e trouve aussi dans le Bréviaire de Viviers
Miss. Itedonen., xv» s. (Drevcs, VIII, 104) ;
Démuni virgo decollatur,
Et lictoris irroratur Gladius lacle, sanguine.
Miss. Sloterdicen., 14S0 (Dreves, IX, lOO) ;
Pugna regera qua vicisli.
Lac in morte quod fudisti,
Beata nobis gaudia FuJerunt in ecclesia.
Miss. Parisien., xv® s. (Dreves, IX, 203) :
Post tormenta decollatur,
Decollata decoratur lusigni miraculo.
Lac elïudit, non cruorem, lualtritum carnis tlorens Signans hoc signaculo.
Miss. Dominicanum, xv® s. (Dreves, X, 319) :
Imperator liane horlatur,
Gui non credens decollatur,
Fiuit lac pro sauguiue.
Miss. S. Albini Andegaven., xv s. (Dreves, X, 220) :
Ergo læta, Bono more
Fide fréta, Pro cruore
üladio submittitur; Lac niveum funditur.
Prosarium Marchianen., xv' s. (Dreves, X, 223) :
Non sanguinem, sed lac fuudis, Ergo confer pietatis
Katharina, virgo dulcis, Lac et donum caritalis.
De cervice lactea.
.)liss. S. Trinitalis Vindocmen., 1457 (Dreves, X, 251) :
Diim a sævo percussore Laclis emanat rivulus
Decollatur, pro cruore Quem sacer fudit jugulu .
Breo. S. Nicolai Palavien., xv« s. (Dreves, XXV, 195) :
Ferox tyrannus Quædabant lac pro lluxusanguinis.
Jussit abscindi protinus In testimonium
Mamillas Ghristi raarlyris, Fuit hoc mirabile signum.
Cod. Parisin., xv° s. (Dreves, XXlX, l08j :
Gaude, virgis lacerata Et post preces decollata,
Fundeus lac pro sanguine.
Orat. Italicum, xv“ s. (Dreves, XXIX, 109) ;
Gaude, ûos virginilalis,
Quæ in signura castitalis Lac fundis purissimum.
Oral. Nuremhergen., xv“ s. (Dreves, XXX, 162'):
Gaude, deciis virginale Viilnus recens non criiorem
De te monstrat signum taie Effudit, sed contra morem
Dalum poli luniine; Lac manat pro sanguine.
Çod. S. Pétri Salisburgen., xv® s. (Dreves, XXIX, 109):
Gaude, quia moriendo Pro cruore lac fundendo Populum lætificas.
Oral. Cistercien., xv® s., à la Bibliothèque du Vatican (Dreves, XXIX, 110):
Gaude, lu quæ üagellaris El post pauca decollaris,
Fundens lac pro sanguine.
Missel de Brixen 1493);
Virgo caput et mamillas Offert, comitatur illas Insigne prodigium ;
Nam raaniilla dat cruoreni,
Caput lactis sudat rorem.
Missel de Langres (1491) :
Pro cruore lac nianavit.
Orat . Londinen., xv« s. (Dreves, XXX, 163):
Lac tuis vulneribus Pro sanguine dedisli.
Psulter. Ihmbergen., xv® s. (Dreves, XXX, lu7):
üecollala
Ex ea lac manavit Et sic martyr Deo grata Ad gloriam convolavit.
Cantuale Trajecten., 1525 (Dreves, XXI, 75) :
Decollatur, funditur Lacque benedictum.
Corpus Sina conditur Sanguine depictum.
S. Facond. — Le Pi'eviariu7n Aimense, imprimé à Salamanqueen
Comrautando proprium.
Virgo constans decollatur, Pro cruore derivatur Lac ab ejus corpore.
1581, dit dansToftice des SS. Facimdus etPriiniiivus (Dreves, XVII, t)4), au 9* répons :
Cæduntur sævo Gladio sanctissitna colla;
Verttce sublato, Linquuntur corpora nuda, Sanguine, lacté manant Animæ cœlisq. volarunt.
Sainte Foi, fille de sainte Sophie. Dans l’hymnaire à'Orlgo Scaccabarotius, xiv® s. (Dreves, XIV, 208) :
SS. Innocents. — Prose du siècle ;
O dulces Innocentum aciesi
O pia lactantuin
Pro Chrlsto certamina !
