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XX. — CORPORAUX e.nsanglantés

1. — Le sang divin, en coulant de l’hostie, a souvent taché le corporal. Ces corporaux ont été gardés, en conséquence, avec un soin religieux et sont l'objet d’un culte particulier. Le plus célèbre est peut être le saint corporal d’Orvieto, qui exige un méraotre a part.

Voici le relevé qu’en a fait M. le baron de Sarachaga dans son ou-

vrage sur le musée' de Paray-le-Mouial : je dispose les faits se’ou l’ordre chronologique.

595. Rome. S. Grégoire le Grand transperce un corporal consacré et le sang jaillit. Paul Diacre, Mgr Barbier de Monlault. — Tableau d’André Sacchi, à S. Pierre de Rome, copie à Paray.

993. San Gugat del Vallès (Catalogne). Hostie conservée encore depuis le passage des Sarrasins. L’abbé Othon cacha cette hostie, enveloppée dans des corporaux qu’il retrouva ensanglantés. Les corporaux se gardent dans un reliquaire. P. Villanueva, Viaje literürioà lax igles^iax deK^pann, t. XIX, p. 24fxvnie siècle) ; Lampara, 1870, p. 307. — L’enquête fut faite en l'i09 par l’abbé de Rejadell, qui brisa l’hostie en deux. Fête spéciale.

1010. Iborra, près Solsona (Espagne). Hostie connue sous le nom de Santa-Duda. Corporaux ensanglantés, à l’occasion d’un prêtre doutant de la transubstantialion. Reconnus par la bulle de Serge IV, se conservent avec la copie de cette bulle. Décret de la S. C. des Rites, 1804, voir Gardellini. Lampara, juillet 1883. — Confrérie établie par ce miracle. Tableau à Ibora.

1218. Diocèse de Cologne. Un calice consacré tombe sur le corporal et le couvre de sang. Brovizs, Corbin, p. 314.

1238. Valence-Daroca (P]spagne). Sarrasins. Six hosties consacrées se trouvent ensanglantées et attachées au corporal et sont transportées à Daroca où on les conserve. Corbin, p. 307 ; Lampara, 1877, p, C9. — Grand pèlerinage autrefois. — Fête spéciale. Tableau ibid. '.

Une inscription de l’an 1203, placée, au dôme d’Orvieto, dans la chapelle du Saint-Corporal, raconte en ces termes le miracle de l’hostiesanglante arrivé à Bolsène, à cette même date : « Quidam sacerdos theutonicus... in tidehujus sacramenti plurimum dubitabat... Cum castrum Vulsinii, ürbevetanæ diœcesis... in bac præsenti ecclesia S. Cbristinæ, virginis,... disposuit celebrare. Qui dum missam in hoc loco celebraret, et bostiam supra calicem teneret in manibus,... illico eadem hostia apparuit visibiliter vera caro et roseo cruore respersa, ea tantum particula dumtaxat exempta que ipsius digitis tegebatur... Insuper quædam benda de sindone, que ad obsequium purificationis calicis tenebatur, ex ipsa eirusione sanguinis extitit madefacta. Quo viso miraculo,... ipsum corporali studuit operire, sed... singulæ guttæ sanguinis ex ilia manantes

1 . « On honore a Daroca, en Espagne, une autre hostie qui teignitde sang les linges du calice et la nappe de l’autel pour convaincre un prêtre qui no croyait pas à la transubslanliation, Ribadéneira, surle Saint-Sacremenl » (Collin de Plancy, i, 409).

quotqaot ipsius maculas contigerunt, singulas figuras ibidem in similitudinera hominis impresserunt ».

Du sangf 7’05e qui coulait de l’hostie furent tachés le purificatoire et le corporal : sur celui-ci îes taches prenaient la forme d’un homme, pour indiquer la présence réelle, déjà constatée sur l’hostie même, transformée en chair, excepté à l’endroit que touchaient les doigts du prêtre.

1280. Boxtel (Hollande). Gilles Van der Acker, recteur de l’église de Esch, célébrant le saint sacrifice, renversa par mégarde le calice. Le corporal fut ensanglanté. L’eau du puits dans lequel le corporal fut plongé est célèbre par ses guérisons. Ms. de Hollande au Musée de Paray. Le corporal est gardé dans un reliquaire. Photographie au Musée de Paray.

xm* siècle. Hasselt (Belgique). Hostie touchée par des mains sacrilèges à Viversel et retrouvée adhérente au corporal par du sang coagulé. Schoutens.

