Muvres complétés, t. IX, p. 3t
tion Michon); « Item.ung de ses gros dens; item,ung de ses dois», (p. 29).
« Item, un autre reliquière tout doré, dont la hente est faicte en guise d’un arbre et sied sur une tournelle et au-dessus a un cristal tout rond, enchaâssé en argent et où derrière a un Agnus Dei et dedens de la chemise S. Nicolas », (Inv. du S. Sépulcre de Paris, 1879, n» 82).
L’inventaire de 1419 signale, au Grand S. -Bernard, un bras de S. Nicolas, moins les doigts : « Brachium Sancti Nycolai, exceptis digitis » (Duc, la Maison du Grand S. Bernard, p. 71.)
Un bras est à Fribourg [Œuvres, t. IX, p. 549). Cette multiplicité de bras s’explique facilement. En effet, il est bien probable que nulle part le bras est en entier et que la partie a pris le nom du tout.
« De pollice Sancti Nicolai » {Inv. de la cath. de Tournai, 1651).
A l’exposition rétrospective d’Arras en 1898, on a remarqué « le reliquaire phylactère de la dent de S. Nicolas, déjà exposé au Trocadéro (u° 308) ', ainsi que le charmant reliquaire de S. -Nicolas d’Avcsnes-le-Gomte (n° 375), en argent admirablement ciselé et travaillé. S. Nicolas est représenté avec les trois enfants; devant lui est placée une custode de cristal pour contenir les reliques; cette statuette a été fabritjuée par un orfèvre d’Arras vers 1450 et offerte, en ex-volo de sa délivrance, à l’église d'Avesnes par un prisonnier de guerre revenant de captivité. Il nous a rappelé le reliquaire de S. Jacques d’Amiens, avec lequel il n’est pas sans analogie ; toutefois, dans ce dernier, les reliques de S. Nicolas sont renfermées dans une petite monstrance placée sur l’orfroi antérieur de la chasuble ; il est reproduit dans V Album archéologique des Antiquaires de Picardie, 5® fascicule » {Rev. de l'art chrét., 1896, p. 391).
Geoffroy de Gourion écrivait, au xin® siècle, dans le Livre des reliques de l'abbaye de S.-Pierre-le- Vif de Sens (édit. Julliot, p. 67) : « De dimidio dente S. Nicholay episcopi .Bcâtus Nicholaus, episco-
1. Une note anonyme, que j’ai trouvée dans les papiers de Léon Palustre, est ainsi conçue : « Reliquaire de la dent de S. Nicolas. Ce reliquaire a un peu la forme d’une croix byzantine. Au milieu est enchâssée une dent, autour de laquelle se lit t DENS Su NIGÜLAII. Ce reliquaire, en cuivre doré, est orné de pierres fausses, émeraudes, turquoises et rubis alternant ; une d’entre elles est gravée et représente un cavalier ».
pus Mirrensis, ex illustri prosapia orlus, civis fuit Pathere, urbis Licie provincio. Vita ipsius et miracula possunt in libris quamplurinais reperiri. De reliquiis ipsius S. Nicholay habemus dimidium dentem, videlicet quem Alexander, presbytcr de Naudo, capellanus Stepliani comitis, huic monaslerio condonavit. Anno Domini M“GG° nonagesimo secundo, tempore domni Jacobi abbatis, Tlieobaldiis deSenonis, monachus et Ihesaurarius hujus loci, ilium fecit poni, una cum dente S. Marii confessoris, in philateria cristallina ».
La Chronique de l'église S. -André de Chartres, écrite en 1635, et publiée par M. Métais, dans les Archives historiques du diocèse de Chartres, 1893, p. 33, mentionne : « Ung chevalet de boys, couvert d’argent, ouqiiel sont les reliques qu’ensuyvent des cheveux de saint Nicolas » i .
« Imago argentea Sancti Nicolai, in qua reposita est pars ossis Sancti Nicolai ». {Inv. de la cath. de Tournai, lOGl)
« Une I)oiete ronde de boiz, ferrée à l’ancienne façon, en laquelle y a... des reli<|ucs...de saint Nicolas » {Inv. de la comtesse de Montpensier, I 'i:74).
« Item, un cristal tout rond, sans pied et sans couvercle, auquel, est de capite sancti ISicolai, bordé haut et bas d’argent doré, garny de pierres» de la cath. de Beauvais, 1472, n° 38).
A la cathédrale de Narbonne, un autel portatif, daté de 1273, contient, entre autres reliques, celles de S. Nicolas : «Hic sunt reliquie...
