SIX ANS DEUX MOIS DÉBILE ET IMPOTENTE
AVOIT ESTÉ CETTE DAME ERFSENTH SANS ESPÉRER AUCUN ALLÈGEMENT MAIS l’humble vierge, EN SEPTEMBRE L'oNZIÈME DE l’an cinq CENS, MIL QUATRE VINT SEPTIESME LA REGUÉRIT DU TOUT ENTIÈREMENT.
« Au siècle de Uubeiis, lorsque tous les grands faits religieux et traditionnels se perpétuaient par la peinture, ou fit un tableau fidèle et poétique de cet épisode dramatique de l'histoire de Gambron. Une toile de six pieds carrés reçut les principales phases de ce mémorable événement. An centre de la composition était représentée la madone vénérée de l’abbaye de Gambron, et tout autour l’artiste avait groupé une foule de petits médaillons, rappelant les scènes diverses du juif et de son antagoniste, retracées si vivement par le vieux trouvère. Dans un coin de la toile, on voyait un portrait d’une dame en costume religieux, peinte à la manière d’Holbcin. On lisait au bas de la peinture ces mots écrits en lettres d’or : ISostre Dame de Cambron. 1620.
« Ge tableau historique resta vraisemblablement à l’abbaye de Cambron jusqu’à la première Hévolulion française, fatale à tous les cloîtres. 11 fut, comme toutes les curiosités des abbayes, livré au pillage et à la friperie. Par respect pour tout ce qui se rattache au culte, respect qui ne fut jamais totalement perdu en Belgique, on le dépaysa; il fut porté à Paris, où tout finit par aboutir ; là, il fut acquis en 1835 par ÎU. P. Hédouin, de Boulogne, poète et compositeur, ami des arts surtout et amant passionné des objets curieux. La vue de ce tableau-légende lui inspira l’idée d’écrire une nouvelle sur ce sujet tant soit peu rajeuni. Sa riche imagination s’écarta légèrement de l’histoire, sans altérer toutefois la couleur locale, et il sortit de sa plume une jolie brochure intitulée : Le Sacrilège, cliro7iique de la Flandre au XIV& siècle; Calais, E. Leleux, 1849, petit in-8 de 31 pages. »
5. La quatrième et dernière peinture, qui est sur bois, se conserve dans la chapelle de Notre-Dame de Cambron, à Estinnes-au-Mont.Elle remonte à coup sûr à la fin du xvi« siècle. C’est un grand tableau, ayant 2 mètres 40 cent, de longueur sur 1 mètre 80 cent, de hauteur, et qui est partagé en douze compartiments. Dans chaque carré est représentée une des scènes du miracle de Cambron; au-dessous se trouve écrite, en caractères gothiques, une légende de quatre vers pour chaque fait.
1. Le Juif Guillaume, transporté de rage à la vue d’une peinture représentant la sainte Vierge frappe de sa pique l’image de la Mère de Dieu. Le charpentier Jean Mandidier veut pourfendre le juif sacrilège; le frère convers Mathieu de Lobbes l’en empêche ;
1. Quelques notes me semblent indispensables pour compléter la description de M. Lejeune. Sur un autel, garni d’un parement d’étoffe, se dresse une statue de la Vierge, assise et abritée par un dais à dossier pendant.
Ung Juifs fui Guillamme avoit à non, a la Mère de Jésus adversaire; parti de Mons pour allere à Cambron, où y frapi la Vierge au visaige.
2. Jean et le religieux racontent à l’abbé Nicolas deHercbies', accouru au bruit, l’outrage fait à Notre-bame de Cambron ;
Ung charpentier estant à son ouvraige, et ung convier que lors estoil envoyé, furent à l’abé conlcrre le grant outraige du Juifs et son cruel defroy.
3. Prosterné devant le pape Jean XXII *, à qui il a donné avec son compagnon les détails du sacrilège, il obtient du Saint-Père une lettre pour engager le comte de Halnaut à punir le coupable :
Le convier de Jésus inspiré requéry grâce pour à Rome en aliere et de bon copure luy ofroy l’abé pour le cas au Pape revellere.
4. L’abbé de Cambron en compagnie du charpentier et du frère Mathieu de Lobes, présente au grand bailli de ilainaul *, la lettre du Pape, qui demande la punition du Juif :
A son retoure alirent présentere le convier, le Carpentier san fault la lettre quy deult de Rome raportere a Mons au baillie de Hainault .
5. La sainte Vierge apparaît, pendant la nuit, à Jean Lefebvre, qui repose dans son lit et lui dit d’aller venger l’outrage resté impuni :
La Vierge Mère saparut au Estine a Jehan Le Febvre que lors estoit sarlrier;
Apiarus par puissance divine,
luy dit la Vierge pour me allere vengier.
6. L’auge du Seigneur lui renouvelle l’ordre du ciel. Prosterné devant son curé le paralytique lui raconte la vision qu’il a eue ;
1. L'abbé porte le costume cistercien, tunique blanche et scapulaire noir. Il a en main la crosse et est coiffé de la barrette.,
2. Le pape, cliapé et tiaré, tient la croix à triple croisillon. 11 est accompagné de plusieurs cardinaux en cappa et chapeau ; l’un porte une croix double et un autre une croix simple.