1300. Aninon (.\ragon). Gorporaux ensanglantés et six hosties conservés à -Valence. Les hosties et les corporaux ensanglantés furent retrouvés intacts après l’incendie de l’église. Gomme on venait de tous côtés pour les voir, le roi Jean 11 les demanda pour le trésor de Valence. Lampara, 1870, p. 72. Enquête officielle de 1013.

13... Seo d’ürgel. Gorporaux ensanglantés. Un prêtre ayant été assassiné au moment de la communion, l'hostie se convertit en chair et resta attachée aux corporaux. Villanueva, Viaje ; Siméon de Guinda, évêque d’Urgel ; Lampara, 1875, p. 396. Les documents aux archives jusqu’au xvi* siècle disparurent dans un incendie. — Fêle spéciale.

1330. Waldurn (Bavière).

1350. Valpolicella, diocèse de Vérone. Gorporaux ensanglantés conservés dans l’église. Reconnus authentiques par la S. G. des Rites, décret 22 nov. 1827. Gités à propos de Sborra (Aragon) d’un autre décret; Lampara, juillet 1883.

1380. Hoogstraeten (Belgique). Le recteur Eligius Acker renverse un calice consacré, qui rougit de sang le corporal à Boxtel. Transporté à Hoogstraeten, où il est porté actuellement en procession le jour delà Ste Trinité. Schoutens.

XIV® siècle. Bruxelles. Gn prêtre, doutant de la présence réelle, eut le malheur de renverser le calice après la consécration, le corporal fut taché de sang. Schoutens.

1400. Boxmeer (Hollande). Gn prêtre doutant de la présence réelle, le sang se répandit sur le corporal. De nombreux pèlerins accoururent et obtinrent des guérisons miraculeuses.Ms.de Hollande, au musée de Paray. Voir Lim. barysche Legenheden, par Welters. Tableau de l’autel.

5 juin 1405. Bois Seigneur Isaac (Belgique). Le sang se répand d’une

parcelle d’hostie oubliée dans un corporal. Pierre d’Ailli, évêque de Cambrai, institue une procession le dimanche après la fête de Noël. Le cinquième jour avant la Fête Dieu fut le jour que ce miracle eut lieu.

Voir les monographies, — Gravure ibid.

1412. Bagno (Italie). Corporal teint de sang miraculeux que l’on porte jusqu’à présent à la procession qui se fait dans l’octave du Corpus Domini.

XV® siècle. Kinroy-Maeseick. Corporal taché du sang découlant de l’hostie pendant la sainte messe. Schoutens.

1710. Tartanedo (Espagne). Un corporal, sur lequel s’imprimèrent les effigies de six hosties jetées à terre par des soldats hérétiques. Lamparn, 1884, p. 74. Voir ibidem VEnquéle des ordinaires, signée par le notaire Miguel Rubin de Noriega.

18o9. Vrigneaux Bois, près Sedan (France). Près du champ de bataille de Sedan, au moment où l’empereur Napoléon 111 se décida à attaquer la religion catholique: 1° en retirant ses troupes de Rome, 2® en se rendant aux menaces de la franc-maçonnerie, les hosties versèrent du sang. Voir les nombreux miracles de ce genre de 1830 à 1848, dans la xNotice de Dom Piolin sur N.-D. du chêne. — Corporal ensanglanté.

2. Sœur Aloysia, des religieuses de Notre-Dame, à Namur, m’envoie une notice plus complète, que je m’empresse d’insérer ici:

L’an 1400, un prêtre, en célébrant les saints mystères, doutait de la présence réelle de Nôtre-Seigneur à la consécration. Après qu’il eut consacré le précieux sang, Notre Seigneur pour le convaincre permit qu’il s’en trouvât une telle abondance dans le calice qu’il débordait et que le corporal qui était sur l’autel en tut taché. Ce corporal est vénéré dans l’église de Boxmeer en Hollande, où s’est accompli ce miracle. Tous les ans, à différentes époques de l’année, il se fait des processions et d’autres dévotions en l’honneur du précieux sang, il s’y opère un grand nombre de guérisons. On y bénit de petits écheveaux de soie rouge que l’on a fait toucher au corporal vénéré, et que l’on distribue ensuite; les malades en portant quelques fils sur eux, sont ordinairement bientôt guéris.

