XIII. — Mannr DF, S. Nicolas
1. La manne coulait à Myre commeàRari, avant la translation du corps.qui, selon Jacques de Voragine, baignait dans l’huile à la tête et dans l’eau aux pieds: «Quidum sepultusfuisselin tumbamarmorea, a capite fous olei et a pedibus fous aquæ prolluxit et usque hodie ex cjus membris sacrum resudat oleum, valons in salutem multorum » nur., édit. Grœss, p. 2(1).
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Le jésuite Bealillo, enUi^O.dans un ouvrage spécialsur la manne relate celte double émission odorante : « Effluere duos liquores’ alterum ex parle capitis siibolei specie, alterum ex parte pedumsub aquæ forma, utrumque suavisodorisetcontra quoscumquemorbos utexperientia comprobavit, mirabiliterefficacem. »
Aussi voit-on à Myre lesdeux prêtres Loup et Grimoald, préposes a la garde du tombeau, remplir « une ampoule de la liqueur sacrée et la placer sur une colonne » fAbbcescia, p. 24) et le jeune Matthias, qui enleva Iccorps. plonger la main dans le sépulcre qu’il trouva « plein de manne jusqu’à la moitié » [Ihïd., p. 2o), puis s’y enfoncer tout ''entier et en sortir « ruisselant de la manne précieuse yiybid., p. 20). Ainsi lont raconté l’archidiacre Jean et le moine Nicéphore : « Idem vero juvenis immittens manum primoque bquorem attingens sensitesse valde copiosum ita ut urna eadem quæ non parva erat, quasi usque ad medium plena esse videbatur’ quo mgresso, submergens suas in olco palmas, repperit reliquias sanctas natantes, therebinthi omnem suavilatem vincentes ».
S. Méthode, patriarche de Constantinople, qui mourut en 847 atteste le miracle de la manne : . Venerabile ejus corpus, unguentô etMrtutum fragrantia delibutum, qua in ecclesia est tumulatum ill.co manavit unguentum, suavem odorem spirans. Quod ab omn! quidem adversa et corruptrice potestate défendit, præbet vero salu-
tarem et v.vdicam medicinam, in gloriam glorificantis eum veri Dei nostri JESu-CnaisTt ».
Dans la seconde ^ovo.lle, l’empereur Emmanuel Comnène a un mot sur la manne qui coule parfumée : cc In honorem miraculi jcclebris unguentoque scaturientis Nicolai ».
i Ferrand a donc eu raison d’affirmer que cette huile, qui redonne a santé C est célèbre dans le monde entier : « Geleberrima est toto orbe chnstiano jactata salutiferæ illius aquæ fama, quæ a sacro-
üon qui peut être fort respectable au fond, mais dLt î’JLfs
jetait fieja blâmé, il y a plus de deux siècles par le sévèrp
\Vita del cardinal nellarmino). Ce liquide ost considéré p llîartoli,
juniverselle et la manne de St-.Nicolas clrBari es. em^^
jles maux indistinctement. » (Léon Palustre, /'«n. d
sanctis beati Nicolai Myrensis episcopi pignoribus continenti sca- F
turigine dimanat. » I.
Dans le Propre de la collégiale, il y a trois offices de S. Nicolas, 1: patron de la ville et de la province de Bari. L’addition au Missel 1 porte pour titre : Missæ S. Nicolai Magni, episcopi et confessons, 1 principalis pntroni civilatis et provindæ Barii, quæ in ejus regali ■ ecclesia Bariensi celehrantur. La fête se célèbre le 6 ;décernbre, la f translation le 9 mai et le patronage le 31 du même mois. A cha- t cune des trois messes propres, il est fait allusion au prodige de la 1
manne. I
Le 9 décembre, le verset alléluiatique est ainsi conçu : « Tumba i
ista sancti Nicolai sacrum resudat oleum, quod ægros sanat. » La | séquence ‘ y revient dans trois strophes, en y associant le souvenir « de Ste Madeleine : il est facile d’en comprendre la raison après ce| que j’ai dit de ses reliques. I
Ex ipsius urna 2 raanat 1
Quæ fréquenter ægros sanat
Unctionis copia. M
Magdalena, quæ respersit ' fi
Chrisli pedes et detersit Suas culpas, iinctio.
Ilia nobis impetretur Per hoc manna, quod donelur Criminum compunclio
Au 9 mai, une strophe de la séquence fait allusion à la manne ^ Ab ossium fragrantia
A fonds redundanlia |j
Hoc miror confirmalum. fi
A la messe votive, pendant l’année, on répète à V Alléluia le verset du 9 décem!)re Tiimha ista.
llonoriiis d’Autun, dans son Spéculum Ecclesiæ (1531, fol. 290 et suiv.), a inséré un Sermo de S. Nicolao, qui parle de la manne avec quelque détail. On y relève ces trois faits : que l’huile est suée
\. Sous prétexte de romain pur, nous avons banni les séquences de nos liturgies renouvelées : elles en étaient pleines autrefois. Lyon et Paris ont eu le bon esprit de les conserver. La Congrégation des Kites ne s’y oppose pas et, sur ce point, l’Italie nous donnait encore l’exemple.