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L’hostie y a laissé une teinte rougeâtre

gnards. Aussitôt le sang jaillit, '44 autres miracles bien avérés s’en suivirent. Ydens, Bzovius ; voir les monographies. Chapelle du miracle; en réparation du sacrilège se fonda aussi l’Œuvre des tabernacles.

1383. Vilsnak (Brandebourg). Hosties ensanglantées pendant un incendie, détruites par un mauvais prêtre en 1533. Pèlerinage célèbre pour tout le nord. Guérisons innombrables. Voir les monographies. Les vitraux de l’église sur le miracle.

1384. Seefeld (Tyrol). Un noble orgueilleux ne voulant communier que d’une grande hostie de prêtre, le sol de la chapelle s’enfonce sous ses pieds, l’hostie devint sanglante et se garde encore*. I)er pilger diirch. Tyrol., 1856, t, 11, p. 250. L’archiduc Ferdinand II y fit bâtir une belle chapelle, dite du Saint-Sang. Edit de l'Empereur.

Oswald Mulser, gentilhomme allemand, seigneur de Schlosperg, dans le comté de Tirol, vouloit communier d’une grande (hostie) pour sedislinguer des autres laïques que l’on coraraunloit que d’une petite. Mais Dieu l’en punit sur le champ et à l'heure même, car la terre de l’église paroissiale de Séveld s’étant entr’ouverte devant l’autel oùil communiait, comme pour l’engloutir tout vivant, il y tomba jusqu’aux genoux et ayant voulu se prendre à l’autel pour se soutenir, l’autel s’amollit comme de la cire et ne lui laissa aucune prise; enfin il ne put jamais avaler la sainte hostie, ce qui obligea le curé qui la lui avait donnée de la retirer de sa bouche et de la mettre dans la sacristie de son église, où elle se voit encore aujourd’hui, feinte de sang et un peu rétrécie par la salive de sa bouche.

Tilman Brédenbach, docteur en théologie, qui rapporte cette histoire miraculeuse, arrivée en 1384 (Lib. I, Collai, sacrar., c. 55),dit qu’il a été dans celte église et qu’il a vu cet autel, les traces des mains d’Oswaldqui y sont imprimées, la fosse où il tomba qui est maintenant couverte d’une grille de fer et la grande hostie dont on le communia ; qu’il a été dans le château de Schlosperg, où il demeuroit et que, pour monument éternel, cette histoire est gravée sur une plaque d’airain dans l’église de Séveld.

Un fait si bien circonstancié mérite quelque créance et fait voir que Dieu n’approuve pas la superstition de ceux qui veulent communier d’une grande hostie par quelqu’une des vues dont nous venons de parler. Aussi a-t-elle été suffisamment condamnée par un décret de la Congrégation des cardinaux du Concile de Trente ; approuvée du pape Innocent XI le 12 jour de février 1679, où il est enjoint aux évêques, aux curés et aux confesseurs d’avertir les fidèles qu’on ne doit donner à qui que ce soit ou plusieurs hosties ni de grandes hosties, mais seulement des hosties ordinaires : « Episcopi, parochi seu confessarii insuper admoneant nulli tradcndas plures Eucharistiæ formas seu particules, neque grandiores sed

1. « Le seigneur du lieu ne se contentant pas d’une hostie de petite dimension, comme l’Eglise les distribue aux laïques, se permit de communier avec une hostie de la dimension de celle dont on se sert pour la messe. On sait (jue l’hostie devint sanglante » (Instit. des fasl. du S. C., 1892, p. 225].

consuetas Ü. B. Thiers, Traité des superstitions, Paris, 1741, t. 11, pp. 239-240).

1320. Cebrero (Gallice). Hostie consacrée pendant le saint sacrifice, un prêtre doutant de la présence réelle, l’hostie se convertit en chair et l’eau en sang. P. Yepès, Cronica gl. de la Orden de S. Iknito, cenluria 4, p. 64. Valladolid, 1613; Lampnra. 1870, p. loO. L’hostie et le calice du miracle se portent à la procession de la Fête Dieu.

