Ce texte est extrait de la Bavaria sacra, t. II, p
Aichsial. Il dégouttait de ses os une huile qui est uu remède souverain contre diverses maladies. On dit qu’elle cessait de couler lorsqu’il y avait quelques discordes parmi les religieuses qui les gardaient. Aussi elle ne coulait pas tous les jours (Collin de Plancy, III, 195).
Longtemps après sa mort, en récompense sans doute de ses courses apostoliques (elle vint d’Angleterre en Allemagne pour se sanctilier et (ut l’apôtre de ce pays), sou pied laissa couler une miraculeuse liqueur, comme une huile, qui guérissait les malades. C’est pour cette circonstance que l’iconographie lui place une tiole dans les mains (Le Pèlerin, 1880, n» 166, p. 984).
C’est ain.si que la représente sa statue, sculptée au xviit® siècle, dans l’église de S. Paulin, à Trêves.
Dans le trésor de Bénévent, l’inventaire fait par le cardinal Orsini, au commencement du xviii® siècle, indique “ una cassetta d’argento dorato. . denlro in tre spartimenti si conservano tre ambolle, di cfistallo di monte, ripieni di manna di S.Volturga ». On remarquera lariuanlité, renfermée dans trois ampoules; le nom de manne, donné à la relique et la richesse du reliquaire, cristal de roche et argent doré.
2. Le comte Georges d’Aviau de Piolant, de Poitiers, avait vraiment de la chance dans ses excursions chez les marchands d’antiquités et brocanteurs. 11 en revenait avec un riche butin, d’autant mieux placé entre ses mains qu’il savait l’apprécier et qu’il était lier de le montrer aux connaisseurs.
De Borne il avait rapporté un diptyque en orfèvrerie, qui est une rareté L Voici qu’à Poitiers même il rencontra un autre diptyque, également en orfèvrerie, qui n’est pas moins intéressant, (juoiqu’il diffère absolument par la date et l’exécution.
Je l’ai nommé un joyau d'ahbesse. Après en avoir fait la description minutieuse, j’essaierai de déterminer son iconographie et sa provenance : sa destination ressortira de ses similaires qu’on trouve à la fois dans les textes et les monuments. L’étude sera ainsi complète, de façon à faire valoir dans toutes ses parties une œuvre peu commune et absolument digne de l’attention des amateurs.
Le joyau mesure en hauteur huit centimètres et un peu plus de
1. X. B. de M., Le tableau de dévotion de la collection de Piolant, à Poitiers; Lille, 1890, in-4 de 14 pag., avec une planche.
quatre en largeur. Son épaisseur est d’un centimètre et demi. Dans ces dimensions, il est donc essentiellement portatif.
Sa forme est celle d’un livré, qui s’ouvre et ferme à volonté. Un ressort, placé au milieu de la tranche, permet, en le pressant du doigt, de s’en servir de l’une et de l’autre manière. Les deux feuilles sont encore maintenues par un emboîtement. Deux fortes charnières assujettissent le dos; enfin, au sommet, une bélière, découpée en trèfle, indique qu’on le tenait ordinairement suspendu. Cependant, je ne serais pas étonné qu’il eût été habituellement enfermé dans un écrin.
Ce livre de dévotion est rectangulaire, plutôt allongé. La partie supérieure s’arrondit en cintre et le pourtour est chanfreiné, ce qui lui donne plus d’élégance.
La matière est l’argent doré, qu’un long usage a légèrement blanchi, surtout aux arêtes. L’orfèvre a donc songé à faire riche, l’objet devant appartenir à un haut personnage, qui ne pouvait se contenter d’un métal vulgaire. Malheureusement, je n’aperçois nulle part aucun poinçon qui puisse renseigner sur l’atelier de fabrication.
Le dessous et la tranche sont restés lisses, mais tout le champ des panneaux est ornementé par un procédé fort original, qui consiste à découper le métal et à le faire ressortir par une application de salin rouge qui paraît à tous les ajours. Les deux faces sont pareilles.
Le tableau a pour encadrement le chanfrein, où se suivent des espèces d’arcades et de grandes feuilles. Le, fond est tapissé de ces mêmes feuilles fantaisistes qui se succèdent en s’enroulant. A la partie supérieure, des motifs d’architecture forment comme un dais pour honorer le saint qu’ils surmonhmt.
