‹ Œuvres complètesChapitre 187 sur 215 · XXIX. — Vi.N · texte numérisé non relu

XXIX. — Vi.N

1. Le Christ, deux fois, produisit le miracle de l’eau changée en vin, aux noces de Gana et du vin Iranssubstantié en son sang, à la dernière Cène, comme en fait foi l’évangile :

Nuptiæ factæ sunt in Cana Galileæ: et erat mater Jesu ibi. V'’ocatus

esl autera et Jésus et discipuli ejus ad uuplias. Et déficiente vino, dicit mater Jesu ad eum ; Vinum non habent... Dicit mater ejus ministris : Quodcumque dixerit vobis facite... Dicit eis Jésus: Impiété liydrias aqua. Et impleverunt eas usque ad summum. Et dicit eis Jésus : Haurite nunc et ferte arcbitriclino. Et tulerunt. Ut autem gustavit architriclinus aquara vinum factum (S.Joan., II, 1-9).

Paraverunt Pascha. Et cum facta esset liora, discubuit et duodecim apostolicum eo... Et accepte calice, gratias egit et dixit ; Accipite et dividite inter vos... Et accepto pane, gratias egit et fregit et dédit eis, dicens: Hoc est corpus meum quod pro vobis datur, hoc facite in meara commemorationem. Similiter et calicem, postquam cœnavit, dicens : Hic est calix novum testameutum in sanguine meo, qui pro vobis fundetur (S. Luc., XXII, 13-20). —Et accepto calice, gratias agens dédit eis et biberunt ex illo oranes. Et ait illis : Hic est sanguis meus novi testamenti qui pro nuiltis elîundelur (S. Marc., XIV, 23-24J. — Et accipiens calicem, gratias egit et dédit illis dicens: Bibite ex hoc omnes. Hic est enim sanguis meus novi testamenti, qui pro mullis effiindelur in remissionem peccatorum (S. Matth., XXVI, 27-28).

Ces paroles sont ainsi passées dans le canon de la messe à la consécration du calice :

Simili modo, posquam cœnatum est, accipiens et hune præclarum calicem in sanctas ac venerabiles manus suas, item tibi gratias agens, benedixit dediti[ue discipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes : Hic estenim calix sanguinis mei, novi elæterni testamenii(mysterium fidei), qui pro vobis et pro mullis etfundelur in remissionem peccalorum. llæc quoliescumque feceritis, in mei memoriam facielis.

2. Le prêtre, sur l’ordre du Sauveur, transmute le vin en son sang, comme chante l’Eglise à la Fête-Dieu, dans le Pange l'ingua, de S. Thomas d’Aquin : « Fihpie sanguis Christi merum ». Et le vin est si bien devenu du sang que c’est lui qui tache les corporaux ensanglantés, ainsi que j’en ai cité des exemples au chapitre XX, en preuve de la présence réelle L

1. Le trait suivant rentre dans la catégorie des faits similaires:

« La plus ancienne superstition que j’ai observée en ce genre est celle d’un indigne magicien, nommé Marc, le([uel, all'ectant d’imiter ce que le Fils de Dieu a fait le jour de la sainte Cène et voulant vérifier à la lettre ce qui est dit des chrétiens, qu’ils boivent le sang de Jésus-Christ, faisait paraître, par la force de la magie et des enchantements, le vin du calice qu il consacrait, comme si c’eût été son propre sang, ainsi que le témoigne S. Irériée (Lié. I advers . hæres., cap. 9j par ces paroles; « Fro calice vino mi.vto tin- « gens gratias agere et in mullum extendens sermonem invocationis, purpu- « rcum et rubicundum apparere facit iit putetur ex gratia ab iis qua* sunt super omnia, suum sanguinem stillare in illius calicem per invocationem ejus (J. -B. Thiers, Traité des superstiiwns, t. li, p. -54).

S. Lel)aron de Sarachaga a noté ces deux faits historiques, auxquels Collin de Plancy en ajoute un troisième ;

1189. Chartres. S. Hugues, évêque de Chartres. Un prêtre doutant, l’hostie se change en chair et le vin en sang, devant S. Hugues. Dans la vie de S. Hugues, Specul., e.xemple du 9® chap., 189; Laghi.

1170. Jouy (Seine-et-iMarne). Un prêtre incrédule est puni : l’hostie se change en chair ensanglantée dans la patène. Celle hostie jetée dans le calice, le vin consacré prend l’aspect du sang. S. Hugues, évêque de Lincoln; Palrol.lat tome 153, col. 1030 ; /terwe du P. ïesnières, 1er févr. 1883, p. 565.

On croyait posséder à Billoni, en Auvergne, un flacon du sang de N. S., que l’on promenait tous les ans en' procession, le troisième jour de mai... Le prêtre qui portait à Billom la divine relique du précieux sang, se tournait sans cesse de tous côtés pour la montrer aux dévots et renversuit à tout instant le cristal pour faire voir que la liqueur conservait sa fluidité. On ajoute qu’autrefois, quand le prêtre déposait sa fiole sur l’autel qui était le but de la procession, les spectateurs voyaient aussitôt une belle étoile qui se montrait en plein midi et qui ne se montre plus depuis longtemps. O.i croit, au reste, que le sang de Billom n’était que le vin consacré à la messe. M. Dulaure, Description de V Auvergne (Collin de Plancy, 11, 450).

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