1399. Posen (Pologne-Russe). Des Juifs ayant obtenu des hosties d’une femme cupide, se retirèrent dans un souterrain et les percèrent à coups de couteau; le sang jaillit en grande quantité. Effrayés, ils les enterrèrent dans un pré, un pâtre vit des bœufs s’agenouiller. Le paysan en donne la nouvelle au magistrat, celui-ci au Sénat. Le paysan est mis en prison, l^a prison s'ouvre d’elle-même et le captif sort en liberté et presse le magistrat de remplir son devoir. L’évêque fait chercher les hosties. On élève une chapelle à l’endroit même. P. Balihazar, Bollandistes, .Vis. franç. 259. — Chapelle, église, pèlerinage. Ladislas, roi de Pologne, lit lui-même construire une magnifique église, qui fut par ses soins consacrée enJ’honneur du S. Sacrement et devint plus tard un pèlerinage où les fidèles reçurent quantité de bienfaits surnaturels.

1475. Aguaviva (Valence). Hosties conservées sous le nom de santissimo misterio. Trois jours après l’incendie de l’église, on retrouva, à la place de l’autel, trois petites hosties et une grande hostie, rouges, couleur de sang, Blasco de Lanuza, Ilistoria de Aragon, p. 508; Lampara, 1870. I/enquête se fit la même année par l’archevêque de Saragosse. On plaça les hosties dans un ciboire, avec cette légende ; Amor me lo far far, l’amour me l’a fait faire.

1491. Sternebach (Allemagne). Un prêtre ayant vendu des hosties à des Juifs, le sang les découvre et tous sont punis. Les hosties ensanglantées retrouvées furent élevées en triomphe et ont produit une infinité de miracles et guérisons. iNauclerus, Bzovius, Corbin, p. 366.

1532. Marseille le Petit, diocèse de Beauvais. Ho.stie tachée de sang

1533. Asii (Italie). Un prêtre célébrant la messe dans l’église de Saint- Marc; à la fraction de l’hostie, les doigts du prêtre se couvrirent de sang.

1556. Sachazet (Pologne). Le roi Sigismond paraissait vouloir se ranger du parti des hérétiques et permettre la communion sous lesdeux espèces. Une hostie, portée à la synagogue, est poignardée. Il en sortit tant de sang que les Juifs le ramassaient avec des cuillers et le mettaient dans un

1. M. le chanoine Marsaux, questionné par moi à ce sujet, m’écrivait le 13 mars 1899 : « Le baron de Saracbasa fait erreur. A Marseille-le-Petit, il ne s’agit nullement d’hostie ensanglantée. Au surplus, je vous envoie ma brochure ». Cet opuscule, institulé : Chapelle et pèlerinage des Saintes-Hosties à Marseille-le-Petit, Paris, 1894, in-8, établit le miracle d’après la chronique, la liturgie et l’archéologie.

vase de verre. Sigismond, roi de Pologne, averti, les fît punir rigoureusement. Louis Lipoman, évêque de Vérone et nonce du pape, qui se trouvait alors en Pologne, assura le fait, en prit une preuve authentique qu’il envoya au souverain pontife Paul IV. Livres des Mi/stùres,P. Balthazar; Bollandistes, Ms. franç. 208. Ce miracle eut lieu pour éclairer le roi Sigismond, au moment où les impies novateurs demandaient qu’on accordât aux laïques la communion sous les deux espèces, donnant à croire que N. S. n’est pas tout entier sous chaque espèce.

1581. Naples. Un seigneur napolitain avait un démon familier, qui lui apparaissait sous la forme d’un homme ordinaire. Le seigneur voulait communier à Pâques; le démon lui dit qu’il n’y voyait rien de mal, pourvu que l’hostie fût jetée par terre. Pour cela il donna au seigneur un petit vase d’argent. Le seigneur ayant mis l’hostie dans cette boîte et l’ouvrant chez lui trouva que l’hostie avait répandu beaucoup de sang. Avouant sa faute au pénitencier, celui-ci ordonna que le vase lui fût apporté et le remit à Mgr Annibal de Capoue, archevêque de Naples. On vit ensuite le sang qui pendant plusieurs jours s’accrut de telle sorte qu’il couvrit entièrement l’hostie ; Bollandistes, ms. fran. 224. — Hostie conservée sanglante. L’historien de ce fait assure qu’on conserve encore cette hostie dans le trésor des reliques de la chapelle épiscopale. Tableau au dôme de Milan, copie au musée de Paray.

