servait pour les lampes et les infirmités des fidèles; elle cessa de couler quand on la vendit et ({u’oii l’appliqua aux animaux.
Est etiam hac in eadern ecclesia (Stæ Mariæ de Gampo, Placentlæ) puteus quidam, in quo plura sanctorum raartyrura corpora,ab impiis christianæ rellgionis persecutoribus occisa, projecta fuere: unde et ad tempus quoddam oleum, confovendis lampadibus coramodissimum atque diversis fidelium intirmitalibus sanandis omnino mirificum, scaturiit; quod taraen humanæ avaritiæ demerllis id exigentibus, quæ in tantam dementiam
1. « A Oberscliot (Hollande). Le corps de Marie-Marguerite des Anges, prieure des Carmélites, après sa mort arrivée en 1658, distilla de l’huile devant le Saint Sacrement, comme il résulte de la relation de l’évêché. On garde 4'i lloles à OerscLot et une fiole de cette huile à Asche, près Bruxelles » (de Sarachaga. Les coUeclions d’hist. et d'art du Mus. euck. de Par atj- te- Monial, Lyon, 1886, p. 59).
præriiperat, ut id, sumpto pretio, etiatn curandis brûlis animalibus applicarel, a plurimis diebus emanare cessavit omnino (Bolland., t. I, p. 80, 2 janv.).
S. Jean Ghrysostome, dans son homélie sur les martyrs, s’exprimait ainsi: « Embrassez le tombeau des martyrs et le cercueil où reposent leurs ossemeiits, car non seulement les ossements des martyrs, mais encore leurs tombeaux et leurs cercueils ruissellent de bénédictions. Recueillez l’huile sainte et oignez de cette huile tout votre corps ». M.Paul Allard, dans Rome «outerrnme, p. 270, entend cette huile de celle qui brûlait dans les lampes devant les tombeaux. 11 me semble que la pensée de l’orateur a une plus grande portée et qu’il est question plutôt de l’huile qui ruisselle de la tombe en manière de bénédiction.
Du Gange parle de martyrs Myroblites sans spécifier et le P. Gabier indique « quatre des martyrs de Mélitine en Arménie » (p. 129).
S. Memer. — « Auprès de hà (Gliypre), bien a vij milles est le corps de Sainct Memer,dont huille sort moult vertueuse » {Les Stes pérégrin. de Jérusal., 1488).
S. Mennas. — Dès la fin du vi® siècle, S. Jean Glimaque, abbé des moines du Mont Sinaï, raconte, dans le quatrième degré de son Echelle du Paradis, comment, visitant un monastère de Syrie, peu de temps après la mort d’un saint moine appelé Mennas, il fut témoin d’une grande merveille : « Pendant que nous faisions, dit-il, le service divin pour ce moine vénérable, le troisième jour après sa mort, le lieu où était déposée sa dépouille se trouva tout à coup rempli d’une odeur des plus suaves. L’abbé permit alors d’ouvrir le cercueil et nous vîmes couler des deux plantes de ses pieds comme deux sources d’un baume très odorant ». Bolland., ad diem XXX raartii (Mess, des fld., p. 385).
Wgr de Waal est revenu, à la conférence d’archéologie de Rome, le 9 février 1896, sur la question des ampoules de S. Mennas, qui ne sont pas rares dans les collections et qui ont été spécialement étudiées par Le Riant, de Rossi et Garrucci. Mgr Battandier a rendu compte longuement dans ses Annales Romaines, 189(5, col. 527-529, de cette savante dissertation qui n’a qu’un tort, eelui de ne voir dans cette huile, rapportée eu souvenir des pèlerinages, que de l’huile des lampes, comme celle envoyée par S. Grégoire à la reine Théodelinde et de trop vieillir les ampoules de terre qui la contenaient.
Le texte do S. Jean Climaque lève tout doute sur la provenance et le P. Garrucci descend au iTioyen âge ce qu'onavait attribué à l’époque de Justinien: « Ho tolto dall’epoca di Giustiniano il reliquario di S. Menna per assegnarlo ai secoli XIII o XIV » (Sior. dell'arte crist., VI, 4).
