Collin de Plancy, ii
sion sur le lieu du miracle. Non content de cet acte solennel de réparation, il fit vœu de reconstruire l’église en l’honneur de la Vierge immaculée, si la paix, qui venait d’être troublée par la conjuration des Pazzi, à Florence (I4"8)se rétablissait eu Italie ( La voix dcS .Antoine, 1S96, p. 10)'.
On vénère à Marseille, dans la vieille église de Notre-Dinie-la-Majeure, une Notre-Dame peinte par un saint, laquelle saigna un jour, parcequ’un infidèle l’avait frappée d’un coup de poignard (Collin de Plancy, II, 3o4).
23 novembre. Notre-Dame-de-la-Voute, proche du bourg de Ste Anastasie,aux environs de Florence, en Italie. On rapporte que cette image rendit quantité de sang, après avoir étéfrappée d’un coup de billard à lajoue gauche, par un méchant homme, en dépit de ce qu’il perdait au jeu. Triple couronne, n- 102 [Dict. des pèlerin., 11,1302).
On vénérait à Bologne, une Notre-Dame miraculeuse, qui délivra autrefois la ville d’une grande peste. On dit qu’un scélérat, qui ne croyait pas aux prodiges opérés par cette sainte image, s’avisa un jour de la frapper d’un coup de couteau. Aussitôt la Notre-Dame répandit quelques gouttes de sang que l’on a conservées. Le scélérat fut pendu et l’image plus révérée que jamais, Mlsson, t. 11, p. 349 : Voyage de France et d'Italie, pJ9i (Collin de Plancy, 11, 239;.
Un joueur ayant perdu tout sou argent, à Trapano, vit deux images, l’une de la Vierge Marie, l’autre de S. Albert de Liège, à qui il avait demandé inutilement un peu de bonheuraujeu.il mit l’épée à la main en disant; Je t’ai souvent réclamé, saint sans complaisance et lu ne m’as point aidé, je ne t’aimerai jamais. Et toi, Marie, surnommée mère de grâces, tu as été sourde à ma prière. Eh bien! vous ne ferez plus de dupes. Aussitôt il se mit à frapper ces images, qui rendirent quantité de sang; le tonnerre tomba sur le joueur et le tua incontinent. Et depuis, ces saintes images, aussi bien que les reliques de S, Albert de Liège, opérèrent d’éclatanis prodiges (Collin de Plancy, I, 10)
1 . « On vénère à Rome, dans l’église de Sainte-Mario de la Paix, une Notre- Dame, qui fut peinte par S. Luc..., elle versa du sang, comme beaucoup d’autres, ayant étéfrappée par un insolent. Ses miracles sont nombreux, mais elle a surtout le talent de chasser les diables: Misson, t. 111, p. 267; Voyage de France et d'Italie, p. 4S2 ». (Collin de Plancy, II, 228).
2. B On vénérait prés des murs de Bourges, la célèbre NoIre-Dame-du-Cliou, ainsi nommée parce qu’elle fut trouvée miraculeusement sous un chou énorme. Un pigeon, blessé par un chasseur, vint se poser sur la tête de Notre-Damedu-Gliou. Quelques gouttes de sang coulèrent sur sa face et, une heure après, le pigeon étant parti, les fidèles qui vinrent à la messe crièrent miracle. On sonna les cloches. Voyez, disait-on, comme le monde est méchant, Notre- Dame pleure sang et eau. C’est présage de guerre et de déluge. Mais le lieutenant du roi ayant fait visiter la tête de l’image, on y trouva quelques plumes du pigeon qui était allé mourir à deux pas; et le miracle fut perdu. Henri Estienue, ch. 39, Histoire de l'Église de Bourges » (Collin de Plancy, H, 232).