1592. Escorial (Espagne). Hostie ensanglantée, conservée d’abord à Malines, puis transportée à Vienne et de là à l’Escurial. Le roi Philippe H la fit apporter de Gorkum (Hollande), où cette hostie, après avoir été maltraitée par les disciples de Zwingle, en avait converti plusieurs. Lampara, ISIO, p.ll, — Splendide retable et tableau, représentant Charles H avec la cour en adoration devant l’hostie miraculeuse. Pour l’ostensoir donné par Philippe V, voir la Lampara, 1875, p. 72. Pour le retable et l’autel du miracle, au centre duquel Charles II fit placer la Perle de Raphaël, aujourd’hui au musée du Prado, voir Lampara, 1877, p. 175 *.

XVI® siècle. Italie. L’évêque Albert de Brussia raconte que, une femme, poussée par l’esprit infernal, ayant jeté une hostie aux pourceaux, ceuxci l’adorèrent aussitôt en se prosternant à terre. Elle fixa l’hostie au bout d’une broche et l’approcha du feu, de toute part tombèrent des gouttes de sang. Elle enfouit la divine Eucharistie dans la terre, alors le sang coula en abondance. Frappée de remords, elle alla trouver l’évêque Albert de Brussia, qui ordonna de tirer l’hostie ûe terre et de la déposer avec révérence dans le tabernacle. Pré spirituel, Bollandistes, Ms, franç.

1. La Vei'a Roma, 1898, n» 42, dit que la fête annuelle de l’Escurial attire à Madrid « des milliers de fidèles ». Elle établit ainsi le miracle : « Les Luthériens foulèrent aux pieds les saintes espèces. Les clous des souliers des profanateurs gravèrent dans le pavé trois trous circulaires, d’où jaillit le sang divin du Rédempteur ».

1600. Prague (Bohême). Adam Gothelff voit la Sle hostie rouge de sang. De rillustre famille des Slavata, frère du prince Guillaume, tandis qu’il étudiait chez les Pères de la Compagnie de Jésus, pour le confirmer dans sa nouvelle croyance, il lui arriva un miracle. Un jour qu’il servait la messe, l’hostie lui apparut entièrement rouge et comme dégouttante de sang. Etant à Prague, il assura avec serment, en présence des seigneurs et princes qui le questionnaient sur ce]>oint,que cela lui était arrivé, ayant les sens dans un état normal. Dieu sans doute par ce miracle voulut lui montrer très clairement que le sang de J. -G. est aussi contenu sous les espèces du pain. — Hisloire de la Compagnie de Jésus, prov. de Bohême, page 7; Schmidt, S. J.; Bollandistes, ms franç. 223.

1623. Bohême. Voici un fait mémorable et appuyé sur un témoignage certain: Le P. Flaxius, travaillant en Bohême, avait porté le saint viatique à la femme d’un nouveau converti. Tandis que le prêtre tenait l’hostie élevée sur la patène, suivant l’usage, la femme aperçut l’hostie comme laissant tomber goutte à goutte du sang. La fille et le mari de la fille de cette femme, qui n’étaient pas entièrement convertis, le virent aussi. Croyant que c’était un artifice du prêtre, la fille entre à l’église pendant qu’il offre le saint sacrifice et, à l’élévation, voit de nouveau l’hostie distiller des gouttes d’un sang rouge, ce qui la convertit sur-le-champ. Hisloirede la Compagnie de Jésus, p. 473; Bollandistes, ms. franç. 224. — Le bruit de ce miracle répandu dans la ville rendit plus dociles et attentifs aux instructions des Saints Pères les esprits d’un grand nombres d’hérétiques.

1640. GoltaVa (Ermeland). Miracle ressemblant à celui de Posen (voir 1399). Relaté dans une notice: JJna hoslia mirahiliter a hove adorata; imprimé à Oliva, 1604.

1650. Traui (Italie). Une femme incrédule, après avoir communié à Pâques, mit l’hostie dans une poêle pour la faire cuire, afin de savoir si c’était simplement du pain. L’hostie se changea en chair visible et il sortit de la poêle une si grande quantité de sang que le pavé en fut couvert. L’archevêque ordonna d’apporter l’hostie à l’église et delà conserver avec respect. L’hostie est déposée avec les autres reliques dans la sacristie. — Bolland., ms. franç. 243. — Hostie conservée. Toutes les années, on la montre, au dimanche des Rameaux et le prédicateur, ce jour-là, est tenu de faire le sermon sur le mystère du corps et du sang de N. -S.

2. Collin de Plancy, t. 1, pp. 398-409, a donné de plus amples développements sur les hosties sanglantes; il importe donc de le citer textuellement.