Ces réserves faites, je n’ai plus qu’à copier à la lettre l’explication donnée par le fondateur du Musée Teutonique, au Campo santo des Allemands, près le Vatican:
La légende nous dit que S. Mennas, originaire d’Egypte, ayant abandonné le métier des armes, se retira dans le désert de Lybie pour se préparer au martyre qu’il souffrit sous la persécution de Maximus üalerius. Dans sa Storia delVarle crisliana, Garrucci donne, à la planche 410, une pyxide provenant de Rome et probablement de l’église de S. Mennas, où S. Grégoire le grand récita sa 33® homélie. Celte pyxide présente le martyre où figure le saint, ce qui nous indique combien était grande la vénération dont était entouré S. Mennas, non seulement en Egypte, mais dans tout le monde chrétien et explique le grand nombre d’ampoules provenant de son tombeau; il y a quelques années, deux exemplaires furent trouvés à Kertsch en Russie.
Ces ampoules, originaires d’Egypte, portaient la figure de S. Mennas, On en a trouvé en divers endroits, à Montauban, à Marseille, à Aix et à Turin
Les chrismaria de S. Mennas portent, pour la plupart, la figure du saint en costume militaire, les bras étendus en forme d’oranle et ayant à ses pieds deux chameaux agenouillés, symbole de la Lybie et du culte de ce saint. Ou y ajoute parfois une inscription grecque: OATIOC MfLXAC, et au revers blYAOI lA TOY Al'lOY MUNA ou, plus simplement, TOY Al’lOY MllNA, sous entendant
M. de Rossi fait la classification chronologique de.ces formules, considérant comme plus aiiciennes les ampoules qui ont l’épigraphe entière, puis celles qui ont l'épigraphe abrégée et enfin celles qui sont sans épigraphe, anepigrapha.
Il fixe aux vie et vii® siècles l’époque où on a fait ces ampoules. On a trouvé d’autres exemplaires avec le monogramme du Christ et le mot abrégé MAPI’ ajouté au nom du saint. Ou considérerait celle classe comme le tyjie pnneeps. Une variété, étudiée par Le Riant, laisse lire l'û'/.o/ia Xa^vju.irn Ti'j ây-.cj Mr.vct, bénédiction prise de la tombe de S. Mennas (Ru//. ,
1. M. Joseph Denais en a offert une au Musée de Beaufort (Maine-et-Loire) qu’il a fondé; il l’a rapportée d’Orient et, m’ayant consulté sur sa date et sa destination, j’ai établi nettement ce qu’eu pensent les archéologues les plus autorisés.
11 faut noter le sens du mot eidojia, qui n’est pas toujours synonyme d'eucharistie. Dans la Peregrmatio Sanctæ Sthuæ,on lit : « Dederunt nobis presbyteri ipsius loci (Sinai) eulogias,id est de pomis quæ in monte nascunlur ».
Quand le R. P. Bruzza trouva dans le tombeau de S. Mennas une ampoule portant d’un côté la ligure de ce saint, de l’autre le monogramme lIcTpc;, célèbre évêque et martyr d’Alexandrie, M. de Rossi en prit occasion pour faire une étude de ces vases qu’il proposa de nommer chrismaria.
S’en tenant à la classification précédente, Mgr de Waal présente à la conférence d’abord cinq échantillons de ces ampoules qu’il a récemment achetés pour le musée Teutoniqiie. Trois ont l’inscription entière EjXo-via Tciü Mr,va; deux, l’inscription abrégée. Sur quatre exemplaires, le revers porte l’image de S. Mennas, vêtu d’une chlamyde militaire,en forme d’orante, avec deux chameaux à ses pieds. Sur deux ampoules on voit aux côtés du saint de petites croix. Cinq autres ampoules sont anépigraphes. Elles portent d’un côté la ligure sans nimbe du saint, avec deux croix à droite et à gauche.
Parmi ces ampoules, deux offrent une variante intéressante : l’une, ayant l’épigraplie complète, porte d’un côté S. Mennas et, de l’autre, une ligure sans barbe, de profil; la seconde est semblable, mais la figure est de face. On se demande* si l’on est en présence d’une représentation de la tête de S. Mennas, privée des attributs qui caractérisent d’ordinaire un homme. On pourrait peut-être hasarder la conjecture que les ampoules avec deux têtes diverses d’homme et de femme (au moins suivant les apparences, une sur chaque côté) auraient servi à recueillir des huiles de deux martyrs, S. Mennas et Ste Catherine, célèbre au Sinaï. Celte double utilisation n’est cependant qu’une conjecture.
Ces ch'ivnaria sont de forme ronde, écrasée comme les gourdes des paysans, avec deux anses qui permettaient de les suspendre au cou, comme le font encore actuellement les habitants de la campagne romaine. C’est aussi la forme qu’avaient ces gourdes dans l’antiquité. On en a des échantillons analogues provenant, croit Mgr de AVaal, des Etrusques.