Toutes ces découpures qui festonnent à plat ont été retouchées au burin : les traits qui les contournent, les fdets qui les partagent et les hachures qui les ombrent ont l’avantage de leur donner à l’œil plus de légèreté, unie à un certain relief.
L’exécution n’est pas des plus soignées ; sous plusieurs rapports, elle est un peu sommaire et gauche parfois, quoique ce soit une pièce de commande. C’est surtout l’ensemble (ju’il faut envisager et qui plaît.
La date ne semble pas antérieure au règne de Louis XV, première
T. XIV
moitié du siècle dernier. Le style rocaille ne sc fait pas encore sentir.
Le propriétaire du joyau est désigné par ses armoiries, qui se répètent au bas des deux faces. L’écusson, soutenu par des consoles, est de forme arrondie et porte ; d'argent, à trois lions passants et superposés de sinople. Ces armoiries sont inconnues, de même que l’état civil du destinataire, car aucune caracléristi((ue ne révèle s'il est ecclésiastique ou non. Et pourtant il y a présomption pour cette (jualité.
Mais là se cache pour ainsi dire un mystère qu’il no sera pas facile de pénétrer. Sommes-nous en présence des armes du donateur ou du destinataire? L’écusson, par son laconisme, nous laisse hésitants. Pouiajuoi le donateur aurait-il supprimé ses attributs nobiliaires comme supports et couronne? Si le bijou est allemand ou llamand, comment y rnanquc-t-il les pièces essentielles du cimier, du casque et des lambrequins ?
Sa simplicité même permet de supposer la vie monastique, qui réduisait l’écusson à son expression la moins mondaine. Mais pour, ([uoi ne prend-il pas la forme en losange, qui est spéciale aux lillcs et aux religieuses et, s'il s’agit d'une abbesse, pourquoi surtout sa crosse, dressée en pal, n’énoncc-t-elle pas la dignité de la donataire?
Sur le plat supérieur figure un saint évêque; sur le plat inférieur, une sainte abbesse. Il y a évidemment corrélation entre eux ; leur rapprochement ici est intentionnel. Mais alors se pose cette question : Sont-cc des patrons personnels ou des patrons locaux? Dans le premier cas, ils feraient [connaître les prénoms de l’abbesse. Je préfère y voir ceux de son monastère, ce qui nous donnera l’indication de lieu, si précieuse pour la détermination de la provenance.
L’évêque est debout. Vêtu d’une aube plissée, il porte par-dessus une tunicelle à plis verticaux, une chasuble, beaucoup plus courte en avant qu’en arrière, avec un orfroi droit à rinceaux, comme l’étoffe elle-même; enfin, un surbuméral, collier frangé, à deux pendants également frangés et deux roses sur les épaules. La main droite levée bénit à trois doigts; au coude est attaché le manipule, (jui, régulièrement, devrait se trouverai! bras gauche. L’autre main tient une crosse, dont la volute feuillagée est tournée en dehors. Le
visage est jeune et imberbe, la chevelure courte. La tète est coillèe
d utie mitie haute et à cornes triangulaires, ornée d’un cabochon
entouré de perles, avec un galon tout autour.
Au revers, l’abbesse est habillée d’une coule à gn-ffides manches, à plis symétriques; d’une guimpe et d’un long voile, qui retombe sur ses épaules. Sa tète est rehaussée d’une couronne, à bandeau gemmé et triple fleuron ; dans sa main droite, elle tient un livre fermé où le cloant ressemble singulièrement à une fiole et dans la gaucho une crosse à volute feuillagéo, tournée en dehors, ce qui est contre la règle alors admise, les réguliers ne pouvant avoir qu’une ciosse tournée en dedans, parce que leur juridiction est strictement intérieure.
La caractéristique est donc triple : livre pour la fondatrice, crosse pour l’abbesse, couronne pour la reine. Ces trois attributs conviennent parfaitement a Ste Radegondoet ce sont effectivement ceux qu'on lui assigne d’ordinaire. Sans doute, elle ne fut pas abbesse, mais les artistes l’ont toujours reconnue comme telle, en sa qualité de fondatrice de l’abbaye de Sainte-Croix.