La S te hostie de Dijon. — On croit, dans l’Eglise Romaine, que Jésus- Christ est assis à la droite de Dieu; mais on croit aussi qu’il vient tous les jours sur la terre, par la consécration de l’Eucharistie ; qu’il peut y être blessé et qu’il sort du sang de son corps immortel; témoin la célè-

bre hostie dont le pape Eugène .1 üt présent à Philippe le bon, duc de Bourgogne où l’on remarcpie, nous disent les historiens, des coups de couteau dont un juif la perça, comme aussi des gouttes de sang qui sortirent de ces plaies. On la conservait à Dijon, avec beaucoup de dévotion et de zèle et l’on y venait de fort loin eu pèlerinage. On dit que le roi Louis XII attribua la guérison d’une longue maladie au vœu qu’il avait fait de visiter celte hostie miraculeuse et qu’il s’acquitta de son vœu après sa convalescence... On gardait à Dijon, dans l’église de S. Jean, une petite fiole du sang qui était sortie de l’hostie miraculeuse. Calvin’ Traité des reliques ’

Hosties de Bruxelles. On allait visiter à Bruxelles, dans l’église de Ste Gudule, la fameuse chapelle du S. Sacrement des miracles. Un juif, nommé Jonathas, avait acheté d’un curé trois hosties consacrées qu’il destinait à un sacrilège. Ayaait rassemblé quelques-uns de ses amis, il perça ces trois hosties de plusieurs coups de couteau et aussitôt elles jetèrent du sang. Le miracle fut découvert et les juifs brûlés sur la plus haute tour de la ville, de sorte qu’on voyait le feu de dix lieues. On mit les trois hosties dans un ciboire d’or, où elles conservèrent toujours les traces du sang qu’elles avalent répandu et les marques des eoups de couteau. Misson, tome 11, page 12 t; Bruzen de la Martinière, au mot Bru.\elles.leP.Giry, 15 juillet etc.

Hostie de Bcllitz. Mlcrelius raconte, dans son Histoire de la Poméranie, livre III, qu en 1247, les juifs de Bellitz, dans la marche de Brandebourg, ayant engagé une fille chrétienne à leur procurer une hostie consacrée, se firent un plaisir de la frapper d’un couteau. Aussitôt, comme de juste, il

1. M. d’Arbaumont a publié p. 108-109, le texte de la lettre d’Eugène IV (1433). «Eugenius papallll. Dilecte fîli, saluteni et apostolicarn benedictionem. Singularis devotionis zelus quem ad fidem catliolicam et sacramentuiu Passionis Uoinini Nostri Jesu Cliristi gerere te videinus, nierito induciint ut ea

I tibi concedamus que devotionem tuam et aliorum Xristi fideliurn valeantau- I gere. fuis igitur in bac parte devotis supplicationibus anniientes, tibi liostiani j quandam sub imagine Salvatori's in trono sedentis, niirabile sacrarnentuni Dominici corporis, multis in locis a vesana cujusdani teritate gladii ictibus perforatam et ex eo sanguine respersam in locis pref'atis, que in sacrario i nostro erat recondita, tue pie devotioni concedinius et donanius, volentes et j mandantes tibi ut eam in aliqua ecclesiarum quas possides aut iii alio loco j celebri cuui eo honore et revereutia recondas futuris temporibus venerandain,

1 prout tanti sacramenti majestas et magnitudo l’eqnirit.

« Daturn Rome apud sanctum Laurentium in Rainaso sub annulo nostro , secreto, die XX\ II mensis septembris, pontificatus nostri anno tertio.

I « Dilecto fdio Anclou, canonico Parisiensi et in llomana curia dilecli fdii nobilis oiri Philippi ducis Burgundie procuralori.

2. Le Trésor de la Sainte-Chapelle de Dijon, pai' Jules d’Arbaumont, repro- [1 duit l’hostie miraculeuse, qui représente le Christ, assis sur l’arc-en-ciel et [ montrant ses plaies, au jugement dernier. On y voit parfaitement la trace

sanglante des coups de couteau; il y en a sept sur le champ et sept aussi sur la bordure. Pages 103 et 104, deux reproductions diflérentes portent l’une vingt-neuf blessures et l’autre, seulement vingt-six.