S. Omer. — L’hymne des vêpres dans le Bréviaire de Châlons.au XIV® siècle, parle de la lampe qui brûlait devant sa tombe et (jui s’entretenait d’bnile miraculeusement (Dreves, XIX, 72):
Qui circa tuum tumulum Post hujus vitæ transitum Longo sub usu temporum Lumen dédit continuum.
Divino namque numine Lampas accensa fundere Non cessabal, lucitluum Semper redundans oleum
S. Papiinucl, évêque et martyr en Grèce ; l’buile coulant de ses os avait une verlu particulière contre les démons.
- 3no
Gloriantiir fideles quod adversus dœmones objiciant murum inexpugna-
bilem, dura inungunt se divine oleo qiiod ex ejus lipsanis scaturit
Reliquiarurn luarumtheca, o Clirisli bieroniartyr, lamquam fluvius exundal fluentis curalioniim (Holland , t. XI, p. 620, 19 avril).
S. Paui-, évêque de Verdun, mort en 619, mentionné par Du Gange. Au ix® siècle, « ex eo(tumulo) salutaris quidam liquor, olei instar, manavit, (pio complures ægri curali » (Bolland., t. V, p. 174, 8 (évr.).
S. Pkrpkte, évê([ue de Tongrcs ou de Liège et patron de Dinant, cité par Du Gange et Gainer. Une religieuse belge m’écrit : « Une huile coulait de ses ossements, mais depuis que des soldats français en ont graissé leurs chaussures, le miracle a cessé. C'est ce que l’on raconte dans le pays. La tête du saint est à l’église paroissiale de Dinant, dans une châsse, et le corps sous l’autel dans un sac de cuir f).
n. Pierre Goxz.ai.f.z, dominicain, mort en 1210.
Ex illius sepulchro dicilur oleum aliquando émanasse In hujus
veritatis evidens leslimoniiim oslenditur adhuc in eadem ecclesia (Tudæ) vas quoddam vit'eum, in quo canonici, tune temporis inter vivos agentes, portionem aliquam liquoris illius mira' ulosi recondiderunt (Holland., t. XI, p. 393, lo avril).
L’évêque de Tuy, qui l’avait assisté dans sa maladie, le üt enterrer solennellement dans sa cathédrale. Quand le bruit de la mort du saint religieux se fut répandu, > ne foule immense vint prier sur son tombeau. On apporta des malades qui furent guéris miraculeusement. Plus tard, lorsqu’on ouvrit le tombeau, il en sortit une huile odoriférante, que l’on recueillit avec soin, et qui opéra un grand nombre de miracles. Douze ans après la mort du saint, l’évêque de Tuy dressa une déclaration constatant cent quatre-vingts guérisons miraculeuses opérées sur des lépreux, des démoniaques, des aveugles, des sourds, des muets, et d’autres malades, par le ministère du bienheureux (Vies des saints du Pèlerin).
S. Révérien, évêque, martyrisé à Autuii l’an 272:
Ab eo die quo pretiosum B. Reveriani corpus apparuit, qui omnia creavit ex nih lo, liquorem olei in eodein loco ita jugiter perstillare fecil ut numqinm aliunde ibidem ab hominibus fuisse! oleuin illatum. Quicumque vero ægrotantium fideliter exinde detulerint, statim prislinam recipiuni sanilitem (Holland., t. XX, p. 40, 1 juin).
Ste Rolende vierge. Elle vécut au vu® ou vin® siècle et fut inhumée à (( Gerpiuia », au diocèse de Namur; l’huile cessa de couler à la suite d’un acte d'impiété.
Ad cujus tumulum mullimodo miraculoruni généra coruscantem, gens infinita, eliara a remotis legionibus, lum pro labe corporis tum pro mentis cæcitate purganda avidissime cuciirrit. Corpus autem virgineum stillabat olei sacri transcendente copia, cujus 'eni tactu languenlium curabaulur vulnera. Conligit qi-eradam imporlunum virum et duræ cervicis, de tanta mulliludine gentium pro temporis adstrictione conquestum, sacrum in terra cuiu phyala fudisse oleum, cujus effusionis pœna in ipsum et posteros ipsius originis, nodis in inanibus eorum innatis redundavit, oleumque ipsum in virgine nullateuus comparuit (Bolland.,t. XV,p.2i3, 13 mai).
Ste SiGOLÉNE. — Un jour, le gardien de l’église apporte au sépulcre de Sigoléne un vase de verre ; il le place du côté de la sainte. Le lendemain, le vase s’emplit et au-delà d’une buile merveilleuse. Ce miracle subsiste encore pour la joie de tous au prolit des fidèles et pour la guérison des malades. . . l’huile miraculeuse coule toujours de ce vase au tombeau où la sainte opère tous les jours des prodiges (Salabert. Les Saints du diocèse d’Albi, p. 327j.