1 . Los mômes Archives, p. 30, contiennent ce document, qui établit que S. Nicolas était patron de la corporation des tissiers de Chartres: « L’an 1476, les gagiers mirent en procès les maîtres des texiers et autres maisires jurés dudit mestier de texior en drap de cette ville de Chartres, pour leurs droits, savoir, quant ilz sont hors d’ajiprentissage, doibvent chacun d'eux dix sols et, quant ilz sont passez maistres, LX sols tournois, ainsi qu’il est contenu en verrière de Sainct Nicolas, lequel argent est converti en l’entretennement de la lampe qui art jour et nuyt en ladite église devant le très précieulx corps de Notre Sauveur Jésus-Crist. — Primitivement, d’après une ordonnance du 26 janvier 1389, ils devaient j)ayer les deux tiers des sommes versées parles compagnons « pour desservir et gouverner la lampe de Mgr Sainct Nicollas de la confrérie aux tissiers ». Cette redevance s'appelait « le devoir de bienquiétance et de maîtrise ». — Iceulx texiers, en l’an MCCCCIX, firent faire, en icelle église Sainct Nicollas, une verrière à laquelle ils avaient faict faire en pointure et figure une lampe, couppe devant pour reposer le corps Jhésus Crist, afin qu’il fust perpétuel mémoire que lesdits texiers estoieut et sont tenus soustenir ladite lampe et qu’ils en sont fondeurs ».
et sci Nicholai ». {Bull, de la Soc. arch. de Tarn-el- Garonne, [. XVIII, p. 74).
En 1460, Guillaume de Bailleul, grand-prieur de Fontevrault, « lit faire le chef de saint Nicolas de sa vaisselle d’argent et y mit une relique du dit saint, dont il fust guerry miraculeusement des gouttes » (.lubien, l’Abbesse Marie de Bretagne, p. 14).
(( D’après l'inventaire, fait le 8 mai 1856, les reliques de S. -Nicolas de Fort consistent en : « l°deux petits fragments d’os indiquant, par leur contexture, qu’ils proviennent d’os longs du bras; 2» un fragment, paraissant provenir d’une portion d’un côté; 3® un fragment rugueux, spongieux, provenant probablement d’un os long et gros ; 4® un fragment aussi long que le petit doigt d’un adulte et paraissant provenir d’une portion d’os du bras ou de l’avant-bras ». {Noies des abbés Deblaxje et Guillaume), ün ne sait, disent ces auteurs, ce qu’est devenue la relique apportée par Albert de Yarangéville. La relique qui est conservée dans le reliquaire en forme de bras aurait été donnée à l’église par François de Gelnoncourt, seigneur de üarnieulles, 1658 ». (Laroche, p. 2Ü2) L
« Un Image de sainct Nicolas, évesque et confesseur, d’argent doré, au soubassement de laquelle il y a des reliques de ce sainct. Cet Image a esté donnée par le Révérend Abbé Guy de Monceaux. La mitre qui est sur la teste de l’Image est enrichie de plusieurs pierreries » {Le Trésor sacré ou inventaire des sainctes reliques qui se voyant en V Eglise et au Thrésor de l Abbaye royale de S. Denys en France, par Dom Germain Millet, Paris, 1640, p. 102).
XL — Leçons du bréviaire
La translation de S. Nicolas et l’érection de son église sont racontées sommairement dans les Officia propria SS. pro diœcesi Barensi approbala. J’ai donné le texte, t. XllI, page 447.
Par reconnaissance, pour le bienfait de la manne et les miracles qu’elle opère, le peuple a depuis lors, nommé à Bari S. Nicolas le saint tutélaire, comme à Padoue, S. Antoine est le saint par excellence. Ces appellations emphatiques attestent la foi des lidèles.
1. Voir aussi le Guide de S. -Nicolas de Port, par Badel, pp. 163 et suiv.
Le 8 avril 1808, la Sacrée Congrégation des Hites a approuvé pour l’église de Candé, au diocèse d’Angers, trois leçons du second nocturne déjà approuvées, dit le décret, le 10 juillet 1757 par la même Congrégation. C’est celui qui figure dans le Propre de la collégiale et qui est reproduit tome XIII, page 41 i, où il forme les l''e, 2' et 3® leçons, au pree * nocturne*.
Xll. — RÉCi ^’UN VOYAGEUR DU XV® SIÈCLE
Georges Languerant, riche damand, visita St-Nicolas de Bari au XV® siècle. Voici ce qu’il en raconte; pour plus de clarté, j’accompagnerai son récit d’un commentaire.
« L’église de St-Nicolas de Bar est fort somptueuse, dont à l’entrée de lad. église, au portail, yl y a la figure d’un beuf taillé en pierre ». Je pense que le pèlerin fait allusion aux deux hippopotames qui flanquent la porte principale.