Parvorura trucidantur millia :
Membris ex teneris Manant lactis flumina.
Sainte Christine (Œuvres, \x, 311). Le lait coule des mamelles coupées.
S. Pantaléon (Œuvres, ix, 311). Le comte Riant, dans ses Exuviæ sacræ Constantinopolitanæ, etc., d’après d’anciens catalogues de reliques : « In ecclesia S. Sopliiæ, sanguis S. Pantaleonis, cum lacté mixtus » (II, 212). — « Sanguis Pantaleonis martyris, cum lacté qui ex ejus trunco decollato manavit » (214). — « In S. Sophia, in sanctuario, extant sanguis et lac S. martyris Pantaleonis, in formam cujusdam ramusculi disposita, inter se tamen minime commixta » (219).
Les Légendaires racontent divers miracles qui eurent lieu au martyre de S. Pantaléon. On ne put le faire mourir qu’en lui coupant la tête, et, l’olivier auquel il était lié se chargea de fleurs et de fruits, aussitôt que le chef du saint tomba à terre, jetant du lait au lieu de sang... On garde à Uavenne une fiole de son sang, qui est figé toute l’année, mais qui se liquéfie régulièrement le 27 juillet, jour de la S. Pantaléon. On porte cette fiole en procession pour avoir la pluie, le beau temps et autres grâces. Ribadéneiia, 27 juillet (Collin de Plancy, II, 370),
O quam stupenda Fidei Sanctæ diraque passio, Cujus mamillæ teneræ llorrenda fit præcisio !
O quam grande miraculum!
Ut unda lac egreditur De loco sui pecloris.
De quo ipsa præcidilur.
Miss. Trecen., lo33 (Dreves, X, 283) :
Tandem sancti caput abscinditur, l*ro cruore lac inde cernilur Emanare.
S. Paui- apôtre. — L’émission du lait, avant le sang, à sa décollation, est consignée dans la iJgrndc d'or: « Decollatus est... De ejus auteni vulnere unda laclis usque in vestimenla mililis exsilivit et postea sanguis efiluxit, in aere lux immensa emicuit, de corporo odor suavissirnus einaiiavit ».
La tradition romaine s’affirme, en même temps que celle de l’Orient, dans l’office de l’Octave des SS. Apôtres Pierre et Paul, au 4- juillet. Le bréviaire a, en effet, une leçon (la 6% au 2« nocturne), tirée de Métaphraste, qui l'a prise dans un sermon do S. Jean Clirysostome. 11 y est fait allusion au sang, qui, en manière de lait, jaillit jusque sur la tunique du barbare ([ui, dès ce moment, se convertit à la foi ; c'est une allusion évidente à un trait réputé historique : K Quisnam locus tuum sanguinem excepit, lactis specie in ejus (]ui te percussit tunica apparenlcm? qui aniinam illius barbari supra modum dulciorem reddens, fidelem eflecit cum sociis. » 11 est l)ien probable (pie cette tunicpie était conservée comme une insigne relique du martyre, puisque l’illustre orateur en parlait comme d’une chose connue de tous.
La liturgie s’est emparée de ce fait et l’a reproduit dans les hymnes et les proses ; elle y voyait, comme pour sainte Catherine, un témoignage de sa virginité [Œuvres, IX, 311).
Miss. Prædicat. Vmdobonen., I 4i7 (Dreves, IX, 234):
Lac propinat caput cæsum,
Lingiia clamai Jesum, Jesum,
Jésus Pauli braviuiu.
Orat. Trndonen., xvi” s. (Dreves, XXIX, 116);
Gaude quod de te manavit Pro cruore lac, dum siravit Nero te crudeliter.
Miss. Prædicator., xi\«s. (Dreves, X, 285) :
Ah ! quam probat carnis florera,
Omnem superans candorem,
Lactis exundantia I
La tradition historique trouvait un écho et une confirmation dans la vénération des reliques du lait ;
On prétend que lorsqu’on tranclia la tète de S. l’aul, il répandit, au lieu de sang, un ruisseau de lait que les fidèles recueillirent. On en conserve une tiole à Home, dans l’église de S. Alexis, et une autre à l’Escurial. 11 n’est pas étonnant, dit S. Ambroise, que S. Paul ait été plein de lait, puisqu’il était en (juclque sorte la mcre-nourricf’ des Gentils; cité par Ribadéneira, 30 juin (Collin de Plancy, 11, 390).