Ste Thérèse. — Le Bréviaire romain s’exprime ainsi à son sujet : K Ejus corpus usque ad liane diem incorruptum odorato liquore circumfusum ».
Elle mourut dans sa soixante-dix-huitième année et, aussitôt après sa mort, son corps répandit une excellente odeur, sa peau redevint fraîche, deux religieuses furent guéries du mal de tête pour avoir baisé ses pieds. — Un an après, on lui coupa la main gauche pour l’emporter à Lisbonne» Son corps, qui sua longtemps une huile miraculeuse, resta au monastère d’Alve, mais on donna les doigts de sa main droite à diverses personnes. Six ans après sa mort, le corps dé Ste Thérèse, ainsi estropié, mais toujours entier et frais, était exposé debout à la vénération publique. Il se dessécha par la suite sans se corrompre. Les carmes déchaussés de Borne obtinrent, en 1615, un de ses pieds qui sue continuellement une huile sainte avec laquelle on procure diverses guérisons (Collin de Plancy,lll, 153, 134).
S. Thomas de Cantorbéry. — A Troyes, il y avait de « son huile » dans un phylactère d’argent doré en forme de poire.
Item, quedara philateria argenlea deaurata, ad modum pere, in qua sunt reliquiæ de S. Thoma, Cantuariensi archiepiscopo, marlirc, de oleo ejus {Inv. de S.-Elienne-de-Trotjes, 1319, n“ 1-75).
S. Tillon Paul, moine en France, au viii“ siècle. « Ë sepulchro oleum manat, » disent les Bollandisles, t. X, p. 380, janvier. — « Ex quo sancto olei liquore multi peruncti illic a diversis sanantur inlirraitatibus ».
S. Vit. On l’appelle aussi Guy, mais son nom latin est Vitus. Oa garde à Rome, dans l’église de S. -Vil, quelques reliques de ce saint dont il découle une huile qui guérit de la morsure des chiens enragés fCollin de Plancy, 111, 192),
Y, — Huile de Ste Catherine*
Tout sujet arcliéülogiiiue, si on veut le rendre intéressant, doit être envisagé non isolément, mais dans son ensembleet dans ses rapports avec les faits ou objets du même genre. J’en aurais bientôt fait si je devais me contenter de décrire et dater l’ampoule de Corrèze : il convient en outre, puis(|u’elle contient de l’huile du tombeau de sainte Catherine, de la classer parmi ses similaires et de montrer que cette distillation, si pieusement recueillie, fut vénérée eu nombre d’endroits désignés par les chroniques et les inventaires. De la sorte, cette étude sera aussi complète que possible.
1. Parmi les myroblites, sainte Catherine, l’illustre vierge d’Ale.xandrie, pendant tout le moyen-âge, a joui d’une popularité insigne-. Le Pèlerin, dans sa Vie des Sainls, consacre à son martyre quehiues lignes, <jui sont comme l’écho do la tradition :
Les bourreaux lui tranchèrent alors la tète. Or, les assistants virent Sortir de son corps virginal du lait au lieu de sang.
Le Seigneur, exauçant la dernière prière de son épouse, envoya ses anges prendre soin de sa dépouille mortelle. Aussitôt que son martyre fut consommé, ils enveloppèrent avec respect ce corps vénérable, et, le prenant dans leurs mains, ils l’emportèrent sur le sommet du Sinaï, qui est à plus de vingt journées de marche, et ils l’ensevelirent avec honneur. 11 sort continuellement de ses ossements une huile salutaire qui rend la santé à loiisles inlirmes.
Le miracle de la translation des reliques de la vierge Catherine au Sinaï est mentionné par l’Eglise dans l’oraison de sa fêle, qui s’exprime en ces termes : « O Dieu, qui avez donné la loi à .Moïse sur le sommet du ment Sinaï et qui avez miraculeusement fait porter au même lieu le corps de la bienheureuse Catherine, vierge et martyre ; faites, nous vous en supplions, que par ses mérites et sou intercession, nous puissions parvenir à la montagne qui est le Christ ».
1. L’ampoule de Corrèze (Corrèze), lîrive. Roche, 1880, in-8“ de tO pag., avec une planche. Kxlr. du Bull, de la Soc. arch. de la Corrèze, t. VJII, pp. 107-173; tir. à part è .00 ex.