Si l’identité de l’abbesse était établie, il en résulterait que l’évèque serait ou S. Fortunat ou S. Grégoire de Tours, plus probablement! évêque de Poitiers, qui écrivit la vie de celle qu’il avait connue jusqu à l’intimité, puisque le joyau, à première vue, peut sembler poitevin. Cependant, le surhuméral nous reporterait à un autre siège, vers le nord; à moins toutefois ([ue l’artiste ne l’ait employé ici comme marque d’ancienneté exclusivement.
L’intérieur du joyau nous ménage une surprise et on y reconnaît de suite la main délicate d’une femme et ces gracieux travaux à I aiguille qui se faisaient dans les communautés. Le fond, en satin blanc, est doublé de satin rouge, précisément celui qui paraît aux ajours des découpures. Une petite dentelle d’or en fait le tour. Les broderies dont il est rehaussé sont do deux sortes : cannetille entourant trois médaillons, branches et fleurs crucifères faites en soie rouge, rose et verte ou en or au passé. Cette décoration est des plus élégantes.
Les médaillons, de forme ovale, sont posés un et comme on dit en blason, celui d’en haut un peu plus grand cpie les autres. A leur surface bombée, à leur couleur sui generis et à leur brillant.
011 croirsit voir dss Biiiuiix. Eii los cxsiiiiiimit de pies, ou s apeiçoit vile que ce sont des miniatures sur parchemin, recouvertes d’une mince feuille de talc. L’illusion cesse à la vue de la crucifixion, car la feuille est déchirée.
Au côté droit, la crucifixion surmonte les deux archanges Michel et Raphaël.
Le Christ est attaché par quatre clous à une croix équarrie que domine le titre traditionnel i.nri. Les plaies saignent. Le corps est ensanglanté et tourmenté, un linge étroit ceint les reins. La tête, couronnée d’épines, rayonne et se détourne à gauche : l’agonie commence. Le champ du tableau est violacé pour indiquer les ténèbres, où l’on distingue à peine le soleil et la lune, au disque rougeâtre et les maisons de la cité déicide, à laquelle le Sauveur mourant tourne le dos en signe de réprobation.
S. Michel, le chef de la milice céleste, occupe la droite. Il baigne à mi-corps, dans la lumière. Blond et les cheveux droits, les manches retroussées, lesüiles dressées en l’air, protégé par une cuirasse couleur de feu, vêtu de jaune et de bleu, qui sont les couleurs célestes, il lance la foudre et de l’autre main repousse le démon, (jui tire la langue de désespoir et essaie inutilemeut de se mettre le visage à l’abri avec ses deux mains.
S. Raphaël se détache sur un fond bleu. Sa tête, où brille une couronne de roses rouges et une ferronnière ornée d’une croix sur le front, s’entoure de .lumière. Ses ailes sont levées; sa tunique, qui laisse les bras et les jambes à découvert, est en étoile jaune, pointillée de rouge. Sa main gauche tient élevée une petite croix de bois, qu’elle montre à l’enfant, vêtu de rouge; elle le saisit par le bras pour qu’il ne soit pas seul dans le chemin de la vie. Dans un coin, j’aperçois une ancre, symbole d’espérance (c est 1 encouragement à bien faire, car l’ancre fait présager le port du salut) ; puis une clef sur un livre. Le livre est ouvert ; sur la première page sont inscrits les numéros I, II, 111, et sur la seconde 111(1), V, V(I),
Y(III). On peut supposer que les chiffres vont jusqu à dix et 1 on a ainsi les tables de la loi, contenant les dix commandements de Dieu. La clef qui les accompague est donc un symbole : elle signifie que l’ange gardien en donne l’intelligence, tout en montrant leur abso-
lue nécessité dans la conduite de la vie dont ces commandements sont la règle sûre.
Ces miniatures sont finement touchées, si délicatement même qu il faut se munir d une loupe assez forte pour bien saisir tous les détails qui, autrement, échapperaient à l’œil nu. Cette observation est encore plus importante pour le .second feuillet du diptyque, qui superpose une abbesse à S. .Joseph et à Ste Anne.
L’abbesse ne doit pas être différente de celle qui est représentée à l’extérieur. Peut-être son iconographie, un peu plus spéciale, nous révélera-t-elle son nom, qu’il eût été si facile d’écrire à côté, pour l’instruction de la postérité [justement embarrassée dans son identification qui ne perce pas de prime abord.