Méry, dans la Théologie des Peintres, Paris, 1705, s’exprime ainsi, page 147 ;
11 y a une difficulté touchant la représentation de son martyre; il s’agit de savoir s'il sortit du lait ou bien du sang lorsqu'on le décolla. S. Augustin, S. Ambroise et Grégoire de Tours paroissent être du premier sentiment et quoique les homélies que l’on cite à ce sujet de S. Augustin et de S. Ambroise ne soient peut-être de ces Pères, on convient qu’elles sont d’un Auteur très ancien, dont l’autorité est respectable. Il est dit encore dans l’histoire que nous avons du martyre de S. Paul, attribuée à S. Lin, pape et martyr, qu’il sortit du lait en abondance du tronc de l’apôtre, après qu’on l’eut décollé; que ce lait même rejaillit sur les habits du soldat qui faisait l’exécution . 11 paraît enfin (|ue l’Eglise Romaine est pour cette tradition, puisqu’elle en fait mention dans l’oflicede l’octave de S. Pierre et de S. Paul. Ce n’est point au reste pour les peintres une obligation, ni une nécessité de marquer dans leurs tableaux cette circonstance de la décollation de S. Paul, d’autant plus que les auteurs qui attestent ce fait ajoutent qu’il sortit du sang après que le lait eut coulé du tronc du bienheureux apôtre.
Voici le texte de S. Grégoire de Tours, L>e glor. MM., c. xxix:
E cujus sacro corpore lac defluxit et aqua. Nec mirum si lac ejus emanavit ex corpore qui geutes incredulas parturlvit et peperit ac lacté spirituali nutritas ad cibum solidum scripturarum sanclarum, opaca re^ serando, perduxit.
Dom Uuinart ajoute en note : « Hoc ex apocrypha sub Lini nomine, aut alia ejusmodi historia, hausitGregorius, quod silent veteres. Vide Mabillon., lier Italie., p. 142 ».
S. Paulin. — Brev. S. Cœciliæ 6’o/onteu., xvi® s. (üreves, XXllI,
Cujus sanctissimum caput per ferreum Teritur malleum, funditur cerebrum Gruore rubeum, sicut lac candidum Ad faucis currens intima.
Salntes inconnues, problablement vierges martyres.
Duo poli viltrei, iii qnibus esse dicebatur de lacté duarum sanclarurn, ul in cedulis ipsis poculis alligalis prima facie videbalur contineri » {liiv. du chdf. de Beizé, dioc. de Mâcon, 1346).
VIII, — Larmes.
Les larmes coulent des yeux à la façon naturelle et la sécrétion ne diffère pas de celle que l’on connaît, le miracle ne changeant rien à l’ordre des choses. Seuls, le Christ et la Vierge ont pleuré, par suite d’un prodige.
I. Christ. L’Evangile atteste que .lésus-Ghrist a pleuré deux fois sur Jérusalem et sur Lazare : « Videns civitatem, flevit super illam » (S. Luc., xix, 41). — «. Et lacrymatusest Jésus » (S. Joann., XI, 35). Ces larmes furent recueillies.
