‹ Œuvres complètesChapitre 130 sur 215 · AMPOULE EN PLOMB · texte numérisé non relu

AMPOULE EN PLOMB

provenant du mont Sinaï étayant contenu de l’iiuile du tombeau de Sainte Callierine, à Corrèze (Corrèze). — xii» siècle.

Je ii’ai pas remarqué que celle ampoule contînt quoi que ce soit. File n’a pas de couvercle et n’a qu’une anse, à laquelle est attachée l’cliquelle sur parchemin, reproduite fidèlement dans mon dessin. La petite bande de parchemin a environ trois pouces de long sur un de large. Les deux faces de l’ampoule sont semblables: sur chacune d’elles, moins peut-être sur celle que j’ai dessinée, les ornements ne sont pas tout à fait au milieu, ainsi qu’il arrivait souvent, autrefois, sur les monnaies frappées. L’ampoule est gercée et couverte d’une sorte de croûte, comme si elle avait séjourné dans la terre.

Je suis peu à meme de dire s’il y a des objets similaires dans le diocèse;

M. l’abbé Poulbrière pourrait seul vous renseigner là-dessus. Il pourrait luênie se faire que M. Talin, qui est collectionneur, se fût procuré hors du Limousin celui qui nous intéresse.

De plus amples explications me paraissant nécessaires, je les al demandées à M. L. Talin, alors curé de Corrèze, mais aujourd’hui chanoine à Tulle, qui mêles a transmises avec beaucoup d’obligeance dans la lettre suivante, datée du 27 lévrier 1880:

Celle ampoule, trouvée dans un tabernacle mis au rebut, m’a été donnée il y a près de vingt ans. Comme vous, je suppose qu’elle a été apportée du mont Sinaï, à l’époque des croisades. C’est bien la première fois qu’on en parle dans le monde savant, celte vénérable relique n’étant jamais plus sortie de mon modeste musée. Une des deux anses a disparu et les deux faces sont absolument semblables. Un tampon de vieux linge la bouchait. Le parchemin est attaché à l’anse.

Voulant m’assurer s’il restait encore de l’huile miraculeuse dans cette ampoule, j’ai gratté le fond, et quelques parcelles s’étant détachées, je les lis brûler sur un charbon ardent. L’odeur m’a convaincu que c’était de l’huile desséchée.

Les ducs de Venladour ayant fondé dans ma paroisse, vers le milieu du xive siècle, une vicairie importante en l’honneur de sainte Catherine, je suis heureux de posséder celle ampoule, et, chaque année, je la montre à mon peuple.

Les ampoules de pèlerinages sont très connues, surtout depuis les pul)licalions spéciales de M.VI. Forgeais L Marchant’- et Gay -L La Vie de saint Thomas le martyr, écrite en 1180, dit ([u’elles se faisaient en plomb, « en plum getée, » et étaient l’objet de la vénération :

cele ampule douée

Qui est par tut le munde chérie et honorée.

Elles restaient comme témoignage du voyage entrepris au loin par dévotion;

Et ampules raportenl en signe del véiage.

L’eliicacité du contenu est attestée par cette inscription, gravée sur l’ampoule du pèlerinage de St-Thomas de Cantorbéry ; 88 EXI- LITAS OMNIS ; ÜFFEMT {auferturj DOLOll EXCIDIT OMMS: SA- XAT(us)BIliIT . GL’MEIJIT . MALVM CVM \1UUTE UEGEDIT.

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