La tête rayonne en blanc sur un fond bleu cendré : la sainte, debout et figurée aux trois quarts, porte le costume bénédictin : robe noire, guimpe blanche, voile noir doublé et bordé de blanc, absolument comme sur les portraits des abbesses à Sainte-Croix de Poitiers. La main gauche presse une crosse d’or, dont la volute, cette fois, est tournée en dedans. La main droite est étendue vers une table, recouverte d’un tapis rouge, où sont posés une couronne tleuronnée en or, un papier blanc, qui peut être la règlede l’ordre, et une branche de lis fleurie, symbole de virginité. A l’arrière-plan se dresse une tour carrée, percée de trois longues fenêtres, et couronnée de mcrions. Au second plan, je crois distinguer un autel blanc, surmonté d’une espèce de châsse, sur laquelle la religieuse est couchée, drapée de noir, les mains croisées sur la poitrine et assistée par un angelot, costumé en rose, dont la présence doit dénoter une intervention surnaturelle. Une nappe tendue recueille les flocons neigeux qui tombent et un vase d’or, placé sur l’autel, est plein de cette manne miraculeuse.
Nous mettons ici le doigt sur la caractéristique propre. Sans doute tout le reste convient à sainte Radcgonde, puisque le lis luimême ne lui est pas étranger, d’anciens calendriers la proclamant vierge. Cependant sa caractéristique va encore mieux se dégager d’un détail qui ne peut passer inaperçu.
Au bas du second feuillet est établi comme un ex-voto, porté sur un plateau à collerette feuillagée et couronué d’un cercle à feuillages : il consiste en un cœur enflammé, marqué de ces deux
IcUres. S W. Ce cœur est-il celui de la sainte invoquée? Je ne le pense pas. C’est plutôt celui de l’abbesse qui se met sous sa protection et lui témoigne de l’ardeur de ses sentiments en l’intercédant, comme on fait dans les litanies ; Sainle Wulùwge, priez pour nous.
L’initiale nous apprend d’une façon irrécusable le nom que nous cbercliious, car à sainte Walburgeseule'se rapporte l’ensemblede la comi)Osition. Fille du roi d’Angleterre Richard, elle mérite la couronne à litre de princesse royale; moniale, elle est vêtue de l’habit noir des bénédictines; pieuse et fidèle, elle prie ou médite sa règle; abbesse, elle a la crosse; vierge, elle a droit au lis de virginité. Mais le trait princi[)al est assurément la production incessante de ce baume (]ui distille goutte à goutte de son cor[)S.
Avec ces données {)récises, nous pouvons nommer l’évêque gravé sur le plat supérieur du diplyfjue. Tout d’abord, j’ai pensé à S. Ronilace, (pji l’avait appelée pour R nder des monastères en Allemagne; mais n’y a-t-il pas plus de [)robabililé <]ue cet évêque est son propre frère, S. Willibald, (|ui fut évêque d’Eichsladt? Ür précisément les évêcjucsile ce siège avaient le privilège du surhuméral, tel que nous le voyoïi^ porté par celui (jui ligure sur le couvercle du livret de vermeil.
Nos conclusions sont désormais rigoureuses. L’abbesse, dévote à sainte Walburge, habita le monastère qui conserve ses reli(iues. Allemande de naissance et deséjour, elle lit fab'ri(pier en Allemagne le bijou <jui consacrait son attachement, non seulement à la patronne, mais aussi au.v saints qui étaient alors en faveur. S. Joseph occupe le second rang, car l’ange gardien a été placé avant dans l’ordre liiérarchiciue.
Blond et d’àgc moyen, barbu cl à longue chevelure, il tient dans ses bras l’enfant Jésus, presque nu, dont il fut le père nourricier et qui tend vers lui ses bras allectueux et reconnaissants.
Sainte Anne, assise sur un fauteuil rouge, habillée de vert et voilée de rose, apprend à lire à la Sainte Vierge dans le livre qu’elle a ouvert sur ses genoux et où cllesuit lesleltresdu doigt. Marie, seule nimbée, porte une robe d'un rouge clair et sa mère appuie sa main sur son épaule. Le fond bleu est formé j)ar une teinte uniforme, parsemée de points plus foncés et très rapprochés.
- 3oü —
VU. — Lait.
