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Le mot liquide traduit le latin liquor, mais sans préciser la nature de cette substance, claire, limpide, parfois parfumée, qui cependant ne reçoit pas le nom d’enu avec qui elle a quelque ressemblance.
CHRIST. — Le Missale Plage?tse, du xv® siècle, dans la prose De Sauctissirno Snlvalore (l)reves, IX, 9), a cette strophe qui fait allu' sion à un acte de brutalité opéré sur une image du Christ par des .Juifs : cette liqueur très se signala de suite par la guérison d'un
paralytique, d’un aveugle et de plusieurs malades.
Ex Ghrisli iipagine, Fixa a propagine Hcbræorura, nianal Liquor suavissimus, Ægrotis meditivus, Nam plerosque sanal.
Primo paraliticum Et cæcum, post omnium Imbecillilati Medetur salubriter, Omnes unanimiler Reddens sospilali.
J’ai coupé cet extrait dans la Semaine religieuse de Poitiers :
ViEROK. — L’antique cité de Norcia fut dévastée, en 1701 et 1730, par de terribles tremblements de terre, qui ensevelirent une grande partie de ses habitants sous ses ruines. Les survivants de ce désastre ne restèrent pas sourds à ces avertissements réitérés delà justice divine et s'efforcèrent de lléchirDieu par leurs pénitences. A leur humble requête, l’évêque deSpolète leur envoya un saint religieux, le Père Amanio,pour leur prêcher une retraite à l’époque de Noël. La vaste collégiale Sanla-Maria put à peine contenir la foule accourue aux saints exercices. Au-dessus de la tête du prédicateur, on suspendit une louchante image de V Addolorata, de la Mère des Douleurs, que le missionnaire avait prise pour protectrice de ses exercices afin que sa vue excitât au repentir. Le sixième jour de la Mission, la sainte image commença à jeter, de la blessure peinte à l’endroit du cœur, un liquide cristallin qui coulait sous forme d’une grosse larme. Le prodige dura plusieurs jours.
Voici le témoignage des principales personnes qui déposèrent dans l’enquête faite par l'évêque de Spolète : s La liqueur sacrée sortait de la blessure du cœur et se répandait, comme une eau limpide ressemblant à de l’argent liquéfié. Elle coulait avec une telle abondance sur l’image que
la poitrine de la Madone en fut inondée. On prit un purificatoire pour essuyer avec respect ces larmes miraculeuses qui coulèrent jusqu’à la tin de la retraite. »
Grâce à la munificence de l’illustre famille de Quaranlofli, on éleva dans l’église de l’Oratoire une magnifique chapelle, revêtue de marbre précieux, où V Addolorala fut placée avec honneur. L’évêque de Spolèle promulgua, en 1731, l’authenticité du miracle; il se rendit à Norcia, où, entouré des autorités de la ville, il célébra la messe à l’autel de la Madone miraculeuse. Et l’on porta en procession la sainte image dans toutes les rues de la ville dévastée.
Sainte Agathe, vierge et martyre, à Catane, en 2ol :
Testis est saxum illud unde equo insiliit dlscessura ; in quo Panormifani eliamnura virginis impressum vestigium colunt, in templo prope australem urbis portam, cui a D. Agatha nomen est. Ex quo saxo, veteri ævo, die D. Agathæ sacro, liquorcm morbis saluliferum émanasse se vidisse ac legisse plurimis dixit Marianus Valguarnera (Bolland,, t. IV, p. 613, 5 février).
De l’empreinte de ses pieds coulait, le T) février, une liqueur salutaire. Une prose du Missel de Liège ( 148d) * la fait sortir de son tombeau et affirme qu’elle donnait la santé et éteignait l’incendie :
Ex ipsius tumba raanat Quæ furentes sedat rogos
Sanitatis copia, Per ejus suffragia.
Bse Béatrice d’Este, à Ferrare. — Gabier, p. 120.
S. Berchaire, abbé et martyr. — Cahier, p. 120.
S. Cyrille, martyr. — Du Gange renvoie au continuateur de Tliéophane, livre II, p. 23.
S. Eloi. — Il mérite une double mention, tant pour les reliques qu’il vénérait que pour lui-même ( voir Eaii).
Il (S. Eloi) vit une liqueur qui rcndoit une odeur plus douce que tous les parfums, laquelle découla sur lui des reliques qu’il avoit toujours suspendues au plancher de dessus de son lict, ce qu’il prit pour une action surnaturelle delà miséricordedu Seigneur, qui levouloit rendre victorieux des tentations de l’ennemi du salut {Fleurs des vies des Saints, p. 424).
S. Eloi. On le met aussi au nombre des myrôblitcs. Saint Ouen raconte que la richessede son tombeau avait introduit l’usage de le draper pendant le carême, à cause de l’éclat des pierreries et des métaux précieux qui le revêtaient. On reconnut bientôt qu’une liqueur découlait du voile jeté sur ce sépulcre et l’on s’en servit utilement contre diverses infirmités (Cahier, Caract. des Saints, p. 742).