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Œuvres complétés, t. Vil, p. 4o

deliers, également d’argent, qui l’accompagnaient; peut-être n'y en avait-il que deux, suivant l’usage liturgique d’alors. On remarquera cona pour icona^. Du Gange eu cite deux exemples du xiv® siècle 2. « Die xvijo junii, xii ind., dealbata est cona magna argentea rétro altare majore inferioris (ecclesiæ) posita et candelæ argenteæ per magistrum Franciscum la Parelum de Neapoli m cgcc xf.viiu ».

Le ‘tl mai 1485, maître Jacques accomplissait le même travail sur la grande image : « Die lU maij cgcclxxxv, ind. tercia, dealbata est predicta cona tantum per magistrum Jacobum arificem». Arifîcem est ici pour aurificem.

Le cardinal Bartolini (pp. 12-13) s’exprime ainsi au sujet de cet autel :

Urosius, roi de Serbie et des Bulgares appelé par les Slaves MUutino et aussi le Saint, à cause des nombreux monastères qu’il avait fondés dans son royaume, se trouvant, en 1318, en butte à des soulèvements iutérieurs et à des guerres extérieures avec Charles, roi de Hongrie, eut recours, quoique schismatique, à saint Nicolas, envers qui sa nation nourrissait une dévotion particulière. L’année suivante, 1319, il ordonna à d’habiles artistes, qui, sans doute, étaient deux byzantins travaillant en Italie, une riche couverture d’argent pour euceiudre tout l’autel, ainsi qu’une voâte qui devait servir de baldaquin.

Ce travail aura été décoré de ciselures, d’émaux et de gemmes enchâssées dans le style byzantin, comme la fameuse pala d’oro de la basili-

1. Icona est le terme primitif. L’inventaire do S. -Pierre de Rome, en 1489, le répète, jusqu’à treize fois; neuf fois il est écrit ichona (Muntz e Frothingliam, U tesoro délia basilica di S. Pietro in Vaticano dul III al XV secolo, Rome, 1883, in-8», pp. lH-Hi). Ses diminitifs sont cona et conetta (Ibid., j>p. 53, 70, 85, 88, 89, 9.S). L’inventaire du cardinal d’Estoutevillo (1483) donne conctla et conula (.Muntz, les Arts à la cour des papes, t. III, pp. 28G, 29Ü, 291, 292).

Le latin icona se traduit en italien ancona, qui signifie l'image d’un retable et, par extension, le retable lui-même.

2. « Pro duobus filis de paternostris de curallo et duobus fdis de pateruostris do vitro et una cona de ])lumbo. » — « Item pro factura cujusdam conæ de mandate Domini » (Ilisl. du Dauphiné, t. II, pp. 179 et 279.)

3. « Urosius régnait en Serbie conjointement avec son frère Etienne Diagutino, quand Nicolas IV écrivit à leur mère pour les inviter à abjurer le schisnte. Il leur donne le titre de roi (Raynaldi, ad ann. 1318, 1320, 1323). Le même Urosius avait promis par lettre à Benoît XI qu’il embrasserait la foi romaine, mais il ne tint sa parole qu’en 1320, lorsque, vaincu par le roi Charles et devenu son tributaire, il abjura le scliisme et se fit catholi(iue (Raynaldi, ad hune annum). Ce prince eut plusieurs femmes: une s’appelait Iléléne, c’est celle qui est représentée sur le grand tableau de St-Nicolas. 11 mourut au tuois de novembre do l’an 1323, au rapport de Michas Madia, auteur contemporain [in /tîsL,cbap. 16) » (Bartolini, p. 12).

que de Saint-Marc à Venise, qui sert de diptyque à l'aulel, ou comme le palioUo donné par Grégoire XII qui le recouvre. Dans l'intérieur de la porte par laquelle on pénètre jusqu’au trou circulaire, on voit une large bande d’argent, noircie par la fumée de l’encens et des cierges, où on lit en caractères demi-lombards cette inscription qui rappelle le riche don du roi Urosius : « AnnoDomini millesimo treuentesimo decinio nono,mense junii, secunda indictione, Urosius rex Rasiæ, Ediocliæ, Albaniæ, Bulgagariæ et lolius mariltimæ de culfo Adriæ, a mari usque ad flumen Danubii magni, præsens opus altaris, iconem magnam argenteam, copertnram Iribunalern supra hoc allare de argc^to, lampades et candelabra magna de argento fieri fecit, ad honorem Dei ac beatissimi Nicolai, ejus obrado adstante de cetera filio de Sistava, tideli et experte a prædicto rege supradicto opéré depulato. Et nos Rogerius de Juria protomagister et Robertus de Darolo magisler in omnibus præfatis, opus de prædicto mense junii incœpimus et per totum mensem marlii anni sequenlis tertia indictione fidcliter complevimus ». Ce précieux document rappelle les diverses parties de l’ouvrage, le nom des artistes liogeno de Juria ‘ et Roberlo de Bnrolo, le député du roi présidant au travail dont le no n semble celui d’un bulgare, et le court espace de temps, six mois, qui y fut employé. II y est fait mention encore d’une grande icône ou image d’argent, qui est sans doute le beau tableau qu’on voit présentement dans le trésor et qui, à l’origine, comme le mentionne l’inscription, était placé sur l’auttl de saint Xicolas.

Ce retable a seul survécu 2; les lampes, les chandeliers, l’autel, la voûte et riuscripliou commémorative ont disparu, sans laisser d’autre trace que le souvenir (|ue leur a consacré le P. Beatillo en sauvant l’épigraplie’de l’oubli. Peut être est-ce celle que l’artiste du xvii® siècle a cherché à reproduire : alors ii serait évident qu’il n’avait pas su la déchiffrer.

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