1. Lg Idit niiiâculcux est de deux sortes, suivunt (|u'il provient de la Vierge ou des martyrs.
J ai parlé tout au long du lait de la \ierge dans le tome II de mes Œuvres, je ne puis qu’y renvoyer. Mais il importe d’énumérer ici les miracles déjà énoncés, soit par tes textes, soit d’après les reliques subsistantes. Ont été l’objet de la faveur céleste: S. bernard (pp. 320-329), S. Dominique (p. 339), S. Fulbert, évêque de Chartres (pp. 327-328), un clerc (p. 339) et un évêque (pp. 338- 3.39).
S. Jean de Latran conservait du lait qui coula des « mamelles » d’une ymage de la Vierge, frappée par des « cocquins y> (p. 335).
L’article suivant est très vague dans sa désignation : « De lacté cujusdam imaginis Béate Marie )) (Inv. des reliq. de IS.-D. d'Avignon, XI® s.).
L’huile de la Vierge de Sardenai est aussi appelée (pp. 336- 337).
Le lait de la Vierge, conservé à l’abbaye de Saint-Pierre le Vif, à Sens, était un lait miraculeux, qui coula, sous forme d’huile, d’un tableau de la Vierge à Sardenai.
Reliquias habemus de vestinienlis, de capillis et de lacté ipsius genitricLs Uei virginis Marie. — Supradiclus abbas boue niemorie üaufridus (en lü9o) reliquias de lacté nostre Domine decenter voluit in vasculo cristallino et argeuleo collocari.De hujusraodi lacté dicunt quidam quod in quodam monasleiio virgiuum, quod de Sardenaio vocalur, est ymago beaie Marie Virginis et Matris, , lilium suum tenenlis et quasi tilio ubera porrigenlis; e quibus uberibus miraculose oleuni exiit quod a quibusdam lac vocabatur, quia ab uberibus exibat et a quibusdam oleum, quia coloris olei exislebat (Ini\ des reliq. de S. l'ierre le vif, 1293). — Item,
; quandam ymaginem beate Marie argenteam et deauralam, in qua piecre- I dilur de lacté ejusdem beate Marie Virginis aliquam parlem recondisse {Inv. de 1469;.
2. A la mort de certains martyrs, du lait aurait coulé au lieu de I sang ou du lait se serait trouvé mêlé au sang. Je vais en faire Ténu-
I mération par ordre alphabétique.
' Sainte Agnès. — On lit dans une hymne du xii® siècle (Dreves, jXXll, 18):
Mista sacrato moriens cruore Laclis effiulit nlvei fluenta,
Cum ferox liclor lateri profundum Condidit ensem.
Sainte Barbe. — « Ooraconteque, comme sainte Barbe était vierge, lorsqu’on lui coupa la tête, elle ne saigna que du lait » (Henri Etienne, Apologie 'pour Hérodote, et « l’on montrait dans
plusieurs couvens, surtout en Italie, des fioles pleines du lait de sainte Barbe ». (Collin de Plancy, Dict. des reliq., I, 75).
SS. Cantius, Gantianus et Cantianilla {Cod. Parisien., xvi® s. Dreves, XIII, 90) :
Laudibus immensis Intenti, dura raicat ensis, Colla neci tradunt Sicquesub ense cadunt Miraque res dictu,
Quod in ipso lac fluil ictu.
Res ralranda, digna dictu.
Dei surgens opéré,
Quod furoris in conflictu Mortis dato vulnere,
Lac in ipso cœpit ictu Ferientis fluere.
Sainte Catherine. — Le lait de sainte Catherine était aussi célèbre que son huile; ouïe vénérait comme relique. « Une phiole ou du laict de saincte Catherine » (/nw. du trésor de l'abb. de Saint-Cybard, à Angouléme, 1457). « L’on montre à Rome, dans l’église de Sainte-Catherine rfe/ liorgo, une fiole pleine du lait qui sortit du cou de la sainte, lorsqu’on lui coupa la tôle. Merveilles de Home, 1730, page 33 » fCollin de Plancy, Dict. des reliq., I, 118).
Le fait est attesté par la Légende d'or : « Cumdecollata fuisset,do ejus corpore pro sanguine lac enianavit », ce qui fut ainsi traduit: « Quant elle fut décollée, il issytde soncol laitpour sang» {La Légende dorée, imprimée en 1495).
