MADONNA DE RE IN VALLE DI VEGEZZO
« Sur cette image se répéta le prodige de Ré. Le 8 juillet 1085, du front de la Madone le sang commença à couler tout le long de l’image et les gouttes continuèrent h tomber quehjue temps en présence de nombreux témoins qui étaient accourus. Le miracle fut examiné par deux commissaires envoyés à Klattau par l’archevêque de Prague et confirmé par la déposition sous serment des témoins oculaires: les actes authentiques en sont conservés aux archives consistoriales de Prague... Le culte s’étendit promptement, non seulement en Bohême, mais aussi en Ravière et dans l’Autriche supérieure... Klattau dcvintle but de nombreux pèlerinages et, dès 1080, on comptait plus de 4.000 pèlerins a (p. 11 3j.
XXIY. — Vierge d’edelracii.
M. Saunier, curé de Trondes (Meurthe et Moselle), a trouvé, chez une de scs paroissiennes, une prière imprimée qu’il m’a communiquée, sur la recommandation de.M. le baron de Braux. Jelesremercie tous les deux de cette attention, qui va me permettre d’ajouter une page curieuse à ce <jue j’ai déjà écrit sur les dévotions populaires.
Voici la copie exacte de l’imprimé:
Belle prière d'indulgence, touchant la merveilleuse Image miracideuse à Marie d'Edelbach en Franconie près de Virlzbourg. Celui ou celle qui la récitera seulement une fois chaque semaine, obtiendra citiq cents ans d'indulgence et rémission de ses péchés.
.le vous salue mille millions de fois, très glorieuse et très humble Mère de Jésus, qui suez du sang, Epouse du Saint-Esprit, Reine des Anges, Princesse de Jérusalem et Marquise de Lorette. O miséricordieuse Mère de Jésus ! Je me prosterne aux pieds de votre grande miséricorde. O Marie ! que je suis faible et fatigué du poids de mes crimes et de mes
iniquités, je suis un abyrae de tous les péchés, ma pauvre ànie est entièrement étouffée dans la mer de souffre et dans l’étuve des flammes infernales. 0 miséricordieuse Mère de Jésus ! cherchez mon âme égarée, de même que vous avez cherché en grande douteur voire cher fils Jésus, jusqu’à ce que vous l’eûtes trouvé. O miséricordieuse Mère de Jésus, lorsque je comparaîtrai dans la vallée de Josaphat, et que je devrai rendre compte de toutes mes actions depuis l’âge de sept ans jusqu’au dernier moment de ma vie, de toutes les paroles, œuvres et pensées, depuis les plus petites jusqu’aux plus grandes. O miséricordieuse Mère de Jésus ! montrez à votre cher enfant les sept glaives qui ont percé voire cœur virginal. O miséricordieuse Mère de Jésus ! lorsque je viendrai en la présence de votre cher Enfant, devant le terrible Tribunal de la justice divine ; ô vous célestes éléinens, vous toute la Cour céleste, venez à mon • aide. O bon Jésus ! avec quels hurlemens nous viendrons entourer les Esprits infernaux comme des Lions rugissans, lorsque nous serons encore dans l’incertitude si nous serons placés du côté droit ou du côté gauche.
O Jésus Crucifié, attachez-nous avec un doux à la sainle croix, afin que nous soyons inébranlables à l’article de la mort. O sainlesplaies sanglantes de Jésus, lavez et purifiez mon âme pécheresse, avec une seule goutte de voire sang vermeil. O très bénite playe de l’épaule de Jésus, cachez-y mon âme pécheresse. O Marie ! Heine du ciel, je vous salue de tout mon cœur; je me jette à vos pieds et à ceux de votre très-cher Enfant Jésus : vous êtes certainement miraculeuse, vous mettez en liberté celui qui vous invoque. O Marie, charmante Mère de Jésus, permetlez-moi que je vous adresse une prière, que j'espère que vous ne me refuserez pas, qui est, qu’à mon agonie, vous m’accorderez votre grâce ; je veux vous être lidèle jusqu’à l’extrémité, donnez-moi le Sacrement. O très-aimable Mère de Jésus, lorsque mes oreilles n’entendront pluS, ô Marie, assistezmoi, lorsque la mort approchera, que mes yeux se rompront, que ma bouche ne pourra plus rien proférer, ô Marie, assistez-moi. O Pécheurs, courez, ne tardez pas de vous rendre dans ce lieu de grâce, où l’on trouve assistance en toutes choses : Elle sera même votre mère, et vous présentera à son fils Jésus. O Reine, je vous salue; ô anges, approchez, assistez-moi à louer, honorer et glorifier Marie, Reine du Ciel. Sur cela je parts, et m’envais dans ce lieu de grâce. Jésus, .Marie, Joseph, soient mes dernières paroles, ô très charmante Mère. Ainsi soit-il.
Jésus, Marie, Joseph.
Mon cher Enfant, prenez bon courage, je ne vous laisserai pas périr, votre affaire sera parfaitement bonne, si après cela vous venez à mourir; si mon fils vous a racheté, moi je vous consolerai.
Il faut, pour obtenir cette Indiibjence plénidre, ne point quitter celte Prière, ni la confier à personne, quand même on la saurait par cœur.
Celte prière est imprimée sur une feuille, pliée en deux, ce qui
donne quatre pages, numérotées et entourées d’une torsade. Haute de 0,15c. et large de 0,09, elle correspond au format in-18 et a été faite évidemment pour être conservée dans un livre d’église, où l’on aimait à accumuler des images et des dévotions de ce genre.
Elle devait se distribuer dans le sanctuaire même et était toute personnelle; aussi défend-on de « la confier à personne », ce qui ferait peut-être perdre son efficacité, laquelle consiste en deux choses : la porter exactement sur soi et « ne point la quitter », puis la réciter en la lisant, « quand même on la saurait par cœur ». On gagne à cette pratique essentielle une « indulgence plénière ». C’est vraiment bien commode, mais qui garantit l’authenticité de la concession ? Il n’y a ni nom de pape ni date, pas même le contrôle de l’Ordinaire : la réserve est telle que le nom do l’imprimeur et celui du Jieu de l’impression font défaut.
Mais je constate une contradiction flagrante entre les rubriques initiale et finale. Si l’indulgence est réellement plénière, comme nous venons de le voir, comment se fait-il qu’au début on la dise seulement de 500 ans, e’est-à dire partielle, ce qui n’est pas du tout la même chose pour le fidèle? En tout cas, elle est qualifiée, en mauvais français, «prière d’indulgence », ce qui signifie qu’on gagne en la récitant, « seulement une fois chaque semaine », une indulgence spéciale, mais qui n’est certainement pas quotidienne, quoiqu’on puisse croire.
Que cette prière soit « belle », tout cela dépend des goûts. Pour ma part, je n’en suis pas enthousiasmé, quoique l’auteur s’exalte faedement en invocations et salutations. Elle tourne même au grotesque par les appellations de « princesse de Jérusalem et marquise de Lorette », attribuées à la Vierge. A cette exclamation on dirait un damné qui s'agite dans l’enfer, mais alors c’est par anticipation et quand on y est, on ne peut plus en sortir E « Ma pauvre âme est entièrement étouffée dans la merde souffre et dans l’étuve des flammes infernales ». L’inexactitude théologique n’est pas moins grande dans cet autre passage : « Avec quels hurlemens nous viendrons entourer les Esprits infernaux comme des lions rugissans, lorsque nous serons encore dans l’incertitude, si nous seronsplacés