‹ Œuvres complètesChapitre 28 sur 215 · M. Marsaux continue · texte numérisé non relu

M. Marsaux continue

Il y a en Lorraine une église particulièrement célèbre, c’est celle de S. -Nicolas de Port. Elle possède de la manne du thaumaturge. Voici ce que nous écrit à ce sujet M. Carrier, curé de la paroisse :

« Notre musée religieux possède trois récipients de la manne de S. Nicolas. 1® Une cl'opinette en vermeil, à panse rebondie, montée sur pied court et rond et fermée par un couvercle surmonté d’une croix. Deux anses élégantes ornent les côtés de l’urne, qui a été exécutée il y a 40 ans. Elle renferme un tube de ciistal, rempli de la manne de S. Nicolas.

« 2» Un gracieux reliquaire gothique, doré, ayant la forme d’un clo-

t. « 11 était si célèbre au moyen âge qu’il a fait le sujet d’un mystère au xiii' siècle. On le trouve dans un manuscrit de S. -Benoît sur Loire. Après la résurrection des trois clercs, le jieuple chantait le 7’e Deum.Le manuscrit porte: « El post omnis chorus dicat Te Deum laudamus ». Beaucoup de mystères au moyen âge se terminaient j>ar ce cantique de joie ».

2. L’ampoule d’Antoing est aussi inenlionnéedans le Compte rendu des séances de la Soc. Acad, de Beauvais, 1895, p. 45.

chelon, au pieJ très élevé, La manne est apparente dans un long tube de cristal, placé au centre du reliquaire.

I 3“ Un petit coffret de bois précieux, décoré de figures d’ivoire et de plaques d’argent, renfermant une fiole plate, à l’effigie de S. Nicolas et remplie de la manne Tous ces objets sont modernes i.

XY. — Récolte de la manne *

1. Le premier exemple est tiré d’un vitrail de la cathédrale de Bourges. La scène se passe dans un édifice roman, à deux travées. On voit un tombeau, adossé à un mur; une lampe brûle au-dessus du sépulcre; au-dessous est une vasque pédiculée, remplie de la manne, figurée par des vagues dorées; deux personnages, nus jusqu’à la ceinture, sont à genoux et tendent les mains vers la vasque ; derrière un prêtre bénit d’une main et de l’autre tient un livre. Ce vitrail date du xiii® siècle. — Cf. PP. Martin et Gabier, Vitraux de Bourges, pl.XXVIl, fig. 36 {Très, d' Antoing,Tg, 4) s.

Cette peinture est absolument fantaisiste sur un point essentiel, elle isole le tombeau de l’autel, avec lequel il fait corps et l’élève audessus du sol, tandis qu’en réalité il y est enterré. La lampe indique le culte public. La vasque, contenant la manne, était-elle en avant du tombeau, comme ici? nous l’ignorons. La chose n’est pas impossible. En tout cas, c’est 1e prêtre qui l’a recueillie et qui la distribue, à de pauvres gens suppliants qui viennent chercher là un remède à leurs souffrances physiques.

2. Du Sommerard a reproduit dans son Album des Arts au moyen-âge, Peinture, pi. I, un tableau, qu’il attribue indûment à Angelico de Fiesole et qui est maintenant au Musée de Cluny. Le catalogue du Musée le décrit ainsi :

No 1676. Cérémonie mystique. Peinture sur bois à fond d’or, d’école italienne, xv» siècle. L’objet de la cérémonie paraît être la distribution

1. Ce coffret contient une ampoule, offerte par moi à mon retour do Bari et accompagnée d’une inscription commémorative en latin. M. Badel, dans sou Guide du pèlerin et du touriste à S .-Nicolas-de-Port, Nancy, 1893, page 148 , a oublié de nommer le donateur.

2. La manne de S. Nicolas, Poitiers, Oudin, 1883, in-8» de 3 pag. Extr. de la Semaine liturgique du diocèse de Poitiers, tir. à part à 23 ex. Ma brochure a été réimprimée intégralement, pp. 2G4-2o7 de la Vie de S. Nicolas, parM. Laroche, qui m’écrivait en 1892: « J'ai fait le pèlerinage de Bari. J’ai constaté l’exactitude parfaite de vos renseignements ; comme je ne pouvais faire mieux, je me suis contenté de votre texte ».

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