‹ Œuvres complètesChapitre 29 sur 215 · Le commentaire se trouve page 300, note · texte numérisé non relu

Le commentaire se trouve page 300, note

aux fidèles d’une liqueur ayant touché les reliques d’un saint, dont le corps, placé dans l’autel, est mis, par le moyen d'un tube, en communication avec une vasque taillée dans la table. C’est dans cette vasque, qu’un personnage, debout sur les degrés, prend avec une sorte de cuiller ou de pinces, les reliques objet de la vénération des fidèles. H. 0,42 ; L. 0,51.

Il est évident que le rédacteur n’a pas compris le sujet, qui se réfère certainement à la distribution de la manne. Le chanoine Marsaux va remettre les choses au point :

Il y a une inexactitude dans cette description. Rectifions et complétons : ce n’est pas une liqueur qui a touché le corps du saint, dont on fait la distribution, mais bien une liqueur qui découle du corps même. Un prêtre, en aube parée, lient un livre et prie. Deux acolytes portent des flambeaux, comme marque de respect. Des fidèles se tiennent avec des écuelles pour recevoir le précieux liquide. Le prêtre qui extrait la manne est aussi en aube parée. L’instrument qu’il tient à la main est bien une cuiller et non des tenailles impropres à son opération. La scène se passe dans une église {Très. d'Antoing, p. 4>.

3. Voici ce que j’ai vu se pratiquei’, chaque joui’, à Bari, à l’occasion de la sainte manne. Quatre chanoines, ayant le titre et remplissant les fonctions de custodes, se succèdent, tous les matins, à l’autel même, pour y recueillir la manne.

Vêtu du surplis et de l’étole, après avoir prié quelque temps, et récité un De profimdis, pour le repos de l’âme des marins qui ont enrichi Bari d’un tel trésor le chanoine d’office ouvre les volets

1. Je traduis ce passage du cardinal Barlolini: « Aux deux côtés des portes (latérales, au nord), dans l’épaisseur du mur sont placés deux sarcophages de marbre de même style byzaotin-noruiand, qui renferment, selon les mémoires locaux et une tradition constante, les dépouilles de quelques-uns de ces valeureux habitants de Bari, qui transportèrent de Myrc le vénérable corps du thaumaturge, ainsi que les cendres de plusieurs membres de l’illustre fandlle Doltula, à qui appartenaient les vaisseaux de cette expédition heureuse et qui, ayant eu ensuite une part considérable dans la construction de la basilique, parce qu’ils étaient riches et pieux, aimèrent à être ensevelis au seuil du temple saint. Parcetto distinction singulière, ils étaient considérés comme co-patrons de l’édifice sacré, car chez cos populations, qui suivaient les coutumes et règles des Byzantins, il était encore défendu d’ensevelir dans l’intérieur des temples, les cadavres des fidèles trépassés s’inhumant dans les cimetières voisins. Cette distinction était propre aux empereurs et aux grands personnages qui s’étaient distingués par quelque action d’éclat: ils avaient leur sépulture, àPexeniple du grand Constantin, dans l’atrium des basiliques. Il résulte d’un parchemin de l’an tlüo, que Léon Pilillo, un des marins qui transportèrent le corps de S. Nicolas, par suite du don qu’il fit de ses biens au saint, obtint de l’archevêque Elic « uthaberem sepullurain extra ecclesiam

cl’ai-geiit de l'aulel, se coiiclieà plat ventre sur lamarche supérieure et introduit tout le haut du corps dans le tombeau mê me de l’autel . Là, il descend dans le sarcophage une chaîne d’argent, à laquelle sont attachées une éponge et une bougie. Quand l’éponge est suftisamment gonflée par le liquide dont elle s’imprègne, le chanoine la retire, et en exprime le contefiu dans un bassin d’argent *. L’opération se répète ainsi de 7 heures du matin à 9 heures, moment auquel les fidèles sont admis à descendre dans la crypte, qui se ferme exactement à midi.

Le bassin étant plein, on le vide dans un filtre carré, en marbre blanc, placé dans une chambre spéciale, près de l’abside. Ce filtre est nécessaire pour ne pas laisser mêler à la manne les parcelles d’ossements que l’on y trouve quelquefois, La manne filtrée est conservée dans de grands bocaux en verre blanc, et chaque fidèle qui se présente a droit d’en avoir quelques onces. A cet effet, on vend à Bari des fioles plates, sur lesquelles est peinte l’image de S. Nicolas en costume oriental.

Les chanoines ont daigné m’offrir, en remercîinent de mes travaux sur la basilique, un coffret contenant deux fioles en cristal de Bohême, semblables à celui dont ils font, à l’occasiofi, présent aux souverains. C’est le même que, de la part du chapitre, j’ai présenté à Sa Sainteté Pie IX.

Outre les fioles servant à la distribution quotidienne, il y a, dans une autre salle, nne série d’ampoules en verre de tout âge et do toutes formes. Les plus anciennes remontent à trois siècles environ. Elles sont extrêmement curieuses à observer et pour le contenant, qui varie de type suivant l’époque, et pour le contenu qui se présente sous des aspects différents. En effet, tantôt leliquide accumule au fond du vase des paillettesétincelantes, tantôt il se remplit d’une végétation d’un beau vert, qui ressemble, surtout pour la matière

<■ juxta parieteni pcclesiæ et si voluero fabricare cameram supra eamdem se- « pulturam; et intus ipsa ccclesia concessit mihi sedile pro me et pro uxore a mea, etc. », c'est-à-dire une place distincte dans l’cglise, honneur accordé par les lois canoniques aux patrons. » (pp. 27, 28).

Le Pèlerin, dans sa vie de S. Nicolas { 1883, n“ 331) a donné un renseignement qui n’est pas exact; « Le pape Urbain 11, présent à la cérémonie de la déposition des reliques de S. Nicolas, plaça de scs propres mains les ossements sacrés sur une table de marbre, sous laquelle se trouve un vase également de marbre précieux. Une liqueur, semblable à de l’eau, s’écoule du tombeau. »

visqueuse, aux algues marines. Les Bariens sont très attentifs aux phénomènes qui se produisent par suite de cette végétation et ils y voient des signes de malheur ou de prospérité pour la ville et le pays.

J’ai goûté à cette manne, au moment où, en ma présence, elle venait d’être recueillie par un chanoine. Dans le bassin d’argent, elle glisse un peu lourde, comme une goutte d’huile; cependant elle est transparente, limpide et presque sans saveur.

Elle ne ressemble en rien à celle que nous avons dans la fiole de Bellentre. Depuis 300 ans, je constate qu’elle est claire, avec un dépôt ou une végétation. Ici elle est solide, grumeleuse, fortement oléagineuse, jaunâtre et solide, comme l’huile d’olive figée. D’où vient cette dillérence? je rignore, parce (luc je n’ai aucun terme de comparaison. Toutefois, je dois dire que Bari serait fier de posséder la fiole de Bellentre, qui mamjue à sa collection.

4. I.a manne distribuée aux fidèles se mesure sur la (jualité des gens, la (juanlité varie donc du plus au moins. Aux personnages de renom s’ollre un flacon en cristal de Bohême, à l’effigie de S. Nicolas ' ; un flacon de moindre capacité, forme une seconde catégorie, il est en simple verre, également historié. Enfin, pour le commun, il existe deux sortes de récipients très gracieux^: tubes en forme de croix, avec globule au milieu de la tige ; globules de différentes grosseurs, terminés en pointe (semblables à un radis) et munis d’une boucle pour les suspendre, souvent agrémentés d’un rang de perles en couleur.

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