On vénérait, dans la cathédrale de Marseille, une des larmes que Jésus Christ versa s,ur Lazare : Ruffi, Histoire de Marseille, tome II, p. 9. — Il y a des larmes, dont l’une est à Vendôme, une à Trier, une à S. Maximin, une à S. Pierre le Puelller d’Orléans, sans celles que je ne sais point L Les unes, comme ils disent, sont naturelles, comme celle de S. Maximin, laquelle selon leurs chroniques, tomba à Notre-Seigneiïr en lavant les pieds de ses apôtres; les autres sont miraculeuses, comme s’il était à croire que les crucifix de bois fussent si dépits que de pleurer. Mais il leur faut pardonner cette faute, car iis ont eu honte que leurs marmousets n’en fissent autant que ceux des païens. Or les païens ont feint que leurs idoles pleuraient quelquefois. Ainsi nous pouvons mettre l’un avec l’autre (Collin de Plancy, III, 230, 293)
A Home, en 921, dansla basiliquede Saint-Pierre, le mercredi de la Semaine Sainte, on vit, pendant la lecture de la Pas.sion, un crucilix pleurer ; les larmes étaient si abondantes qu’elles formaient comme un ruisseau :
In 4 feria ante Pascha, Romæ, juxta altare S. Pétri, crucifix! imago Christi, quando passio ejus legebatur, astante orani populo et palam cernente, lacrymata est ita ut lacrymæ stillantes ad instar rivi in pavimento manarent; a tergo vero ejusdem imaginis sudor æque per terram
1. 11 oublie la Sainte Larme deN.-D. de Cheinillé,au diocèse d’.\ngers,dont la S. G. des Rites a refusé de reconnaître l’authenticité.
2. L’esprit de Collin de Plancy est détestable; néanmoins, on ne peut le laisser de côté, à titre d’érudit, à cause des nombreux renseignements qu’il fournit.
currebat (/Irawa/. A/amaJi., ad an . 92i, ap. Feriz, il/ojiwm. Gennan. hisior., 1. 1, p. 56).
/?. Ste Vierge. D’après le calendrier publié par Migne, voici trois faits :
12 Avril. — Notre Dame de Charité, dans l’abbaye des b^euillanls, à sept lieues de Toulouse . Cette image jeta plusieurs larmes pour accorder les habitants du village de la Bastide avec ceux du village de Bcrat qui étaient en résolution de se battre. Triple couronne, n® 3't -Migiie, Üir,l. des pèlerinages, II, 1292).
15 Mai. — A Boschna, à cinq lieues de Cracovie, Notre-Dame de Boschna ou du Rosaire pleure des larmes de sang [Ibid., 1296).
17 Mai. — Notre-Dame des Larmes, au duché de Spolelle, eu Italie.
Cette image, qui est peinte sur une muraille, jeta une grande abondance de larmes, l’an 1494. Gabriel Pennotus, lib. 111 Ilislor. Tripartitiv, c. 34 [Ibid., 1296).
On révère à Lucques, dans l’église de Notre-Dame de l’Humililé, une madone qui pleure dans les calamités publiques. « Un bon religieux qui était dans l’église lorsque je visitai cette madone, dit Misson {Mémoire pour les voyageurs à la suite du voyage d'Italie, tome III, page 217), nous a dit que cette image miraculeuse sua sang et eau dans une triste occasion, il y a environ deux mille ans, c’est-à-dire trois cents ans avant sa naissance » (Collin de Plancy, II, 303).
On révérait, dans l’ancienne églisede San Salvatore, à Rome, une madone qui pleurait pour la moindre aftliction. Pendant le sac de la ville en 1527, elle versa tant delai mes que les moines suffisaient à peine pour lui essuyer les yeux : IMisson, Voyage de France et d'Italie fait par un gentilhomme français, tome II, page 145. On l’appela Notre-Dame del pianto et elle fit des miracles qui attirèrent si bien l’argent qu'elle donna son nom à l’église où elle opérait (Collin de Plancy, II, 312)
Notre-Dame en Vaux, au diocèse de Cbàlons-sur-Marne, fut repeinte vers 1760, en mauvaise détrempe qui se fondit au dégel. Le clergé fit une procession solennelle et l’on prouva que Notre-Dame pleurait, à cause des impiétés des encyclopédistes (Ibid., 351).
Le lendemain de la Pentecôte, les fidèles des diocèses de r4ambrai et d’Arras se rendent à Worinlioudt, pour y vénérer la Vierge connue sous le nom de Nolre-Dameaux larmes. aha. statuedeMarie, le 24 mai 1406, aurait versé des larmes depuis le matin jusiju’au coucher du soleil ».
Pendant la première campagne de Bonaparte en Italie, le bruit se répandit un jour tout à coup que l’armée française était en marche contre Rome. Le peuple s’assembla tumultueusement sur les places, menaçant de piller les maisons des grands pour prévenir les Français et ne leur