‹ Œuvres complètesChapitre 24 sur 215 · La rime exige Oleum · texte numérisé non relu

La rime exige Oleum

Vie admirable de S. Nicolas, imprimée à Paris en 1646, un Discours sur la liqueur miraculeuse, qui sort des sacrées reliques de S. Nicolas, archevesque de Mqre, appelée communément manne de S . Nicolas. J’en donnerai ici quelques extraits :

Ce discours est pris d’un traité italien, du R. P. Joseph Bonafedo, clerc régulier de la Congrégation de la Mère de Dieu; il n’en est toutefois proprement ny ahbregé ny traduction

Supposant l’histoire de cette merveilleuse liqueur, qui commença de sortir du saint corps de saint Nicolas, aussitost qu’il fut eu son sépulchre à Myre, et continue d’en sortir à Bari où il est maintenant (non d’un seul os, comme quelques-uns pensent, mais de tous), ainsi que nous l’avons rapporté en sa vie; et que mesme elle en sort lorsque ses os sont hors de sa sépulture, ainsi qu’il s’est veu en diverses occurrences ; il est certain qu’elle est miraculeuse, et que ce ne peut estre aucun autre (pie Dieu qui la produit.

On ne peut pas dire que c’est la froideur ou humidité du lieu souterra'n, où est ie sépulchre de saint Nicolas, qui est la cause naturelle de la production de cette manne, qui paroist à présent seulement comme de l’eau; (encore qu’à Myre elle sortit de son corps par deux divers endroits. . . )

Davantage, si cette liqueur se produisoit naturellement, il faudroit qu’elle se produisît aussi dans toute la grotte en laquelle est le sépulchre, ce qui n’est point ; car, aux autres endroits, elle ne paroist en aucune façon.

11 faut donc dire que la cause de cette liqueur qui sort des os sacrés de saint Nicolas, est une vertu secréte et surnaturelle qui réside eu eux, et laquelle ils reçoivent par une spéciale bénédiction de Dieu.

De sorte que mesme encore que cette sainte liqueur fust une eau élémentaire et ordinaire en sa substance, elle seroit lousjours miraculeuse en sa production, qui ne se fait point par une voie naturelle...

Tout ainsi que cette sainte liqueur est miraculeuse, ainsi que nous avons monsiré, quant à sa production, de mesme il semble qu’il faille dire qu’elle l’est encore quant à sa forme et substance, puisque on n’y reconnoist point toutes les qualités et accidens suffisants et nécessaires, pour faire conclure quelle chose c’est.

Pour preuve de cela, il suffira de monstrer que ce ne peut estre de l’eau élémentaire et naturelle, car elle eu a plus d’apparence que d’aucune autre chose. Or cela se reconnoist en ce qu’elle a une certaine saveur qui luy est propre, semblable à celle des décoctions ou choses distillées, ce qui ne se trouve point en l’eau commune et ordinaire: et de plus elle ne se corrompt point avec le temps, ny ne se gèle par le froid, ce qui monstre qu’elle est plus pure, plus humide et plus aérienne que la mesme eau élémentaire.

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