T. XIV

en jaillit des flots de sang. Une lumière miraculeuse qui sortit de la maison où se commellait le crime le lit connaître. Les juifs furent brûlés et l’hostie fut depuis l’objet d’un culte solennel.

Hostie des Augustins de Seefeld. L’anecdote qui suit a eu lieu dans le village de Seefeld, à quelque distance d’Inspruck. Un gentilhomme, nommé •Milser, qui demeurait au château de Schlosberg, à un quart de lieue de ce village et qui était fort redouté, crut dans son orgueil qu’il ne devait pas communier comme les paysans et eut la vanité de vouloir qu’on lui donnât la grande hostie qui est à l’usage des ecclésiastiques. On l’exhorta inutilement à ne point s’opiniâtrer dans cette fantaisie. Mais lorsqu’on lui eut mis l’hostie dans la bouche, cette hostie jeta, dit-on, un gros ruisseau de sang et en même temps les jambes du communiant s’enfoncèrent dans le pavé jusqu’au dessous des genoux. 11 voulut s’appuyer sur l’autel, mais la pierre céda et s’amollit aussi sous sa main. Le malheureux allait être englouti tout vif, s’il ne se fût relevé par un prompt repentir. — Les augustins de Seefeld montrent cette prétendue hostie, chiffonnée et ensanglantée, dans un reliquaire de verre. ()n voit aussi comme l’empreinte d’une main sur une des pierres de l’autel et un creux dans le pavé de l’église comme de deu.x jambes qui se seraient enfoncées dans de la terre fort molle. On dit que cette hostie f dt des miracles et l’on ne s’en trouve j)as mal au couvent. Misson, tome 1, page 131.

On vénère à Rome dans l’église de Ste Potenlienne ou Pudentienne, une hostie qui tomba des mains d’un prêtre, pendant qu’après la consécration il doutait si le corps de Jésus-Christ descendait réellement dans l’Eucharistie. Au moment où l’hostie consacrée s’échappa de ses mains qu’elle ensanglanta, il tomba aussi sur l’autel quelques gouttes de sang, que l’on montre toujours sous'Mne petite grille. Voijige de France et d’Italie, page 394; Merveilles de Home, page 59.

L hostie de S. Jean en Grève. Dans le xine siècle, une pauvre femme du Marais, à Paris, avait mis en gage ses habits des dimanches chez un usurier juif, nommé Jonalhas. Les fêles de Pâques arrivèrent sans qu’elle l>ut rendre les trente sous que le juif lui avait avancés; elle le supplia donc de vouloir bien lui prêter scs habits, seulement pour le jour de sa communion. Mais l’inilexible juif ne les lui rendit qu’à condition qu’elle lui aj)porterail l’iiostie qu’elle devait recevoir à la sainte table, auquel cas il la tenait quitte des trente sous. La bonne femme le promit et elle tint sa promesse. Elle s’en alla à l’église de S. Merry, reçut la communion, mit son hostie dans un mouchoir et la porta à Jonathas. Celui-ci la perça de jdusieurs coups de canif; ou dit même qu’il la frappa d’une lance; il eu ruissela une grande abondance de sang. Il la jeta dans le feu, elle voltigea au-dessus des flammes. Il la mit dans une chaudière d’eau bouillante, l’eau devint aussitôt rouge comme du sang. L’hostie s’éleva au-dessus de la chaudière et prit la forme de Jésus crucifié. Chaque impiété était suivie de miracles effrayans. Ce qui est inconcevable, c’est que

cet homme y fut insensible. — Son lils cependant, voyant les enfants de sa connaissance se rendre à l’église, leur conseilla de n’y plus aller, parce (|ue son père, disait-il, avait fait mourir leur Dieu. Une bonne femme, entendant cela, court chez Jonathas, sous prétexte d’y aller chercher du

feu La sainte hostie ayant vu cette femme, se remit à voltiger et alla

se poser dans le vase qu’elle tenait à la main. La bonne femme la porta aussitôt au curé de S. Jean en Grève, qui la mit dans son église, où elle se conserva jusqu’à la révolution; elle faisait même, dit-on, des miracles, aussi bien que le sang qui en était sorti et que l’on gardait dans un vase précieux. — Le juif Jonathas fut brûlé vif. Sa femme et ses enfants furent obligés de recevoir le baptême, pour prouver qu’ils n’avaient point eu part à son crime.