Le Bulletin de la conférence^ d'histoire et d'archéologie du diocèse de Meaux, 3, p. 81; parlant du pèlerinage de N.-D. dePreuilIy ou du Chêne, rapporte ceci ;
Les registres de l’état civil de Donneraarie, au 12 germinal an II (avril
793). contiennent une délibération, en vertu de laquelle la municipalité de cette ville et celle de Dontilly devaient se concerter à l'effet « d’arracher l’arbre de la superstition et du fanatisme encore existant dans la foret de Preuilly, à l’invocation de la ci-devant vierge «.Mais, ce qui n est pas mentionné à la suite de ce document, c’est le résultat de l’expédition. Tous les anciens Paftirment : an.x premiers coups de pioch^et de hache, une sève rougeâtre, comme un flot de sang, ayant jailli de l’arbre béni, nos jacobins se retirèrent terrifiés, sans que ni eux ni d’autres pussent reprendre leur sacrilège besogne.
L’arclievêque de Novgorod, en 1200, vit, à Sainte-Sophie de Constantinople, la Vierge frappée par un juif et le sang qu’elle répandit:
Venerati sumus deosculantes. . .. imaginem SS.Dei Genitricis Christura gestantis, qui cultello cujusdam Judæi Jerosolymis, in faucibus perculsus sanguinem emiserat; quem sanguinem, ex dicta imagine lapsum, in sanctuario rainori ipsimet vidimus exsiccatum (Riant, Exuv., 11, 218).
La liturgie Parisienne avait une hymne faisant mémoire, parmi les leliques de la Ste Chapelle, de ce sang miraculeu.\ :
Lac et péplum Virgluis Perçusse Ymaginis
Et thésaurus sanguinis Nos ditarunt.
Les Archives du bihliophile, publiées par M. Claudin, dans le n° 340, 1899, p. 182, ont cette noticesur un sanctuaire du Dauphiné :
Relation des miracles de ^otre-Dame de l'Ozier (par Pierre de Boissac ou Boissal). A Uornans, chez Jean Guilhermet, marchand libraire et imprimeur proche St-Barnard 1663. (Achevé d’imprimer le 23 février 1662) Pet. in-8, 70 fr.
Livret rarissime. Cette impression de Romans est inconnue et a échappé aiix recheiches de M. Cypr. Pérossier, qui s’est occupé de l’histoire de 1 imprimerie de Romans. — Un huguenot, du nom de Pierre Port-Combet, marié à une femme catholique, ayant voulu couper de l’osier le jour de Notre-Dame, maigre les supplications de sa femme Jeanne Pelionne, vit du sang sortir de l’arbre qu’il venait de tailler. Ceci se passait en 1649, au hameau des Paillées, près Vinay. L’évêque de Grenoble fil informer de ce miracle de l’osier sanglant. « Cet admirable événement, dit le livret, demeura presque dans le silence sept ans durant en la province raesme du Dauphiné, à la réserve de quelques personnes habitantes des villes voisines ». En 1638, Pais, curé de Yinay, à la persuasion de Jeanne de la
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Croix, de Ghevrières, fit dresser une croix près de l’osier miraculeux. Le |
premier miracle se manifesta la huitième année seulement et fut suivi I
d’autres. Le marquis de Lestaug, sur les terres duquel s’était passé le j
miracle de l’osier sanglant, fit bâtir ensuite une chapelle qui prit le nom |
de N. -Dame de l’Üsier. Suivent les relations des nombreux miracles qui i
s’opérèrent depuis avec les noms des gens qui en bénéficièrent, presque tous des Dauphinois. Au milieu de toutes ces relations on lit le récit de la t
conversion et de l’abjuralion de Port-Combet , faite à la suite in articulo r
mortis par le curé de Poliéuas. — Comme tous les livres populaires, ce livret qui tombait dans des mains peu conservatrices a dû être détruit et ^ a ainsi disparu. Le haut de la marge des derniers feuillets qui était atteint d’une brûlure a été réparé, mais cet accident a entamé en partie la première ligue du texte de 6 ou 7 feuillets, auxquels il manque quelques mots ou lettres. Tel qu’il est, c’est néanmoins un document précieux, car on n’a pas le choix d’un autre exemplaire de celle édition. On ne connaissait jusqu’à présent qu’une autre de Lyon citée par Rochas, qui se trouve à la bibliothèque de l’Arsenal à Paris.