1. En 1885, j’écrivais dans la Revue de l’Art chrétien, p. 65: Le chapitre (le S. Nicolas de Bari me demande de vouloir bien rectifier un passage démon élude sur son insigne basilique. Je le fais d’autant plus volontiers que, me tenant dans une stricte impartialité, je n’ai point à discuter les documents invoqués ni à prendre un parti quelconque, là où la question est si ardemment controversée. J’ai cité les leçons du propre de l’archidiocèse de Bari, approuvé par la S. C. des Rites, relativement à la translation du corps de S. Nicolas de Myre à Bari. Il parait (jue la « prétention de la cathédrale est sans fondement, ne s’appuyant pas sur des documents certains et indubitables ». Le chapitre de S. Nicolas a fait reproduire dans son Ürdo une version ditl'érente, qu’il a empruntée au <€ chroniqueur Nicéphore, moine dont l’autorité ne peut être suspectée, car il ne faisait pas partie du clergé ni de la cathédrale ni de S. Nicolas ». La bulle d’exemption, donnée par le pape l’ascal 11, en llu6, vient en contirmation de ce dernier document, car elle établit péremptoirement que ;< la basilique de S. Nicolas fut élevée dans un lieu public, non privé, concédé par le duc Roger, in loco juris publici per ducis Hogerii ckirogruplnim)). D’où suit que « le clergé attaché à la basilique étant placé sub lulelu Aposloticæ Sedis est exempt de la juridiction de l’Ordinaire diocésain. Léon XÜI,par rescril du 22 décembre 1882, a reconnu et conürmô le droit du Grand Prieur de la basilique royale de S. -Nicolas en qualité d’ordinaire du lieu, en conformité de la bulle de Pascal II et du diplôme de Charles II d’Anjou (20 juillet 1301) ».
La querelle, ancienne déjà, porte sur un seul point, à savoir que la leçon du propre contient ces mots: consensu archiepiscopi. « Ici l’archidiocèse de Bari est dans l’erreur, car l’église ne fut pas bâtie sur un terrain appartenant à l'archevêque, mais bien sur le domaine du duc Roger, qui en lit donation à cet elïet. On ne voulut pas précisément, lors du débarquement du corps, qu’il lut déposé à la cathédrale, mais dans une église bâtie exprès et digne d’un si précieux trésor. Le tumulte que ce débat occasionna obligea de le mettre eu sûreté dans le palais du Catapan,qui fut ultérieurement donné aux marins pour l’église projetée. Tout autre document est apocryphe. »
(( Dedeiis hid. ("'glise, à la bonne main, sur le cost(^ du cœur, il y a ung S. JNicülas en paincture, lequel est sur toile et est la figure dud. saint morienne, car ycelluy St, en son vivant, estoit tel ». Le voyageur doit faire allusion au tableau de S. Nicolas, qui est actuellement dans le trésor et qui fut, pendant un temps, dans le transept méridional. La tradition le place, effectivement, en dehors du chœur, à main droite, relativement au spectateur. Il est au moins fort douteux que S. Nicolas fut mulâtre; cette opinion a pu résulter de son tableau, qui, à la manière byzantine, fait les carnations d’un bistre plus ou moins foncé. Que la peinture soit sur toile, ce serait difficile à vérifier, mais j’ai cité ailleurs, à Rome et à Anagni, aux xiii® et xiv®siècles,des tableaux ainsi façonnés à l’aide d’une toile collée sur un panneau et recouverte d’un mastic ‘.
« Et quand led. St fut, là endroit, amenez par deux beufz, comme l’histoire le porte, on dit que lad. paincture fut amenée sur le char avec led. corps St et le pilier ». Le corps de S. Nicolas aurait donc été transporté sur un char traîné par des bœufs, du port à l’église bénédictine de St-Étienne, où il attendit l’achèvement de la basilique 2. Je n’ai point à contredire cette histoire, que je n’ai point trouvée enregistrée ailleurs, mais je crois que la légende est venue après coup, pour expliquer les deux animaux sculptés à la façade, que le cardinal Bartolini nomme aussi booi (p. 2G). Le tableau est, à mon avis, d’une date postérieure à la translation opérée au xi® siècle, comme je le prouverai plus tard.
« C’est une fort belle église, car elle est assise sur la fachon et manière de l’église de S. Jehan, en la ville de Gand. » L’archéologie n’existant pas encore, Languerant ne pouvait mieux préciser la physionomie générale de l’église de Bari qu’en la comparant à un édifice de son pays. C’est aux Belges à nous dire s’il a rencontré juste