Les hymnes, dans les manuscrits, y reviennent constamment {Œuvres, IX, 310-311):
Miss. Aguicinclen. , xii® s. (Dreves, IX, 205):
Consuraraata passione, Caput cæsa pugione Pro cruoris floribus Reddit lac vulneribus.
Fusura virginalia Lac figurât lilia, Mixta cum marlyrii Rosis ictu gladii.
Ms. du xii® s., au Vatican (Dreves, XXII, 156): Lacté profluxit jugulata cervix.
Antiph. Villarien., xiii® s. (Dreves, XII, 151) ;
Dam collum ferit niveum Quo signatur virginitas,
Percussoris improbitas, Alque per omne sæculura
Stillat liquorem lacteum, Probatur ejus digiiitas.
Manuscrit du xiii® s., à Paris (Dreves, XXI, 75) :
Ilæc tandem acephala in culmine
pro sanguine Sinai fuit manu dia.
Lac fundens, collocata
Miss. Tullen., xiv* s. (Dreves, V^III, 1()5) :
Lac ex ejus carne Fluxit loco sanguinis.
Miss. Cornpendien., xiv® s. (Dreves, IX, i^ül) :
Pro vocis solatio Tandem çæsa gladio,
Martyr plenagaudio, Fudit lac pro sanguine.
Prosar. Franciscanum, xiv® s. (Dreves, IX, 201) :
Virgo gladio feritur,
Pro sanguine lac liauritur Sacro fusum vulnere.
Miss. Hospilalen., xiv« s. (Dreves, IX, 202) :
Cæsa martyr gladio.
Migrât ab hoc stadio,
Fundens lac pro sanguine.
Grad. Üominican., xiv®s. (Dreves, IX, 203') ;
Infelix excussit, Sanctam animam
Manans lac eduxit. Lux produxit.
Miss. Whtibien.y xiv® s. (Dreves, X, 216) :
De vulnere ad decus virginis Lac eftluxit pro fluxu sanguinis.
Mïss. Cameracense, xtv® s. (Dreves, X, 218) :
Mox distillât miro more Lac etïusum pro cruore.
Miss. Corbeien., xiv'^ s. (Dreves, X, 224) :
Tandem dempta a cohorte,
Condemnatur dira morte.
Lac fundens pro sanguine.
Grad. Græcen., xiv* s. (Dreves, X, 224) ;
Lac efiidit pro cruore,
Collo cæso gladio.
Brév. du S. Sépulcre de Caen, xiv« s. (^Dreves, XYIII, 107)i :
Percussa gladio Pio sanguine lacté fluenle,
Dat lac pro sanguine collo. Désignas cunclis
Ant. Inclyta martyr, ave Nivei documenta pudoris.
Brevuirlum Ambrosianuin, ms. du xiv® s. (Dreves, XXII, loti)
Gujus caput dum truucatur,
Lac fudil pro sanguine.
Hymne du xiv« s., à laudes :
In hoc caput ampulatur,
Fiuil lac cum sanguine.
La prose de sainte Catherine a cette strophe en Bohème (ürev Caiiliones Buheniicæ, p. 77j:
Xam hostem conlrivisti,
Pro sanguine fudisli Tu laclis rivulum.
Sher borne Missal^ xiv® s. ;
Virginali ceso (lore, Suo probat ex candore
Lac emauans pro cruore Candorem virgineum.
iMs. de Munich, l3ol (Dreves, Pïa diciatnina, 217) :
Cervicera subdens gladio In Jesu nomine,
Lac fudisli pro sanguine.
Miss. Oxonien., 1384 (Dreves, Ylll, lOi) :
Péril liclor, lac irrorat Perieulis gladiuin.
Oral. Augiense^ xiv®-xv® s. (Dreves, XXX, 107) :
lu signum veridicuin Liïudil lac purissiraum
Quod Iota sit divina, Pro sanguine regina.
Seguentïar. Prædicat. Cracovien., xv* s. (Dreves, Ylll, 106):
Pro cruore lac manavit.
Miss. Silvanecten . , xv« s. (Dreves, Ylll, 102) :
Perro ræsa novo more Quod in ejus præconia
Lac elludit pro cruore, Superna fecit gralia.