Sa maison rasée fut remplacée par l’église des Garraes-Billettes, qui sert maintenant de temple aux luthériens. On lisait cette inscription sur la porte d’une chapelle souterraine que l’on croyait être le lieu du miracle ; C’est ici que le juif fit bouillir la Sainte Hostie. Voyage de Bérenger dans Paris, après quarante cinq ans d’absence, 2e édit., tome II, page 13. On y a joint quehjues détails pris dans M. Üulaure, Curiosités de Paris, tome 1, page 178; le P. Giry, 1er juillet; Piganiol, tome JII; Calvin etc.

3. Le miracle de la rue des Billettes, à Paris, eut un tel retentissement par toute la France, qu’il ne sera pas superllu de signaler ici les deux seuls monuments archéologiques qui le rappellent. Je les trouve ainsi décrits dans le Catalogue du Musée d'antiquités de Rouen, par l’ahbé Cochet, Rouen, 18(38, p. 31-33:

Trois fenêtres contiennent, en six panneaux ou tableaux, l’Histoire du Juif eide l’Hostie, autrement dite du miracle des Billettes, en 1290.... Elle était expliquée au bas de chaque vitrail par des quatrains en français que nous reproduisons d’autant plus volontiers que plusieurs sont effacés depuis trente ans.

Première fenêtre Comment la bourgoise porta Sa robe au juif pour mettre en gage, Puys croyant au mauvais langage Du Juif de sens se transporta.

Comment la bourgoise seduicte Par le juif a Dieu maledict,

Luy accorda sans contredict De livrer l’hostie sans conduicte.

Deuxième fenêtre Comment labourgoisesans crainte La Ste hostie au Juif livra.

Qui puys après luy délivra

L’Iiabit sa is argent ni conlrainete.

Comment la mist dessus la table Et puys frappa l’hostie au sang Et de sa daigne détestable Troys foys on fist sorlir du sang.

Troisième fenêtre Comment la famé en la maison Du Juif pénétra par surprise Au temps qu’il dort oultre raison Et puis la Ste hostie a prise.

Commentlafameà droict plaignante Contre le Juif, de sens rassis.

Porta l’hostie non plus saignante Au Prévost dans sa chaire assis.

Ces précieux vitraux, qui reniouteut au xvi* siècle, proviennent de l’eglise de S. Eloi de Rouen. 11 est probable qu’un septième et un huitième panneau, représentant la condamnation et le supplice du Juif, en complétaient la suite; ils n’existent plus aujourd’hui. Hauteur de chaque panneau, bordure comprise, 1,53; hauteur, 1,50.

Cette histoire du Juif et de l’Hostie a laissé à Paris un monument parlant de son existence. C’est un « insigne processionnel en orfèvrerie de cuivre battu, fondu, ciselé et orné de pierreries fausses ».ll se voit aujourd hui au musée des Thermes et de rilôtel Gluny, où il porte le n» 3133. Avant la révolution, il décorait la chapelle des Rillettes.... Le Catalogue du Musee

de Clunii nous apprend qu’avant de lui appartenir, l’insigne se voyait dans

la collection Soltikolï, où il portait le no 185. M. Paul Baudry, dans sa notice sur le Musée déparlemenlal des Antiquités de Rouen, p. 2--24, place l’histoire de Jonathas à Bruxelles, en 1369.

Il y a erreur, car les Miracles de Paris et de Bruxelles sont parfaitement distincts. Le Catalogue du Musée de Çluny, Paris, 1867, décrit /jette pièce de la sorte :

L’insigne processionnel consiste en une sorte de monument en bronze, ciselé et doré, qui surmonte un long bâton de procession, incrusté de nacre et rehaussé d’ornements en cuivre repoussé. Le sujet principal, composé de trois ligures, représente le miracle et la scene ou le juif Jonathas, après avoir mis l’hostie dans une chaudière placée sur un brasier ardent, souille et attise le feu, taudis que sa femme prend dans ses vêtements de nouveaux charbons qu’elle jette dans le foyer. De la chaudière en ébullition sort le Christ en croix dans une aureolede gloire. Le couronnement, dont la forme est celle d’une sorte de cheminée gothique, est supporté par deux montants que terminent des clochetons. Cet insigne processionnel, destiné à rappeler au xiv'’ siècle le souvenir du miracle accompli, était porté en grande pompe dans les cérémonies de 1 Eglise afin d’en perpétuer la mémoire. La hauteur du monument, non compris le bâton, est de ü,63 sur une largeur de 0,27.

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