Le Saint Sang de Miracle, à la chapelle du Bois-Seigneur-Isaac, non loin de Draine le Comte en Hainaut.

Le seigneur Isaac tut un des nobles preux qui suivirent Godefroid de Bouillon en Terre-Sainte. 11 avait planté près de son château un petit bois auquel le peuple rattache son souvenir. Tout à côté du bois se trouvait une chapelle delà Vierge, dont l’origine se perdait dans la nuit des temps. Un prodige éclatant venait de rendre très célèbre ce sanctuaire de Marie.

Voici, en abrégé, comment il est raconté dans l’histoire du saint sang de miracle, publiée en lo8l, avec l’approbation de l’autorité ecclésiastique; « C’était le vendredi avant la Pentecôte, le 5 juin de Tan 1405 ». Sire Pierre Ost, curé de Haut-litre, homme adonné à la dévolion, reposant de

nuit, ouït sur le malin une voix comme si l’ange du ciel eut parlé: Sire Pierre, lève toi et va incontinent célébrer la messe de la Sainte Croix en la chapelle du Bois-Seigneur-lsaac. A celle voix, étant éveillé et ayant bien considéré et ruminé cet avertissement, il se résout d’y obéir. Le seigneur Jean du Bois et plusieurs autres personnes arrivèrent au son de la cloche.

Le prêtre, revêtu des ornements sacrés, monte à l’autel ; ayant déplié son corporal tout du long, non pas du large, comme c'était alors la coutume, commença la messe de la Sainte-Croix avec beaucoup de révérence et de dévotion. Comme il voulut prendre le calice pour en faire oblation à Dieu, il aperçut sur le corporal une parcelle de la sainte hostie consacrée, environ la huitième partie, laquelle , par mission divine, le Sire Pierre Ost avait oubliée en la messe qu'il avait célébrée le mardi précédent. 11 voulut la lever et la mettre à côté pour la consommer à la fin de la messe. 11 ne la sut ôter, et comme il .s'efforçait de l'ôter avec ses doigts, il aperçut quelques gouttes de sang sortir de la dite pièce d'hostie consacrée, lesquelles coulaient petit à petit et s'élargissaient sur le corporal.

A cette merveille, il croyait défaillir et tomber par terre d'appréhension. Son clerc assistant fit signe au seigneur Jean du Bois, lequel s’approcha de l'autel, ayant la mémoire encore fraîche des apparitions des trois nuits précédentes, reconnut que cette merveille venait de Dieu. 11 lui dit pour l'encourager: hé! Sire Pierre, ne vous épouvantez pas, ne redoutez rien, celte merveille vient du ciel; courage, achevez la messe et nous verrons ce qu'il plaira à la divine sagesse d'en ordonner. — Aussitôt, prenant un autre corporal et remettant à côté celui sur lequel dégoûtait le sang de la Sainte Hostie, il acheva la messe avec beaucoup de révérence. La messe achevée, tous ceux qui y assistaient approchèrent de l’autel, le prêtre montra le corporal sur lequel le saint sang découlait peu à peu. — Les merveilles ne cessèrent de s’opérer depuis ce jour. La chapelle devint trop petite. Le seigneur Jean dut l’agrandir ; il y érigea un monastère, afin que le service divin y fut chanté nuit et jour. Les pèlerins y contribuèrent par leurs offrandes et jilusieurs antres dévêts personnages, surtout après que par l’aveu de Mgr Pierre d’Ailly, évêque de Cambrai, ordinaire et diocésain du lieu et autres évêques de ces provinces, le dit miracle arrivé en cette chapelle et les merveilles que le Tout-Puissant y opérait furent publiés et divulgués partout.

Tiré de l'ouvrage intitulé Saints et grands hommes du catholicisme en Belgique, par le Père Smet, s. j.

