‹ Œuvres complètesChapitre 18 sur 215 · X. — Reliques de Saint Nicolas · texte numérisé non relu

X. — Reliques de Saint Nicolas

En regardant par l’ouverture de la dalle, on ne parvient pas à plonger jusqu’au fond du sarcophage dans lequel sont couchés les ossements; mais on distingue, en face, à une des parois, un fémurs,

1. Jo ferai observer qu’on peut lire aussi Tvria ; ce nom de lieu est à chercher.

2. Les deux textes cités, le premier surtout, sont difficiles à concilier avec le récit de Languerant, qui, à la même époque, déclare avoir vu ce retable dans l’église supérieure, accolé au transept méridional, là môme où les parents de S. Nicolas de Tolentin vinrent demander la naissance d’un fils.

3. Le cardinal Rarloliui dit: « L’osso grande délia tibia, che apparisce ancor vivido » (p. 12).

scellé au marbre avec un crampon d’argent par Urbain II luimême, dit-on. L’orifice de la dalle i est humide, les parois suintent également, et sur l’osseraent on voit très distinctement perler les gouttelettes de manne qui se détachent peu à peu.

Je vais rechercher quels ossements do saint Nicolas se rencontrent ailleurs. J’ai déjà parlé, t. Xlll, page 392, des reliques qui se trouvent à Rome

Le comte Riant, dans son curieux travail : « Des dépouilles religieuses enlevées à Constantinople au xin® siècle», enregistre comme transportées de Bucoléon à l’abbaye de Corbie, en 1203 ; « Dens et de capillis S. Nicolai » (p. 184), relique qui existe encore; de sainte Sophie, à la cathédrale d’Halberstadt, qui le conserve toujours depuis 1206, « un doigt de saint Nicolas » fp. 192); de Sainte- Marie-Evergète à Gembloux, en 1215, le « doigt triomphal de Saint Nicolas » (p. 196) : « digitum piissimi etgloriosi confessoris sancti Nicolai, quem christianissimus impeiator Constantinopolitanus, ad prelium contra inimicos suos preliaturus, ante se deferri fecit, iiduciam habens cum effectu quod meritis ejusdem confessoris triumphator existeret » (Fxuv.sacr.Const., 11, 100); de Bucoléon à Saint- Jean-des-Vignes, près Soissons, où il fut brûlé au xvi® siècle, un « fragment du bras de saint Nicolas » (p. 196) : « una magna pars de brachio sancti Nicolai gloriosissimi confessoris », dit l’authentique (Exuv. sacr. Consi., II, 61) ; de saint-Georges de Mangana, au Mont Saint-Quentin en 1207, une « dent de saint Nicolas » (p. 202), qui a disparu ; enfin, de Bucoléon, à Saint-Vincent-au- Bois, en 1212, un « doigt de saint Nicolas » (p. 202), dont on a perdu la trace (V. Mém. de la Soc. des Aniiq. de France, t. XXX-VI). Dans les Fxuvix sacræ Consiantinopoliianæ (l, 124) est citée une relique de saint Nicolas apportée par l’abbé Gunther à son abbaye de Pairis : « Item S. Nicolai episcopi, » et une relique non spéci-

\. Celte dalle en recouvre deux autres: la dernière sert de couvercle au sarcophage (Bartolini, p. 11).

2. Pour ne rien omettre, j’ajouterai ces deux renseignements : En 1157, l’église de S. -Nicolas, à Rome, eut son autel dédié. Parmi les reliques incluses alors dans cet autel, l’inscription commémorative mentionne celles de S. Nicolas : « et s. confessoris Nicolai... reliquiæ ». En 1180, le consécrateur en déposait aussi dans l’autel de S Nicolas dei Funari : « De rcliquiis.. . sancti Nicolai confessoris ».

fiée à l’abhaye de Clairvaux, « S.NiclioIai episcopi. »{lbid., II, 196).

Le cardinal Orsini, archevêque de Bénévent, constatait en 1723, dans son inventaire des reliques, inséré au Synodicon diœr.esanum, les reliques suivantes de S. Nicolas : à la cathédrale, un « pezzo d’osso » (p. 617); à San Spirito, « ceneri confuse » (p. 620); à Sie- Sophie, « piu pezzi d’ossa, frammenti »(p.624); à Geppaloni, « alcuni frammenti con polvcreuniti » (p.040); à Paduli, « un peizetto d'osso » (p. 666).

On lit dans V hiv en taire de la cathédrale de Laon, en 1523 : « Quinta (imago) est argentea deaurata, minor ceteris, tenons feretrum in manibus et habet parvulam tabulam appensam in qua id scriptum est : Osbrnchü sancti Nicolai ».

Le Père Gonzaga indicjue, en 1587, au couvent des Franciscains de l’Alvcrne : « ex ossibus sanctorum... Nicolai » (De orig. relig. franc., p. 240.)

La Revue de l'Art chrétien, t. XXVI, p. 12, dit que « l’église d’Aarhuus(Norwège) prétendait posséder des reliques insignes » de S. Nicolas.

« D. Thomas de Pirisy, grand prieur de Corbie, fit fain^une nouvelle châsse en forme de fenêtre, dans laquelle il mit le doigt de S. Nicolas l’an 1333, comme on le voit par une inscription L Le grand prieur y est représenté à genoux, recevant la bénédiction de son abbé. Cette reli(iue était auparavant dans un doigt d’argent, soutenu par deux anges » (Dusevel, Histoire abrégée du trésor de l'abbaye royale de St-Pierre de Corbie, p. 32).

Un anneau fut mis au doigt du bras de S. Nicolas, à St-Nicolas d’Angers (Voir le testament de Jeanne de Laval, apud de Quatrebarbes, ddavres de René d'Anjou, t. I, pp. 100-110.)

.M. Bretagne a publié à Nancy, en 1873, une brochure intitulée : Le reliquaire de S. Nicolas de Port. Ce reliquaire, qui n’existe plus, datait du xv® siècle ; il avait la forme d’un bras et renfermait un bras du saint évêque. .VI. Badel en a fait l’objet d’une notice spéciale, à l’occasion de sa réfection par une pieuse donatrice, en 1893 (tJfduvres complètes, t. IX, pp. 393-395).

« Item, en l'église de monseigneur saint Nicolas (à Venise) est le bourdon de saint Nicolas » (Voyage du baron d'Anglure, 1395, édi-

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