‹ Œuvres complètesChapitre 165 sur 215 · XXII. Sang de la Vierge · texte numérisé non relu

XXII. Sang de la Vierge

.l’ai déjà signalé, au chapitre de VE au, la Vierge de Lucques (jui répandit à la fois du sang et de l’eau. Voici des Vierges qui ont versé du sang, pour avoir été grossièrement frappées.

En 13:22, eut lieu (à Gambron, en Belgique) l’allenlat d’un juif Guillaume, prétendûment converti, qui perça de cinq coups dejaveline une image de la Vierged’oùle sang jaillit. Plainte fut porléedevant le papeJeanXXlI et le coupable, un instant libéré, fut enlin puni à Mons en 1326. L’histoire de ce sacrilège a fait, au xive siècle, l’objet d’un poème français. En 1665, D. Quentin du Bay, bénédictin de S. Adrien de Grammont, lit représenter une tragédie latine sur co fait miraculeux. Voir Th. Lejeune, la Vierge miraculeuse de Cambron [Annales du Cercle archéol. de Mons, VU, 67-95). En 1330, l’abbé de Cambron obtint du chapitre général de l’ordre (de Citeaux) l’établissement d’une procession le troisième dimanche après Pâques, en souvenir du miracle opéré dans son monastère par la sainte

1. Le comm. Fumi, dans un opu.scule sur le Congresso Eucaristico di Orvielo (Orvieto, 1897), s’exprime ainsi sur les gouttes de sang du S. Gorporal de Bolsène, p. 4: « 11 SS. Gorporale rossegiava del sangue prodigioso e ben venticiuque volte vi si riproduceva, a scorno e confusione dei paterini, a conforto e letizia dei buoni, la pia imagine del Nazareno, divinamento sofferente sotto il peso deillagelli o délia corona di spine ». Les tètes couronnées d’épines ne seraient donc, à Waldurn, que la répélition du miracle de Bolséne.

Vierge : Marlène, Thés, wiecd,, IV, 1518 {Monaslicon Belge, t. I, p. oi-9). , ^

3 juillet. Noire-Dame de la Garolle, à Paris. Celte image, qui était au coin de la rue au.x Ours, reçut un coup de couteau, l’an 1418, et rendit (|uanlité de sang, qui se garde avec l’image à S. Martin-des-Champs En mémoire de ce miracle, on fait tous les ans un feu d’artifice, où l’on brûle une figure qui représente le sacrilège qui donna le coup. Du Breuil, livre II {Dlcl. des pèlerinages, U, 1322). ’

Boucher d Argis, dans ses Variétés historiques, Paris 17u2,t. I p. 152, rapporte ainsi l’inscription, peinte au-dessous du tableau (]ue 1 on exposait tous les ans à Paris, dans la rue aux Ours :

L’an 1418, le 9 juillet, veille de la Translation de S. Martin, un soldat, sortant d’une taverne qui était sur la rue aux Ours,désespéré d’avoir perdu tout son argent et ses habits au jeu, jurant et blasphémant le saint nom de Dieu, frappa furieusement 1 Image de la sainte Vierge j Dieu permit qu’il en sortit du sang en abondance. Cette image était une statue de pierre i.

Dans les souterrains de S. Pierre au Vatican, existe une Vierge, qui forme retable à un autel et qui a été peinte au xiv® siècle par Simon Memmi. Elle ornait l’ancien portique. Des individus qui jouaient sur la place S. Pierre lui lancèrent leurs boules au visage; le sang en coula et tomba sur cinq morceaux de marbre où elles ont laissé en creux leur empreinte. Ces marbres sont protégés par des grilles dorées. Cet événement a fait donnera la Vierge de Memmi le surnom populaire de la Madone des boules, Madonna delle boccie.

C mai. Notre-Dame des Miracles, dan s l’église de Notre-Dame de la Paix à Rome. L’an 1483, un homme qui avait perdu son argent au jeu, après avoir vomi mille blasphèmes contre cette image, lui donna quatre coups de poignard; elle rendil une si grande abondance de sang que le miracle fut incontinent divulguépar toute la ville. L’image se conserve encore dans l’église de Notre-Dame de la Paix, autrefois de S. André, où elle se voil au maître-autel, enchâssée dans le marbre. Gabriel Pennotus, in Ilist. Canon, re gui., \ih . 111, c. 31, I 2 {Dict. despèler., II, 1293).

Au moyen-âge, il existait déjà, dans l’emplacement qu'occupe Sle-Marie de la Paix, à Rome, un sanctuaire, alors dédié à S. André et sous le porche duquel on vénérait une image de la mère deDieu. Un jour, un impie ayant jeté une pierre contre cette image sainte, il en coula du sang en abondance. A la nouvelle de ce prodige, la ville tout entière s’émut et le pape Sixte IV (li7l-148ï), accompagné du clergé et du peuple, vint en proces-

Page 1