Best dit ailleurs que le seigneur du Bols avait vu en songe Notre Seigneur qui lui a commandé de faire célébrer dans cette chapelle.

3. La S. C. des Rites, par décret rendu pour Solsona (Espagne), le 27 juin 1868, déclare que le culte à rendre aux corporaux ensanglantés de cette ville doit être le même que celui dont on honore la vraie croix.

Celsonen. Rraus Dominus vicarius capilularis diœceseos Celsonen. S.

R. G. hæc quæ sequuntur exposuit, nimirum :

I. In oppido Sanctæ Mariæ, eux noraen Sborra, hujiisce diœceseos, reliquiam coli pretiosissimi sanguinis D. N. J, G. sequenti de causa: qnum prælaudati oppidi parochiis, Bernardiis Oliver noniine, inler raissæ celebrationera dubitasset ulrum sub panis et vini speciebus esset realiler Ghristiis in eucharistia, siibilo qui erat in calice celebranlis Sanguis Dominicus exuberavit, irrigans corporalia et altaris mappas, non jam vini sed veri sanguinis specie.

II. Hujus prodigii causa S. Sedem fuisse exoratam, ut id factura examinaret aulhenlicumque, si ei placuissel, decernerel; quod ipsa efïecit, servatis servandis, juxta bullam a Sergio IV anno secundo sui ponlificaliis expedilam, declaravilque factura illud inler vera rairacula recensendum et propter illud fidelibus confralernitatis in eadem parochia ereclæ in scriplis privilégia innumera concessit: cujus bullæ ponlificiæ aulhenticum teslimoniuni in arebivio parochiali prædicli oppidi asservatur.

III. Gorporalia ilia exubérante sanguine imbibita eliara nunc in dicta parochia inter decentem thecam religiose conservari perfecte tincta rubenti sanguine perraanentia.

IV. Hisce corporalibus ab irainemorabili (et absque dubio deinceps ab epocha facti mirandi) latriæ cultum tributura esse.

V. Recenter vero a nonnullisdubitatum est de legitiraitate prædicli cultus, sunipta occasionc ex decreto a S. R. G. lato die 22 seplembiis anni 1827, pro casu qui accidit in ecclesia S. Arabrosii oppidi Valpollicella, diœcesis Veronen., cui hune de quo exponitur partira similera dicunt,etsi in multis, quæ substanlialia videntur, perdissimilera esse ullro conüteantur, attenta præsertim instructione ei decreto aflixa in colleclione Gardellini.

VI. Ne tamen hac in re leviter procederet exponens, cognito quod in huic conlerminæ diœcesis Vicensis oppido, cui noraen S. Joannes de las Abadesas, existit casus nostro persimilis (ibi enira ab anno 12al hoslia asservatur consecrata) inquisivit: qualis ipsi cultus tribuerelur? et comperiit cultum tribui lalreuticum approbalum, proniotumque ipsum esse a 70 et araplius prælalis, quos inter cardinales et archiepiscopi exlant, et

S. R. G. decreto 13 februarii 1666 induisisse ut posset celebrari xpiotannis missa votiva de Ssmo Sacramento, die quo festum hujus miraculi, Ssmi Mysterii dicti, celebratur.

Quapropter quum pro reliquia pretiosissimi Sanguinis Redemptoris, quæ in memorato Sborræ oppido colitur, eædem, ut videtur, quam pro ilia S. Joannis de las Abadesas rationes militent, hinc præfatus orator ab eadem S. G. hurailiter exquisivit, ut declarare dignaretur præfatam reliquiam, sine labe superslitionis, latriæ cullu esse adorandam.

Sacra vero eadem G., referente secrelarlo, omnibus mature libratis riteque perpensis, auditoque voto tum alterius ex apostolicarura cœ'remo-

nianim magisfris, fum RmiD. Laurenlii advocali Salvati, ejusdem S. C. assessoris, rescribendum censuit, ad tramitem decreti in una Veronen., die 22 septembris 1827: In casu, de quo agilur, permiltendæ tanlummodo sunt illæ venerationis et cullus significationes, qnæ conveninnt reliquiis de Cruce Domini Nostri Jesu Chrisli. Atque ita decrevit, et scrvari mandavit, die 27 junii 1868 (Analecta jur. pont., 1879, col. 993)

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